La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

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La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Ven 29 Mai 2009 - 18:43

Bon, je ne vous demande pas d'être en accord total avec le fond, hein ! ^^ J'y suis allé au vitriole, au couteau, à tout ce que vous voulez, pour les besoins de la cause. Je vous prierais donc, ceux qui ne sont pas du tout d'accord avec moi, de ne pas m'étrangler, même gentiment, mais juste de me donner votre avis sur la forme et le style. Razz
(Chronique rédigée en vue d'un concours il y a quelque temps)


La vie est trop courte pour lire de mauvais livres


Voici les faits, des titres :
"La Consolante", "Ensemble, c'est tout", "Et après...", "Je reviens te chercher", "Et si c'était vrai...", "Sept jours pour une éternité...", "Le Fait du prince", "Cosmétique de l’ennemi", "Chaque femme est un roman", "Le Zèbre", "Tissé par mille", "Dans ces bras-là", "Un amour pour trois", "La maison de jade", "Les fourmis", "Le Livre du Voyage", "Le marché des amants", "Pourquoi le Brésil ?" etc...
Chaque rentrée, cela recommence : l'avalanche, la cascade, la déferlante, le raz-de-marée, l'écrasement, l'éboulement, l'invasion, la razzia, le raid, le débarquement, le vomissement de romans tout frais pondus. Les devantures de librairies sont prises d'assaut par une myriade d'ouvrages qui viennent sagement s'empiler les uns à côté des autres, attendant tranquillement le lecteur naïf et masochiste qui voudra bien dépenser son argent pour se plonger avec complaisance dans l'univers nauséabond des best-sellers, des romans de gare, des nanars littéraires, des navets. Les auteurs de ces mêmes écrits sont bien évidemment adulés, choyés, traduits dans le monde entier, rémunérés à leur juste valeur, pistonnés et criblés de prix plus prestigieux les uns que les autres : Prix Fémina, Prix Goya du premier roman, Prix Renaudot des lycéens, Prix de Flore... Certains ont même l'honneur de voir une de leurs oeuvres nommée au Goncourt des Lycéens. Sans suite malheureusement. Sales gosses ! Ce sera pour la prochaine fois, et pourquoi ne pas briguer un Grand prix du roman de l'Académie Française ? Après tout, les quarante vieilles badernes du Quai Conti ont bien été séduites par les Stupeurs et Tremblements d'une jeune auteur qui s'essouffle maintenant tout à fait. A leur âge, ils auront été sensibles à ce qu'ils ont sans doute supposé être un Manifeste de Parkinson. Il ne reste plus qu'à l'auteur de Ni Toi ni moi de nous pondre quelque chose comme : Pertes de mémoire et coeur fragile, et le tour sera joué ! Dans la poche, les détenteurs du Bon Goût littéraire. Entre ceux qui publient plus vite (et parfois plus mal) que leur ombre et qui n'ont donc pas le temps de lire les textes proposés, et ceux qui n'y voient plus très clair, tout est possible.
De nos jours, la mode est à l'ouverture d'esprit. Mais les gens ont trop tendance à penser que "ouverture d'esprit" signifie devenir un gouffre engloutissant tout ce qui se présente. Au contraire, un esprit ouvert est un tamis, un crible dans lequel tout peut entrer mais dont peu de choses ne ressortent. Les portes de bronze des programmes scolaires s'ouvrent à tout et on n'inflige plus aux pauvres lycéens traumatisés les sempiternels classiques poussiéreux et abscons. Balzac est démodé, Flaubert suranné, Baudelaire usé, Hugo passé, Molière fatigué, Gary dépassé ; on offre à la jeunesse des ouvrages qui lui sont proches. Voici maintenant Bernard Werber, Marc Lévy, Philippe Labro, Marie Darrieussecq, Anna Gavalda et Guillaume Musso qui font leur entrée dans les impératifs scolaires de lecture. Pourquoi pas Kundera, Sollers, Philippe Claudel, Le Clézio, Marie Cosnay ? Allez savoir. Pourtant ses derniers sont tout aussi modernes, mais ils ont des anciens les complications stylistiques, l'abstraction, l'obscurité. L'action y est lente, parfois inexistante (rendez-vous compte !), on y rencontre des théories philosophiques, des termes compliqués. Alors on opte pour des ouvrages plus simples, mais pas moins et certainement plus intéressants. Des ouvrages dans lesquels le lecteur peut s'identifier aux personnages, car l'Homme est un éternel narcissique insatisfait qui ne lit que dans le but de s'apercevoir lui-même entre les lignes. Des ouvrages dans lesquels les décors sont hollywoodiens, l'action aussi, les dialogues de même - c'est dire s'ils sont bâclés. Suspens insoutenable, rebondissements déroutants, péripéties inattendues, le pauvre lecteur frise la crise d'apoplexie à chaque fin de chapitre, et la foulure du poignet à chaque tourne énergique de page. Car c'est bien cela que veulent les lecteurs moyens actuels, ceux qui se pressent en masse devant les librairies à chaque sortie des dernières frasques presque littéraires d'un pur produit marketing tel que Marc Lévy. En effet, nous sommes actuellement submergés par une vague de haine du style - qui n'est autre qu'une haine de l'art. Le critère des acheteurs de livres est aujourd'hui non plus le récit mais l'histoire uniquement. C'est pour cela qu'un auteur de beaux livres, un artiste en somme, n'aura jamais de succès populaire. On a complètement perdu de vue qu'écrire des livres, des bons, est un art et que tout le monde ne peut pas s'y essayer avec succès (amateur de démocratie permissive absolue, tant pis pour vous !). Or donc, c'est cette idée de littérature en tant qu'art qui me semble de plus en plus facilement oubliée par les lecteurs-moutons. Qui se soucie encore du style ? Personne. On prône le fond, toujours le fond, uniquement le fond. Qu'importe que l'auteur soit incapable d'écrire une question indirecte à la syntaxe correcte, qu'importe qu'il use et abuse des points de suspension et des retours à la ligne, qu'importe qu'il ait un vocabulaire plus réduit encore que celui des "Phrases Utiles" d'un guide de voyage, qu'importe qu'il rédige plus platement qu'une notice technique de machine à laver. Les lecteurs sont en train de faire lentement glisser l'art de la littérature vers la disparition, l'extinction, le néant. Qui se rappelle encore qu'écrire est un art ? Personne. Ou alors ceux qui s'en souviennent se dépêchent de l'oublier. Rares sont les heureux élus qui osent proclamer haut et fort : "Seuls les livres ayant une finalité esthétique ont de l'intérêt à mes yeux." Ajoutons que les autres écrits romanesques ne sont bons qu'à avoir du succès. Un bon écrivain doit avant tout avoir une excellente oreille. Hemingway disait : "Un écrivain sans oreille, c'est comme un boxeur sans main gauche". Quand le lecteur véritable ouvre un livre, c'est une voix qu'il y recherche. Une voix qui lui murmurera une histoire d'une façon telle que cet argument deviendra un accès à la Beauté. Car après tout, une oeuvre d'art, c'est un trou de serrure par lequel on entrevoit un fragment de la Beauté.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Ven 29 Mai 2009 - 18:44

Partie II (trop long pour un seul post ! ^^)

Lorsqu'un lecteur avisé ouvre un livre, ce doit être immédiat : il entend la voix de l'auteur ou il n'entend rien. Les premières phrases sont décisives, la virgule mal placée est interdite, l'adjectif mal choisi serait fatal, la faute de goût ne peut pas, ne doit pas être commise. "Longtemps je me suis couché de bonne heure,...", "Aujourd'hui maman est morte.", "Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois [...]", "Ursus et Homo étaient liés d'une amitié étroite", "Depuis l'aube, le chemin suivait la colline à travers un fouillis de bambous et d'herbe où le cheval et le cavalier [...]", "Dans la salle enfumée, éclairée par les quinquets, il est apparu", etc. On entend tout de suite, il y a voix.
Mais qu'est-ce que cette voix, concrètement ? D'où vient le fait que l'on entende celle de Paul Valéry, mais que l'on puisse retourner un ouvrage de Werber dans tous les sens sans que rien ne vienne nous chatouiller les tympans ? Tout simplement du style. La voix de l'auteur n'est autre que la perfection de son style, le fait que chaque mot est juste, placé à l'endroit où l'on sent qu'il devait être, parce qu'il ne pouvait être ailleurs et parce que ce ne pouvait être que celui-là. Lorsque nous lisons un beau texte, nous nous délectons d'une beauté que nous n'avons jamais eu besoin de chercher, nous jouissons que ce que nous n'avons jamais eu à convoiter, à désirer ; nous éprouvons une émotion sans désir. Nous admirons une oeuvre qui incarne la quintessence de l'Art, la perfection intemporelle, l'existence émancipée de toute durée, la beauté débarrassée de toute volonté.
Qu'importe l'argument ? Nous attendons uniquement de lui qu'il porte avec cohérence la forme, qu'il soutienne l'édifice esthétique. Pour cela, il faut évidemment qu'il en soit digne. On ne bâtit pas un monument littéraire comme A la recherche du temps perdu sur une histoire larmoyante, mièvre, niaise, simpliste, manichéenne, hollywoodienne, grossière, doucereuse, fade. Il faut, en quelque sorte, que l'adéquation soit parfaite, mais pour cela, l'action ne doit jamais prendre le dessus. Un homme doté d'une pinte de bon sens artistique ne devrait jamais pouvoir, organiquement, viscéralement, terminer un ouvrage uniquement pour en connaître le dénouement, si ledit roman est écrit à la truelle. Le romancier n'est ni un philosophe, ni un politicien et surtout pas un moraliste. L'important, ce qui fait ressortir un écrivain véritable de la masse des falsificateurs, des tricheurs, des faux-monnayeurs du livre, c'est la façon dont il raconte ses histoires. Pour reprendre quelques phrases de Céline qu'il a prononcées lors d'une interview télévisée, donnée vers la fin de sa vie : "Des histoires, il y en a plein les rues, plein les correctionnelles. Tout le monde a des histoires : moi, vous, mon voisin, le boulanger... Ce qui m'intéresse, ce qui fait un écrivain, c'est le style."
Une fois de plus, l'auteur génial de Voyage au Bout de la Nuit, qui considérait La Fontaine comme le plus grand styliste, avait vu juste. L'artiste est un créateur de belles choses, proclamait Wilde avec raison. Pourquoi l'écrivain ferait-il exception ? Peut-être parce qu'il est facile de tricher, en littérature, ainsi qu'en peinture et en sculpture. Le seul art où l'on ne peut absolument pas tricher restera sans doute toujours la musique. En effet, de nos jours tout le monde écrit des livres. Les architectes, les professeurs d'économie, les journalistes de télévision font des romans, les ministres des poèmes. En peinture, tout le monde peut barbouiller un petit quelque chose abstrait et nous inviter au vernissage de ses vingt premières toiles. En sculpture, faire une installation est à la portée du premier venu. Dans chacun des cas, il se trouvera toujours une confrérie de snobs mondains, de bourgeois intellectuels, de pingouins incultes, de pédants au sens artistique atrophié pour se pâmer d'émoi comme s'ils se trouvaient devant le Baudelaire, le Rodin ou le Ingres du XXIe siècle. En revanche, si le premier quidam venu décide de convier ses amis à un concert auquel il a prévu de jouer le vingtième concerto pour piano de Mozart, en ré mineur, (oeuvre sublime s'il en est) alors qu'il n'a jamais pratiqué cet instrument, il en sera évidemment incapable et cela se verra immédiatement. Hélas, malgré l'importance de l'oreille, la littérature ne bénéficie pas d'une telle immunité, de cette merveilleuse soupape de sécurité que possède la musique. Notre époque tendant à falsifier à peu près tout, le monde du livre n'y échappe pas.
Le problème de la primeur du fond sur la forme se posait déjà au XIXe siècle, mais de façon inverse, retournée. Si le grand public faisait aussi passer le secondaire avant l'important, c'était pour mieux dénoncer l'immoralité supposée de certains ouvrages. Le plus célèbre est, bien entendu, Madame Bovary dont le procès a fait du bruit dans tout Paris. A cette époque, on avait au moins le bon goût de reconnaître la perfection du style de Flaubert. Plusieurs critiques ont dit : "Cette oeuvre, vraiment belle par sa minutie et la vivacité de ses descriptions, ne contient pas un seul personnage qui représente la morale, qui parle la conscience de l'auteur". Les incultes et les naïfs cherchaient désespérément entre les pages innombrables de ce texte magnifique le personnage proverbial et légendaire, chargé d'expliquer la fable et de diriger l'intelligence du lecteur. En d'autres termes, ils cherchaient le réquisitoire. Il y a un siècle et demi déjà, on déblatérait à l'encontre de la littérature un nombre incalculables d'absurdités. Les lecteurs confondaient déjà les fonctions et les genres. Les pauvres n'avaient pas compris qu'une véritable oeuvre d'art n'a pas besoin de réquisitoire. Ils tentaient de dénicher une utilité à l'art qui n'existe pas : une morale, ce que l'on appellerait de nos jours un message de l'auteur.
L'art est-il utile ? Non, parce qu'il est art. Ou plutôt oui, uniquement parce qu'il est art.
La haine de l'inutile qui nous pousse à chercher un but concret, un concept dans à peu près chaque oeuvre d'art qui nous tombe sous la main, nous pousse aussi à mépriser ce qui fait réellement la valeur artistique d'une oeuvre : sa beauté. Or, si l'on parle littérature, ce n'est pas dans l'histoire en elle-même, mais bien dans le récit, que se niche cette qualité magnifique, cette finalité esthétique ; et c'est uniquement sur ce plan que l'on devrait juger un roman. Lorsque le lectorat français aura compris cela, la grande majorité des auteurs à succès sera dûment remis à leur place de ratés, leurs torchons seront exilés loin de toute librairie. On cessera de parler d'oeuvre littéraire quand on voudra désigner un des navets commerciaux qui sont infligés chaque été à la société, on se prendra de pitié pour les pauvres arbres morts qui ont servi à éditer cette pléthore de daubes nauséabondes, on pleurera de désespoir lorsqu'un de ces faux écrivains qui pullulent prétendra délivrer un message philosophique alors qu'il ne sait que parler de lui à toutes les personnes, ou recracher son cours de philosophie de terminale avec quelques petites fioritures personnelles. La littérature française pourra enfin se redresser, sortir lentement avec fierté du bourbier putride (ce bourbier dont Voltaire, déjà, combattait les insectes rampants) qui avait bien failli l'engloutir, se débarrasser des parasites en tout genre, se désinfecter les plaies purulentes, guérir.
Mais pour cela, il faudrait que le grand public évolue. Qu'il se hisse brutalement de l'état de troupeau de moutons au cervelet comateux à celui de masse pensante, de conglomérat d'esprits vifs et alertes. Alors il sera capable de faire preuve d'assez de bon sens pour rejeter avec mépris tous les ouvrages qui n'ont pas été conçus dans un but avant tout esthétique. Hélas, nous pouvons légitimement nous demander s'il parviendra un jour à se dépasser de la sorte. Stendhal affirmait déjà, au risque de passer pour un affreux élitiste : "L'inaptitude complète des acheteurs de livres à juger de ce qu'ils payent fort cher a eu pour effet de dégrader la littérature française".
Lecteurs de Gavalda, Musso et consort, l'oeil de l'auteur du Rouge et le Noir est braqué sur vous ! Il ne cligne pas, il ne cille pas, il vous jauge de sa pupille aiguisée comme une dague. Tremblez donc de vos faiblesses intellectuelles. Mais celui qui se parait du nom d'égotiste a été plus loin. Il osa écrire : "Nous autres critiques sommes bien bons et bien condescendants d'accorder notre attention à la plupart des livres qui sont lancés chaque jour dans le monde. C'est une chose entendue que ceux que nous louons d'être un peu moins ennuyeux, vides et affectés que les autres seront totalement oubliés dans vingt ans".
Cette fois c'est vers vous, écrivains de pacotille, prosateurs du dimanche, barbouilleurs de papiers, opprobres du métier, fripiers d'écrits, que se tourne l'oeil superbe de l'écrivain. C'est vous qu'il transperce de son regard droit et direct. Tremblez donc de votre propre incompétence dans laquelle vous semblez vous complaire comme les porcs dans leurs propres déjections (Truismes me semble, de ce point de vue, une véritable profession de foi de l'école du bourbier). Oui, vous, monsieur Musso ! Vous et vos intrigues ineptes, votre style plat comme la prose d'une compagnie d'assurance. Oui, vous, monsieur Marc Lévy ! Vous et vos histoires fades, niaises, identiques d'un livre à l'autre, votre plume molle, clichesque à souhait, répugnante de banalité, vos fautes de syntaxes révoltantes. Oui, vous, madame Gavalda ! Vous et votre prose sympa-cool, plus indigeste qu'un scénario de série télévisée, vos histoires d'un conformisme malsain, d'une mièvrerie, d'une sucrerie écoeurante, vos retours à la ligne qui ne servent qu'à mettre en évidence les termes les plus insignifiants et grotesques, vos points de suspensions incessants, dont vous usez et abusez. Oui, vous, monsieur Werber ! Vous et votre style inexistant, vos écrits qui feraient rougir de honte n'importe quel lycéen compétent , vos scénarios ridiculement hollywoodiens, vos ficelles énormes, votre philosophie de comptoir à hurler de rire qui nous donne un aperçu de l'étendue dérisoire de vos connaissances dans ce domaine, votre manichéisme proverbial. Oui, vous, madame Nothomb ! Vous et votre petit air excentrique forcé, votre originalité factice, vos fanfreluches, votre joli brin de plume qui devient de plus en plus ampoulé avec les années, votre inspiration usée et vidée depuis trop longtemps, vos redites. Oui, vous, monsieur Jardin ! Vous et vos métaphores à coucher dehors, votre romantisme insipide confinant à la sensiblerie. Oui, vous, monsieur Labro ! Vous et votre ego boursouflé, votre vie tartinée dans chacun de vos romans de la façon la plus plate et la plus banale qui soit, vos frasques de riche, votre existence de riche, vos diarrhées verbales de riche, votre propension - propre aux riches - à écrire un bouquin dès qu'il vous arrive la plus petite chose dénuée du moindre intérêt. Oui, vous, madame Laurens ! Vous et vos histoires révulsantes et doucereuses, vos romances aussi originales que bien écrites, votre prose rappelant si souvent celle des pages people des quotidiens populistes, vos chamailleries infantiles d'auteur frustrée, vos héros beaux, riches, intelligents et brochingés, vos intrigues de collégienne. Et vous aussi, madame Angot, monsieur Zeller, madame Darrieussecq, madame Bernheim, monsieur Adam, madame Chapsal, monsieur Jacq !

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Morganne le Lun 1 Juin 2009 - 18:12

mouarf, comment veux tu qu'on ait le courage de lire un truc aussi long? xD je peux le faire, aleez, motivée...
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mar 2 Juin 2009 - 16:27

J'avais la flemme de le poster en deux fois xD...

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Liven d'Eleissen le Mar 2 Juin 2009 - 16:54

Shocked
Pour du réquisitoire, c'est du réquisitoire!
Dans le fond, je suis d'accord (sur la forme aussi, d'ailleurs, si je pouvais -si je savais- écrire comme cela! ). Je ne connais pas tous les auteurs que tu cites mais j'approuve pour Marc Lévy et Anna Gavalda. Werber et Nothomb aussi. Christian Jacq, ça va encore, selon moi. On peut faire bien pire (comme les auteurs cités juste avant).

Tiens, d'ailleurs, tu ne parles que d'auteurs français. J'imagine qu'il en est de même des autres (genre Dan Brown Rolling Eyes ).

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mar 2 Juin 2009 - 17:01

Oui tout à fait, même moi, le lisant en anglais j'étais conscient de la nullité du récit de Dan Brown (ou de Steph Meyer par exemple) mais bon, je ne parle pas suffisamment, ni ne lis assez l'anglais pour pouvoir émettre un jugement constructif sur ces auteurs-là plus que la simple constatation de leur vacuité sans borne. Alors bon, j'ai préféré me borner à un sujet sur lequel je peux parer toutes répliques ! xD

Jacq n'est pas le pire, c'est vrai, mais ce qui m'agace, c'est qu'il publie plus vite que son ombre et que les gens ont perdus tout esprit critique sur ses oeuvres. Dès que le nom de Jacq apparait sur un couverture, le livre sera forcément bon. Alors qu'il faut bien avouer que bon, on en a lu un, on les a tous lu... Jacq étant un auteur très très très peu surprenant (pour ce que j'en ai lu en tout cas ^^)
Mais il est vrai qu'il y a pire, c'est d'ailleurs pour cela que je l'ai mis en dernier, en ne faisant que le nommer.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Liven d'Eleissen le Mar 2 Juin 2009 - 17:07

Pour Meyer, la lecture en anglais passe beaucoup mieux que la française. Le traducteur s'est laissé aller au fil de la série, c'est lamentablement mal traduit.
Celui qui passe très mal en anglais, aussi, c'est Paolini. C'est pas une nouveauté...

Au fait, avais-tu gagné le concours pour lequel tu as écrit ce texte?

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mar 2 Juin 2009 - 17:10

Même en anglais, c'est daubesque Meyer ! xD Si même moi, qui suis une quiche en langue étrangère, suis capable de sentir la nullité d'un style en anglais, c'est tout de même qu'il doit y avoir quelque chose.Sans compter la nullité de l'histoire bien sûr... ^^

Je ne sais pas encore, j'ai envoyé mon texte le 29 ! Suspens insoutenable What a Face

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Nemo le Mar 2 Juin 2009 - 18:09

Même si je suis en gros d'accord avec le fond, je te trouve :

- un peu violent et très lyrique. La mauvaise littérature n'a jamais tué personne, tes propos sont biens extrêmes.

- un peu méprisant. Si ces œuvres plaisent à autant de gens, c'est sans doute qu'elles ont quand même quelque qualité, au moins celle de faire rêver le lecteur. Le grand public n'est pas aussi ignare que tu semble le croire.

- un peu catégorique. Allons, allons, sans ressortir le sempiternel "des goûts et des couleurs...." A quoi reconnait-on un chef-d'œuvre ? Cce n'est pas aussi simple. un livre ne fait jamais l'unanimité, et même ceux qui résistent aux siècles ne sont pas forcément brillants !

Mais tu as beaucoup de style, ton argumentation est très convaincante.
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mar 2 Juin 2009 - 19:16

1) Oui, certes, mais à vouloir faire dans la demi-mesure, on se ramollit, on nage, on stagne, rien n'avance. Je ne suis évidemment pas aussi épidermique dans la vie de tous les jours, mais quand on veut assassiner, comme le dit Nabe, il faut tuer, pas mordre, pas pincer, pas égratigner, tuer, éradiquer, napalmer, sinon on est pas intéressant ni crédible. xD

2)Argument faux ! Aucune qualité dans les écrits de Marc Lévy. Pas la moindre. Absence totale de bons côtés, rien, chiant, vide. Sauf la facilité de lecture, je l'avoue. (oui, le grand public est con. C'est un fait. Je n'explique pas autrement les ventes de Werber et de Gavalda. Voilà, ça ne date pas d'hier, mais la majorité des gens manque totalement de sens artistique et donc littéraire. Dommage mais c'est ainsi ^^)

3) Je dirais, oui. Le torrent de l'Histoire est impitoyable (il a le droit, lui ! ^^) et extrèmement fiable. Un navet de 1800 que l'on lit encore aujourd'hui ? Je voudrais bien voir cela ! Même les écrivains du XXe commencent gentiment à se faire "trier" par le temps. Anouilh, Ionesco, descendent lentement de leurs piédestal immérités à mon avis, et dans 20 ans on n'en reparlera plus !
L'Histoire sait très bien faire la différence entre écrivains, et vulgaires écrivants.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Nemo le Mar 2 Juin 2009 - 19:46

1. Pas d'accord ! on peut nuancer ses propos et rester convaincant ! Selon moi, trop de verve décrédibilise même.

2. Oui, c'est TON avis, ça. Mais pas celui de tout le monde. Insulter le grand public, c'est vraiment facile et une attitude aussi méprisante me choque un peu. Ces auteurs ne te plaisent peut-être pas, mais ils poussent à la lecture ! Et, j'ai récemment lu que, grâce à la saga de Meyer (que je n'aime pas, par ailleurs) des centaines de jeunes lecteurs s'étaient mis à lire... les hauts de hurlevents. Un livre de qualité, non ? Ah, oui, aussi : un livre qui ne se prend pas au sérieux, c'est parfois bien reposant à lire, plus qu'un classique.

3. Ici encore, je ne suis pas d'accord. Chateaubriand, par exemple, et pour moi loin d'être un génie, et pourtant, il est encore lu ! Aussi, c'est facile de se réfugier dans les écrits filtrés par le passé. Mais o passe à côté de pas mal de bonnes, très bonnes choses, non ? Pour Anouilh, je pense que la mode est en train de passer... mais va revenir.

Enfin, je ne veux pas m'engager dans un débat véhément le jour de mon inscription ^^, donc comme je suppose que tu va trouver des arguments contraires avec lesquels je ne serais pas d'accord, je préfère m'arrêter là. J'ai dit tout ce que j'avais à dire.
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mar 2 Juin 2009 - 20:04

1. évidemment pas d'accord ! ^^ On tue ou on se tait. Chatouiller la plante des pieds, c'est idiot.

2. Ils poussent à la lecture ? Mais très bien. Si 20% des lecteurs de Gavalda sont capables de lire du Céline et d'admettre la médiocrité de cette chère Anna, j'en suis fort aise ! Mais j'en doute fort. Sinon, les ventes auraient chutées depuis longtemps et on arrêterait de me bassiner avec "Werber est un génie".

3. Chateaubriand est un génie. C'est un fait. Mais après on peut ne pas aimer. Simplement on ne PEUT PAS dire qu'il écrit mal, c'est tout. Je n'aime pas beaucoup Rousseau, pas du tout même. Mais je n'irais jamais dire qu'il n'est pas un grand écrivain. Il l'est mais ne me parle absolument pas. Chateaubriand, c'est la même chose. C'est un monstre sacré, mais auquel tu n'es pas sensible, et c'est ton droit le plus stricte, bien évidemment !
Je ne me réfugie pas. Simplement, c'est des valeurs sures, qu'on veuille bien l'admettre ou non. Point. Je lis énormemment de littérature actuelle, je ne suis nullement enfermé dans les classiques, mais je constate simplement que ceux qui resistent c'est les bons. Et étrangement je n'ai pas encore découvert d'exceptions. Même chez les grands, la postérité trie bien ! Regarde Voltaire : à la trappe ses pièces de théâtre. Reste ses contes, sublimes.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Nemo le Mer 3 Juin 2009 - 19:33

Définitivement pas d'accord, je ne le serais sans doute jamais.

ET je DIS que chateaubriand écrit mal, avec la même légitimité que tu le dis de Anna Gavalda. Parce que qu'un auteur écrive bien, cela m'importe peu. Qu'il fasse s'extasier quelques académiciens, tant mieux pour lui. Mais chateaubriand malgré son prétendu génie et ses sublimes qualités littéraire reste réservé à une élite de lettré. Je préfère que les gens lisent Ana Gavalda qu'ils se soulent à la télé réalité. En fait, tu prône une littérature fermée, snob, inaccessible au public "con". Tu est intolérant littérairement parlant !

Quand aux "exceptions" en question, il suffit d'ouvrir les yeux pour se les prendre en pleine poires. Je te citerais volontiers des exemples, mais ça ne servirait à rien. Tu ne ferais que répéter que ce sont des génies.

Voilà, c'est mon dernier message sur ce topic, je me ferais un plaisir de te laisser le dernier mot. Sache juste que je trouve ton teste snob, méprisant, et beaucoup trop lyrique. La littérature se défend très bien toute seule, puisque, selon toi, le temps filtre les écrits. alors, pourquoi en rajouter une couche ?
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Mer 3 Juin 2009 - 20:30

Ma foi, s'il faut être snob et méprisant pour savoir faire la différence entre un mauvais bouquin et un bon, oui, je me réclame snob ! Je me veux méprisant ! Au reste, Proust aussi l'était, alors après tout, pourquoi pas ?
L'élitisme pour tous, mais l'élitisme surtout !

ET je DIS que chateaubriand écrit mal, avec la même légitimité que tu le dis de Anna Gavalda. Parce que qu'un auteur écrive bien, cela m'importe peu. Qu'il fasse s'extasier quelques académiciens, tant mieux pour lui. Mais chateaubriand malgré son prétendu génie et ses sublimes qualités littéraire reste réservé à une élite de lettré. Je préfère que les gens lisent Ana Gavalda qu'ils se soulent à la télé réalité. En fait, tu prône une littérature fermée, snob, inaccessible au public "con". Tu est intolérant littérairement parlant !
Il sue quand même la bêtise ce paragraphe, dites donc !
Tu sais, il y a des gens, normaux, pas plus intelligents que les autres, capables de comprendre les phrases de Chateaubriand. Sisi, ça existe, des gens comme ça. Et même Proust, il parait qu'on le comprend ! Enfin c'est une rumeur, on n'a pas encore pu prouver qu'elle était fondée.
(Ah et Gavalda, Télé réalité... C'est du Kiffe-Kiffe pareil au même! On réfléchit tout autant devant le petit écran que dans un livre d'Anna)

Une littérature fermée ?? Ah mais tu n'as pas compris que justement, ma grande joie serait que TOUT le monde se shout avec du Hugo au petit matin !! Que tout le monde réserve ses soirées pour lire du Beckett au lieu d'aller au cinoche ! Que tout le monde récite du Baudelaire par coeur ! Que tout le monde connaisse les Fables sur le bout des doigts ! Que tout le monde se damne pour un paragraphe de Céline ! Ça, ce serait le paradis ! Alors "fermée", justement, c'est pas des gens comme moi qui la rende fermée, mais des gens comme toi qui sont persuadé que le premier qui vient défendre un peu énergiquement la Littérature est un gros pédant élitiste.

Au reste, et dans un tout autre heu sens, sans parler de mon texte, en général, tu sembles utiliser "lyrique" dans un sens un peu dépréciatif. Je ne vois pas exactement en quoi, mais je serais curieux (encore une fois, sans aucun rapport avec notre différent présent, d'un point de vue purement linguistique) quel sens tu donnes précisément à ce terme.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Pacô le Sam 6 Juin 2009 - 9:10

Je partage l'avis de ce réquisitoire (sans vouloir tombé comme un cheveu sur la soupe).
J'ai mis du temps à m'armer de courage (c'est un gros morceau que voilà !) et, même si je n'adopterai pas un ton aussi véhément que MrSonge, j'adhère totalement.

Toutefois, je ne vais pas aussi loin que lui. Je ne rejette pas en bloc la littérature "poubelle". Pour moi, il y a deux littératures (si le terme littérature convient, parce que selon le neuvième volume du dictionnaire de l'académie - pour ne pas la citer ^^ - littérature qualifie « l'ensemble des œuvres écrites qui appartiennent, par leurs qualités durablement reconnues, au patrimoine d'un peuple, d'un pays, et de toute l'humanité. » chose que l'on ne peut affirmer quant au Werber, Gavalda et Musso puisqu'ils ne sont ni de qualité ni reconnus au patrimoine d'un peuple, et ce du par leurs courtes existence en ce bas monde).

Il y a la littérature divertissante que je maintiens au stade du divertissement (et dont je ne démordrais pas). Ce serait mentir de dire que je n'ai pas aimé, que j'ai rejeté en bloc, l'heptalogie des Harry Potter. En toute franchise, je l'ai plutôt dévorée, lue et relue et sans éprouver la moindre honte, bien que Rowling emploie un style pour ados, une écriture simple, parfois mal habillée, et une histoire à l'imaginaire universel (ce que j'appelle imaginaire universel, ce sont toutes les histoires que tout le monde imagine ... les sorciers qui vivent dans le secret, la puissante magie à l'oeuvre ... tout ça, c'est vu et revu et ça passionne toujours autant. Mais quel manque d'originalité !). Je ne me défendrais pas non plus de tous les écrits, que MrSonge qualifie de mièvre, que j'ai pu avalés, en appréciant plus ou moins leur goût amer. Mais pour moi, ces textes, ces histoires, restent dans le domaine du divertissement, du petit plaisir ... comme on regarde un film holywoodien, passé déjà 15 fois sur TF1, et qu'on en ressort encore tout empâté parce qu'on était à fond dedans, mais que, quinze minutes après, on l'a déjà oublié. Certes, peut être que ces livres donnent envie à des ados de lire autre chose, à lire des Céline, Stendhal ou des Maupassant. Mais est-on forcément obligé de passer par le hamburger de MacDo pour déguster un boeuf wellington ?

Vient ensuite la seconde littérature, que je qualifie d'art. Celle là, je ne la lis plus dans le seul but de me divertir. Je recherche l'épanouissement et les émotions. Je recherche la beauté en son état pur, la quête de la culture, la quête du style. Et voilà ce qui me chiffone chez tous ces auteurs marketings ... à quoi sert d'écrire si on rejette la manière d'écrire? l'art d'écrire ? Car croyez-vous que c'est l'histoire qui doit surpasser la narration ? Non. Une bonne oeuvre est une bonne histoire AVEC bon style. On n'écrit pas une histoire qu'avec de bons sentiments (Cf André Gide, citation appropriée aux liaisons dangereuses ^^) et on ne rédige pas avec une plume arrachée au dos d'une poule. Il faut du travail, de la passion et du talent ! Et c'est ça que je déguste chez tous ces auteurs, cités par MrSonge. C'est ça que j'admire. C'est ça qui me donne le goût à la vraie lecture. La plupart des gens qui s'affiment grands lecteurs en tenant des Werber dans les mains, j'ai envie de leur rire aux nez. Non, ça c'est du divertissement, ce n'est pas de la littérature ! Ou du moins pas de la Littérature.
Et je suis d'accord aussi avec le fait que le public n'est pas forcément goût de chose artistique. Au risque de tomber dans un argument bas, crois-tu que le combat à mort des gladiateurs, la boucherie des lions sur les chrétiens et toutes les autres choses sanguinolentes qui se déroulaient dans les arènes sous le grand empire romain étaient de grands moments artistiques parce que ça plaisait au grand public ? Et, au contraire, les pièces de théâtre en plein air était beaucoup moins regardée, beaucoup moins suivie ... alors la boucherie des lions est donc plus artistique qu'une pièce de Sophocle ?
Non, la littérature s'adresse certes à une élite. Mais l'élite est dénoncée en comparaison au peuple inconscient qui se complaît à dénigrer ceux qui aimet les bonnes choses, bonnes choses qu'il ne cherche pas à comprendre alors qu'il en aurait la capacité.

Bref, je ne vais pas m'étendre davantage. Ce réquisitoire est très intéressant, et rajoute du sel sur la polémique béante qui avait opposé Neverland - aujourd'hui parti et vexé - et MrSonge (et moi aussi xD). Mais pour moi, on ne mélange pas les serviettes avec le linge. Même si on peut pourtant employer les deux.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Dmn le Sam 6 Juin 2009 - 10:09

Shocked ouuuf je vient de finir de tout lire ( ça abime les yeux de lire sur un écran aussi pouri que le mien ^^)

En effet mr songe superbe réquisitoire (un peu virulent pour ma part)
Il y a de "l'art" commercial et il y a de l'art, mais Pacô à très bien résumer ce que je pensais car soyons franc il n'y a pas qu'en littérature que le problème se pose mais dans tout les domaines dit artistique (musique, écriture, dessin, cinéma, théâtre,photographie bd, etc), là ou il y a source d'argent, on chatouille avec du "déjà vu" la demande car peu de commercial se tente à lancé quelque chose qui sort de l'ordinaire, c'est trop risqué pensent ils. Alors ils jouent sur le "cliché" (un éxemple qui saute au yeux et qui touche les plus jeunes ce sont les dessins animé qui proposent des choses dépassées.) On nous ressasses toujours les même idioties et clichés bon marché.
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Sam 6 Juin 2009 - 11:44

D'accord avec Pacô. Encore une fois, si j'ai écrit ce texte dans l'exagération, dans l'extrême, c'est parce que, comme je l'ai dit, pour moi si on veut toucher juste, il faut y aller au poignard et pas à l'aiguille à tricoter.

Il est évident que les textes divertissants ont le droit d'exister, existeront toujours, ont toujours existés, mais ce qui est grave, c'est la confusion. On ne fait plus la différence entre le petit roman de plage que l'on dévore distraitement en sirotant un coca au bord de la mer, et le vrai bouquin, le vrai roman qui arrive avec un monde, des personnages, une psychologie. Un roman, c'est cosmique, zut ! xD

Et bon aussi, il faut bien le dire, il y a les textes divertissants soignés et les textes divertissants baclés ! Je m'excuse mais Marc Lévy, même quand on ne le prend pas au sérieux, c'est de la daube. Sincèrement, il ne relit pas ses manuscrits, c'est pas possible autrement. Alors oui, pour ceux-là je n'ai aucune pitié, mais même sur la plage, je considère que c'est du foutage de gueule d'ouvrir un bouquin où (c'est authentique) l'auteur commet des erreurs d'INTERROGATIVES INDIRECTES. Je ne sais pas si vous situez le niveau d'un écrivain pas foutu de rédiger une interrogation indirecte sans faire de faute de syntaxe.
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  dadadele le Sam 6 Juin 2009 - 18:39

personnellement je trouve que c'est fort violent. Le ton employé est parfait et c'est très bien rédigé. Je ne m'étalerai pas la dessus car mes compliments sembleront bien pâle à côté de ta façon d'écrire
Cependant ^^ :
Encore une fois, si j'ai écrit ce texte dans l'exagération, dans l'extrême, c'est parce que, comme je l'ai dit, pour moi si on veut toucher juste, il faut y aller au poignard et pas à l'aiguille à tricoter.
Je ne suis pas totalement d'accord. Pour moi, si on poignarde trop fort on finit par tuer (après cette phrase qui ne veut rien dire, l'explication...) Si tu aggresses trop fort, les autres pourront plus facilement se vexer tandis que si tu le fais en plus soft (mais en étant assez "fort" pour te faire entendre) il y aura plus place à la réflexion. Ce n'est qu'un avis personnel mais au début j'étais légèrement révoltée car personnellement j'aime certains livres que tu as cité comme étant mauvais. Je les dévore jusqu'à ne plus savoir bien lire (et même après ca je continue) et par conséquent j'avais un peu envie de péter un cable. Mais en lisant ce que Paco a écrit et tes justifications (notamment "piquant pour se faire entendre") j'ai bien plus apprécié la lecture et la façon d'écrire plus que le fond Wink

Autre petite chose pour laquelle je ne suis pas d'accord, c'est le fait qu'à l'école on ne lit plus certains auteurs que tu as cités. Eh bien moi, j'en ai avalé cette année et l'année prochaine s'annonce encore plus remplie ! Et on a pas eu droit à des Marc Levi, Stephenie Meyer etc.
(par contre la plupart de la classe était désespérée à la lecture de certains livre (notamment Candide (que j'ai presque honteuseument aimé. Mais j'ai trouvé quelqu'un d'autre qui avait aimé alors on a défendu notre point de vu ensemble ^^))) Mais on a également lu des livres contemporains, cependant je pense qu'il faut les deux même à l'école Wink

(désolé pour les fautes d'orthographe, je suis persuadée que j'en ai fait beaucoup et je m'en excuse xD)

ps : j'ai bien aimé deux livres de Marc Lévi (et si c'était vrai, Sept jour pour une éternité) et pas à la plage lol!
J'ai pas forcément envie d'entrer dans un débat donc considéré ce ps comme rien du tout ^^" c'est juste pour signaler comme ca.

Je me répète : ta façon d'écrire était bien, pour le fond c'est fort discutable Wink
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Sam 6 Juin 2009 - 18:53

D'abord merci pour les compliments, mais tu sais tu peux t'étaler, hein, moi ça ne me gène absolument pas ! Razz

Je ne suis pas totalement d'accord. Pour moi, si on poignarde trop fort on finit par tuer (après cette phrase qui ne veut rien dire, l'explication...) Si tu aggresses trop fort, les autres pourront plus facilement se vexer tandis que si tu le fais en plus soft (mais en étant assez "fort" pour te faire entendre) il y aura plus place à la réflexion.
J'entends bien mais ce n'est pas le rôle d'un écrit de ce genre. On laisse place au débat sur un plateau TV quand on a des contestataires en face, mais quand on écrit, encore une fois, il faut tuer. Sinon, on ne fait qu'égratigner et "l'ennemi" vous descend de deux balles dans la tête. ^^

Autre petite chose pour laquelle je ne suis pas d'accord, c'est le fait qu'à l'école on ne lit plus certains auteurs que tu as cités. Eh bien moi, j'en ai avalé cette année et l'année prochaine s'annonce encore plus remplie ! Et on a pas eu droit à des Marc Levi, Stephenie Meyer etc.
Mais j'en suis heureux ! xD Simplement, je me base sur l'expérience (courte) que j'ai et des témoignages d'amis qui ont dû se farcir du Werber et du Gavalda, et ça je trouve inadmissible, dans le cadre scolaire, au lycée ! ^^

Et remarque quand même mes progrès, je ne relèverais pas ton PS ! What a Face
Même pas de petite remarque désobligeante et sarcastique, rien. Je suis malade Razz

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Pacô le Sam 6 Juin 2009 - 19:44

Attention: auteur contemporain ne signifie pas auteur de merde.
MichelButor, il est toujours en vie ... et il a écrit des trucs pas mal du tout. La Modification, ça peut être vu comme quelque chose de super chiant, mais l'analyse dans ce train, c'est extra. Et on le voit en cours en plus !!

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Sam 6 Juin 2009 - 20:11

Ah mais je n'ai jamais dit qu'il ne s'écrivait plus rien de bien !! Butor, Sollers, Kundera, Rinaldi, Nabe, Le Clézio, Millet, c'est génial. On ne peut pas amalgamer Musso et la littérature contemporaine. xD

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Vermeille le Sam 6 Juin 2009 - 20:49

Hum... déjà, autant dire que je ne connais pas la moitié des livres et auteurs que tu cites, mais je crois que tu parles surtout de livres qui ne sont pas vraiment dans mon univers, tant pis pour l'ouverture d'esprit.

"et on n'inflige plus aux pauvres lycéens traumatisés les sempiternels classiques poussiéreux et abscons. Balzac est démodé, Flaubert suranné, Baudelaire usé, Hugo passé, Molière fatigué, Gary dépassé"
Lycéenne, je le suis donc depuis trois ans. J'ai eu droit à Balzac (que par ailleurs j'aime, malgré les descriptions, la non-action totale d'un livre n'est pas une chose qui me dérange), pas Flaubert, en effet, Baudelaire deux fois, Hugo trois fois (oui, une chaque seconde, plus une pour mon TPE, mais c'était par choix, je te l'accorde), Molière deux fois la même année. Gary, effectivement, je ne vois même pas qui c'est, j'irai me renseigner après, je ne veux pas répondre avec une connaissance que je n'ai pas.

"Voici maintenant Bernard Werber, Marc Lévy, Philippe Labro, Marie Darrieussecq, Anna Gavalda et Guillaume Musso qui font leur entrée dans les impératifs scolaires de lecture."
Pas l'impératif scolaire auquel j'ai eu droit, alors. Oui, j'ai bien des livres "récents" pour le bac par exemple, comme Enfance de Sarraute (overdose de points de suspensions mais rien à voir x]).

"l'Homme est un éternel narcissique insatisfait qui ne lit que dans le but de s'apercevoir lui-même entre les lignes"
J'dois pas être trop Homme alors, tu généralises un peu trop mon grand. Wiwi, moi je lis pour me sortir de moi-même et entrer dans un autre (à ne pas prendre hors contexte), ce qui a certes un aspect narcissique, mais je ne cherche pas à me retrouver.

"Qui se soucie encore du style ? Personne."
Tu généralises encore, et donc, en disant cela, tu es aussi concerné par le "personne".

"Une fois de plus, l'auteur génial de Voyage au Bout de la Nuit, qui considérait La Fontaine comme le plus grand styliste, avait vu juste"
C'est uniquement ton point de vue, personnellement, La Fontaine j'en suis gavée et re-gavée, je n'y ai jamais rien trouvé d'agréable. Non, ni les mots, ni la morale, ni le rythme, ni la forme. Aucun style à mes sens sans doute suis-je sourde, qu'importe. Oui, pour être vulgaire, lire La Fontaine, ça me fait chier.

"une utilité à l'art qui n'existe pas : une morale, ce que l'on appellerait de nos jours un message de l'auteur"
Cette fois, oui, je suis d'accord avec toi. Oui, l'art est inutile (on peut tout à fait vivre sans, si, si) et c'est ce qui conserve son charme.

Globalement, je le redis : tu généralises trop. On tue ou on se tait, dis-tu, je ne compte faire aucun des deux. Comme si tu cherchais à choquer, ou quelque chose du genre, mais je trouve ta façon de présenter les choses pédantes. Cela dit, dans le fond, je suis plutôt d'accord avec toi, on cherche à l'art une utilité qu'il n'a jamais cherché à avoir, et (mais pas seulement en littérature) on nous noie sous un tas de nouveautés, il en faut plus, toujours plus et on met de côté la qualité (mais un même roman n'aura pas la même qualité pour tout le monde, ce n'est pas parce qu'un auteur du 18ème est devenu très célèbre et est encore lu aujourd'hui qu'il a forcément fait de belles choses, il y a personnellement tout un tas de "classiques" que j'abhorre et il y a des romans contemporains tout à fait fabuleux). Mais oui, c'est cela pour tout, il semble falloir plus, la quantité prime sur la qualité, ce n'est pas pour autant que cette qualité n'y est pas. Bon, j'ai la flemme de m'étaler et, avouons-le, pas beaucoup d'arguments (je n'en ai pas cherché d'ailleurs, je n'en ai pas envie), puis tu parles de beaucoup de choses que je ne connais pas trop. Mais j'aimerais rajouter une choses importante : lire à la plage c'est affreux, y'a du sable entre les pages après et le bouquin devient tout enflé ><
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  MrSonge le Sam 6 Juin 2009 - 21:14

Globalement, je le redis : tu généralises trop.
Je ne crois pas, non. Je parle de ce que l'on appelle, avec pudibonderie, en politique, la majorité. Bien sûr qu'il y a des exceptions, nombreuses. Mais pas suffisamment pour considérer la majorité du lectorat francophone sous un regard bienveillant.

C'est uniquement ton point de vue, personnellement, La Fontaine j'en suis gavée et re-gavée, je n'y ai jamais rien trouvé d'agréable. Non, ni les mots, ni la morale, ni le rythme, ni la forme. Aucun style à mes sens sans doute suis-je sourde, qu'importe. Oui, pour être vulgaire, lire La Fontaine, ça me fait chier.
C'est ton droit. Mais le fait est qu'on en parle encore, et que donc par la force des choses, il y a quelque chose chez lui qui résiste au temps. La question d'aimer n'entre pas en ligne de compte. La postérité tranche avec plus de radicalité que nous, et, j'ai envie de dire, devant son jugement, on a rien à répliquer. Si La Fontaine a survécu, c'est qu'il était génial.
Corneille aussi. Je n'aime absolument pas cet auteur, mais j'admets son génie. C'est deux choses totalement différentes.

(mais un même roman n'aura pas la même qualité pour tout le monde, ce n'est pas parce qu'un auteur du 18ème est devenu très célèbre et est encore lu aujourd'hui qu'il a forcément fait de belles choses, il y a personnellement tout un tas de "classiques" que j'abhorre et il y a des romans contemporains tout à fait fabuleux)
Encore une fois, le mal de l'époque. Confusion. Oui, si un auteur du 18ème est très célèbre encore aujourd'hui c'est qu'il a fait de belles choses. Le nier, c'est placer son propre goût au-dessus de 3 siècles de sélection drastique de l'Histoire. C'est inepte. Même Musset, que je déteste profondément (comme Marivaux), je n'oserais pas remettre en cause son talent.

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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Vermeille le Sam 6 Juin 2009 - 21:26

Alors il faut qu'on me dise en quoi la Fontaine a fait de belles choses. Qu'on me l'explique. Qu'on m'explique ce qu'il y a de beau chez Zola (ses livres sont intéressants, oui, même si ça me gave, mais je ne vois pas où ils sont beaux). Des gens les trouvent beaux. On est habitué à les trouver beaux, depuis le temps, je suppose. Mais au final, 3 siècles de survivance ou non, je ne place mon goût au dessus des autres (ou en ce cas, tu fais la même chose), je ne dois tout bonnement pas avoir la bonne définition de beauté. Il faut dire qu'on en trouve de toutes sortes, des explications de ce mot. L'Histoire a gardé les choses importantes, les choses marquantes, et je crois qu'il en est de même pour la littérature. Et les choses importantes ne sont pas forcément les belles choses.

Tu parles de la majorité en disant tout le monde (ou "personne" plus exactement, ou "on"), mais tu avoues toi-même que cette majorité n'est pas tout le monde. Pour moi, c'est donc de la généralisation que tu fais.
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Re: La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

Message  Pacô le Sam 6 Juin 2009 - 21:30

Hum ... Pté, je suis dac avec vous deux tiens !
Oui, Mr Songe a raison sur un point: la sélection de l'histoire surpasse notre entendement. Il y a une certaine beauté que l'on ne sait pas voir. et si j'admire beaucoup d'écrivains, tout en ne les aimant pas, ce n'est pas forcément pour leur bouquin en eux-mêmes, mais pour le travail, l'effort, le talent qu'il s'en dégage. Indéniable.

Après, certes, tu généralises un peu trop. Mais c'est ton côté tueur qui veut ça non ?

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