Commentaires pour l'avocat du diable

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Re: Commentaires pour l'avocat du diable

Message  laetitia le Mar 15 Nov 2011 - 19:20

hé hé les grands esprits se rencontrent!!!

je viendrai te lire demain

bisoussssssss
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Re: Commentaires pour l'avocat du diable

Message  MémoireDuTemps le Dim 20 Nov 2011 - 9:04

Comme on en a déjà l’habitude, c’est bien écrit,
cela se lit facilement, on retrouve bien l’ambiance d’une époque et le style
qui va avec. J’ai souligné ce qui ne me convenait pas… notamment en marron
léger les verbes qui me semblent un peu ternes… il y en a un peu trop… Une
confirmation en tout cas de l’intérêt de lire Petit Rapporteur !

petitrapporteur a écrit:
Bonsoir tout le monde !
Voici la deuxième partie de ce premier chapitre :


— Tenez, reprit Coutard en désignant un banc de plutôt avec ? sa canne en acajou, ici nous pourrons patienter confortablement et virgule le moment venu, ce sera un parfait marchepied pour ne rien manquer du spectacle.
— Cessez-donc de prétendre qu’il s’agit là d’un spectacle ! Nous allons assister à la mort d’un homme. Le couperet de la guillotine n’est pas
un couteau de théâtre et l’hémorragie qu’il provoquera tout à l’heure
ne devra pas son sang à je ne sais quel bestiau d’abattoir.
Coutard parut surpris par l’emportement soudain de Berthier, mais reprenant vite contenance, il répliqua :
— Mais qui vous parle d’homme ? Bernard est un monstre ! Lui et ces semblables sont à la fois l’ulcère qui ronge les entrailles de notre société et la gangrène qui lui dévore les membres. La guillotine n’est pas un glaive, c’est
un scalpel. Elle nous ampute des criminels et si cela ne tenait qu’à
moi, elle nous débarrasserait de tous les rebuts du genre humain, des
anarchistes jusqu’aux israélites !
Berthier ouvrit la bouche, ayant semble-t-il quelque protestation à faire
valoir, mais il se ravisa lorsque le fracas de sabots martelant les
pavés de la rue Smith parvint à ses oreilles. Une escouade de gendarmes à
cheval arrivait sur la place.
— Ah ! s’exclama Coutard. Ecoutez ça, mon ami. Voilà le brigadier qui donne les trois coups, le drame commence !
Berthier, ne jugeant pas nécessaire de répondre à cette ultime
provocation, se contenta d’observer en silence la suite des évènements.
Coutard semblait quant à lui tout à fait satisfait et virgule faisant sortir de sa redingote une petite pipe en bruyère, il en entreprit le bourrage.
À cet instant, un premier cavalier fit irruption. Nos lecteurs friands
de beaux uniformes nous pardonneront ici de rudoyer leur imagination,
mais les gendarmes départementaux de 1872 n’avaient rien de ressemblant
aux fiers hussards qu’ils auraient pu se représenter. Nul dolman
écarlate ne ceignait leur buste ; nulle pelisse rutilante ne reposait
sur leur épaule ; et leur poitrine austère n’arborait pas plus de tresse
que de brandebourg. Ils portaient sur leur tête en guise de shako un
bonnet de police plat duquel ne jaillissait aucun panache, ce qui du
reste était heureux car la chose eût été
ridicule. Sans passementerie pour orner leur habit, ces militaires en
devenaient bleus de pied en cap. Seule une fine ceinture dorée leur
barrait la taille et la poitrine.
Toutefois, aussi insipide que fût le costume de ces cavaliers, le vacarme de quatre fois vingt sabots ferrés frappant le sol de la place un peu lourd fit
un grand effet sur la petite foule qui s’y était rassemblée. Certains
d’entre eux, parmi les plus impressionnables, se seraient crus
transportés soixante-cinq ans auparavant, dans les rangs russes
d’Eylau*. Les autres frissonnèrent. Coutard alluma sa pipe.
Une
quarantaine de gendarmes à pied suivaient la cavalerie, le fusil à
l’épaule. La compagnie forma prestement un large cercle autour du centre
de la place après avoir dispersé les curieux qui s’y trouvaient et le
silence se fit à nouveau. Coutard et Berthier étaient assis à moins de deux mètres du cordon de baïonnettes.
— Et maintenant, quoi ? interrogea Berthier.
— Montez, répondit Coutard. Il est là.
Le
vieux canut grimpa non sans peine sur le banc et quand ils furent tous
deux sur leur piédestal, Coutard désigna le centre du périmètre de
sécurité. Il y avait là une voiture, pas de virgule
que la haute stature des cavaliers avait dissimulée aux yeux fatigués
du vieillard. Cinq messieurs en manteau et pèlerine noirs s’affairaient alentours pas de s
. Un sixième en descendit : vêtu d’une élégante redingote à la
propriétaire et chaussé de bottines neuves en chevreau, l’homme avait
tout d’un petit bourgeois de province. Le genre d’individu au visage
aussi rond que le ventre, flanqué de favoris grisonnant il faut un s je crois, que l’on eût croisé cent fois en se promenant dans les rues de Lyon. Coutard posa une main sur l’épaule de Berthier et virgule pointant son index vers l’homme que nous venons de décrire, lui révéla son identité :
— Je vous présente Nicolas Roch.
— Quoi, s’étonna Berthier, cet huissier endimanché ? Allons donc, il ne ferait pas peur à la plus bonasse des jeunes filles !

Ne savez-vous pas que les apparences sont trompeuses ? N’en doutez pas,
mon cher : vous avez sous vos yeux l’exécuteur des hautes œuvres de la
République Française.
— Ma foi, je m’attendais à un personnage plus grandiose.
— Vous êtes déçu ?
— Non, seulement surpris.
Coutard ne se méprenait pas. On se souvient un peu bizarre cette formulation des
exécutions auxquelles il prétendait avoir assisté. Il s’avère que les
trois furent conduites par Roch : le lecteur nous permettra donc de le
croire et d’affirmer que ce personnage tout à fait ordinaire était bel et bien « Monsieur de France** ».
L’installation de la guillotine prit moins d’une heure. Pendant ce
temps, Roch veilla à la bonne exécution de l’ouvrage avec des airs de
contremaître. Lorsqu’enfin les montants de chêne s’élevèrent sur la
place, défiant la flèche toute proche de l’église Sainte-Blandine tels
deux David de bois faces à un Goliath de pierre, il fit jouer le mouton
sur son rail et, satisfait, alluma un petit cigare qu’il avait
auparavant sorti de sa poche. On dit de ceux qui grandissent ensemble
qu’ils finissent par se ressembler ; la chose était vraie du bourreau et
de son instrument en cet instant. Tous deux se tenaient roides comme
des pieux plantés dans un plancher d’obscurité. Seuls le visage et la
lame reflétaient la sombre lumière de la lune. curieuse comparaison, un visage ne reflète pas trop surtout dans un froid matinal Ils attendaient leur patient, plus immobiles qu’un félin prêt à bondir sur sa proie, plus inexorables qu’une paisible vague se devant faire raz de marée
par contre peut-être des tirets au raz-de-marée . Roch avait onze ans lorsque son père, lui-même exécuteur, le choisit
comme aide ; près de cinquante ans plus tard, il n’avait jamais quitté
la machine à tuer.


-----------------------------------------------------
* Le 8 février 1807, 12 000 cavaliers, Joachim Murat à leur tête, chargèrent l’infanterie russe lors de la bataille d’Eylau.
** Sobriquet autrefois donné au bourreau

__________________________________
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correction plutôt appréciation première partie

Message  Fierrottp le Dim 20 Nov 2011 - 18:43

I

ACTA EST FABULA

***




Le 31 juillet 1872 se produisit à Lyon un spectacle exceptionnel dont les
habitants de l’ancienne capitale des Gaules avaient été privés depuis douze
ans. La nuit n’avait pas cinq heures que déjà poignaient quelques curieux dans
le quartier Perrache, leurs silhouettes noires défilant sous la lumière cireuse
des réverbères. Les plus vivaces d’entre euxà je ne sais pas si le « d’entre
eux » est réellement nécessaire ici. De même, toute la partie n’aurait-elle
pas a gagner en restant à l’imparfait ? La préparation de l’événement
semble s’étendre sur la durée
grimpèrent aux arbres et s’installèrent sur
une branche. Les autres– des messieurs en redingote – posèrent leur séant sur
les bancs de la ci-devant place du marché aux chevaux. Tous convergeaient en
ces lieux pour la même raison, mais aucun d’eux
n’adressa la parole à un autre
à cette phrase me perturbe un peu, « aucune groupe ne s’adressa
la parole », ou « personne ne parlait »
et lorsque par
hasard leurs regards se croisaient, ils les détournaient vivement et
s’obstinaient ensuite à fixer sans relâche, qui ses souliers, qui le pommeau de
sa canne. L’ambiance était toute autre derrière le feuillage dense des
marronniers, d’où s’échappaient force chuchotements et de temps à autre de
petits rires étouffés.

À une heure un quart, deux hommes apparurent à l’angle de la rue Marc-Antoine
Petit* et du Cours Charlemagne. Avant même leur entrée dans le champ de vision
des vigies sur leur marronnier, la voix du premier alertait toute la place.
Cette voix, cinquante hommes ne l’eussent pas couverte :
— Ma foi, Berthier, j’ai du mal à croire que vous n’en ayez jamais vu ! C’est
un spectacle magnifique que cela ; je ne m’en lasserai jamais. J’en ai déjà vu
trois rien cette année : Mercet à Lons-le-Saunier, Rouette à Dijon, et il n’y a
pas deux mois, j’ai assisté à celle de Moreux, sur la place de la Roquette.
Mais méfiez-vous. Après ça, le théâtre, la bourse, la fête des lumières,
l’opéra, les courses et même la bagatelle vous sembleront bien peu de choses
comparées au frisson que vous procure l’œuvre de la justice.
Le dénommé Berthier lui répondit quelque chose, mais sa voix vulgaire ne
parvint pas à transmettre, même aux oreilles les plus jeunes et les plus
tendues de la place. Si bien que son interlocuteur semblait parfaitement
soliloquer :
— Certes, je suis rentier et je peux voyager quand bon me semble mais enfin,
tout prolétaire que l’on est, lorsque cela se passe à moins de cinquante lieues
de chez soi, on va voir ! Et d’abord, où étiez-vous en soixante, quand on s’est
occupé de Montet ?
— …
— Ah bravo ! Vous ne quittez donc Lyon que lorsqu’il s’y passe des choses
d’intérêt ! Mais alors, ne seriez-vous point venu aujourd’hui si je ne vous
avais proposé de m’accompagner ?
— …
— À la bonne heure ! Vous n’êtes pas de ces spectateurs qui quittent leur siège
avant la fin d’une pièce, le drame leur parût-il joué.
Le silence se fit un instant puis on entendit enfin la voix de Berthier. Une
voix douce et trébuchante de quinquagénaire. la
répétition de « la voix » ne me paraît pas primordiale: « Le
silence se fit un instant puis on entendit enfin la voix de quinquagénaire de
Berthier, douce et trébuchante. »

— C’est que je n’en ai pas le choix, mon cher Coutard. Plutôt qu’un spectateur,
je suis un acteur de cette tragédie, et je ne puis me permettre de quitter les
coulisses quand bien même toutes mes répliques fussent-elles
dites. à J’ai un doute sur l’emploi
du subjonctif ici… Il faudrait vérifier mais tu as peut-être raison

— Et vous ne connaissez que le canevas, Berthier. La représentation vous
coupera le
souffle !
— Elle ne coupera pas que cela.
Coutard ne répondit pas et les deux hommes firent en silence leur entrée sur la
place. Profitons de cette trêve dans
leur dialogue pour les décrire : bien qu’ils se fussent
tus
à en quoi le fait de se taire
permet de présumer de leur identité ?
tous deux, on pouvait sans
risque présumer de leur identité. L’un était grand, robuste et dans la force de
l’âge ; l’autre était à répétition de était peut-être pour marquer la symétrie ?
J’aurais néanmoins utilisé un autre verbe d’état : « demeurait »
par exemple
un petit vieillard presque chétif et courbé, s’appuyant sur
sa canne comme une brindille à son tuteur. Ce Stentor moderne, c’était Coutard
; ce Silène chancelant, c’était Berthier.

À les voir marcher côte à côte à l’endroit où quelques années auparavant se
tenait le marché aux chevaux, on eût cru voir une haridelle claudiquer auprès
d’un Pur-Sang. Coutard, vêtu d’une élégante redingote en drap noir et coiffé
d’un haut de forme, arborait une barbe tout aussi impériale que son allure. À
mesure qu’il avançait, on l’entendait faire claquer les petits talons ferrés de
ses bottes en cuir que les motifs anglais de son pantalon dissimulaient à
moitié. Il tenait dans son poing droit une canne, tout aussi inutile à ses
jambes de trente ans que son haut de forme ne l’était à sa silhouette altière.
Mais qui se soucie d’utilité lorsqu’il s’agit de mode ? Berthier, quant à lui,
se mouvait en traînant la patte, la tête plus basse que les épaules. La seule
lumière des réverbères le rendait ictérique, tant son teint était pâle, et le
gilet jaune et râpé qu’il portait sous un veston de cuir élimé ne faisait à ne
changeait rien plutôt non ?
rien à l’affaire. À dire vrai, si
Coutard avait tout d’un Bucéphale ou d’un Marengo**, le pauvre Berthier
rappelait plutôt le fameux bidet du Béarn d’un non moins fameux Gascon. Mais
aucun Lyonnais du dix-neuvième siècle ne s’y fût trompé : ce vieillard malingre
n’était autre qu’un ouvrier de la soie, un canut comme on les appelait alors.
Nous présumions bien en lui donnant la cinquantaine, mais l’homme en paraissait
vingt de plus. Il faut dire que le temps passé à travailler sur un
bistanclaque*** compte double pour le corps : il vous busque l’échine et vous
grêle les membres plus sûrement que la vieillesse. Cependant, ce serait faire
un bien mauvais portrait du vieux Berthier que de s’en tenir là. Car si tout
son corps, de ses genoux cagneux à ses doigts gonflés par l’arthrose, si tous
ses habits, de ses souliers usés à sa casquette informe, lui donnaient une
allure si misérable qu’un bagnard l’eût pris en pitié, son regard eût tenu en
respect n’importe quel surveillant des Îles du Salut. Il y avait dans ces yeux
quelque chose confinant au surnaturel, comme si le feu des révoltes qui avaient
bercé son enfance et agité sa jeunesse s’y reflétait encore. Ce regard chez ce
vieillard, c’était un anneau rouillé serti de diamants.








J’ai vraiment bien accroché au
texte. Il me fait penser à un mélange de Maupassant pour la fludité des phrases
et les dialogues, Villiers de l’Isle
Adam pour l’ambiance et Zola pour les inofrmations techniques. Très typé 19 eme
siècle Wink la meilleure période de la littérature. J’ai lu le chapitre d’une
traite en étant très rarement arrêté par les tournures, ce qui est un très bon
point Wink






Les dialogues sont vivants et les
descriptions travaillées, aussi bien par le vocabulaire que par les jeux de
symétries entre les deux personnes ( la description me fait penser à chaud à
celle de Pierre et Jean).



Alors je n’ai pas lu le second
chapitre, mais je dirais que les deux personnes sont venues voir une exécution.
C’est ça qui me fait penser à du Villiers, la fascination de la tête coupée.
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Troisième partie

Message  Ash le Lun 21 Nov 2011 - 13:07

Souvent, je ne trouvais pas grand chose à ajouter à ce qui avait déjà pu t'être rapporté. Je profite donc que cette extrait n'ait encore été commenté pour en dire plus long.

Ta première phrase me semble manquer de respiration. "comme Lyon n’en connaissait guère plus que lors des illuminations" pourrait peut-être se trouver encadré de virgules.
Encore une fois, envie de respirer autour de "dans un tapage qui du reste ne dérangeait personne". Suivant le ton qui est le tien, à toi de choisir l'option qui te vas le mieux (ou de repousser ma proposition Wink ).

"Ma foi, non. J’ai entendu la foule et je suis venu, voilà tout."
Si c'est bien la femme en noir qui s'exprime, n'est-elle pas venuE ?
Quelle ironie pour moi de poser cette question...


Encore une petite histoire de virgule. Je te propose d'en ajouter une avant "Benoîte". Si à la lecture, la majuscule ne laisse pas planer le doute sur la nature du mot, à l'oreille, il pourrait y avoir confusion avec l'adjectif. Mais c'est peut-être une volonté de ta part dans le style oratoire du personnage... comme la répétition du "mais" dans le même paragraphe, d'ailleurs.

Je finis par une petite question sur l'usage de "Padilla". Que Berthier ait lu Hugo, soit, que le nom du personnage soit passé dans le vocabulaire de certains, je suis encore, mais en user ainsi en place publique, est-ce encore pour montrer une sorte de suffisance de la part de Germain ?
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Re: Commentaires pour l'avocat du diable

Message  petitrapporteur le Lun 21 Nov 2011 - 15:14

MémoireDuTemps a écrit:Comme on en a déjà l’habitude, c’est bien écrit,
cela se lit facilement, on retrouve bien l’ambiance d’une époque et le style
qui va avec. J’ai souligné ce qui ne me convenait pas… notamment en marron
léger les verbes qui me semblent un peu ternes… il y en a un peu trop… Une
confirmation en tout cas de l’intérêt de lire Petit Rapporteur !

petitrapporteur a écrit:
Bonsoir tout le monde !
Voici la deuxième partie de ce premier chapitre :


— Tenez, reprit Coutard en désignant un banc de plutôt avec ? On dit bien désigner du doigt, non ? Donc désigner de le doigt ^^ Je pense que de et avec peuvent aussi bien se dire sa canne en acajou, ici nous pourrons patienter confortablement et virgule le moment venu, ce sera un parfait marchepied pour ne rien manquer du spectacle.
— Cessez-donc de prétendre qu’il s’agit là d’un spectacle ! Nous allons assister à la mort d’un homme. Le couperet de la guillotine n’est pas
un couteau de théâtre et l’hémorragie qu’il provoquera tout à l’heure
ne devra pas son sang à je ne sais quel bestiau d’abattoir.
Coutard parut surpris par l’emportement soudain de Berthier, mais reprenant vite contenance, il répliqua :
— Mais qui vous parle d’homme ? Bernard est un monstre ! Lui et ces semblables sont à la fois l’ulcère qui ronge les entrailles de notre société et la gangrène qui lui dévore les membres. La guillotine n’est pas un glaive, c’est
un scalpel. Elle nous ampute des criminels et si cela ne tenait qu’à
moi, elle nous débarrasserait de tous les rebuts du genre humain, des
anarchistes jusqu’aux israélites !
Berthier ouvrit la bouche, ayant semble-t-il quelque protestation à faire
valoir, mais il se ravisa lorsque le fracas de sabots martelant les
pavés de la rue Smith parvint à ses oreilles. Une escouade de gendarmes à
cheval arrivait sur la place.
— Ah ! s’exclama Coutard. Ecoutez ça, mon ami. Voilà le brigadier qui donne les trois coups, le drame commence !
Berthier, ne jugeant pas nécessaire de répondre à cette ultime
provocation, se contenta d’observer en silence la suite des évènements.
Coutard semblait quant à lui tout à fait satisfait et virgule faisant sortir de sa redingote une petite pipe en bruyère, il en entreprit le bourrage.
À cet instant, un premier cavalier fit irruption. Nos lecteurs friands
de beaux uniformes nous pardonneront ici de rudoyer leur imagination,
mais les gendarmes départementaux de 1872 n’avaient rien de ressemblant
aux fiers hussards qu’ils auraient pu se représenter. Nul dolman
écarlate ne ceignait leur buste ; nulle pelisse rutilante ne reposait
sur leur épaule ; et leur poitrine austère n’arborait pas plus de tresse
que de brandebourg. Ils portaient sur leur tête en guise de shako un
bonnet de police plat duquel ne jaillissait aucun panache, ce qui du
reste était heureux car la chose eût été
ridicule. Sans passementerie pour orner leur habit, ces militaires en
devenaient bleus de pied en cap. Seule une fine ceinture dorée leur
barrait la taille et la poitrine.
Toutefois, aussi insipide que fût le costume de ces cavaliers, le vacarme de quatre fois vingt sabots ferrés frappant le sol de la place un peu lourd fit Vraiment ? Moi j'aime assez cette façon un peu vieillote de dire quatre-vingt, sur tout que ça sépare quatre et vingt : vingt chevaux, quatre sabots par cheval...
un grand effet sur la petite foule qui s’y était rassemblée. Certains
d’entre eux, parmi les plus impressionnables, se seraient crus
transportés soixante-cinq ans auparavant, dans les rangs russes
d’Eylau*. Les autres frissonnèrent. Coutard alluma sa pipe. Ça veut dire que tu as aimé, ça ?
Une
quarantaine de gendarmes à pied suivaient la cavalerie, le fusil à
l’épaule. La compagnie forma prestement un large cercle autour du centre
de la place après avoir dispersé les curieux qui s’y trouvaient et le
silence se fit à nouveau. Coutard et Berthier étaient assis à moins de deux mètres du cordon de baïonnettes.
— Et maintenant, quoi ? interrogea Berthier.
— Montez, répondit Coutard. Il est là.
Le
vieux canut grimpa non sans peine sur le banc et quand ils furent tous
deux sur leur piédestal, Coutard désigna le centre du périmètre de
sécurité. Il y avait là une voiture, pas de virgule
que la haute stature des cavaliers avait dissimulée aux yeux fatigués
du vieillard. Cinq messieurs en manteau et pèlerine noirs s’affairaient alentours pas de s
. Un sixième en descendit : vêtu d’une élégante redingote à la
propriétaire et chaussé de bottines neuves en chevreau, l’homme avait
tout d’un petit bourgeois de province. Le genre d’individu au visage
aussi rond que le ventre, flanqué de favoris grisonnant il faut un s je crois, que l’on eût croisé cent fois en se promenant dans les rues de Lyon. Coutard posa une main sur l’épaule de Berthier et virgule pointant son index vers l’homme que nous venons de décrire, lui révéla son identité :
— Je vous présente Nicolas Roch.
— Quoi, s’étonna Berthier, cet huissier endimanché ? Allons donc, il ne ferait pas peur à la plus bonasse des jeunes filles !

Ne savez-vous pas que les apparences sont trompeuses ? N’en doutez pas,
mon cher : vous avez sous vos yeux l’exécuteur des hautes œuvres de la
République Française.
— Ma foi, je m’attendais à un personnage plus grandiose.
— Vous êtes déçu ?
— Non, seulement surpris.
Coutard ne se méprenait pas. On se souvient un peu bizarre cette formulation des
exécutions auxquelles il prétendait avoir assisté. Il s’avère que les
trois furent conduites par Roch : le lecteur nous permettra donc de le
croire et d’affirmer que ce personnage tout à fait ordinaire était bel et bien « Monsieur de France** ». Et si je remplace par : "Le lecteur se souvient des exécutions auxquelles Coutard prétendait avoir assisté : elles avaient toutes été conduites par Roch. Il nous permettra donc etc." ?
L’installation de la guillotine prit moins d’une heure. Pendant ce
temps, Roch veilla à la bonne exécution de l’ouvrage avec des airs de
contremaître. Lorsqu’enfin les montants de chêne s’élevèrent sur la
place, défiant la flèche toute proche de l’église Sainte-Blandine tels
deux David de bois faces à un Goliath de pierre, il fit jouer le mouton
sur son rail et, satisfait, alluma un petit cigare qu’il avait
auparavant sorti de sa poche. On dit de ceux qui grandissent ensemble
qu’ils finissent par se ressembler ; la chose était vraie du bourreau et
de son instrument en cet instant. Tous deux se tenaient roides comme
des pieux plantés dans un plancher d’obscurité. Seuls le visage et la
lame reflétaient la sombre lumière de la lune. curieuse comparaison, un visage ne reflète pas trop surtout dans un froid matinal Je vais peut-être supprimer cette comparaison. Petite remarque : nous sommes le 31 juillet, il ne fait pas si froid ;-) Ils attendaient leur patient, plus immobiles qu’un félin prêt à bondir sur sa proie, plus inexorables qu’une paisible vague se devant faire raz de marée
par contre peut-être des tirets au raz-de-marée J'étais fier de moi quand j'ai trouvé ça ^^ En effet, il y a des tirets. Roch avait onze ans lorsque son père, lui-même exécuteur, le choisit
comme aide ; près de cinquante ans plus tard, il n’avait jamais quitté
la machine à tuer.


-----------------------------------------------------
* Le 8 février 1807, 12 000 cavaliers, Joachim Murat à leur tête, chargèrent l’infanterie russe lors de la bataille d’Eylau.
** Sobriquet autrefois donné au bourreau

Merci pour ce commentaire, MémoireduTemps. Je vais essayer d'élaguer un peu au niveau de ces verbes que tu juges ternes. Mais le problème, c'est que tu as relevé pas mal de verbes à valeur d'auxiliaire. Je ne peux pas m'en débarrasser ! Me reprocher leur usage serait comme reprocher de trop utiliser l'imparfait dans un récit au passé, non ?

Fierrottp a écrit:
I

ACTA EST FABULA

***




Le 31 juillet 1872 se produisit à Lyon un spectacle exceptionnel dont les
habitants de l’ancienne capitale des Gaules avaient été privés depuis douze
ans. La nuit n’avait pas cinq heures que déjà poignaient quelques curieux dans
le quartier Perrache, leurs silhouettes noires défilant sous la lumière cireuse
des réverbères. Les plus vivaces d’entre euxà je ne sais pas si le « d’entre
eux » est réellement nécessaire ici. De même, toute la partie n’aurait-elle
pas a gagner en restant à l’imparfait ? La préparation de l’événement
semble s’étendre sur la durée
Je ne sais pas... Personne n'avait relevé ça auparavant... Qu'en pensent les autres commentateurs ?grimpèrent aux arbres et s’installèrent sur
une branche. Les autres– des messieurs en redingote – posèrent leur séant sur
les bancs de la ci-devant place du marché aux chevaux. Tous convergeaient en
ces lieux pour la même raison, mais aucun d’eux
n’adressa la parole à un autre
à cette phrase me perturbe un peu, « aucune groupe ne s’adressa
la parole », ou « personne ne parlait »
C'est parce qu'ils sont tous venus seul, on ne peut alors parler de groupeet lorsque par
hasard leurs regards se croisaient, ils les détournaient vivement et
s’obstinaient ensuite à fixer sans relâche, qui ses souliers, qui le pommeau de
sa canne. L’ambiance était toute autre derrière le feuillage dense des
marronniers, d’où s’échappaient force chuchotements et de temps à autre de
petits rires étouffés.

À une heure un quart, deux hommes apparurent à l’angle de la rue Marc-Antoine
Petit* et du Cours Charlemagne. Avant même leur entrée dans le champ de vision
des vigies sur leur marronnier, la voix du premier alertait toute la place.
Cette voix, cinquante hommes ne l’eussent pas couverte :
— Ma foi, Berthier, j’ai du mal à croire que vous n’en ayez jamais vu ! C’est
un spectacle magnifique que cela ; je ne m’en lasserai jamais. J’en ai déjà vu
trois rien cette année : Mercet à Lons-le-Saunier, Rouette à Dijon, et il n’y a
pas deux mois, j’ai assisté à celle de Moreux, sur la place de la Roquette.
Mais méfiez-vous. Après ça, le théâtre, la bourse, la fête des lumières,
l’opéra, les courses et même la bagatelle vous sembleront bien peu de choses
comparées au frisson que vous procure l’œuvre de la justice.
Le dénommé Berthier lui répondit quelque chose, mais sa voix vulgaire ne
parvint pas à transmettre, même aux oreilles les plus jeunes et les plus
tendues de la place. Si bien que son interlocuteur semblait parfaitement
soliloquer :
— Certes, je suis rentier et je peux voyager quand bon me semble mais enfin,
tout prolétaire que l’on est, lorsque cela se passe à moins de cinquante lieues
de chez soi, on va voir ! Et d’abord, où étiez-vous en soixante, quand on s’est
occupé de Montet ?
— …
— Ah bravo ! Vous ne quittez donc Lyon que lorsqu’il s’y passe des choses
d’intérêt ! Mais alors, ne seriez-vous point venu aujourd’hui si je ne vous
avais proposé de m’accompagner ?
— …
— À la bonne heure ! Vous n’êtes pas de ces spectateurs qui quittent leur siège
avant la fin d’une pièce, le drame leur parût-il joué.
Le silence se fit un instant puis on entendit enfin la voix de Berthier. Une
voix douce et trébuchante de quinquagénaire. la
répétition de « la voix » ne me paraît pas primordiale: « Le
silence se fit un instant puis on entendit enfin la voix de quinquagénaire de
Berthier, douce et trébuchante. »
Sauf qu'il y a répitition de "de" dans ta proposition. Nous, je crois que la répétition de "voix" convient
— C’est que je n’en ai pas le choix, mon cher Coutard. Plutôt qu’un spectateur,
je suis un acteur de cette tragédie, et je ne puis me permettre de quitter les
coulisses quand bien même toutes mes répliques fussent-elles
dites. à J’ai un doute sur l’emploi
du subjonctif ici… Il faudrait vérifier mais tu as peut-être raison
J'ai un doute aussi mais ne parviens pas à avoir de réponse tranchée
— Et vous ne connaissez que le canevas, Berthier. La représentation vous
coupera le
souffle !
— Elle ne coupera pas que cela.
Coutard ne répondit pas et les deux hommes firent en silence leur entrée sur la
place. Profitons de cette trêve dans
leur dialogue pour les décrire : bien qu’ils se fussent
tus
à en quoi le fait de se taire
permet de présumer de leur identité ?
C'est "bien qu'ils se fussent tus" et non "parce qu'ils s'étaient tus". On pourrait ne pas les identifier puisqu'on n'a entendu que leur voix jusqu'à présent, on ne les a pas vus parler, mais leur physique correspond à leur voix respective.tous deux, on pouvait sans
risque présumer de leur identité. L’un était grand, robuste et dans la force de
l’âge ; l’autre était à répétition de était peut-être pour marquer la symétrie ?
J’aurais néanmoins utilisé un autre verbe d’état : « demeurait »
par exemple
oui, il y a une volonté de symétrieun petit vieillard presque chétif et courbé, s’appuyant sur
sa canne comme une brindille à son tuteur. Ce Stentor moderne, c’était Coutard
; ce Silène chancelant, c’était Berthier.

À les voir marcher côte à côte à l’endroit où quelques années auparavant se
tenait le marché aux chevaux, on eût cru voir une haridelle claudiquer auprès
d’un Pur-Sang. Coutard, vêtu d’une élégante redingote en drap noir et coiffé
d’un haut de forme, arborait une barbe tout aussi impériale que son allure. À
mesure qu’il avançait, on l’entendait faire claquer les petits talons ferrés de
ses bottes en cuir que les motifs anglais de son pantalon dissimulaient à
moitié. Il tenait dans son poing droit une canne, tout aussi inutile à ses
jambes de trente ans que son haut de forme ne l’était à sa silhouette altière.
Mais qui se soucie d’utilité lorsqu’il s’agit de mode ? Berthier, quant à lui,
se mouvait en traînant la patte, la tête plus basse que les épaules. La seule
lumière des réverbères le rendait ictérique, tant son teint était pâle, et le
gilet jaune et râpé qu’il portait sous un veston de cuir élimé ne faisait à ne
changeait rien plutôt non ?
Georges Brassens : "le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con on est con." rien à l’affaire. À dire vrai, si
Coutard avait tout d’un Bucéphale ou d’un Marengo**, le pauvre Berthier
rappelait plutôt le fameux bidet du Béarn d’un non moins fameux Gascon. Mais
aucun Lyonnais du dix-neuvième siècle ne s’y fût trompé : ce vieillard malingre
n’était autre qu’un ouvrier de la soie, un canut comme on les appelait alors.
Nous présumions bien en lui donnant la cinquantaine, mais l’homme en paraissait
vingt de plus. Il faut dire que le temps passé à travailler sur un
bistanclaque*** compte double pour le corps : il vous busque l’échine et vous
grêle les membres plus sûrement que la vieillesse. Cependant, ce serait faire
un bien mauvais portrait du vieux Berthier que de s’en tenir là. Car si tout
son corps, de ses genoux cagneux à ses doigts gonflés par l’arthrose, si tous
ses habits, de ses souliers usés à sa casquette informe, lui donnaient une
allure si misérable qu’un bagnard l’eût pris en pitié, son regard eût tenu en
respect n’importe quel surveillant des Îles du Salut. Il y avait dans ces yeux
quelque chose confinant au surnaturel, comme si le feu des révoltes qui avaient
bercé son enfance et agité sa jeunesse s’y reflétait encore. Ce regard chez ce
vieillard, c’était un anneau rouillé serti de diamants.








J’ai vraiment bien accroché au
texte. Il me fait penser à un mélange de Maupassant pour la fludité des phrases
et les dialogues, Villiers de l’Isle
Adam pour l’ambiance et Zola pour les inofrmations techniques. Très typé 19 eme
siècle Wink la meilleure période de la littérature. J’ai lu le chapitre d’une
traite en étant très rarement arrêté par les tournures, ce qui est un très bon
point Wink


Me voilà flatté ! Merci ;-)


Les dialogues sont vivants et les
descriptions travaillées, aussi bien par le vocabulaire que par les jeux de
symétries entre les deux personnes ( la description me fait penser à chaud à
celle de Pierre et Jean).



Alors je n’ai pas lu le second
chapitre, mais je dirais que les deux personnes sont venues voir une exécution.
C’est ça qui me fait penser à du Villiers, la fascination de la tête coupée.


Ce sont des passages, les trois posts qu'il y a pour l'instant sont tous du premier chapitre. Mais effectivement, ils vont voir une exécution.
Merci pour ce commentaire ;-)


Ash a écrit:Souvent, je ne trouvais pas grand chose à ajouter à ce qui avait déjà pu t'être rapporté. Je profite donc que cette extrait n'ait encore été commenté pour en dire plus long.

Ta première phrase me semble manquer de respiration. "comme Lyon n’en connaissait guère plus que lors des illuminations" pourrait peut-être se trouver encadré de virgules.
Encore une fois, envie de respirer autour de "dans un tapage qui du reste ne dérangeait personne". Suivant le ton qui est le tien, à toi de choisir l'option qui te vas le mieux (ou de repousser ma proposition Wink ).

"Ma foi, non. J’ai entendu la foule et je suis venu, voilà tout."
Si c'est bien la femme en noir qui s'exprime, n'est-elle pas venuE ?
Quelle ironie pour moi de poser cette question...


Encore une petite histoire de virgule. Je te propose d'en ajouter une avant "Benoîte". Si à la lecture, la majuscule ne laisse pas planer le doute sur la nature du mot, à l'oreille, il pourrait y avoir confusion avec l'adjectif. Mais c'est peut-être une volonté de ta part dans le style oratoire du personnage... comme la répétition du "mais" dans le même paragraphe, d'ailleurs.

Je finis par une petite question sur l'usage de "Padilla". Que Berthier ait lu Hugo, soit, que le nom du personnage soit passé dans le vocabulaire de certains, je suis encore, mais en user ainsi en place publique, est-ce encore pour montrer une sorte de suffisance de la part de Germain ?


J'avoue ne pas beaucoup aimer cette première phrase non plus. Je vais y réfléchir.
Mes phrases sont certes parfois un peu longues mais tant qu'elles ne perdent pas de leur sens à cause de ça je pense que je vais les garder.
C'est bien venuE en effet.
La répétition du mais n'est pas volontaire, je vais y remédier.
Il y a en effet de la pédanterie de la part de Coutard (et non Berthier Wink ).
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Re: Commentaires pour l'avocat du diable

Message  Pilgrim le Jeu 1 Déc 2011 - 22:33

Avant de commencer, juste un mot pour confirmer qu'après "quand bien même" il faut le conditionnel !

Bon, j'attaque ta deuxième partie, avec pas grand chose à dire ! Tout cela est toujours bien mené, toujours dans l'esprit et le style que tu affectionnes Wink !!!

répétition - commentaires

-Tenez, reprit Coutard en désignant un banc de sa canne en acajou, ici nous pourrons patienter confortablement et le moment venu, ce sera un parfait marchepied pour ne rien manquer du spectacle.
— Cessez-donc de prétendre qu’il s’agit là d’un spectacle ! Nous allons assister à la mort d’un homme. Le couperet de la guillotine n’est pas un couteau de théâtre et l’hémorragie qu’il provoquera tout à l’heure ne devra pas son sang à je ne sais quel bestiau d’abattoir.
Coutard parut surpris par l’emportement soudain de Berthier, mais reprenant vite contenance, il répliqua :
— Mais qui vous parle d’homme ? Bernard est un monstre ! Lui et ces (ses) semblables sont à la fois l’ulcère qui ronge les entrailles de notre société et la gangrène qui lui dévore les membres. La guillotine n’est pas un glaive, c’est un scalpel. Elle nous ampute des criminels et si cela ne tenait qu’à moi, elle nous débarrasserait de tous les rebuts du genre humain, des anarchistes jusqu’aux israélites !
Berthier ouvrit la bouche, ayant semble-t-il quelque protestation à faire valoir, mais il se ravisa lorsque le fracas de sabots martelant les pavés de la rue Smith parvint à ses oreilles.De manière générale, j'allègerais un peu certaines phrases comme la précédente en limitant au maximum l'emploi du participe présent ! Une escouade de gendarmes à cheval arrivait sur la place.
— Ah ! s’exclama Coutard. Ecoutez ça, mon ami. Voilà le brigadier qui donne les trois coups, le drame commence !
Berthier, ne jugeant pas nécessaire de répondre à cette ultime provocation, (encore un participe présent !)se contenta d’observer en silence la suite des évènements. Coutard semblait quant à lui tout à fait satisfait et faisant (idem) (fait, satisfait, faisant : une succession un peu pesante) sortir de sa redingote une petite pipe en bruyère, il en entreprit le bourrage.
À cet instant, un premier cavalier fit (tu emploies assez souvent le verbe faire, verbe passe-partout, que tu pourrais essayer de remplacer par d'autres verbes ou d'autres expressions, le verbe surgir, ici (ou autre chose !!!)) irruption. Nos lecteurs friands de beaux uniformes nous pardonneront ici de rudoyer leur imagination, mais les gendarmes départementaux de 1872 n’avaient rien de ressemblant aux ("n'avaient rien de ressemblant aux" : la tournure me gêne, voire me dérange... (elle est au minimum lourde)) fiers hussards qu’ils auraient pu se représenter. Nul dolman écarlate ne ceignait leur buste ; nulle pelisse rutilante ne reposait sur leur épaule (leurs épaules) ; et leur poitrine austère n’arborait pas plus de tresse que de brandebourg. Ils portaient sur leur tête en guise de shako un bonnet de police plat duquel ne jaillissait aucun panache, ce qui du reste était heureux car la chose eût été ridicule. Sans passementerie pour orner leur habit, ces militaires en devenaient bleus de pied en cap. Seule une fine ceinture dorée leur barrait la taille et la poitrine.
Toutefois, aussi insipide que fût le costume de ces cavaliers, le vacarme de quatre fois vingt sabots ferrés frappant le sol de la place fit (produisit son effet ?) un grand effet sur la petite foule qui s’y était rassemblée. Certains d’entre eux, parmi les plus impressionnables, se seraient crus transportés soixante-cinq ans auparavant, dans les rangs russes d’Eylau*. Les autres frissonnèrent. Coutard alluma sa pipe.
Une quarantaine de gendarmes à pied suivaient la cavalerie, le fusil à l’épaule. La compagnie forma prestement un large cercle autour du centre de la place après avoir dispersé les curieux qui s’y trouvaient et le silence se fit (s'imposa ?) à nouveau. Coutard et Berthier étaient assis à moins de deux mètres du cordon de baïonnettes.
— Et maintenant, quoi ? interrogea Berthier.
— Montez, répondit Coutard. Il est là.
Le vieux canut grimpa non sans peine sur le banc et quand ils furent tous deux sur leur piédestal, Coutard désigna le centre du périmètre de sécurité. Il y avait là une voiture, que la haute stature des cavaliers avait dissimulée aux yeux fatigués du vieillard. Cinq messieurs en manteau et pèlerine noirs s’affairaient alentours (alentour). Un sixième en descendit : vêtu d’une élégante redingote à la propriétaire et chaussé de bottines neuves en chevreau, l’homme avait tout d’un petit bourgeois de province.

... Le genre d’individu au visage aussi rond que le ventre, flanqué de favoris grisonnant, que l’on eût croisé cent fois en se promenant dans les rues de Lyon (l'emploi du subjonctif plus que parfait ici ne me paraît pas le plus pertinent ! Il alourdit la phrase (et puis la valeur du conditionnel (ou d'irréel du passé) n'est pas forcément justifiée ici !) alors que tu pourrais plus simplement employer l'imparfait !!!)

Seuls le visage et la lame reflétaient la sombre lumière de la lune. Ils attendaient leur patient, plus immobiles qu’un félin prêt à bondir sur sa proie, plus inexorables qu’une paisible vague se devant faire raz de marée (se devant faire raz de marée : la tournure n'est pas heureuse !). Roch avait onze ans lorsque son père, lui-même exécuteur, le choisit comme aide ; près de cinquante ans plus tard, il n’avait jamais quitté la machine à tuer.


Donc, voilà, pas grand chose à reprocher !!! Personnellement, s'agissant de certaines phrases, j'irais au plus simple, opterais pour des tournures moins alambiquées.

En tous les cas, au niveau de la narration, tu mènes ça avec brio !
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