"Les Deux étendards", de Lucien rebatet

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"Les Deux étendards", de Lucien rebatet

Message  MrSonge le Sam 14 Nov 2009 - 19:16



Deux mots sur l'auteur : Né le 15 novembre 1903 à Monas-en-Valloire (Drôme). Écrivain, journaliste, essayiste, musicologue, ses écrits politiques durant la guerre et l’Occupation lui vaudront d’être condamné à mort le 23 novembre 1946. Il sera gracié le 12 avril 1947. Grand styliste, son œuvre a beaucoup souffert de ses engagements. Il meurt le 24 août 1972 sur son lieu de naissance.

Un avis sur lui : "Ses relations avec l'univers des autres se réduisaient donc à la plus écrasante et la plus aimable indifférence. Seulement c'était un des trois ou quatre grands romanciers de notre époque. Le seul, peut-être, qui ait su donner au "roman de formation" la portée d'une interrogation profonde, pathétique, universelle, dans Les deux étendards."

Le titre : Dans les Exercices spirituels, opuscule laissé par Ignace de Loyola, est proposée, au quatrième jour de la deuxième semaine, une méditation sur deux étendards : l’un, celui du Christ, « souverain capitaine » ; l’autre, celui de Lucifer, « mortel ennemi de la nature humaine ». Le langage du titre éclaire déjà la complexité de l'œuvre, tandis que la culture et les expressions de l’Espagne du XVIe siècle rendent difficile la compréhension du message.

Thèmes : Les trois grands thèmes majeurs du roman sont l'amour, la recherche de Dieu et la musique.

La première phrase
: "Les auteurs de jadis commençaient sereinement leurs histoires à la naissance du héros."

Résumé : Michel est un garçon de vingt ans, ancien élève des Pères, ardent, intelligent et pauvre qui débarque à Paris dans les années vingt pour y terminer ses études. Il découvre Paris : musique, peinture, théâtre, littérature, et le plaisir. Il y a de quoi l’enivrer quand intervient un événement qui le fait changer de direction. Son ami Régis, demeuré à Lyon, lui apprend qu’il veut devenir prêtre, et même jésuite, et en même temps qu’il aime une jeune fille nommée Anne-Marie. Quand Régis entrera au Séminaire, Anne-Marie commencera son noviciat dans un ordre féminin. L’évocation de l’amour mystique et pur, mais brûlant qui les unit bouleverse si bien Michel qu’il tombe à son tour amoureux d’Anne-Marie sitôt qu’il la rencontre. Le seul moyen de rejoindre Anne-Marie lui paraît être de rejoindre à la fois Régis et Anne-Marie dans leur aventure spirituelle. Michel essaie donc de se convertir mais vainement. Il n’ose pourtant avouer la vérité et son amour à Anne-Marie que le jour où Anne-Marie et Régis se séparent. La soumission de Régis à un ordre purement extérieur paraît à Anne-Marie une trahison. Elle se rejette vers Michel, et se laisse finalement enlever par lui. Mais Michel est un être à qui la terre suffit, Anne-Marie une de ces créatures qui sont perdues lorsqu’elles ont perdu leur Dieu . Après un étonnant voyage en Italie et en Turquie ( cf : où le couple va jusqu’au bout de sa frénésie érotique ), où des lettres de Régis disputent Anne-Marie pourtant amoureuse à l’amour de Michel, tout semble sur le point de s’arranger. Les familles sont prêtes à marier les jeunes gens. Mais Anne-Marie refuse et rompt avec Michel. Elle ne retrouvera pas la foi, cependant elle en garde la nostalgie, et la marque profonde. Elle dit elle-même que le christianisme est une « drogue », mais qu’elle en a pris « une trop forte dose » et « qu’elle ne s’en remettra jamais ». Régis et son Dieu triomphent, mais sur les ruines de tout bonheur humain.

Mon avis : Je suis de l'avis de Mitterand qui disait "Je sépare l'humanité en deux : ceux qui ont lu "Les Deux étendards" et ceux qui ne l'ont pas lu".
Ce roman fleuve de 1300 pages se lit d'une traite ! C'est un roman d'amour, un amour flamboyant. La langue de Rebatet est riche mais les phrases sont simples, incisives, percutantes. Nous passons de l'érotisme brûlant aux sphères morales les plus hautes. Ce roman devrait être un classique de la littérature depuis longtemps. Mais son auteur n'avait pas été jeté dans la liste des écrivains infréquentables.
Il est lire absolument pour la beauté de l'histoire qui prend aux tripes et laisse les yeux enluminés, tout comme la beauté de la langue de Rebatet.

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Re: "Les Deux étendards", de Lucien rebatet

Message  Liven d'Eleissen le Sam 14 Nov 2009 - 20:27

Ton résumé donne vraiment envie de le lire. Je note les références!

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+Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime.
+L'écrivain original n'est pas celui qui n'imite personne mais celui que personne ne peut imiter.

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Re: "Les Deux étendards", de Lucien rebatet

Message  Laumie le Sam 14 Nov 2009 - 20:29

Moi par contre, je suis pas des masses convaincue >< Ça me semble un peu surréaliste cet histoire d'amour pur en entrant dans des couvents de part et d'autre ...
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Re: "Les Deux étendards", de Lucien rebatet

Message  MrSonge le Sam 14 Nov 2009 - 20:31

Bien sûr que c'est surréaliste, c'est pour cela que ça va foirer ! xD Je ne te raconte pas la fin, mais je peux en tout cas te dire que l'utopie de l'amour platonique va s'étioler avant le dernier chapitre.
Rebatet était l'antithèse d'un niais catholard. ^^

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Une oeuvre de vie.

Message  Contact le Sam 9 Juil 2011 - 12:05

Tout d'abord, je tiens à préciser que ceci est mon premier message sur ce forum, et si je me suis inscrit c'est pour celui-ci. Peut-être qu'il ne sera suivi d'aucun autre, mais la joie immense qu'il aurait pu avoir pour conséquence à mon égard si j'avais été à votre place, ne serait-ce il y a une année de cela, justifie pour moi son temps de rédaction. Bref, ma démarche est claire : partager avec vous une découverte qui est un trésor.

J'ai pour habitude de penser que si j'aime la littérature ce sont pour les grands écrivains, les grandes oeuvres. Qu'une grande oeuvre va pouvoir révéler chez moi un degré de clairvoyance qui m'était jusqu'alors inconnu. Qu'un grand écrivain m'offre son regard. Et comme disait Stendhal écrire c'est promener un miroir le long de son chemin ; alors, je m'émerveille d'abord du paysage lorsque le miroir est d'une parfaite clarté, puis une fois le premier ravissement passé, je m'intéresse aussi au miroir, avec fascination. Mais ce qui est réellement beau c'est la vie, et un grand livre ne fait que nous apporter des couleurs et des nuances nouvelles qui l'enrichissent.

La capacité à se fasciner d'une oeuvre, la sensibilité vis-à-vis de l'art est une conquête à faire en soi. Wagner, Proust, Vermeer ne sont pas accessibles à tout le monde, et inaccessibles à tout "enfant". Il faut déjà un coeur assez finement intelligent pour y déceler un intérêt, et il faut qu'il soit en plus grand pour vraiment s'en régaler. Alors, toute quête doit être vertueuse et aller dans ce sens : donner de la grandeur à son coeur.

Bref, je m'excuse pour cette longue mise en contexte, mais je tiens à vous dire que ce livre - Les deux étendards - est une oeuvre de toute première catégorie. A mon sens, au minimum l'égal de l'éducation sentimental et au niveau de la recherche. Tout y tient de la vérité littéraire, tout y est profondément vrai. Ce livre est un fantastique roman qui peut changer votre vie, si ce n'est parce qu'il inspire de la bravoure, du moins, il contient suffisamment d'essences et de substances pour nous la faire voir avec davantage d'amplitude. Je ne vous dis pas de le lire sur le champ, il faut s'en sentir fondamentalement prêt. Mais achetez-le pour être bien certain de ne pas oublier de le lire un jour.

Avec beaucoup de bienveillance, j'espère que vous pourrez suivre mon conseil ! Très bon weekend !
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