L'amnésique du crépuscule

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L''amnésique du crépuscule

Message  dadadele le Mar 12 Mai 2009 - 16:26

Roman fantasy

L'amnésique du crépuscule

Prologue

Le goût de sang en bouche, une douleur lancinante ; je m’effondre. Une dalle froide et dure m’accueille. Ma vue se trouble, j’ai mal à la tête ; suis-je en train de mourir ? Je sens quelque chose de chaud qui coule sur mon corps à certains endroits : au coin de ma bouche. Autour de moi se propage une mare de sang, elle s’étend à l’infini. Je ne distingue plus qu’une silhouette noire. L’homme semble me regarder mais ma vue est trop floue pour être certaine. Il dit quelque chose mais je n’entends pas. Il y a comme un bruit de fond dans mes oreilles. Je voudrais dire quelque chose, une question simple : « pourquoi ?». Alors dans un ultime effort je tente de parler, mon visage se crispe et je crachote du sang en gémissant, mais aucune parole, juste une plainte.
Une plainte douloureuse, car j’ai mal. Le liquide chaud qui dévale les courbes de mon corps, c’est mon sang. Mes blessures sont si grandes, si profondes, il a frappé tellement de fois. La mort est trop proche pour ne plus la voir. Le noir doucement me recouvre. Mes yeux sont à présent clos, mon cœur est faible, et c’est toujours un brouhaha dans mes oreilles.
Je ne sais plus où je suis, je ne sais pas où je meurs, je ne sais même pas si on me reconnaîtra quand on verra mon cadavre…
J’ai du mal à respirer, pourquoi maintenant, pourquoi moi ? Je suffoque il n'y a plus d'air qui pénètre dans mes poumons. Je n'ose imaginer dans quel état se trouve mes poumons, mes organes, mon être. J’aimerais tellement qu’on me recouvre d’une couverture chaude, qu’on pose un doux baisé sur une partie de mon corps qui n’est pas encore meurtri, pour pouvoir partir en paix…
La douleur m'assomme, me plongeant dans un état où je n'ai plus ses sensations affreuses qui irradient mon être. Et s'il était venu pour le secret ? Cette soudaine inquiétude semble m'avoir douloureusement réveillée. Je ressens des douleurs que mon corps m'avait fait ignorer. J'ai l'impression qu'on me blesse une nouvelle fois. Même si j'ai les yeux clos je suis certaine que ce n'est pas ça. Mon imagination me joue des tours : est-ce la fin ? Les dernières souffrances avant une délivrance tant désirée, mes dernières sensations avant de ne plus les connaître ? J'étouffe un cri : le dernier ? La douleur se fait plus forte. Moi qui pensais que mon corps était déjà mort et qu'il ne restait plus que ma raison…
Mon sang se déverse autour de moi, m'ôtant toute chance de survie. Mais si ce lieu saint s'avérait salvateur ? Peut être que ces déesses que je prie chaque jour vont m'apparaître pour me sauver ?
Alors que ces vains espoirs quittent mon esprit, l'homme m'assène un dernier coup pour disparaître ensuite. Je n'ai plus la force de crier, même si l'envie me brûle la gorge, à moins que ce soit le sang qui se déverse par ma bouche. Le désespoir emprisonne mon être alors que la conscience semble s'éloigner de plus en plus. La mort s'avance et n'a plus que quelques pas à faire avant de me prendre.

Ne pas lire, 1er version, la suivante arrivera bientôt.
Spoiler:
Chapitre 1 Doutes

Une pluie diluvienne tombait, accompagnée de rafales terrifiantes. A l'intérieur, le bruit des gouttes s'écrasant avec force empêchait la plupart des résidents de dormir. A travers les fenêtres, on n'apercevait que l'ombre de la ville : la pluie et la buée contribuait à une visibilité réduite. Aussi, les habitants ne pouvaient patienter à observer le déluge, celui-là ne se laissait pas entrevoir. Les rares courageux qui couraient sous la pluie torrentielle, avait les yeux baissés ou plissés et ne voyait pas non plus la ville s'inonder. Et les nuages sombres obscurcissaient la ville comme si le soir arrivait, alors qu'en réalité, il était tôt dans l'après-midi.
Dans le grand hôpital, les grincheux, les incapables de se plaindre mais de crier de douleur, suivi du bruit terrifiant de la pluie, empêchaient quiconque de converser. Les infirmières, exaspérées par le temps exécrable, étaient pratiquement toutes d'une humeur massacrante. Les résidents ne se montraient pas plus courtois. Dans le grand bâtiment régnait une animosité ambiante très malsaine pour les malades. Cela faisait une semaine que le temps s'était dégradé et depuis ce matin, ils avaient tous l'impression d'assister à l'apothéose du phénomène.
- Ce bruit m'énerve. Je suis tellement fatigué ! Cria un vieillard souffrant de maladie respiratoire. Maladie qui se répandait et faisait de plus en plus de morts chaque jour dans les bas quartiers. Cette personne âgée était d'un statut modeste et il fut admis.
- Eh bien, tais-toi donc, et arrête de faire encore plus de bruit que la pluie, ce n'est déjà pas facile de fermer l'œil !

Dans chaque couloir, entre chaque chambre, le scénario semblait se produire, indéfiniment. Les soignants avaient depuis longtemps arrêté de tenter de calmer les malades. Elles s'épuiseraient inutilement à la tâche : il était impossible qu'ils stoppent leurs cris et disputes futiles.

Cependant, cette hostilité et ces disputes, n'atteignaient pas le dernier étage de l'établissement. Préservé miraculeusement des stupides excès de colère d'occupants mécontent du temps. Le silence, bruit de la pluie mis à part, régnait morbide dans le couloir. Toutes les portes de l'étage étaient closes et à l'intérieur de chaque pièce aucun mouvement ne pouvait se faire entendre. Ce niveau semblait mort, et l'était plus ou moins. En effet, ici était le lieu de résidence des "endormis". D'ailleurs, depuis quelques années déjà, l'étage avait pris le surnom de "sommeil éternel". Doux nom pour une réalité si funeste. Une jeune doctoresse pénétra dans le silence mortel du couloir. Ses pas étaient rapides et malgré ses hauts talons, guère pratique pour exercer dans l'hôpital, elle ne faisait que peu de bruit. Sans doute pour éviter de troubler l'horrible calme qui gouvernait. Elle ne jeta aucun regard dans les chambres sur sa droite, se contentant de fixer les numéros de celles sur sa gauche. Vérification inutile, car elle connaissait par cœur la chambre dans laquelle elle allait. Cette même chambre où elle entrait tous les jours pour voir impuissante "dormir" une adolescente. Impuissante…elle se sentait incapable de la sauver et pourtant savait en avoir les capacités. Mais sa promesse l'obligeait à ne pas agir. Elle ne pouvait pas utiliser son pouvoir, si elle était venue ici, c'était bien pour ne plus avoir recours à ses dons … désastreux.
Elle poussa la porte avec la délicatesse d'une mère aimante entrant dans la chambre de son petit alors qu'il dort. Ses pas la conduisirent sur une chaise, qui n'avait pas bougé depuis la veille. Elle s'installa, et pria. Les yeux baissés pour ne pas voir la jeune fille. Vue trop douloureuse et difficile pour un être aussi fragile qu'elle. Elle s'en voulait énormément de ne pouvoir agir pour la sauver, la tirer de ce sommeil. L'essentiel était qu'elle ne souffrait pas ou plus. Il était certain que si ses yeux s'ouvraient, elle hurlerait jusqu'à perdre la voix de douleur. Ses bandages, son aspect général, témoignait de cette souffrance. Mais son sommeil, paradoxalement salvateur, la préservait de ces maux. Partagée, comme chaque après-midi, entre la tristesse qu'elle soit dans un état comateux, et le bonheur qu'elle n'hurle pas d'agonie, Carmen se mordit les lèvres. Ce n'était pas la seule chose qui la perturbait. Au fond d'elle, elle savait, qu'elle pourrait la soigner, et le doute entre suivre ses convictions et ses obligations ne faisait que la troubler un peu plus.
Elle retint un hurlement de désespoir et d'accumulation. Elle parvint à évacuer cette envie qui l'avait prise soudainement par de longues et lentes respirations contrôlées. Elle se plongea dans une intense réflexion, pesant le pour et le contre de ce qu'elle désirait faire depuis plus d'une semaine. Devait-elle agir ? Rompre sa promesse ? Trahir la confiance de sa supérieure ? Briser toutes ses interdictions qu'elle avait mis si longtemps à établir et qu'elle avait eu tant de mal à instaurer à son esprit ? Déchirée intérieurement, le désir de vider le tout par un cri lui prit à nouveau la gorge. Il était pourtant stupide de se paralyser les cordes vocales. Crier en soi était un acte dénué d'intérêt. A quoi servait-il de montrer ses sentiments intérieurs avec une telle violence ? Il fallait absolument qu'elle redevienne calme et posée.
En plus, cette fille, elle ne la connaissait pas. Elle était arrivée deux semaines plus tôt dans un état épouvantable. Les soins furent donnés et durant toute une nuit plusieurs équipes se succédèrent pour la mettre dans un état stable. Après une nuit d'effervescence et d'énervement, la demoiselle fut conduite ici, dans cet état qui n'avait ni évolué, ni décrépi, depuis lors. Rien de rassurant ou d'inquiétant. Juste un état dans lequel la plupart de ses voisins étaient depuis plusieurs semaines, voire années. Et malgré le fait qu'elle était une pure inconnue, Carmen sentait le besoin de la sauver, de lui donner un souffle de vie. La première fois que l'idée d'utiliser son pouvoir l'avait saisie, elle l'avait directement balayée, jugeant à juste titre que c'était prohibé. Et puis finalement, l'idée avait fait du chemin. Imposant des doutes et réflexions profondes. Elle avait d'ailleurs fait un plan précis de son moyen d'agir, elle avait calculé le meilleur moment pour réaliser son dessein. Tout avait été organisé sans qu'elle le désire vraiment, son esprit avait conçu tout seul et établi cette tactique assez bien pensée.
Il y avait des centaines d'autres malades dans le bâtiment, certains entraient de rendre leur dernier souffle sur un lit en sang, et pourtant elle ne sentait cette envie que pour cette "élue". C'était un sentiment étrange et incompréhensible. A chaque regard qu'elle lançait sur son pauvre corps mutilé, elle avait envie d'exécuter le nécessaire pour la faire vivre. Il n'y avait rien qui justifiait un tel désir.
Elle se prit la tête dans les mains pour soupirer, faisant enfin un bruit humain dans ce couloir désert. La pluie continuait d'attaquer les pauvres fenêtres mais Carmen semblait l'avoir oubliée le temps de réfléchir à tout ce qui lui traversait l'esprit, et surtout à l'endormie devant elle.
Elle ne pouvait pas rester ici, sa pause n'était pas longue et se prendre la tête ne servait pas à grand-chose. Elle tournait en rond de toute façon. Et rester là à ne rien faire n'apportait rien à l'affaire. Elle se leva donc discrètement de sa chaise et quitta silencieuse l'étage. A chaque fois qu'elle redescendait elle avait un peu le cafard. Elle se sentait déprimée et ce ne fut pas la chute mémorable de son subordonné qui la sortit de ses idées noires.




J'avoue : je hais la première partie du chapitre (et la suite est pire ^^") mais bon je poste toujours ^^"


Dernière édition par dadadele le Mer 13 Mai 2009 - 15:48, édité 2 fois
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Re: L'amnésique du crépuscule

Message  Pacô le Mer 13 Mai 2009 - 15:03

dadadele a écrit:Roman fantasy

L'amnésique du crépuscule

Prologue

Le goût de sang en bouche, une douleur lancinante ; je m’effondre. Une dalle froide et dure m’accueille. Ma vue se trouble, j’ai mal à la tête ; suis-je en train de mourir ? Je sens quelque chose de chaud qui coule sur mon corps à certains endroits : au coin de ma bouche notamment (si tu mets un notamment, les deux points perdent toute leur qualité puisqu'ils mettent en valeur un élément qui n'a rien de notable Wink). Autour de moi progresse une mare de sang (mal dit ... "se propage"), elle s’étend à l’infini. Je ne distingue plus qu’une silhouette noire. L’homme semble me regarder mais ma vue est trop floue pour être certaine. Il dit quelque(s) chose(s) mais je n’entends pas. Il y a comme un bruit de fond dans mes oreilles. Je voudrais dire quelque chose, une question simple : « pourquoi ?». Alors dans un ultime effort je tente de parler, mon visage se crispe et je crachote du sang mais aucun son, juste une plainte (maladroit => une plainte est un son, il y en a donc ... et rien que le fait de crachoter provoque du bruit. Et pense plus à " je crachote du sang en gémissant".).
Une plainte douloureuse, car j’ai mal. Le liquide chaud qui dévale les courbes de mon corps, c’est mon sang. Mes blessures sont si grandes, si profondes, il a frappé tellement de fois. La mort est trop proche pour ne plus la voir. Le noir doucement me recouvre. Mes yeux sont à présent clos, mon cœur est faible, et c’est toujours un brouhaha dans mes oreilles.
Je ne sais plus où je suis, je ne sais pas où je meurs, je ne sais même pas si on me reconnaîtra quand on verra mon cadavre…
J’ai du mal à respirer, pourquoi maintenant, pourquoi moi ? Je suffoque il n'y a plus d'air qui pénètre dans mes poumons. Je n'ose imaginer dans quel état se trouve mes poumons, mes organes, moi (mon être). J’aimerais tellement qu’on me recouvre d’une couverture chaude, qu’on pose un doux baisé sur une partie de mon corps qui n’est pas encore meurtri, pour pouvoir partir en paix…
La douleur m'assomme, me plongeant dans un état où je n'ai plus ses sensations affreuses qui irradient mon être. Et s'il était venu pour le secret ? Cette soudaine inquiétude semble m'avoir douloureusement réveillé. Je ressens des douleurs que mon corps m'avait fait ignorer. J'ai l'impression qu'on me blesse une nouvelle fois. Même si j'ai les yeux clos je suis certaine que ce n'est pas ça. Mon imagination me joue des tours : est-ce la fin ? Les dernières souffrances avant une délivrance tant désirée, mes dernières sensations avant de ne plus les connaître ? J'étouffe un cri : le dernier ? La douleur se fait plus forte. Moi qui pensais que mon corps était déjà mort et qu'il ne restait plus que ma conscience
Mon sang se déverse autour de moi, m'ôtant toute chance de survie. Mais si ce lieu saint s'avérait salvateur ? Peut être que ces déesses que je prie chaque jour vont m'apparaître pour me sauver ?
Alors que ces vains espoirs quittent mon esprit, l'homme m'assène un dernier coup pour disparaître ensuite. Je n'ai plus la force de crier, même si l'envie me brûle la gorge, à moins que ce soit le sang qui se déverse par ma bouche. Le désespoir emprisonne mon être alors que la conscience semble s'éloigner de plus en plus. La mort s'avance et n'a plus que quelques pas à faire avant de me prendre. (trop de points de suspension tue les points de suspension)


Chapitre 1 Doutes

Une pluie diluvienne tombait, accompagnée de rafales (de vent) terrifiantes. A l'intérieur (de quoi?), le bruit des gouttes s'écrasant avec force (assez maladroit comme formulation) empêchait la plupart des résidents (d'où?) de dormir. A travers les fenêtres, on n'apercevait que l'ombre de la ville : la pluie et la buée contribuaient à une visibilité réduite. Aussi, les habitants ne pouvaient patienter à observer le déluge, celui-là ne se laissait pas entrevoir. Les rares courageux qui couraient sous la pluie torrentielle, avait les yeux baissés ou plissés et ne voyait pas non plus la ville inondée (inonder ne peut pas être pronominal. Donc si tu veux retrouver l'idée de la ville qui inonde d'elle-même, il faut reformuler). Et les nuages sombres obscurcissaient la ville comme si le soir arrivait, alors qu'en réalité, il était tôt dans l'après-midi.
Dans le grand hôpital, les grincheux, les incapables de se plaindre mais de crier de douleur ( Suspect ), suivi du bruit terrifiant de la pluie, empêchaient quiconque de converser. Les infirmières, exaspérées par le temps exécrable, étaient pratiquement toutes d'une humeur massacrante. Les résidents ne se montraient pas plus courtois. Dans le grand bâtiment régnait une animosité ambiante (s'il y a le verbe régner, ambiante est de trop et vice versa) très malsaine (une animosité est déjà quelque chose de malsain => pléonasme) pour les malades. Cela faisait une semaine que le temps s'était dégradé et depuis ce matin, ils avaient tous l'impression d'assister à l'apothéose du phénomène.
« Ce bruit m'énerve. Je suis tellement fatigué ! Cria un vieillard souffrant de maladie respiratoire (une malade de ce type peut difficilement crier =/). Maladie qui se répandait et faisait de plus en plus de morts chaque jour dans les bas quartiers. Cette personne âgée était d'un statut modeste et il fut admis (avait été admis).
- Eh bien, tais-toi donc, et arrête de faire encore plus de bruit que la pluie, ce n'est déjà pas facile de fermer l'œil !»

Dans chaque couloir, entre chaque chambre, le scénario semblait se reproduire, indéfiniment. Les soignants avaient depuis longtemps arrêté de tenter de calmer les malades. Elles s'épuiseraient inutilement à la tâche : il était impossible qu'ils stoppent (stopper, c'est pas un joli verbe => "interrompent") leurs cris et disputes futiles.

Cependant, cette hostilité et ces disputes [pas de virg] n'atteignaient pas le dernier étage de l'établissement. Préservé miraculeusement des stupides excès de colère d'occupants mécontents du temps. Le silence, bruit de la pluie mis à part, régnait morbide (régnait morbide?) dans le couloir. Toutes les portes de l'étage étaient closes et à l'intérieur de chaque pièce, aucun mouvement ne pouvait se faire entendre. Ce niveau semblait mort, et l'était plus ou moins. En effet, ici était le lieu de résidence des "endormis". D'ailleurs, depuis quelques années déjà, l'étage avait pris le surnom de "sommeil éternel". Doux nom pour une réalité si funeste. Une jeune doctoresse pénétra dans le silence mortuaire (et non mortel ^^) du couloir (on ne pénètre pas vraiment dans le silence, mais dans une salle silencieuse...). Ses pas étaient rapides et malgré ses hauts talons, guère pratique pour exercer dans l'hôpital (alors pourquoi les porte-t-elle alors qu'elle a l'air à un statut élevé?), elle ne faisait que peu de bruit. Sans doute pour éviter de troubler l'horrible calme qui gouvernait. Elle ne jeta aucun regard dans les chambres sur sa droite, se contentant de fixer les numéros de celles sur sa gauche. Vérification inutile, car elle connaissait par cœur la chambre dans laquelle elle allait. Cette même chambre où elle entrait tous les jours pour voir, impuissante, "dormir" une adolescente. Impuissante (répétition volontaire, mais pourquoi?)… elle se sentait incapable de la sauver et pourtant savait en avoir les capacités. Mais sa promesse l'obligeait à ne pas agir. Elle ne pouvait pas utiliser son pouvoir, si elle était venue ici, c'était bien pour ne plus avoir recours à ses dons … désastreux.
Elle poussa la porte avec la délicatesse d'une mère aimante entrant dans la chambre de son petit alors qu'il dort. Ses pas la conduisirent sur une chaise, qui n'avait pas bougé depuis la veille. Elle s'installa, et pria. Les yeux baissés pour ne pas voir la jeune fille. Vue trop douloureuse et difficile pour un être aussi fragile qu'elle. Elle s'en voulait énormément de ne pouvoir agir pour la sauver, la tirer de ce sommeil (je pense que répéter agace le lecteur: impression de tourner en rond). L'essentiel était qu'elle ne souffrît pas ou plus. Il était certain que si ses yeux s'ouvraient, elle hurlerait jusqu'à perdre la voix de douleur (késaco?). Ses bandages, son aspect général, témoignaient de cette souffrance (on se répète tongue). Mais son sommeil, paradoxalement salvateur, la préservait de ces maux. Partagée, comme chaque après-midi, entre la tristesse qu'elle fût (on est au passé hein) dans un état comateux, et le bonheur qu'elle n'hurlât pas d'agonie, Carmen se mordit les lèvres (pourquoi ne donner que son nom maintenant?). Ce n'était pas la seule chose qui la perturbait. Au fond d'elle, elle savait [pas de virg] qu'elle pourrait la soigner, et le doute entre suivre ses convictions et ses obligations ne faisait que la troubler un peu plus.
Elle retint un hurlement (répétition) de désespoir et d'accumulation. Elle parvint à évacuer cette envie qui l'avait prise soudainement par de longues et lentes respirations contrôlées (ta phrase veut dire que cette envie fut prise par de longues et lentes respirations. Est-ce le bon sens0? Rolling Eyes). Elle se plongea dans une intense réflexion, pesant le pour et le contre de ce qu'elle désirait faire depuis plus d'une semaine. Devait-elle agir ? Rompre sa promesse ? Trahir la confiance de sa supérieure ? Briser toutes ses interdictions qu'elle avait mises si longtemps à établir (ce n'est pas Carmen qui les a établies... si? Sinon, "qu'elle avait mises si longtemps à respecter/à assumer etc") et qu'elle avait eu tant de mal à instaurer dans son esprit ? Déchirée intérieurement, le désir de vider le tout par un cri lui prit à nouveau la gorge. Il était pourtant stupide de se paralyser les cordes vocales. Crier en soi était un acte dénué d'intérêt. A quoi servait-il de montrer ses sentiments intérieurs avec une telle violence ? Il fallait absolument qu'elle redevienne (je suis pas sûr de mon coup, mais je pense qu'il faut encore une fois respecter le passé ici: "qu'elle redevînt") calme et posée.
En plus, cette fille, elle ne la connaissait pas. Elle était arrivée deux semaines plus tôt dans un état épouvantable. Les soins furent donnés et durant toute une nuit plusieurs équipes se succédèrent pour la mettre dans un état stable. Après une nuit d'effervescence et d'énervement, la demoiselle fut conduite ici, dans cet état qui n'avait ni évolué, ni décrépi (décrépi, c'est avant tout pour enlever le crépi ^^. En imagé, on lui confère aussi une notion d'esthétique pour le visage d'une personne. Mais pas de décrépi pour une situation, un état. De plus, le verbe évolué est incorect sur le sens. Attention, "évolué" ne veut pas forcément dire que ça va mieux - ma prof d'histoire me l'a tellement rabâché à une époque Rolling Eyes - donc je te conseille une reformulation: "dans cet état qui ne s'était ni amélioré ni dégradé/déterioré - voire altéré à la rigueur") , depuis lors. Rien de rassurant ou d'inquiétant. Juste un état dans lequel la plupart de ses voisins étaient depuis plusieurs semaines, voire années (whoua le saut. Entre semaines et années, il n'y a pas qu'un pas. Je serais tenter de te conseiller une gradation "plusieurs jours, semaines, mois voire années" ce qui renforce l'idée d'accumulation et donne une idée d'éternité). Et malgré le fait qu'elle était une pure inconnue, Carmen sentait le besoin de la sauver, de lui donner un souffle de vie. La première fois que l'idée d'utiliser son pouvoir l'avait saisie, elle l'avait directement balayée (je la vois bien balayer une idée Razz. "balayer de son esprit"), jugeant à juste titre que c'était prohibé (ce n'est pas elle qui juge si c'est prohibé, elle ne fait qu'appliquer.). Et puis finalement, l'idée avait fait du chemin (mûri). Imposant des doutes et réflexions profondes (je vois toujours un terme péjorative dans cette façon de dire... mais ça doit être mafaute aussi ^^). Elle avait d'ailleurs fait un plan précis de son moyen d'agir, elle avait calculé le meilleur moment pour réaliser son dessein. Tout avait été organisé sans qu'elle (ne) le désire vraiment, son esprit avait conçu tout seul et établi cette tactique assez bien pensée.
Il y avait des centaines d'autres malades dans le bâtiment, certains entraient de rendre leur dernier souffle sur un lit en sang (il manque des mots non? Ou serait-ce "en train" à la place de "entraient" ?), et pourtant elle ne sentait cette envie que pour cette "élue". C'était un sentiment étrange et incompréhensible. A chaque regard qu'elle lançait sur son pauvre corps mutilé, elle avait envie d'exécuter le nécessaire pour la faire vivre. Il n'y avait rien qui justifiait un tel désir.
Elle se prit la tête dans les mains pour soupirer, faisant enfin un bruit humain dans ce couloir désert. La pluie continuait d'attaquer les pauvres fenêtres mais Carmen semblait l'avoir oubliée le temps de réfléchir à tout ce qui lui traversait l'esprit, et surtout à l'endormie devant elle.
Elle ne pouvait pas rester ici, sa pause n'était pas longue et se prendre la tête ne servait pas à grand-chose. Elle tournait en rond de toute façon. Et rester là à ne rien faire n'apportait rien à l'affaire. Elle se leva donc discrètement de sa chaise et quitta silencieuse l'étage. A chaque fois qu'elle redescendait elle avait un peu le cafard. Elle se sentait déprimée et ce ne fut pas la chute mémorable de son subordonné qui la sortit de ses idées noires. (oulah, c'est quoi ce truc?)

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
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Re: L'amnésique du crépuscule

Message  Pacô le Mer 13 Mai 2009 - 15:03

Commentaire:


La fin arrive de l'extrait arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (indésirable =/). Est-ce repris dans la suite?

Sinon, un contexte assez original pour un roman de fantasy Smile. Ce qui l'est un peu moins, c'est l'apparition du terme "l'élue" dès le premier chapitre et, de surcroît, en sachant que la médecin va forcément déroger à la règle et utiliser de son don.
C'est pourquoi je pensai qu'il n'était pas nécessaire de parler immédiatement du nom de Carmen. Tu peux dire qu'elle est très affectée par la situation de la victime sur le lit, mais pas forcément qu'elle a déjà la possibilité de la soigner. Pourquoi? Parce que tu brises toute la curiosité du lecteur et tu lui offres déjà la solution pour résoudre le problème. L'histoire perd donc en intérêt.

Second point: je te l'ai déjà remarqué, mais pourquoi avoir mentionné le nom de Carmen si tard? Surtout que son prénom n'apparaît pas au cours d'un dialogue avec un individu qui ne la connaît pas... Le point de vue semble omniscient, donc... pourquoi en plein milieu, ce qui provoque d'ailleurs un léger trouble parce que l'on se demande: mais de qui le narrateur parle tout à coup?

Sinon, le mystère sur le secret reste intacte et c'est sur point que je t'encourage à poursuivre. Il constitue l'élément "dérangeant" qui attise la curiosité. Poursuis dans ce but (et n'en dévoile pas trop).

Si j'ai été beaucoup gribouilleurs sur ton texte, sache qu'il faut reprendre une à une mes remarques. Certaines peuvent être bonnes comme pas du tout. Donc vérifie à chaque fois (je ne suis qu'un home \o/).

Suite? Suite?

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Re: L'amnésique du crépuscule

Message  dadadele le Mer 13 Mai 2009 - 15:34

La fin arrive de l'extrait arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (indésirable =/). Est-ce repris dans la suite?

En fait la fille qui meurt c'est la fille dans le lit d'hopital. Mais t'as raison ca fait bizarre ^^"


Sinon, un contexte assez original pour un roman de fantasy . Ce qui l'est un peu moins, c'est l'apparition du terme "l'élue" dès le premier chapitre et, de surcroît, en sachant que la médecin va forcément déroger à la règle et utiliser de son don.
C'est pas dans le sens où tu penses que je ai mis "élue" (^^") disons que par la suite ca n'a aucun rapport. Je mets juste élue pour dire qu'elle choisit de la sauver elle, mais ca n'a pas vraiment d'impact. C'est juste qu'elle est plus sensible à la mort de cette ado que pour les autres. Dans mon récit y aura pas d'élu (ni de prophétie, etc)

C'est pourquoi je pensai qu'il n'était pas nécessaire de parler immédiatement du nom de Carmen. Tu peux dire qu'elle est très affectée par la situation de la victime sur le lit, mais pas forcément qu'elle a déjà la possibilité de la soigner. Pourquoi? Parce que tu brises toute la curiosité du lecteur et tu lui offres déjà la solution pour résoudre le problème. L'histoire perd donc en intérêt.
Dans le schéma (ne faisant que les cinq premiers chapitres) elle la sauve très tôt. Après "l'aventure" démarre seulement (il manque encore un protagoniste Wink ) j'ai donc "expliqué" son don pratiquement tout de suite ^^". Mais c'est vrai que je pourrais retarder ce moment là.

Second point: je te l'ai déjà remarqué, mais pourquoi avoir mentionné le nom de Carmen si tard? Surtout que son prénom n'apparaît pas au cours d'un dialogue avec un individu qui ne la connaît pas... Le point de vue semble omniscient, donc... pourquoi en plein milieu, ce qui provoque d'ailleurs un léger trouble parce que l'on se demande: mais de qui le narrateur parle tout à coup?
J'ai eu cafouillage complet je pense ^^" je vais devoir totalement refaire cette partie (fin le chap 1 xD, tout en gardant certaines choses et phrases) (je le sentais bien que ca n'allait pas ^^" en plus j'hésite à faire en interne (avec plusieurs narrateurs)).


Bref, je vais sans doute garder le prologue (fin le modifier avec tes indications Wink ) et repartir à 0 (plus ou moins) pour la suite. Je vais tâcher de faire quelque chose qui "casse" moins que directement l'hôpital, et mettre ce moment là, par la suite.

Merci (je vais garder cette version mais en spoiler pour pas qu'on la lise xD mais je risque de m'en inspirer et de reprendre certains passages Wink )

Edit : pour "Cette soudaine inquiétude semble m'avoir douloureusement réveillée". Il me semble qu'il faut garder le e, si la narratrice est une fille ?

Edit 2 : "Moi qui pensais que mon corps était déjà mort et qu'il ne restait plus que ma raison…" ca va si je remplace conscience par raison ? CE ne sont pas vraiment des synonymes et je ne suis pas sure que ce soit correct en fait.

Edit 3 : (et oui, encore), si par exemple je prends un narrateur à la première personne mais que ce n'est pas la fille mourante, il faudrait que je l'indique pour éviter la confusion. Mais je ne vois pas trop comment faire. D'un autre côté, je suppose que si j'écris qu'il trouve une fille mourante, ca ira
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Re: L'amnésique du crépuscule

Message  Pacô le Mer 13 Mai 2009 - 18:56

Non, pour la fin que je trouvais bizarre, c'était pour cette phrase:
Elle se sentait déprimée et ce ne fut pas la chute mémorable de son subordonné qui la sortit de ses idées noires.
Je n'ai pas compris qui est le subordonné qui arrive d'un coup?

Très bien pour "élue". De même pour "réveillée", j'étais parti dans l'optique de l'auxiliaire avoir qui ne s'accorde pas. Apparemment, le "m'" est parti à la trappe.

Oui, je pense que "raison" ça va. Tu peux aussi parler d'esprit, ton intelligence (dans le sens esprit aussi, pas le côté super balèze ^^)... etc.

Si tu prends un narrateur externe, tu perds toute l'analyse de la douleur. Donc c'est à toi de voir (tu ne pourras pas mélanger les deux).
Toutefois, là tu peux la décrire d'une vue générale, avec un zoom. Tu pars du corps entier avec le sang tout autour, et ta description approche de plus en plus le visage (ce peut être une idée).

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