Comment construire l'intro de son roman ?

Aller en bas

Comment construire l'intro de son roman ?

Message  Pacô le Sam 26 Sep 2009 - 18:31

Voilà longtemps que je n'avais pas composé de cours, je suis un gros fainéant (et je m'assume pleinement) mais je vais tâcher de combler cette lacune.

Aujourd'hui nous parlerons de l'introduction d'un roman, c'est à dire les premières pages. Le prologue ou le premier chapitre, suivant le genre dans lequel vous vous caractérisez.
Voici alors le plan de ce cours:

Un prologue ou un premier chapitre ?
Que faut-il mettre ou ne pas mettre ?
Le souci de la problématique !


_______________________________________


Like a Star @ heaven Un prologue ou un premier chapitre ?

Très judicieuse question mon ami virtuel qui me sert de double moi pour poser des trucs que personne n'oserait me demander.
Alors oui, un prologue ou directement un premier chapitre ? Faut-il peut être déjà commencer par expliquer la différence entre un prologue et un simple premier chapitre.
Selon Larousse, le prologue est une partie du roman qui relate les évènements antérieurs à l'histoire elle-même, contrairement à un premier chapitre qui rentre immédiatement dans le vif du sujet. Beaucoup d'auteurs plus ou moins reconnus font la confusion et se servent d'un prologue comme d'une simple mise en bouche (le plus courant, un flash d'un instant avancé de l'histoire, à la Mary Higgins Clark ou un dialogue entre deux personnages un tout petit peu avant le début de la première scène.) J'ai envie de dire, oui c'est très bien, mais on n'appelle pas ça un prologue, simplement un extrait de quatrième de couverture.

En réalité, un prologue est parfait pour un long récit d'aventure, une trilogie par exemple. Il pose les fondements de la société que vous ferez découvrir au lecteur, tout en le détachant du premier chapitre. A contrario de ce que je vais vous dire dans le second point de ce cours, le prologue est inconsciemment perçu par le lecteur comme un "avant-histoire qui ne fait pas partie de l'histoire" ce qui permet à l'auteur de le remplir de grosses descriptions lourdes et indigestes, mais cependant nécessaires pour la compréhension de la réelle histoire. Une chose à savoir, un lecteur ne refermera pas le livre sur un prologue, il cherche à lire le premier chapitre même si le prologue a été dur. Il sera beaucoup plus enclin à balancer l'ouvrage si vous vous amusez à ça dans le premier chapitre, parce que le lecteur considèrera que l'histoire a commencé et que là, il doit être emballé tout de suite ou jamais.

Vous voyez toutes les subtilités de la rédaction. Toutefois, un prologue n'est pas recommandé pour un récit plus contemporain, pour une aventure de société, pour une histoire en un volume ... puisque le prologue donne des airs de long récit, ce qui peut éventuellement effrayer le lecteur qui n'aime pas ce type de lecture.

Pour résumer, le prologue est adapté (mais loin d'être obligatoire) pour un long récit d'aventure, pour un genre plutôt fantasy ou SF, mais moins pour un récit type thriller ou de société, où là le départ avec un premier chapitre est à envisager.


Que faut-il mettre ou ne pas mettre ?

Vous pouvez vous représenter cette intro comme une porte d'entrée sur
votre roman: si le vestibule a l'air chaleureux, vous entrez.
Par conséquent, je ne cesserai jamais de répéter mon éternel conseil quand vous posez votre début de roman: évitez de suivre l'exemple de Tolkien et éradiquez de votre premier passage toute notion de descriptions. Je suis tout à fait d'accord: Tolkien est un génie littéraire, mais il a une notoriété et une époque que vous, mes amis auteurs, vous n'avez pas ! Et aujourd'hui, préparer son récit par environ 4oo pages de description, et vous n'obtiendrez pas autant de fans. (sauf si éventuellement, vous intégrez tout ça dans un prologue)
Que faut-il envisager alors ?
Eh bien ça peut se voir sous plusieurs angles selon ce que vous écrivez.
Pour les amoureux des récits d'aventures, les thrillers etc ... (fantasy & SF aussi) le bon moyen de commencer, c'est l'action. Parfois une action passée ou une action qui va se faire sentir dans la suite. Mais une action qui harponne directement le lecteur, qui le plonge dans votre univers immédiatement. Parfois vous savez, c'est comme pour une personne rencontrée dans la rue: la première impression tranchera entre la poursuite d'une relation ou la fin des avances. Si votre première impression est positive, le lecteur ne cherchera pas à se défaire de votre livre, même si le milieu est un peu plus creux et moins captivant.
Pour des auteurs de romans plus traditionnels, des romans de vie et de société, une chose qui fonctionne bien est le dialogue. Qu'il soit entre deux ou plusieurs personnages (mais pas trop non plus) il permet de se rendre compte dans quel univers on se jette. Et surtout, de se familiariser immédiatement avec les personnages.
Et tiens, tant qu'on en parle, allons voir de plus près ces personnages !

Et les personnages arrivent comment sur scène ?

A votre guise ! Ce peut être un guss tout seul dont une action particulière le caractérise, comme un groupe d'amis qui dialoguent. Il est bon d'implanter dès le départ (si possible pour le déroulement de l'histoire) les personnages les plus importants, ou du moins de les mentionner. Mais attention à ne pas excéder une certain nombre. En effet, si le lecteur doit retenir le nom du frère de la grande tante à la sœur de la grand mère, meilleure amie de Thérèse ... ça risque de coincer . Il faut être clair à propos de leur position dans l'histoire par rapport au "héros", il faut savoir aussi les identifier à un trait particulier, afin qu'ils ne paraissent pas communs ou passe-partout. Ce peut être par leur manière de s'exprimer, par leurs idées ou par leur physique. Mais il faut toujours "un truc" que le lecteur retienne à propos de tel ou tel protagoniste.
=> Ne jamais énoncer immédiatement les intentions d'un personnage dès l'introduction du roman. Un lecteur qui n'a plus rien à découvrir d'un personnage se désintéresse de ce personnage.


Le souci de la problématique !

Une chose à retenir, la plus fondamentale de ce cours peut être, l'essence même de la passion que vous ferez naître dans le cœur de votre lecteur (en fais-je un peu trop ? ) c'est l'exposition de votre problématique !
Comment ça me direz-vous ? Eh bien oui, la chose à écrire en gros sur un coin du brouillon, sur votre plan d'histoire, à surligner dans votre trame et à ne jamais s'écarter durant votre narration: c'est la problématique ! Oui, exactement comme dans une composition d'histoire ! Évitons le hors sujet ! Elle doit se faire clairement comprendre, ou partiellement comprendre, dès le départ. Du moins, il faut que le lecteur soit captivé par cette problématique, qu'il soit intrigué et qu'il cherche à la solutionner en poursuivant sa lecture. Pour un roman d'aventure, elle peut être sous forme d'une question pratique: comment sauver le monde avec les tablettes de Zangdar le grand méchant mage ? Ou pour un roman de société, avec une problématique plus existentielle : comment le protagoniste fera t-il reconnaître son homosexualité à travers son cercle de proches ?

Reste alors la question du: comment l'intégrer sans que ça fasse aussi moche que mes questions au-dessus ? Là, je fais appel à votre talent. Il n'y a pas plus de techniques que, comment imaginer une histoire \o/. Dans un dialogue, c'est simple, il suffit qu'un protagoniste se charge de cette lourde tache. Pour une action, suivant votre narration, suivant le point de vue du narrateur, c'est plus ou moins pratique de l'insérer. Mais faites appel à votre imagination.


Pour terminer ce cours, ne bâclez jamais votre introduction ! Au risque de me répéter, elle est l'élément clef de l'enthousiasme du lecteur à tourner ou pas les pages de votre roman. Un petit truc bonus, tant qu'on y est, c'est le ton de votre intro qui doit correspondre au ton de votre histoire. En bref, une histoire tragique doit avoir une intro tragique, un récit aventurier doit débuter par une fin d'aventure, ou une grosse action etc ... mais si je ne le mentionne pas dans une partie de ce cours, c'est que beaucoup contestent cette manière de faire (dont moi ^^). Un Roméo & Juliette, quoi de plus émotif et tragique ? Or notre ami Shakespeare, sûrement pas un novice dans l'art, se permet d'introduire sa première scène par un dialogue des plus hilarants.
Donc bon, n'en tenez pas rigueur, sachez juste que certains pensent comme ça ^^.

Et comme d'habitude, si vous avez quelques objections, quelques précisions, n'hésitez pas à saisir sauvagement votre clavier et me dire ce qui vous choque ou ce qui vous semblerait bon de rajouter.

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

avatar
Pacô
Admin à la retraite

Masculin Nombre de messages : 16004
Age : 25
Localisation : Clermont-Ferrand
Emploi/loisirs : Etudiant
Votre talent : Écriture
Points : 12756
Date d'inscription : 07/08/2007

http://imperialdream.fr

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum