Requiem de Venise

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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Jeu 26 Aoû 2010 - 6:36

Bon matin, Mystère Songe ! Smile

Une question de fond me tarabusque : hormis le fait qu'il n'y ait rien d'anormal à ce que ton moine soit silencieux et pondéré dans un lieu saint (alors qu'il me semble que tu as appuyé cette description pour attirer l'attention du lecteur sur le fait qu'il commet qq action d'anormale) il me paraît étonnant qu'il n'y ait personne dans l'église, pas d'autres moines, par exemple. Je ne suis pas un spécialiste de la religion mais il me semble qu'à cette heure ils se regroupent pour l'une des nombreuses prières de la journée.

Je voulais aussi te proposer un plan de travail. Je sais combien il est pénible de revenir constamment sur des trucs pondus il y a des lustres, pas vraiment motivant comme solution. Alors, si tu veux : je peux lire tout ce que tu as posté, ne relever que les questions de fond et ne m'attacher à la forme que sur le dernier extrait. Comme cela, à chaque fois que tu postes, on peux battre le fer quand il est chaud. Wink
Qu'en dis-tu ?
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Re: Requiem de Venise

Message  MrSonge le Jeu 26 Aoû 2010 - 11:05

Que la place m'est heureuse de vous y rencontrer ! Very Happy

(J'ai remanié le premier extrait, la version revue est sur le forum^^)
Alors, tout d'abord, mes quelques petites précisions :

=> Je trouve cette formulation maladroite car fausse. La bonne formulation me semble le premier des cinq coups (de Mâtines). Cinq heures, c'est mâtines, non ?
D'après Umberto Eco et quelques autres sources, l'Office des Matines, grosso modo entre 2h30 et 3 heures du matin. Pas tout-à-fait à la même période, j'en conviens, mais je ne crois pas qu'en cent ans cet us n'ai subi de significative variante. En fait, la scène se déroule juste avant l'office des Laudes, qui a lieu un peu après l'aube, et dans mon texte, lorsque Fra Bernardo vient ouvrir la cathédrale. Mais j'aurais du préciser ce point, ce que je vais m'empresser de faire. ^^

=> Fond : Le moine pénètre furtivement, lenteur, le moins de bruit possible, discrétion... Est-il possible que ça soit autrement ? Enfin, rien d'étonnant, après tout. ce qui n'a pas l'air d'être le cas quand on lit la suite.
Oui, et non. Encore une chose de je devrai préciser quelque part. Techniquement, d'après mes lectures, hors des offices, les moines qui se sentaient soudain une démangeant envie d'aller prier étaient gracieusement priés (haha) d'aller le faire dans la chapelle du cloître et de ne pas aller imposer à la cathédrale leur vile mais humble présence. Du coup, Fra Ambrosio, en y pénétrant entre deux offices est un peu en infraction. Alors évidemment que de toutes façons il n'y serait pas entré en dansant un fandango, ou en faisant la roue, mais disons que là, il s'efforce d'être particulièrement discret.

Je voulais aussi te proposer un plan de travail. Je sais combien il est pénible de revenir constamment sur des trucs pondus il y a des lustres, pas vraiment motivant comme solution. Alors, si tu veux : je peux lire tout ce que tu as posté, ne relever que les questions de fond et ne m'attacher à la forme que sur le dernier extrait. Comme cela, à chaque fois que tu postes, on peux battre le fer quand il est chaud.
C'est très gentil à toi, mais en fait, moi, ça ne me dérange aucunement de reprendre mes premiers posts (et suivants) de cette manière, histoire d'en égaliser la qualité avec les derniers qui, à mon avis, sont plus soignés et aboutis. Mais bon, le seul problème c'est que toi, ça risque de te faire du boulot. Donc, c'est comme tu veux. Si tu te sens l'énergie de ratisser au peigne fin les débuts de ce texte, ce serait avec plaisir. Sinon, on peut très bien faire comme tu me le proposes. ^^

Ceci dit, merci de ton passage par ici, comme toujours très enrichissant !! Very Happy

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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Jeu 26 Aoû 2010 - 12:20

ça ne me dérange aucunement de reprendre mes premiers posts (et suivants) de cette manière, histoire d'en égaliser la qualité avec les derniers qui, à mon avis, sont plus soignés et aboutis.
Aucuns soucis, alors. Dans ce cas, je te ferais mes remarques (fond et forme) au fil de ma lecture.
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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Ven 27 Aoû 2010 - 8:47

Ceci dit, merci de ton passage par ici, comme toujours très enrichissant !!
Hé ? Bougre de faignant, les remerciements c'est ICI que ça se passe ! La fessée
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Re: Requiem de Venise

Message  Pacô le Ven 27 Aoû 2010 - 9:08

Et moi donc, je demande toujours dans mes commentaires que l'on me donne son avis sur la réécriture du premier extrait de mon roman Rolling Eyes

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Re: Requiem de Venise

Message  der Träumer le Lun 30 Aoû 2010 - 20:17

Je me suis attaqué au chapitre III.

On retrouve bien ta volonté de partir des stéréotypes avec l'inquisiteur ! Wink

La fin du deuxième extrait partie donne envie ! Twisted Evil

Je sens que la vieille nonne va se faire berner... silent

Bref, tout se poursuit comme il se doit ! Very Happy
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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Dim 5 Sep 2010 - 9:02

Salut Mystère S ! Smile

Fra Ambrosio ne parvint pas à répondre. Sa langue était collée de terreur à son palais, sa bouche était pâteuse et il tremblait de tous ses membres (Je trouve ça maladroit. Sugg : Fra Ambrosio ne parvint pas à répondre tant sa langue collait à son palais, la terreur rendait sa bouche pâteuse et il tremblait de tous ses membres - enfin, un truc dans le style). Il ne tenta même pas de se confondre une fois de plus en excuses, son interlocuteur quittant (sugg : quittait) déjà le confessionnal. Le bruit sec de ses pas allait décroissant (sugg : décrut) pour finalement se dissiper entièrement dans les sombres recoins de l'église, tandis que l'on entendait le claquement (vas falloir en supprimer, non ?) brutal d'une porte qui se referme. (Sugg : Le bruit sec de ses pas décrut puis se se dissipa dans les sombres recoins de l'église, tandis que l'on entendait le claquement brutal d'une porte qui se referme - par exemple)
Après quelques minutes, Fra Ambrosio eut enfin le courage d'affronter les craquements du confessionnal et s'en extirpa lentement (à toi de jouer, ce coup-ci ! Wink). Mal assuré sur ses jambes tremblantes, il sortit du bas-côté et s'engagea dans la nef en triturant le crucifix pendu au bout d'une chaîne sur sa poitrine (sugg : pendu à son cou). Au moment même où il posait la main sur (sugg : où il saisit) la poignée de la porte qui donnait sur le jardin du monastère, il sentit le poids d'un regard insistant sur sa nuque. Il se retourna en sursautant et fit plusieurs fois des yeux le tour de la cathédrale (Heu ? Tu veux dire de l'intérieur de la cathédrale... Essaye de trouver le mot approprié) . Ne parvenant pas à distinguer âme qui vive, il se tourna vers la porte et s'apprêtait à la pousser quand lui parvint à l'oreille le bruissement indistinct d'une étoffe qu'un bref coup de vent remue. Dans un état proche de la terreur, il fit volte-face une seconde fois, ses yeux allant frénétiquement d'un coin à l'autre de l'immense salle. Les pans de sa bure furent soulevés par un courant d'air qui s'en alla gémir entre les colonnes du choeur alt 0156 (sugg / actif : un courant d'air souleva les pans de sa bure et s'en alla gémir entre les colonnes du chœur). Le moine osa enfin desserrer les dents :
- Y a-t-il quelqu'un ? demanda-t-il d'une voix tremblante avant de déglutir péniblement.
Personne ne répondit.
Appuyé contre le mur, les mains serrant de toute la force de leurs doigts le petit crucifix d'argent sur lequel glissaient des gouttes de sueur (je trouve ça maladroit. Sugg : Appuyé contre le mur, ses mains étranglèrent le petit crucifix d'argent sur lequel glissaient des gouttes de sueur - par exemple - tu peux aussi évoquer l'effort qui blanchit les phalanges) , Fra Ambrosio ne pouvait se résoudre à tourner le dos à cette étendue d'ombre glaciale. Lorsqu'il parvint enfin à réunir les dernières parcelles de courage qui subsistaient en lui, alors qu'il poussait la petite porte de chêne, une voix féminine l'interpella. (Lorsqu'il ... virgule ... alors qu'il => pas du meilleur effet)
- Fra Ambrosio, vous me décevez ! Depuis quand devez-vous avoir peur de moi ?
Ces quelques mots eurent sur lui (sugg : lui firent) l'effet d'un coup de fouet entre les omoplates. Il se raidit, le souffle coupé et lâcha la poignée avant de laisser son bras retomber le long de son corps. Lentement, il pivota vers l'exèdre d'où semblait venir la voix. Une silhouette sombre était assise à la place qui lui était d'ordinaire réservée durant les services. Elle était vêtue d'une robe longue, de couleur sombre, et portait un voile qui lui retombait sur les épaules comme une chevelure soyeuse. Après avoir visiblement joui quelques instants du désarroi du religieux, elle se leva et s'approcha de lui d'un pas mesuré, les bras réunis sur la poitrine.
- Sœur Béatrice, bredouilla Fra Ambrosio, que faites-vous ici ?
La nonne s'immobilisa à moins d'un mètre de lui. Elle se tenait juste dans l'un des premiers rais de lumière qui perçaient au travers des vitraux de l'église. Son visage était calme, elle souriait. Une mèche rousse s'était échappée de sa coiffe et lui descendait le long du front. Ses yeux, d'une étrange teinte rouge qui luisait dans la pénombre, transperçaient le prieur de leur regard corrosif. (sugg : Ses yeux, d'une étrange teinte rouge, luisaient dans la pénombre et transperçaient le prieur de leur regard corrosif - oui, je sais : pas tout à fait la même chose mais ça vire un qui)
- Vous ne m'avez pas oubliée, au moins ? lui demanda-t-elle en se rapprochant encore un peu et en feignant d'être dévorée par l'appréhension de sa réponse (Hu ? J'ai du mal à saisir ce que tu veux dire par là.).


Beaucoup de participes présents, aussi. Je ne les ai pas relevé. M'est d'avis qu'il faudra quand même que tu y remédies.
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Re: Requiem de Venise

Message  MrSonge le Dim 5 Sep 2010 - 12:35

Merci de ton passage, Der Träumer !
Oui le personnage de l'inquisiteur est particulièrement gratiné, mais il prend un peu de volume et de consistance par la suite, du moins l'espère-je ! ^^

Merci de ta correction, Nérouje ! Very Happy
Je crois que j'ai effectué un nettoyage assez complet. Il y a cependant ce point qui me résiste :

(Heu ? Tu veux dire de l'intérieur de la cathédrale... Essaye de trouver le mot approprié)

Je n'arrive pas à formuler la chose sans "de l'intérieur de" qui, avec cette répétition, n'est pas très agréable à lire. Bref, modification en suspens.

(Hu ? J'ai du mal à saisir ce que tu veux dire par là.)
Je voulais dire qu'elle feignait d'avoir peur de ce qu'il allait lui répondre. Comme si elle ne savait pas qu'il allait répondre "non" et que la réponse l'inquiétait. En fait, elle feint d'être sincère quand elle s'inquiète de savoir s'il ne l'a pas oubliée. Alors qu'elle sait pertinemment que non, et en plus la réponse n'a aucune espèce d'importance pour elle. ^^

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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Dim 5 Sep 2010 - 14:25

la question est : où est-il ? Dans l'abside, le transept ou la nef ? Dans le déambulatoire, l'absidiole, le cœur ou les croisillons ?
Paske ça change tout. Du croisillon, il ne peut pas observer la nef, par exemple. Wink
Bon, j'espère qu'avec ça, tu vas me virer ce "de l'intérieur de la cathédrale"... Razz
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Re: Requiem de Venise

Message  MrSonge le Dim 5 Sep 2010 - 14:33

Le problème, c'est que justement, il est à l'intersection du transept et d'un bas-côté, endroit d'où, théoriquement, on peu avoir dans l'œil l'intégrale (ou à peu près) de la cathédrale pour peu qu'on fasse pivoter sa tête correctement. Razz

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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Dim 5 Sep 2010 - 14:47

MrSonge a écrit:Le problème, c'est que justement, il est à l'intersection du transept et d'un bas-côté, endroit d'où, théoriquement, on peu avoir dans l'œil l'intégrale (ou à peu près) de la cathédrale pour peu qu'on fasse pivoter sa tête correctement. Razz
Et bien, il ne te reste plus qu'à choisir entre une expression moche qui ne signifie rien ou dire autre chose. Personnellement, je n'hésites pas un instant quand un passage me déplais et que je n'arrive pas à l'embellir : à la benne ! Razz De toutes façons, le lecteur ne saura jamais que ce n'est pas ce que tu avais prévu de dire au départ. Wink
Tiens, une autre idée : du Lieu Saint. En général, il s'agit de tout l'intérieur de la bâtisse, non ?
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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Ven 1 Oct 2010 - 14:01

Salut ô grand inquisiteur d'ID ! L\'esclave
- Bien sûr que non ! Comment le pourrais-je ? Vous êtes tellement unique. Tellement merveilleuse.
- Alors, que signifie donc cette (attitude que je pourrais bien prendre pour de la j'aurais supprimé) peur ? interrogea-t-elle avant de poser sur l'épaule de Fra Ambrosio une main douce mais ferme ; il tressaillit.
- C'est que je ne vous attendais pas maintenant, ni surtout en un tel lieu, ajouta-t-il en désignant du regard l'imposant crucifix qui surplombait le maître-autel. »
=> Fond : Est-ce à dire qu'il l'attendra (ou l'a attendue) en un autre lieu ? J'aurais mis : C'est que je ne m'attendais pas à vous voir maintenant, ni surtout en un tel lieu, ajouta-t-il en désignant du regard l'imposant crucifix qui surplombait le maître-autel.
La religieuse posa les yeux sur l'effigie du Christ sans déplacer sa main et éclata de rire. Quand elle retourna la tête vers le moine pétrifié, elle hoquetait encore. Elle planta son regard aigu dans ses yeux bleus et l'attira d'un coup contre elle.
=> Forme : Le Quand [...] encore me fait un effet bizarre, j'aurais mis Puis elle se tourna vers le moine pétrifié en hoquetant, planta son regard aigu dans ses yeux bleus et l'attira d'un coup contre elle. Oui, j'ai vu : il y a ajout d'un Pépé.
Sa main descendit le long de son bras pour saisir Fra Ambrosio par la taille. Il ne tenta (même) pas de se dégager, il était comme hypnotisé par le regard de braise de la Sœur qui, de sa main libre, le força à nouer ses bras autour de ses reins.
=> Forme passive. J'aurais mis : Il ne pu se dégager car le regard de braise de la Sœur l'hypnotisait ; de sa main libre, elle le força à nouer ses bras autour de ses reins.
« (sugg : Mon Dieu) Sœur Béatrice, je vous en prie, supplia-t-il d'une voix brisée, pas ici !
- Allons, que voulez-vous qu'il nous arrive ? Le plus matinal de vos frari ne pénétrera ici que dans une heure, je le sais. Faites-moi confiance. N'allez pas me dire, fit-elle soudainement en le repoussant, que vous n'en avez pas envie ?
- Non, non... répondit-il, fébrile, incapable de ne pas l'attirer à nouveau contre lui. Mais si on nous surprenait, ce serait terrible.
=> Forme : deux négations, j'aime moyen. incapable de résister à son attrait ?
- Alors c'est que vous n'avez plus confiance en moi, siffla l'abbesse.
Elle approcha ses lèvres du cou du franciscain.
- Non, lâcha celui-ci dans un souffle, jamais je ne cesserai de vous faire confiance, jamais.
=> Forme. Pareil, ici ces deux négations sonnent bizarre avec le verbe "cesser de faire confiance". Cette phrase veut dire : je vous ferais toujours confiance, non ? Si tu veux garder la négation : jamais je ne douterais de vous.
- Dans ce cas, Fra Ambrosio, reprit-elle en laissant sa bouche remonter vers celle du moine, qu'attendez-vous pour m'embrasser ? »
Leurs lèvres se rencontrèrent, et le prieur, l'échine parcourue par une onde électrique, ne contint plus son désir. Il serra plus fort encore (sugg : il étreignit) Soeur (alt 0156) Béatrice contre lui, tout en lui arrachant sa coiffe. Sa lourde chevelure rousse, lorsqu'elle l'eut déliée d'un geste brusque et précis, se répandit entre ses omoplates en une cascade de boucles brillantes. Ses yeux étaient devenus deux charbons ardents qui dardaient leur lueur vermeille sur le visage moite de Fra Ambrosio. La robe de nonne et la bure de moine suivirent rapidement le même chemin que la coiffe, avant que les deux corps enlacés et consumés de désir ne roulent sur les dalles glacées de la cathédrale.
Lorsque six heures sonnèrent au campanile, quelques minutes avant que Fra Bernardo ne vienne ouvrir la porte principale de Santa Maria Gloriosa dei Frari et que le long cortège des moines n'y pénètre pour l'office des Laudes, il ne subsistait de leurs ébats qu'une infime trace de sueur sur le sol du déambulatoire.
=> Peut-être : il ne subsistait de leurs ébats sur le sol du déambulatoire qu'une infime trace de sueur
Voilà. Rien de grave, plutôt du chipotage sur la forme, à mon habitude. Wink
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Re: Requiem de Venise

Message  Pacô le Dim 3 Oct 2010 - 15:28

Je me demandais où en étaient les aventures sordides de nos saintes et saints à Venise ?

Je me demandais aussi si tu avais travaillé sur la décomplexification des phrases. J'ai relu en diagonale (je l'avoue, je suis pressé) et j'ai l'impression d'avoir vu quelques nets changements à ce niveau là.
Bien entendu, par décomplexification, je ne parle pas d'apporter un vocabulaire plus simpliste ; non, mais je voudrais plutôt savoir si tu avais pris en compte les remarques concernant les phrases à rallonge.

Je ne sais pas ce que les autres correcteurs en pensent ?

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Re: Requiem de Venise

Message  Nérouje le Mar 5 Oct 2010 - 15:23

Alleye une foua, j'attaque le chapitre deux.


Assis dans son bureau, au premier étage du Palazzo Dario, le comte Vittorio Scarpiani méditait sur quelques vers d'un ouvrage du siècle précédent, qu'il venait de se fournir : La Divine Comédie d'un nommé Dante Alighieri.
=> Forme : je trouve que ce "qu'il venait de se fournir" est de trop dans cette phrase. Est-il utile au fond ? Dans la négative, tu pourrais le virer.

Ceux-ci n'ont plus nul espoir de mourir,
Et si abjecte est leur aveugle vie
Qu'ils sont jaloux de tout autre destin.

Le monde (virgule ?) d'aucun d'eux ne garde la mémoire :
La pitié les dédaigne autant que la justice.
Taisons-nous d'eux, mais, toi, regarde et passe.
=> Forme : je sais que c'est une citation mais il y a une affreuse répèt.

Chaque fois qu'il relisait l'Enfer, il était saisi jusqu'aux tréfonds de son âme par le souffle phénoménal qui animait ce catalogue enivrant de la noirceur humaine.
=> Forme : j'aurais viré le pépé.
Une telle dissection du mal et de la cruauté n'avait jamais été faite (générique) avant lui. Aucun vice, aucun détour de l'âme humaine ne lui résistait (ne lui avait résisté ?) . Il parcourait (avait parcouru ?) le bourbier du péché avec calme et objectivité, promenant son regard aigu sur les pires bassesses et les plus répugnantes horreurs qu'un cerveau génial (j'en aurais viré un, peut-être le pépé) puisse extraire du monde qui l'entoure, comme s'il ne s'agissait que d'une promenade anodine.
Le comte releva la tête, les yeux brillants. Le Mal était décidément un terreau fertile pour l'imagination qui sait en apprécier les plus belles et les plus dangereuses fleurs.
=> Forme : "l'imagination qui sait en apprécier" je ne vois pas bien ce que ça veut dire. J'aurais tendance à épurer.
Quel plaisir que d'explorer ce jardin incertain, aux allées tortueuses mais aux ravissements sans limite ! S'il avait été à la place du florentin illustre,
=> Forme : tu qualifies beaucoup, j'aurais viré le dernier
il eût sans doute retourné (inversé, non ?) son livre pour commencer par le Paradis et terminer en apothéose avec le jaillissement des merveilles de l'Enfer. Le Bien avait déjà été cartographié par ses théologiens, ses disciples et ses apôtres,
=> Forme : j'ai eu un instant de doute. Ses = Dante ou le comte Vittorio ? Ah... après relecture, non : ses => le bien.
tandis que la géographie du Mal, elle, restait inconnue, mystérieuse et par là même, ne pouvait qu'attirer la curiosité d'un esprit tel que celui du comte Vittorio Scarpiani, toujours prompt à entreprendre de nouvelles expériences. S'il avait eu quelque don artistique, il les aurait sans doute consacrés à la peinture grisante de la cruauté et de ses délices qui ont commencé avec l'Homme et qui se termineront sans doute avec lui. Puisqu'il n'en possédait aucun, et qu'il était tout à fait conscient de faire partie de ces hommes qui sont nés méchants (je trouve la formulation un peu cul-cul) , il s'était décidé très tôt à se lancer résolument dans la carrière du Mal.
=> Forme : je trouve la dernière partie de la phrase maladroite (se lancer dans la carrière du mal)
Comme d'autres dévouent (vouent, non ?) leur existence à Dieu, il s'était fait le cardinal de Lucifer.
Tout en songeant avec délectation aux immenses espaces vierges qui lui restaient à explorer sur le continent du Mal,
=> Fond : mouais, il me semble que ce continent est, pour notre malheur, loin d'être vierge et j'ai bien peur que ton comte face pâle figure face à certains (Gilles de Rey, A. Crowley, Raspoutine, Hitler - pour n'en citer que quelques uns)
il tira le cordon d'une sonnette dont le tintement discret fit accourir un valet en livrée verte.
- Allez me chercher Spoletta, il doit être dans sa chambre. S'il n'y est pas, c'est qu'il est toujours en course ; attendez son retour et amenez-le moi immédiatement.
=> Forme : expression contradictoire. Dès que possible.
Le domestique s'inclina et quitta la pièce d'un pas rapide. Quelques instants plus tard, on frappait à la porte du bureau et, dès que Scarpiani en eut donné la permission, un homme barbu, de taille moyenne et le dos légèrement voûté, vint faire la révérence à son employeur. Ce dernier le salua d'un hochement de la tête.
- Alors, Spoletta, comment vont les choses ? demanda l'aristocrate en rangeant son exemplaire de la Divine Comédie dans un tiroir.
- Je suis parvenu, je crois, à tout arranger, signor Scarpiani, répondit l'autre en souriant.
- Des faits, des faits !
- Le corps a été retrouvé ce matin, comme vous l'aviez prévu. Après avoir passé la nuit dans l'eau stagnante des canaux, il n'était évidemment pas beau à voir, ce qui a l'avantage d'avoir rendu son identification difficile.
=> Fond : es-tu certain de ce que tu avances ? Ça me paraît peu de temps pour abîmer un corps.
Malheureusement, les traces étaient encore bien visibles, et de telles marques sur le corps d'une jeune femme ne peuvent qu'attiser la curiosité, non seulement de la prévôté, mais aussi du clergé qui a envoyé un prêtre, sans doute un père Inquisiteur, rôder à la morgue.

Voili-voilou. Agréable, j'ai surtout été gêné par l'excès de qualificatifs qui alourdissent certaines phrases. Je reste persuadé que l'usage d'un nom précis ne nécessite pas d'être qualifié. Le reste est du pinaillage de forme.
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Re: Requiem de Venise

Message  MrSonge le Mer 6 Oct 2010 - 11:26

=> Forme : je sais que c'est une citation mais il y a une affreuse répèt.
Ah oui mais la répétition étant de Dante lui-même (j'ai vérifié sur la version italienne), je ne peux pas y faire grand chose. Razz

(je trouve la formulation un peu cul-cul)
C'est un clin d'œil à Lautréamont, en fait, dont le Maldoror fait partie, si ma mémoire est bonne, de ces gens qui sont «nés méchants».

=> Fond : mouais, il me semble que ce continent est, pour notre malheur, loin d'être vierge et j'ai bien peur que ton comte face pâle figure face à certains(Gilles de Rey, A. Crowley, Raspoutine, Hitler - pour n'en citer que quelques uns)
Outre le fait que, excepté Gilles de Rey, tous ces joyeux drilles soient postérieurs au Comte, je ne voulais pas exactement dire que l'entier du continent est vierge, mais qu'il subsiste sur ce continent des espaces vierges (analogie avec les territoires d'Amériques colonisés plus ou moins à l'aveuglette depuis un peu plus d'un siècle).

=> Fond : es-tu certain de ce que tu avances ? Ça me paraît peu de temps pour abîmer un corps.
À vrai dire, je me suis renseigné auprès d'une amie médecin et d'après elle, même si sa spécialité n'est pas la morgue (^^) elle m'a affirmé qu'un passage dans des eaux aussi sales que devaient l'être celle des canaux vénitiens, aussi bref soit-il (du moins quand même de l'ordre des 12 heures) suffisait à faire pas mal de dégâts sur un corps humain.

Voilà, je crois que c'est le seules remarques que j'avais à faire !
Merci beaucoup de tes deux passages !!! ^^

Je me demandais où en étaient les aventures sordides de nos saintes et saints à Venise ?
Elles avancent. Plus lentement que pendant mes vacances, du fait que j'ai repris les cours d'abord, et également parce que je relis en parallèle tout mon début, mais elles avancent. Il faudra d'ailleurs que je poste quelques morceaux parce que j'ai un chapitre sur l'enfance de Fra Ambrosio qui arrive, et je ne sais pas s'il est véritablement utile ou pas. Moi je l'aime bien, mais j'ai peur qu'il soit un peu contingent.... Je verrai bien !

Oui, je crois que, en tous cas dans les parties que j'ai relues, je me suis attaché à traquer la phrase à rallonge dont les rallonges gênent la compréhension. Evidemment, comme on ne se refait pas, il doit en rester quelques unes par-ci par-là, mais j'ai bon espoir de les désherber une fois pour toute ! ^^

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Re: Requiem de Venise

Message  Laumie le Mer 6 Oct 2010 - 12:17

MrSonge a écrit:(Troisième partie, chapitre I)

Les larmes de Lucia coulèrent pendant plus d'une demi-heure, avant que ne s'assèchent ses glandes lacrymales. Alors, la poitrine ankylosée d'avoir été soulevée de sanglots, la jeune fille se redressa sur son banc de pierre et cligna plusieurs fois de ses paupières humides (C'est spécial comme expression. T'as pas mieux ??). Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité qui régnait dans son cachot et elle parvenait à présent à en distinguer le plafond, les angles et même quelques anfractuosités des parois. Tandis que les lieux de sa détention se dévoilaient à elle, les souvenirs confus des quelques heures précédant sa perte de conscience remontaient à la surface de sa conscience [Pas de virg] par grappes, comme des bulles à la surface d'une onde boueuse. L'assistant du bourreau, tout d'abord, qui était revenu dans la salle de torture ; ses yeux, luisant d'une flamme voluptueuse, presque animale. Entièrement nue et solidement attachée, elle ne pouvait opposer aucune résistance et constituait au contraire une proie toute désignée pour un viol sans risques. Le jeune homme avait ôté son pantalon de toile et s'était approché de Lucia, après avoir jeté son vêtement sur le sol. Mais par un miracle ou un sortilège que la vénitienne ne parvenait pas à s'expliquer, au moment où le satyre s'apprêtait à s'allonger sur elle avec lasciveté, un spasme l'avait secoué des pieds à la tête, ses yeux s'étaient révulsés de façon hideuse et, dans un râle abominable, il s'était effondré sur son corps dénudé. Entre les omoplates du tourmenteur brillait la dorure d'une crosse de poignard, et de sa bouche coulait un filet de sang chaud et gluant qui s'étalait sur le ventre de la prisonnière. Les dernières images que fut capable de mémoriser l'encéphale (Tu peux pas simplifier ??) de cette dernière furent celle d'une silhouette sombre, dressée près du cadavre de son agresseur, et surtout celle de ses pupilles vermillonnes qui brillaient d'un flamboyant éclat. Puis, sous les coups conjugués de l'extrême fatigue qui l'accablait, de la tension psychologique qui lui vrillait l'esprit et de la douleur sourde qui parcourait son corps par vagues irrégulières, elle avait sombré dans le néant ; et maintenant qu'elle avait émergé du profond océan de l'inconscience, enchainée aux pierres humides d'un cachot pestilentiel, elle commençait à craindre qu'il eut peut-être été préférable pour elle de ne jamais quitter les geôles de l'Inquisition.
Les heures passèrent, indistinctes et disproportionnées. La jeune femme ne parvenait à déterminer s'il était midi ou minuit et lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit, elle ne put savoir si l'écuelle crasseuse, remplie de ce qui semblait bien être les morceaux les moins nobles d'un porc rôti et qu'on jeta à ses pieds, constituait son déjeuner ou son dîner. Elle ne s'en contorsionna pas moins de son mieux afin de porter cette pitance à sa bouche, habituée depuis de longues semaines à avaler goulûment tout ce qu'on daignait lui donner. L'immonde ragoût fut englouti en quelques minutes et Lucia se jeta ensuite sur la cruche d'eau qu'une main anonyme avait déposée près d'elle en même temps que la nourriture qu'elle venait d'ingurgiter. Elle but avec autant d'avidité qu'elle n'avait mangé, avant de se laisser retomber contre le mur. Alors seulement, la fatigue s'empara d'elle et la fit glisser petit à petit au fond d'un sommeil réparateur qui succédait avantageusement aux évanouissements douloureux. Cependant, s'il fut réparateur, son endormissement n'en fut pas moins troublé par des rêves torturés [Pas de virg.] qui lui arrachaient de faibles gémissements inconscients et dans lesquels elle se voyait possédée par l'aide du bourreau dont le membre turgescent finissait par se confondre avec le poignard qu'elle avait aperçu planté dans son dos. Incapable d'émettre le moindre son, elle sentait alors la lame pénétrer en elle et faire jaillir d'entre ses cuisses un flot de sang qui s'élevait en tournoyant autours de son agresseur. Lucia Castagliani fit plusieurs fois ce même songe. Elle se réveillait immanquablement au même moment, lorsque la douleur devenait telle qu'il lui semblait que son ventre s'embrasait tout entier et qu'elle parvenait enfin à laisser échapper un long hurlement qui avait pour seul effet de faire redresser la tête à son violeur. Elle avait juste le temps de s'apercevoir que son visage était celui de l'individu qui avait pénétré dans sa cellule, avant d'être brusquement tirée de son sommeil et de se retrouver affalée sur sa couche de pierre, tremblante et transpirante.
Ce fut lorsque Lucia se réveilla pour la quatrième fois, qu'elle sentit sur elle le même regard que celui qui l'avait accueilli au sortir de son long évanouissement et qu'elle retrouvait avec horreur à la fin de chacun de ses rêves. L'homme se tenait debout dans l'embrasure de la porte, une torche à la main, et observait la jeune femme sans mot dire. Cette dernière sursauta en le voyant, puis replia son corps le plus loin possible de sa haute silhouette sombre. L'individu parut amusé par cette vaine tentative de disparaitre dans un des recoins obscurs du cachot. Il dodelina négligemment de la tête avant de plier avec souplesse son grand corps squelettique sur le banc glacial.
« Vous avez peur, mademoiselle ? murmura-t-il d'une voix douce en posant sa longue main blanche sur une cheville de sa prisonnière, que celle-ci retira dans un spasme de terreur.
– Oui, laissa-t-elle échapper dans un souffle presque inaudible.
– Allons, allons, ne croyez-vous pas que n'importe quel endroit est préférable aux salles de torture qui mènent tout droit au bucher ?
– Pourquoi… ? parvint seulement à articuler la jeune vénitienne, obligeant son interlocuteur à deviner le sens de sa question.
– Pourquoi ai-je pris la liberté de vous sauvez des griffes acérées du Seigneur et de ses sbires zélés ? compléta-t-il.
Lucia acquiesça en silence.
– Parce que j'ai besoin de vous, mademoiselle, ou plutôt de votre corps uniquement. Votre esprit m'importe peu mais votre enveloppe charnelle me sera d'une grande utilité. Vous n'êtes pas la seule, bien sûr, mais le rôle que je veux vous assigner sera capital et pour que vous puissiez le remplir comme je l'entends, je dois vous déposséder de votre âme. »

Brrrrrrr que c'est sinistre tout ça xD Mais y'a rien à faire, tu maîtrises le suspense avec génie mon petit MrSonge ^^ Ça doit être pour ça que je suis aussi fan Razz Tu postes bientôt la suite ?? *ç*
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Re: Requiem de Venise

Message  Pacô le Mer 6 Oct 2010 - 17:47

Merci Laumie de redonner un peu de dynamique dans les commentaires Smile.

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Re: Requiem de Venise

Message  Laumie le Mer 6 Oct 2010 - 18:20

De rien, ça me fait mal au cœur de voir le forum aussi calme Oo
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Re: Requiem de Venise

Message  MrSonge le Mer 6 Oct 2010 - 18:23

(C'est spécial comme expression. T'as pas mieux ??)
Bah heu... Elle a pleuré => ses paupières sont humides => elle cligne. xD
Elle aurait pu ciller aussi, mais c'était plus difficile d'introduire le «humide» avec ce verbe-ci.

Brrrrrrr que c'est sinistre tout ça xD Mais y'a rien à faire, tu maîtrises le suspense avec génie mon petit MrSonge ^^ Ça doit être pour ça que je suis aussi fan Tu postes bientôt la suite ?? *ç*
Merci Laumiiiiiiie. drunken
(ahbenheuouimais, laisse-moi le temps de respirer entre deux postages. Razz)

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Re: Requiem de Venise

Message  Laumie le Mer 6 Oct 2010 - 21:45

MrSonge a écrit:
Brrrrrrr que c'est sinistre tout ça xD Mais y'a rien à faire, tu maîtrises le suspense avec génie mon petit MrSonge ^^ Ça doit être pour ça que je suis aussi fan Tu postes bientôt la suite ?? *ç*
Merci Laumiiiiiiie. drunken
(ahbenheuouimais, laisse-moi le temps de respirer entre deux postages. Razz)

Bah oui mais c'est parce que c'est bien que je suis impatiente Razz
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