Ailleurs

Aller en bas

Ailleurs

Message  Phoenamandre le Mar 13 Oct 2009 - 20:13

Nous vivions sans trop nous soucier des choses, au jour le jour, parlant de tout et de rien. Au collège nous n’étions qu’un, et les autres n’existaient pas. Alors on gambadait, ou s’asseyait, et tu m’expliquais la vie. Emerveillé par ce que tu disais, tu étais pour moi le dieu, l’infini et la source de toute connaissance. A tes côtés j’étais rassuré. Tu me disais que tout irait bien et j’oubliais mes craintes.
Toi, tu te faisais discret. Devant le monde tu rasais les murs, invisible tel un fantôme. Tu te foutais bien des gens. Leur univers n’était pas le même que le tien, tu évoluais parallèlement, certes, mais toujours à côté. Depuis bien longtemps tu me disais que pour toi la vie n’était qu’un moment dur à passer. Alors tu partais dans de folles descriptions de ce que serait l’au-delà, parlant des paysages, des hommes et animaux. Tu me faisais rire aux éclats dès que perlaient mes larmes et m’entrainais avec toi dans tes merveilleuses rêveries.
Dans l’insouciance de mon âge, je te pensais inébranlable.

Pourtant, chaque soir je t’entendais sangloter. Sans comprendre réellement, j’avais peur de ne pouvoir t’aider. Alors je te faisais sourire et rire, tentant de te rendre le bonheur qu’à la nuit tombée, on s’acharnait à te voler.
Puis le temps passait, de plus en plus, tu t’isolais et je devenais inexistant. Chaque jour nous éloignait sans que je ne sache réellement ce qui se déroulait.
Et là, je t’ai vu, toi, seul avec ta peine, tu saignais. En voulant te comprendre, mon sang a jailli de mes propres poignets, mon corps entier s’est crispé. Des larmes ont coulé au coin de mes yeux innocents, j’aurais tant souhaité hurler. J’aurais tant souhaité t’expliquer, pleurer dans tes bras, j’aurais souhaité te dire combien tu me manquais.
Ce fut ce jour où tout s’anéantit.
Mes yeux croisant les tiens se baissaient de honte, alors bien seuls et abandonnés l’un par l’autre, nous nous asseyions à l’opposé de cette court où nous nous étions rencontré. T’apercevoir m’apportait pourtant un espoir, et chaque jour je me rassurais d’avoir deviné ton regard.
Seulement un an plus tard, j’avais grandit. Puis j’ai connu Mathilde, je pense l’avoir aimé. Pourtant je n’avais rien à lui apporter. Mon âme et mon corps d’enfant réclamaient encore la présence de ce père, frère, et meilleur ami.
Je savais qu’il t’arrivait encore d’y penser, la honte que l’on a pu éprouver était indu, jamais je ne t’en ai voulu.
Aujourd’hui encore je recherche ton réconfort. Durant ces longues années, je n’ai fais que marcher sans trop savoir où aller.
J’ai connu l’obscurité les larmes, j’ai côtoyé la mort et adoré Satan. Ces longues soirées passées à rechercher de l’aide en n’importe qui, invoquant sans cesse l’ange déchu, tentant de trouver en lui un quelconque miroir. Puis, dans ma quête de l’inébranlable vérité, je me suis tourné vers Dieu et d’autres sectes, j’ai imploré les cieux et demandé conseil. Je me rappel avoir jeuné, de nombreux jours, après qu’on me l’eut demandé.


Deux années après ce maudit jour, je fus interné.
Je pestais contre le monde et j’hurlais tel un fauve, je me souviens avoir insulté ma mère et l’avoir frappé sans qu’elle n’eût rien fait.
C’est à ce moment que je les ai vus arriver. Ils ont débarqué dans ma chambre sans prendre la peine de toquer, m’ont attrapé violement et entrainé dans leur camion. Je criais, je me débattais et apercevant ma mère qui pleurait, de rage je lui ai hurlé de les arrêter. Puis tout s’assombrit.
Quelques temps plus tard, je me souvins avoir repris conscience. Il faisait froid et mon corps était lourd. Tout tournait autour de moi telle une danse sans fin. Mes yeux, à demi-clos virent enfin le plafond blanc de la chambre d’hôpital, tandis que, fatigué d’avoir trop combattu, mon esprit s’égarait, simplement désabusé.
Je me retrouvais là, attaché à ce lit, sans aucune liberté et privé de penser. La tête vide, j’oubliais la haine, perdais toute ma colère et mon acharnement. Ne demeurait que cette sensation, ce frisson interminable parcourant mon corps de toute part. Cela ne fut pour moi qu’un troublant trou noir, me rendant automate et parfaitement obéissant.
Pourtant, jamais je n’ai dit la vérité. Je ne t’ai jamais dévoilé, toi le discret, en moi ton âme charitable continuait de vivre.
Etait-ce de l’espoir ? Aujourd’hui encore je n’en sais rien. Toujours est-il que désormais, la vie semblait en tous points dénuée de saveur. On m’a tour à tour déshabillé, humilié et violé mes droits les plus sacrés. Je me suis vu piétiné, écrasé par les rires ou l’indifférence d’autrui, insulté et injustement punis.
Ce monde, dont je croyais avoir touché le fond, me torturait et m’horripilait. De plus en plus vite, je me sentais marcher sur tes traces, je pensais te rejoindre, mais tu étais bien plus bas.
Déjà tu avais sombré dans les gouffres sans fin de l’oubli, déjà tu ne criais plus, tu ne pleurais plus. Au lieu de cela tu semblais sans âme, errant sans but ni volonté. Le monde que tu portais t’avais petit à petit dévoré, et cette fois où tu m’as regardé, tu ne m’as plus reconnu. Tes yeux étaient vides, dénués de vie.
Je te fixais, les sens en éveil. Sans prononcer un traitre mot, je t’hurlais de te retourner, de me parler, une dernière fois. Mais tu avançais droit, peu importe la difficulté, tu continuais.
Et cette nuit là fut tienne éternellement.
Pendu dans cette chambre devenue si froide, tu paressais adresser ta haine à la terre entière.
Tu n’avais laissé derrière toi qu’une lettre. Une lettre débordante de rage et de détresse. Des sanglots étouffés et des pensés refoulées.
Les mains tremblantes, il m’arrive encore de la lire.
« J’emmerde les pouffiasses et leur gloussement blessant, j’emmerde la scolarité et ses objectifs vides. J’emmerde les beaux gosses, les sportifs et tous ceux qui osent se prétendre supérieur. J’emmerde ceux qui m’ont bouffé mes rêves. J’emmerde les jeux vidéos qui m’on tenu prisonnier dans une réalité virtuelle, ceux-là même qui se prétendent recréer un univers parallèle. J’emmerde les philosophes et leurs projets d’utopie, je m’emmerde moi qui ais cru pouvoir t’aider. J’emmerde jusqu’à la vie même, oui j’emmerde la vie, j’emmerde ma vie et mes actes égoïstes. J’emmerde cette façon que j’ai de me déplacer, j’emmerde ma respiration et ce cœur qui bat. »

Vois-tu, je n’ai jamais compris le véritable sens de notre histoire. Mais une chose est sûre. L’humain vit seul. Et dans l’asociabilité de sa communauté, il se complait à rejeter et excommunier qui conque lui déplait.



Spoiler:
Je sais que ce texte à de graves défauts de style, j'ai besoin de vous pour m'améliorer :p
avatar
Phoenamandre
Talent Hasardeux
Talent Hasardeux

Nombre de messages : 22
Votre talent : Aucun
Points : 38
Date d'inscription : 12/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ailleurs

Message  MrSonge le Mar 13 Oct 2009 - 20:43

Nous vivions sans trop nous soucier des choses, au jour le jour, parlant de tout et de rien. Au collège nous n’étions qu’un, et les autres n’existaient pas. Alors on gambadait, ou on s’asseyait, et tu m’expliquais la vie. Emerveillé par ce que tu disais, tu étais pour moi Dieu, l’infini et la source de toute connaissance. A tes côtés j’étais rassuré. Tu me disais que tout irait bien et j’oubliais mes craintes.
Toi, tu te faisais discret. Devant le monde tu rasais les murs, invisible tel un fantôme. Tu te foutais bien des gens. Leur univers n’était pas le même que le tien, tu évoluais parallèlement, (certes, mais toujours à côté) (en trop ^^). Depuis bien longtemps tu me disais que pour toi la vie n’était qu’un dur moment à passer. Alors tu partais dans de folles descriptions de ce que serait l’au-delà, parlant des paysages, des hommes et animaux. Tu me faisais rire aux éclats dès que perlaient mes larmes et m’entrainais avec toi dans tes merveilleuses rêveries.
Dans l’insouciance de mon âge, je te pensais inébranlable.

Pourtant, chaque soir je t’entendais sangloter. Sans comprendre réellement, j’avais peur de ne pouvoir t’aider. Alors je te faisais sourire et rire, tentant de te rendre le bonheur qu’à la nuit tombée, on s’acharnait à te voler.
Puis le temps passait, de plus en plus, tu t’isolais et je devenais inexistant. Chaque jour nous éloignait sans que je ne sache réellement ce qui se déroulait (produisait ?).
Et là, je t’ai vu, toi, seul avec ta peine, tu saignais. En voulant te comprendre, mon sang a jailli de mes propres poignets, mon corps entier s’est crispé. Des larmes ont coulé au coin de mes yeux innocents. J’aurais tant souhaité hurler. J’aurais tant souhaité t’expliquer, pleurer dans tes bras, j’aurais souhaité te dire combien tu me manquais.
Ce fut ce jour où tout s’anéantit.
Mes yeux croisant les tiens se baissaient de honte, alors bien seuls et abandonnés l’un par l’autre, nous nous asseyions à l’opposé de cette cour où nous nous étions rencontré. T’apercevoir m’apportait pourtant un espoir, et chaque jour je me rassurais d’avoir deviné ton regard.
Seulement un an plus tard, j’avais grandi. Puis j’ai connu Mathilde, je pense l’avoir aimé. Pourtant je n’avais rien à lui apporter. Mon âme et mon corps d’enfant réclamaient encore la présence de ce père, frère, et meilleur ami.
Je savais qu’il t’arrivait encore d’y penser, la honte que l’on a pu éprouver était indue, jamais je ne t’en ai voulu.
Aujourd’hui encore je recherche ton réconfort. Durant ces longues années, je n’ai fais que marcher sans trop savoir où aller.
J’ai connu l’obscurité, les larmes, j’ai côtoyé la mort et adoré Satan. Ces longues soirées passées à rechercher de l’aide en n’importe qui, invoquant sans cesse l’ange déchu, tentant de trouver en lui un quelconque miroir. Puis, dans ma quête de l’inébranlable vérité, je me suis tourné vers Dieu et d’autres sectes (Dieu n'est pas une secte, tu ne peux donc pas formuler ainsi ^^), j’ai imploré les cieux et demandé conseil. Je me rappel avoir jeuné, de nombreux jours, après qu’on me l’eut demandé.


Deux années après ce maudit jour, je fus interné.
Je pestais contre le monde et je hurlais tel un fauve, je me souviens avoir insulté ma mère et l’avoir frappée sans qu’elle n’eût rien fait.
C’est à ce moment que je les ai vus arriver. Ils ont débarqué dans ma chambre sans prendre la peine de toquer, m’ont attrapé violemment et entrainé dans leur camion. Je criais, je me débattais et apercevant ma mère qui pleurait, de rage je lui ai hurlé de les arrêter. Puis tout s’assombrit.
Quelques temps plus tard, je me souvins avoir repris conscience. Il faisait froid et mon corps était lourd. Tout tournait autour de moi telle une danse sans fin. Mes yeux, à demi-clos virent enfin le plafond blanc de la chambre d’hôpital, tandis que, fatigué d’avoir trop combattu, mon esprit s’égarait, simplement désabusé.
Je me retrouvais là, attaché à ce lit, sans aucune liberté et privé de pensée. La tête vide, j’oubliais la haine, perdais toute ma colère et mon acharnement. Ne demeurait que cette sensation, ce frisson interminable parcourant mon corps de toutes parts. Cela ne fut pour moi qu’un troublant trou noir, me rendant automate et parfaitement obéissant.
Pourtant, jamais je n’ai dit la vérité. Je ne t’ai jamais dévoilé, toi le discret, en moi ton âme charitable continuait de vivre.
Etait-ce de l’espoir ? Aujourd’hui encore je n’en sais rien. Toujours est-il que désormais, la vie semblait en tous points dénuée de saveur. On m’a tour à tour déshabillé, humilié et on a violé mes droits les plus sacrés. Je me suis vu piétiné, écrasé par les rires ou l’indifférence d’autrui, insulté et injustement punis.
Ce monde, dont je croyais avoir touché le fond, me torturait et m’horripilait. De plus en plus vite, je me sentais marcher sur tes traces, je pensais te rejoindre, mais tu étais bien plus bas.
Déjà tu avais sombré dans les gouffres sans fin de l’oubli, déjà tu ne criais plus, tu ne pleurais plus. Au lieu de cela tu semblais sans âme, errant sans but ni volonté. Le monde que tu portais t’avais petit à petit dévoré, et cette fois où tu m’as regardé, tu ne m’as plus reconnu. Tes yeux étaient vides, dénués de vie.
Je te fixais, les sens en éveil. Sans prononcer un traitre mot, je te hurlais de te retourner, de me parler, une dernière fois. Mais tu avançais droit, peu importe la difficulté, tu continuais.
Et cette nuit là fut tienne éternellement.
Pendu dans cette chambre devenue si froide, tu paressais adresser ta haine à la terre entière.
Tu n’avais laissé derrière toi qu’une lettre. Une lettre débordante de rage et de détresse. Des sanglots étouffés et des pensés refoulées.
Les mains tremblantes, il m’arrive encore de la lire.
« J’emmerde les pouffiasses et leur gloussement blessant, j’emmerde la scolarité et ses objectifs vides. J’emmerde les beaux gosses, les sportifs et tous ceux qui osent se prétendre supérieur. J’emmerde ceux qui m’ont bouffé mes rêves. J’emmerde les jeux vidéos qui m’ont tenus prisonnier dans une réalité virtuelle, ceux-là même qui se prétendent recréer un univers parallèle. J’emmerde les philosophes et leurs projets d’utopie, je m’emmerde moi qui ais cru pouvoir t’aider. J’emmerde jusqu’à la vie même, oui j’emmerde la vie, j’emmerde ma vie et mes actes égoïstes. J’emmerde cette façon que j’ai de me déplacer, j’emmerde ma respiration et ce cœur qui bat. »

Vois-tu, je n’ai jamais compris le véritable sens de notre histoire. Mais une chose est sûre. L’humain vit seul. Et dans l’asociabilité de sa communauté, il se complait à rejeter et excommunier quiconque lui déplait.

C'est franchement nihiliste, cette affaire-là, dis donc. ^^ C'est pour cela que le fond m'a laissé particulièrement froid, pour ne pas dire hostile (la lettre finale en particulier). Mais la fluidité du texte a fait que je l'ai quand même lu avec plaisir jusqu'à la fin, ça coule tout seul. Cependant attention à ce qui risque de devenir un tic : "tel". Le "comme" n'est pas un mot tabou, tu peux l'utiliser, le "tel", systématiquement, fait un peu "châtié parce qu'il le faut bien". ^^

__________________________________
"Dans un roman, on doit retrouver l'univers de l'écrivain du début à la fin, dans une seule phrase, la première venue."
(M-E Nabe)

"C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible.."
(G. Flaubert)
avatar
MrSonge
Très Haut Guide Spirituel
Très Haut Guide Spirituel

Masculin Nombre de messages : 6242
Age : 26
Emploi/loisirs : Etudiant en Lettres, 2ème année, Français & Philosophie
Votre talent : Écriture
Points : 6232
Date d'inscription : 16/10/2008

http://amicusveritatis.over-blog.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ailleurs

Message  Phoenamandre le Dim 25 Oct 2009 - 23:25

Merci d'avoir pris le temps de le lire, j'ai pour ma part pris en compte tes remarques !
Merci !
avatar
Phoenamandre
Talent Hasardeux
Talent Hasardeux

Nombre de messages : 22
Votre talent : Aucun
Points : 38
Date d'inscription : 12/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ailleurs

Message  Pacô le Dim 25 Oct 2009 - 23:28

J'ai failli t'oublier.
Je corrige le tout ... plus tard dans la journée Wink.
(après une bonne nuit de sommeil quoi --").

__________________________________
« Choisir est exclure. Que l’Empire soit intégré ou non dans notre société, chaque individu se verra ravi ou vilipendé. Espérons alors que ce choix sera réfléchi avec sagesse et que tous comprendront l’embarras du verdict. »
Sénateur Nixon, bras droit de Terrae.

avatar
Pacô
Admin à la retraite

Masculin Nombre de messages : 16004
Age : 25
Localisation : Clermont-Ferrand
Emploi/loisirs : Etudiant
Votre talent : Écriture
Points : 12756
Date d'inscription : 07/08/2007

http://imperialdream.fr

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ailleurs

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum