Les Misérables - Victor Hugo

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Les Misérables - Victor Hugo

Message  Pacô le Dim 16 Jan 2011 - 10:58

Plop,

Un petit sujet pour parler d'un gros morceau de l'oeuvre littéraire de Hugo.
Qui l'a lu ? Ou au moins vu l'adaptation en film ?

Et surtout qu'en pensez-vous ?

Personnellement, je l'avais lu il y a très longtemps parce que je voulais "faire comme les grands". Mais du haut de mes 10-12 ans, je n'avais pas tout saisi. J'étais pourtant fier à l'époque d'avoir lu LE bouquin qui fait très cultivé d'avoir lu - sauf quand on a pas tout compris tongue.

Actuellement, je le relis - à ma vitesse parce que j'ai plein de bouquins à lire pour la fac - et j'en suis au milieu du tome 2. Mais au moins, je saisis beaucoup mieux l'histoire Wink.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Gavroche le Dim 16 Jan 2011 - 11:11

J'ai lu.
C'est une lecture agréable, mis à part les gros blocs indigestes de réflexion pseudo historique d'Hugo dont perso je me fiche royalement... et qui sont un peu ridicules à la lumière aujourd'hui.

Quelques passages peu crédibles, du genre quand Valjean sème les flics juste en sautant par dessus les murs.

Mais je préfère mille fois Hugo à Zola : les personnages y sont humains, touchants, y'a un espoir là où Zola n'assène que le déterminisme social : ton père était un saoulard ? Tu seras un saoulard, mon fils !

Ceci dit, je ne le relirai pas par plaisir...
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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Pacô le Dim 16 Jan 2011 - 11:29

En fait, je crois que si Hugo n'avait pas fait de politique, il aurait été très certainement un brillant historien.
Le passage où il raconte la bataille de Waterloo, j'ai cru un moment la zapper parce que le nombre de pages m'avait flanqué un peu la trouille. Mais en fait, en s'y plongeant un peu, même si le passage est totalement inintéressant pour la progression de l'histoire - comme l'histoire du couvent Saint-Picpus - cette bataille n'en reste pas moins la mieux décrite ; parfois même mieux que les historiens spécialisés eux-mêmes.
Et j'en ai appris quelques unes... notamment le fait que Napoléon soit passé si près de la victoire. Pendant longtemps, j'avais cru que Napoléon s'était fait rétamer en bonne et due forme à Waterloo et qu'il avait eu les yeux plus gros que le ventre en s'engageant dans ce combat - le combat du désespoir en gros.

Mais pas du tout : il a mis l'armée britannique en déroute et même Wellington a écrit plus tard que le véritable stratège victorieux de cette bataille fut Bonaparte parce que son plan brillant avait fonctionné à merveille et il a été mis en déroute simplement par la connerie d'un coursier qui n'avait pas su distinguer la bannière prussienne au loin.

Bref tout ça pour dire que je ne pense pas re-relire le roman moi non plus, parce que prend un bout de temps - et que j'en ai pas mal en attente tongue - mais que je reconnais tout le génie de Victor Hugo dans cet ouvrage.

Et dernière remarque, j'ai trouvé moins incohérent le fait que Jean Valjean saute le mur du couvent que le passage où il soulève une charrette - pour sauver Fauchelevent - qui doit bien peser son quintal Smile.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  MrSonge le Dim 16 Jan 2011 - 11:33

À dire vrai, c'est la lecture de Hugo qui m'a le plus déçu. C'est long, long, long, long, mon Dieu ! Qu'est-ce que l'on en a à faire, de ses digressions sur l'argot, sur Waterloo, sur les égouts de Paris ? Rien, décidément, même moi qui ne suis pas spécialement un lecteur "pressé" j'ai sabré de longs passages parce qu'ils ne présentaient à mes yeux aucun intérêt, si ce n'est pour les historiens spécialisés dans le Paris du XIXème siècle. Et puis littérairement, ses digressions, franchement, ça ne vaut pas grand chose non plus. Le père Hugo, quand il passe 40 pages à nous expliquer ce que c'est que l'argot, non seulement il gaspille de l'encre, mais il laisse son talent au vestiaire ! C'est lourd, c'est emphatique, et en même temps ça ne décolle pas, ça rampe dans la fange de ce qu'il décrit, il n'y a aucune force, si ce n'est une force passive, de masse, de pesanteur. On s'embourbe, on s'ennuie, on rêve de la légèreté d'un Voltaire, d'un Sade, d'un Molière, d'un La Fontaine, on a envie de planer, on a envie de champagne pétillant quand on nage dans le gros rouge qui tache. En plus sa philosophie est celle d'un collégien utopiste, sans envergure, banale, alors bon Dieu, je ne le dirais jamais assez, je suis comme Flaubert, je me méfie des digressions du vieux crocodile :
« Je ne trouve dans ce livre [Les Misérables ] ni vérité, ni grandeur. Quant au style, il me semble intentionnellement incorrect et bas. C'est une façon de flatter le populaire. Hugo a des attentions et des prévenances pour tout le monde. Saint-simoniens, Philippistes et jusqu'aux aubergistes. (...) Que la vérité s'arrange ensuite, tant pis. Où y a-t-il des prostituées comme Fantine, des forçats comme Valjean et des hommes politiques comme les stupides cocos de l'A ,B, C ? Pas une fois on ne les voit souffrir, dans le fond de leur âme. Ce sont des mannequins, des bonshommes en sucre, à commencer par Mgr Bienvenu. Par rage socialiste, Hugo a calomnié l'Eglise comme il a calomnié la misère. Où est l'évèque qui demande la bénédiction d'un conventionnel ? Où est la fabrique où l'on met à la porte une fille pour avoir eu un enfant, etc ? Et des digressions ! Y en a-t-il ! Y en a-t-il ! (...) Ce livre est fait pour la crapule catholico-socialiste, pour toute la vermine philosophico-évangélique. (...) C'était un bien beau sujet pourtant. Mais quel calme il aurait fallu et quelle envergure scientifique ! Il est vrai que le père Hugo méprise la science.»

Seules quelques belles scènes m'ont empêché de regretter cette lecture. La vie de Fantine, par exemple, le personnage de Javert qui est une des plus grandes réussites de Hugo, l'aventure de Marius et des Thénardiers, la mort de Valjean, bien sûr et quelques autres. Mais franchement, pour le reste, c'est trop. Pour moi, Les Misérables, c'est Hugo qui se regarde faire du Hugo. Autant ne pas perdre son temps avec une deuxième lecture quand il y a L'Homme qui rit, Notre Dame de Paris ou Quatre-vingt treize qui attendent sur le feu !

PS : Arwen, je suis tout-à-fait d'accord avec toi. Zola m'ennuie considérablement, et en plus je trouve qu'il n'écrivait pas spécialement bien. Je ne vois pas pourquoi on en a fait un monument. C'était un bon gros ouvrier du roman, qui pondait son volume socialo-culcul chaque année et qui se faisait plein de fric, sans pour autant pousser la "tolérance" jusqu'à aider des confrères comme Bloy qui étaient dans la misère mais qui avaient l'énorme défaut d'être croyants.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Liven d'Eleissen le Dim 16 Jan 2011 - 19:06

Je l'ai lu il y a quelques années, et pour ma part, j'avais bien aimé -sans avoir sauté un seul passage! Je ne l'ai jamais fait et je ne me voyais pas commencer avec Hugo ^^
Et je le relirais volontiers, par plaisir, lorsque j'aurais le temps (vu les trois semaines qui s'annoncent, je crois que je vais attendre encore un peu).

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  MrSonge le Dim 16 Jan 2011 - 19:35

Si tu as le temps, ma chère Liven... suis les conseils de Flaubert, et lis plutôt L'Homme qui rit, si tu ne l'as pas encore fait. Ça te fera découvrir quelque chose, et tu ne perdras pas ce temps que tu espères avoir, contrairement à une seconde lecture des miséreux Misérables. Razz

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Liven d'Eleissen le Dim 16 Jan 2011 - 20:59

C'est prévu aussi ^^J'ai entendu parler de ce roman mais je ne l'ai encore jamais lu -et là, on remercie la khâgne qui ne laisse même pas le temps de lire les classiques.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  MrSonge le Dim 16 Jan 2011 - 21:10

*-* Faut toujours suivre les conseils de tonton Gustave. Sa seule erreur aura été Stendhal, mais pour le reste, il est comme qui dirait infaillible. Mieux que le Pape. Razz

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Pacô le Dim 16 Jan 2011 - 22:02

C'est dingue, parce que j'aime aussi Stendhal.
Faut croire que je suis un vieux crocodile catho-socialiste Smile.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  MrSonge le Dim 16 Jan 2011 - 22:04

Hum... Flaubert parle de "crapule" catholico-socialiste. Razz

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  Pacô le Dim 16 Jan 2011 - 22:11

LoL.
Bah au contraire, Flaubert - je ne vais pas faire mon frustré non plus en disant qu'il est incompréhensible hein - mais j'ai apprécié à sa juste mesure (pour Madame Bovary) et j'ai trouvé l'idée et le style au sommet de sa réputation. Mais je ne trouve pas qu'il a de quoi sortir une telle tirade sur Hugo parce que si l'on me proposait de relire Notre Dame de Paris ou Madame Bovary, mon choix irait très très très (très) vite sur Notre Dame de Paris.

Je ne dis pas pour Les Misérables, parce que trois tomes c'est dur à ingurgiter quand même Wink.

Mais psst' ! Ma lecture d'enfant ne se souvient plus de la fin de Jean Valjean : il meurt mais je sais plus comment. Alors là pour l'instant, il est avec Fantine dans le couvent. On m'en dit pas plus ! silent

Par contre... comment ça ils n'ont aucune "profondeur" d'âme ? J'ai particulièrement aimé le passage lorsque le Père Madeleine - dixit Jean Valjean - se prend la tête et qu'il éprouve une véritable affliction morale en sachant qu'un innocent sera condamné à sa place.
Mais c'est vrai que, dans l'absolu, le personnage est peut être surjoué. J'aurais peut être un petit "cas de conscience" quelques secondes, mais je crois pas que j'aurais renoncé à la belle vie - Belle avec un grand B même ! - pour aller sauver un pauvre type T_T.

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Re: Les Misérables - Victor Hugo

Message  MrSonge le Dim 16 Jan 2011 - 22:54

Personnellement, je trouve qu'entre Flaubert et Hugo, il n'y a aucune commune mesure. Le premier est un génie, l'autre est un bon écrivain, mais emphatique, boursouflé, incapable de mesure, trop lyrique, trop lourd, trop long, trop plein de chose, trop plein de tiques d'écriture... Tandis que Flaubert, c'est le génie total, le style absolu, la psychologie sans faille, la vie à chaque phrase, des personnages complexes, humains, c'est comme Baudelaire en poésie. c'est le sommet du romantisme sans les lourdeurs, et du réalisme sans l'aspect chirurgical et froid.
Mais tu le dis toi-même à propos de Hugo : "lecture d'enfant", et c'est exactement cela. Hugo fascine... les enfants. Hugo est dans le spectacle, il manie des marionnettes (à quelques exceptions prêts : Javert et Frollo, par exemple, vrais personnages de roman) dans des décors grandioses, mais dans le fond, il n'a jamais créé d'êtres vrais. Il n'a fait que créer des personnages prototypes, mais qui restent des personnages. Tandis qu'Emma Bovary dépasse le roman, elle le surplombe, le transcende complètement. Certes, les personnages de Hugo sont marquants, Gavroche, par exemple, mais ils sont marquants par leur uniformité, leur traits grossiers et unis, bref par le fait qu'ils sont des personnages, et rien que des personnages. Et surtout, comme dit Flaubert, "ou y a-t-il des prostitués comme Fantine, des forçats comme Jean Valjean ?". On parlait du lieux commun dans le fil de ton dernier roman, eh bien ici, c'est presque pareil. Hugo manie beaucoup de lieux-communs, mais ses personnages sont des archétypes, d'une seule pièce, des caricatures qui ne se savent pas des caricatures : la Brute qui de vient le Bon, le Bon Prêtre, le Méchant Policier (la Justice !), le Gamin des rues, L'Amoureux fou, L'Amante éperdue, les Jeunes Républicains, etc...
Je crois que c'est cela dont voulait parler Flauber avec ses "personnages en sucre". Hugo n'est pas un psychologue, ou alors c'est à gros traits grossiers, comme dans "Une tempête sous un crâne, par exemple" ou la problématique est simple, l'issue évidente (Valjean est le Bon), et les tergiversations beaucoup trop fleuries pour être crédibles. Même Corneille n'avait jamais imaginer pouvoir faire se trémousser sous le crâne d'un personnage autant d'arabesques rhétorico-rococo pour si peu de chose. Et puis en plus Hugo use de cette stratégie plusieurs fois : dans Quatre-vingt treize c'est Gauvain qui se fait sa petite "tempête" intellectuelle, plus courte, mais tout aussi boursoufflée que celle de Jean Valjean et le résultat ne se fait pas attendre : on n'y croit pas une seconde... Malheureusement, il faut beaucoup de poignées de secondes pour terminer de lire les milliers de lignes de leur monologue intérieurs ! Razz

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