Rêvelin

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Message  Rêvelin le Mer 2 Fév 2011 - 17:08

Je me dis que cela peut-être intéressant pour moi et pour vous ^^

Alors ...
Je suis poète.

J'ai publié un recueil à compte d'éditeur et des poèmes dans plusieurs revues de poésie contemporaine

Vous pouvez retrouver quelques uns de mes textes dans le contexte particulier de Tapages (je mets ça parce qu'à priori je n'ai plus aucun texte ici.)

J'aborde différents thèmes concomitants : dans le cadre de Tapages donc, j'aborde les thèmes du "poème en corps en action", du bruit, de la voix, de la langue. Dans le cadre de mon travail plus personnel, j'aborde les mêmes thèmes mais j'accentue mon propos sur l'identité. J'oublie pas mal de trucs m'enfin ...

Sur mon style, deux choses : la plupart de ceux qui m'ont connu ici, se souviennent probablement d'un style assez léger faisant passer des choses profondes, assez déluré et mettant l'accent sur le rythme. Maintenant, mon style a changé, il est plus abstrait, utilise des mots simples, je joue sur la grammaire, les déplacements de sens et les ruptures de rythme. S'il plait, il ne plait plus de la même manière, du style enchanteur on est passé au style clair qui se veut lourd de sens.

Je vise un lectorat qui à priori aime déjà la poésie contemporaine. Pour autant mes textes sont tout à fait compréhensibles et abordables, il suffit de faire attention à chaque mot (et considérer que je ne fais jamais de fautes dans mes poèmes ^^)



Je me suis dit que cela pourrait être intéressant pour moi et pour vous parce-qu'ici vous pourrez me poser toutes les questions que vous voulez (rapport à l'édition, rapport à la poésie, rapport à mon rapport à la prose, rapport à ... Tout, en gros) et que j'essayerais d'y répondre (ce qui du coup m'apportera à moi aussi).
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Re: Rêvelin

Message  Pacô le Ven 4 Fév 2011 - 16:27

Et décidément, tu aimes peu les questionnaires tout fait auxquels il s'agit de simplement répondre Smile.
Et si j'avais été un méchant admin, super strict et super attentif, je t'aurais reproché ton lien vers ton site personnel Smile.
Mais je suis un gentil admin que tout le monde adule.

Plus sérieusement, tu dis être poète. Mais qu'est-ce que la poésie pour toi ? Comment interprètes-tu un texte qui se dit être de la poésie ?
Suffit-il que ça rime ? Faut-il plus ? Comment envisages-tu cet art et qu'est-ce qui t'en convainc ?

Rencontres-tu souvent des poètes ? Ou les vrais sont-ils pour toi rare ?
Te crois-tu accompli dans ton art ou vois-tu encore beaucoup d'horizons à explorer ?

Pour moi, la poésie est un art très abstrait dans lequel je crois ne pas avoir ma place. J'ai beaucoup de difficultés à me doter d'un esprit "poète" et parfois à comprendre le poème sous mes yeux.
Comment fais-tu ? Comprends tu tous les textes de tes camarades poètes ?

Ensuite, j'avais d'autres petites questions : trouves-tu que la poésie est de plus en plus reniée dans le monde littéraire ? Et que, paradoxalement, de plus en plus de gens se croient poètes et pataugent dans une pseudo-poésie ras-les-pâquerettes ?
Qu'en penses-tu en fait ?

(et quel est le nom de ton éditeur ?)

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Re: Rêvelin

Message  Rêvelin le Ven 4 Fév 2011 - 22:45

Pacô a écrit:Mais je suis un gentil admin que tout le monde adule.
Laughing

Pacô a écrit:Plus sérieusement, tu dis être poète. Mais qu'est-ce que la poésie pour toi ? Comment interprètes-tu un texte qui se dit être de la poésie ?
Suffit-il que ça rime ? Faut-il plus ? Comment envisages-tu cet art et qu'est-ce qui t'en convainc ?

Et bien ... j'ai posté un texte il y a pas longtemps résumant ce que je pense de la poésie :

Le poème est fait tout de silence et de mots arrachés difficilement à la pesanteur d’un monde clos et sans lumière. Le cri qui s’en dégage n’est pas tant un cri de révolte et de combat que le cri d’un nouveau né balbutiant ses premières paroles. Il s’agit bien de se faire homme, à chaque instant, sans relâche. Il s’agit bien d’arracher au discours, au silence, à la nuit, le mot le plus dur, pas tant pour le jeter à la figure que pour le poser devant soi et se dresser face à la mort, comme un homme. Le geste, on le sait, n’est que le prolongement d’un mot plus écouté qu’un autre, le corps n’est pas tant fait de muscles, d’eau, et de sang, que de borborygmes et autres synonymes saillants au cœur du langage. Aussi est-il urgent de proférer ces paroles qui font se dresser les corps. Aussi est-il urgent de poser sur l’abîme un mot fait de chair, et se tenir là plus vivant qu’auparavant, moins faux, moins courbé, dégagé pour un temps de la voix des sirènes et autres illusions merveilleuses de la caverne. Dire du poème qu’il est obscur est un contresens, il n’y a rien tant que le poème pour être en quête de lumière, rien tant que le poème pour faire se tourner le visage de l’homme vers le soleil et c’est d’un trait de lumière, trait d’esprit s’il en est, que le poème s’attache à pourfendre les marchands du temple et autres discours qui crient bien trop fort pour être honnêtes. Pour autant, le cri du poème n’est pas tant un cri de révolte et de combat que le cri d’un nouveau né au jour, aussi le poème ne cherche-t-il pas tant à chasser les ombres qu’à se tourner vers la source de la lumière et vivre au plus près de cette vérité qui fait de nous un homme. Le poème est celui qui crie plus vrai et plus longtemps que les autres, son cri passe outre les discours contingents, pour faire se dresser les corps et la vie.

Pour moi ce texte est assez clair, mais peut-être pas pour vous. Pour moi la poésie est un contre discours, le discours du vrai. La poésie a plus ou moins quittée la valeur du beau qui a parfois prédominé au cours de l'histoire de ce genre. Des questions ? ^^

Donc voilà, pour répondre à tes questions conjointes, je dirais qu'un texte rimé ne me gêne pas outre mesure s'il répond à ces critères. Pour autant, un texte écrit comme au XVIIe n'a que peu d'intérêt aujourd'hui, sauf s'il s'agit de jouer consciemment sur un certain décalage ... Un texte écrit au XVIIe était fait pour être écrit au XVIIe, maintenant il faut passer à autre chose ! Je ne pense pas que le discours rimé "traditionnel" soit le mieux adapté pour rendre compte de la complexité du réel aujourd'hui.
Et voilà ce que j'observe dans un texte qui se veut poétique. J'observe ce qu'il me donne à voir du monde et la façon qu'il a de me le donner. A partir de là, je me pose des questions, et parfois je trouve ça nul ^^

Pacô a écrit:Rencontres-tu souvent des poètes ? Ou les vrais sont-ils pour toi rare ?
La distance pose parfois quelques problèmes mais oui je rencontre assez souvent des poètes au final. Avec ma maison d'édition, avec les différentes revues auxquelles je collabore, avec quelques forums et avec Tapages.

Pacô a écrit:Te crois-tu accompli dans ton art ou vois-tu encore beaucoup d'horizons à explorer ?
Pour l'instant il me manque un petit rien pour mon recueil, alors je ne me sens pas accompli. j'aimerais avoir plus de temps pour creuser en profondeur, tout va assez vite. Je pense qu'il y a toujours d'autres horizons à explorer, mon style évolue et s'enrichit sans cesse. Au final je suis quand même content, épanoui, et pour un gars de 19 ans je trouve que je ne m'en sors pas trop mal ^^

Pacô a écrit:Pour moi, la poésie est un art très abstrait dans lequel je crois ne pas avoir ma place. J'ai beaucoup de difficultés à me doter d'un esprit "poète" et parfois à comprendre le poème sous mes yeux.
Comment fais-tu ? Comprends tu tous les textes de tes camarades poètes ?
Non, je ne comprends pas tout. Mais parfois, aussi, il faut lâcher prise.
Un texte de poésie, ça se lit, ça se relit, il faut l'apprivoiser, lire d'autres textes du même auteur, les auteurs que connaît l'auteur (si on veut vraiment aller chercher loin), ça met du temps.
Je dois faire une critique pour mon collègue de Tapages sur son prochain recueil qui sort bientôt. Je le connais bien, je connais à peu près les textes concomitants à son travail, j'ai lu ses autres poèmes et même ses travaux de cours, mais je flippe ! Difficile d'exprimer en termes clairs, comprendre en profondeur un travail de poésie, les mots parlent d'eux mêmes.
Un truc quand même, c'est qu'en poésie, c'est simple, tout a de l'importance. Le mot résonne, le rythme, les sons, on peut prendre le poème par tous les bouts : )

Pacô a écrit:Ensuite, j'avais d'autres petites questions : trouves-tu que la poésie est de plus en plus reniée dans le monde littéraire ? Et que, paradoxalement, de plus en plus de gens se croient poètes et pataugent dans une pseudo-poésie ras-les-pâquerettes ?
Qu'en penses-tu en fait ?
Je crois que de plus en plus de personnes se croient poètes, mais je ne sais pas si c'est leur faute. Le mot de poésie est galvaudé (d'ailleurs je n'emploie normalement que le mot de "poème"), il désigne des trucs fades, gnian gnian, mignons, etc. Des "poètes" sont victimes de ces images et pensent écrire de la poésie. C'est pareil, "poésie = rimes" c'est souvent archi-faux. En ce moment je passe l'essentiel de mes critiques à dire aux poètes débutants "abandonne les rimes (ou apprends à les manier à la perfection), ça rendrait ton discours plus sincère".
Après, pour ce qui est de la poésie "reniée" ... je ne sais pas trop au final. Tout à l'heure je discutais avec un poète assez célèbre, Alain Marc, qui est en faveur d'une "poésie publique" et je me demandais si la place de la poésie n'était pas en marge. Certes, elle tend vers, elle essaye de se répandre, mais, comme peuvent être les films de Godard dans un autre domaine, en tant que contre discours la poésie peut-elle devenir un discours dominant ? Suffit de voir les académies par exemple, pour voir qu'il y aurait peut-être l'apparition d'un contre-contre discours qui serait la poésie véritable de la poésie vraie, etc, etc ^^

Pacô a écrit:(et quel est le nom de ton éditeur ?)

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Re: Rêvelin

Message  MrSonge le Sam 5 Fév 2011 - 11:35

«Ce qu'il y avait d'inqualifiable, jusqu'à moi, dans la poésie, c'était la poésie. Celle-ci évacuée, on remarquera qu'il ne reste que de l'excellente : rimes se situant très en-dessous du seuil de pauvreté, alexandrins utilitaires, strophes de circonstance aggravante, rythmes contraints à la plus sourcilleuse efficacité, refrains contagieusement drôles, cadences infernales, comptines mémorables, vers enfin, vers luisants du bonheur de ne plus avoir de troubadours sur le dos comme par le passé.
[…]
Ce qui handicapait la poésie, jusqu'à moi, c'était le lyrisme, c'est-à-dire la poésie. le lyrisme éradiqué, ne demeure plus que ce qui a toujours été ostracisé par les imbéciles qui lisent ou écrivent de la poésie, et la respectent : l'épique, le dramatique, le satirique, le polémique, le véridique, l'humoristique, le narratif, l'anecdotique, le lisible, le philosophique, l'ultra-politique. Le dialectique. En somme, toute la vie. En somme, toute la prose. Le concret et ses fantômes. Tout ce que l'on avait essayé de séparer à jamais de la strophe et du vers, afin que ceux-ci n'expriment rien d'autre que niaiseries subjectives, chromos approximatifs, mièvreries confidentielles, étouffants coqs à l'âme, et, de manière plus générale, approbation effrénée des conditions existantes. Par le flou et le flan. Par l'illusion d'une confraternité innocente et sans limites, d'une effusion irréfutable puisque sans adversaires, par l'expression d'une sorte de religion naturelle syncrétiste et universelle ressassant son généraux message dans un pidgin des origines, informe comme l'infini, et aussi morne que lui.
L'«Alchimie des mots » n'est qu'une vieille pollution prétentieuse dont il faut éliminer les vapeurs mystifiantes pour laisser enfin respirer la poésie. On gagne beaucoup, aussi, à réfuter le stéréotype dans lequel se complaisent piteusement ceux qui s'obstinent encore à se dire poètes : que la poésie ne peut plus être qu'exténuée, indicible, nébuleuse, morte, innommable, livrée à elle-même et mourant pour elle-même. On verre qu'il m'est facile, en quelques poèmes catégoriques, de démolir ces lamentables sophismes et d'en tirer le plus grand plaisir. Il m'a suffi d'abord de couper à tour de bras dans la forêt furieuse des symboles pour trouver immédiatement ce que tout ce bois mort sur pied cachait : la réalité elle-même. Et mettre aisément la poésie, ainsi débarrassée de ses adorateurs cafardeux, à la portée du plus grand nombre de rieurs.
Au passage, on constatera que je n'ai gardé d'elle que ce qu'il est convenu d'appeler ses contraintes, autrement dit les règles anciennes et fécondes, la structure matérielle entrainante du vers classique, même très fortement apocopé, des choses évidemment très prosaïques, traumatisantes pour le sujet contemporain parce que délicieusement autoritaires comme des vérités révélées. Ce qui seul m'importait. La poésie des poètes n'avait d'ailleurs largué ses rimes, il y a un siècle, que pour avoir les coudées franches et dire encore plus de sottises qu'elle n'en avait débité jusqu'alors dans tous les millénaires. La véritable épopée n'est pas de ses libérer des «conventions», du «corset» ou de la «règle» comme le radotent les mutins salariés du moderne modernant et les démagogues de la nouvelle bondieuserie narcissique-victimiste, mais de leur rendre leur insolence, leur efficacité, leur vertu incapacitante ; et, ainsi, libérer le vers de ses sinistres libérateurs. Par le rétablissement de la rime, ou par le compte des syllabes.
Mon propos consistait, entre autres, à redonner tout leur lustre à des termes comme «norme» ou «code», voire à «identité» ou à «unité», ne serait-ce que pour avoir le plaisir d'entendre siffler de rage routinière des voleurs de feu et des laboureurs d'étoiles, autrement dit des poésistes de la poésie. Leur marteau est sans maître, mais le mur est sans clou. La sclérose n'est pas dans le dogme, ainsi qu'ils le croient, elle est dans la poésie qui croit se libérer du dogme et retrouver l'immémoriale inspiration du mythe. La poésie des poètes est la religion à l'état gazeux, c'est-à-dire privée de toute la beauté et de la vérité théologiques qui sauvent depuis toujours la religion de la religion ; et, comme telle, elle masque toute réalité derrière les délayages de son faux paradis, les yeux d'Elsa, ses ponts Mirabeau, ses soleils noirs, sa saison en enfer, son revolver à cheveux blancs, ses semelles de vent, son bateau ivre, ses cris en silence, ses murmures dans les flammes, ses lignes de crête et ses chemins de traverse.
[…]
La poésie des poètes est, depuis toujours, mais aujourd'hui plus que jamais, une conspiration contre l'intérêt que peut présenter la vie. Et même quand il s'agit de mener de cette dernière la critique la plus horrifiée, la vie garde un intérêt ; mais pas la poésie, en ce qu'elle n'a jamais pour but que de rendre la vie inintelligible, donc incriticable aussi. Ses simagrées sont un complot permanent au service de la non-compréhension des infinies subtilités que contient notre temps présent, pourtant si grossier également (mais insaisissable aussi, dans sa grossièreté, par la poésie des poètes). D'une certaine manière, parce qu'elle ne fait que chanter l'absence de l'irréductible, la disparition du non, la perte du négatif et de l'inimitié, ainsi que la dictature de l'infâme spontanéité et de l'authenticité qui ont toujours raison, la poésie des poètes et la fin de l'Histoire toujours déjà là ; et l'accord parfait avec ce qui est maintenant ou avec ce qui vient ; et il était logique que je m'attaque à cet élément parmi d'autres de l'ultime religion de l'humanité pour le faire servir à des buts contraires à ses intérêts immémoriaux ; et ainsi, littéralement, tirer les vers du nez à l'époque. »
(Philippe Muray, in Minimum Respect, dans l'Avant-propos)


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Re: Rêvelin

Message  Rêvelin le Sam 5 Fév 2011 - 15:24

Beau texte ^^

je ne me sens pas particulièrement attaqué par ces propos. Je ne suis pas de ceux qui font des vers libres pour faire des vers libres, tu sais, je crois, que je sais aussi bien manier l'alexandrin qu'autre chose. Mon écriture actuelle est bourrée de contraintes que je me donne, je n'écris jamais un texte sans contraintes, la forme qu'il prend n'est pas contingente et ne saurait l'être. S'il a besoin d'être rimés, d'être classique, qu'il le soit. S'il a besoin d'avoir des vers plus courts que d'autres, de retours à la ligne, de majuscules ou autre procédés typographiques, c'est qu'il ne saurait pouvoir être compris autrement.

Je suis d'accord avec lui pour le lyrisme (même s'il me faudrait creuser un peu l'écriture de Maulpoix avant de porter un jugement, peut-être aussi celle de Jaccottet qui parfois tombe un peu dedans).

Par contre je ne suis pas d'accord quand il dit que la poésie a pour but de rendre la vie inintelligible. Il a du argumenter un peu avant de dire ça j'imagine, il faudrait que je lise tout, mais pratiquant, pour ma part, une poésie qui se veut ontologique et sans laquelle je ne pourrais pas vivre, je ne peux pas être d'accord.

Il faudrait vraiment que je lise tout pour pouvoir répondre correctement ...


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Re: Rêvelin

Message  MrSonge le Sam 5 Fév 2011 - 15:42

je ne me sens pas particulièrement attaqué par ces propos.
Ça tombe bien, j'avais posté ce texte plus pour que tu te reconnaisses en "négatif" que pour te laisser croire attaqué de façon posthume par Muray. ^^ Du moins c'est ce qui m'est apparu, à moi, comme la dénonciation de l'antithèse de ton travail précis, réfléchi et surtout, surtout, sensé. Sauf pour les contraintes classiques, comme tu dis, mais il y a d'autres contraintes, on est bien d'accord.

Par contre je ne suis pas d'accord quand il dit que la poésie a pour but de rendre la vie inintelligible. Il a du argumenter un peu avant de dire ça j'imagine, il faudrait que je lise tout, mais pratiquant, pour ma part, une poésie qui se veut ontologique et sans laquelle je ne pourrais pas vivre, je ne peux pas être d'accord.
Je crois que dans cette partie, il s'attaque plus particulièrement aux descendants de René Char et de tous les poètes qui se font un plaisir d'écrire des textes illisibles, incompréhensibles et nébuleux, persuadés que moins on comprend de choses dedans, plus il se formera des cohortes d'admirateurs autour d'eux parce que « j'y comprends rien mais c'est beau ! ». Ce genre de bouillie infra-verbale :
«Si tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde.
Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée.
Qui convertit l'aiguillon en fleur arrondit l'éclair.
La foudre n'a qu'une maison, elle a plusieurs sentiers. Maison qui s'exhausse, sentiers sans miettes.»
(René Char, Le terme épars, in Le Nu perdu et autres poèmes 1964-1975)

Ceci dit, oui, j'ai coupé quelques bouts d'argumentaires parce que je copiais ce truc à la main et que j'ai décidé d'aller directement aux conclusions, sans cela j'y serais encore. Mais tu peux retrouver cet Avant-Propos sur Amazon, en cherchant son recueil de poèmes Minimum Respect (Ici) et en cliquant sur "feuilleter". On peut y lire toute la préface et un ou deux poèmes, le reste étant évidemment censuré puisque sinon, on n'achèterait pas le bouquin. Razz
Ah oui et, comme ça, il a l'air d'un ennemi de la poésie généralisée, mais ne nous y trompons pas, c'est un admirateur de Baudelaire, entre autres, de Rimbaud, de Ronsard et de La Fontaine. Il faut simplement faire la différence entre la vraie poésie et ce qu'il nomme la "poésie des poètes".

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Re: Rêvelin

Message  Rêvelin le Sam 5 Fév 2011 - 18:02

Oui merci ! J'aime bien ce texte.
Et puis j'ai toujours eu un peu de mal avec René Char. Enfin René Char, il a quand même quelque chose, mais ses descendants ...

Je vais tout de suite lire ce texte en entier

Edit : "la véritable épopée n'est pas de se libérer des "conventions", du "corset" ou de "la règle" [...] mais de leur rendre leur insolence, leur efficacité, leur vertu incapacitante"
ça c'est good ! (même si je pense que ce qu'il propose après, c'est à dire revenir à la rime, etc, n'est qu'une solution parmi d'autres. Revenir au dogme, pourquoi pas, mais celui du XVIIe ... chaque bon poète construit ses codes et ses normes et il les veut au plus près de sa pensée du monde. Il me semble qu'il y en a de très intéressants aujourd'hui aussi.)
Mais la justification de son travail, quand il parle de mettre la prose dans les vers, génial : )
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