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Message  Damy le Sam 10 Mar 2012 - 0:45

Je ne sais pas si je suis au bon endroit. Je fais suite à: http://imperialdreamer.forumsline.com/t3993-comment-ca-marche

Je dois écrire un article pour une revue dont la charte éditoriale est de dresser un pont entre les cultures, la littérature, de l'Orient et de l'Occident. Il s'agit d'une revue dont l'équipe de rédaction est "avisée" mais qui se veut de vulgarisation.

J'ai choisi d'y présenter Omar Khayyâm. Bien sûr, pour critiquer ce projet, il vaut mieux le connaître un peu, d'autant que j'ose une comparaison audacieuse avec Nietzsche. Il y a peu, je n'en avais jamais entendu parler. Je n'en voudrai donc à personne si la critique sur le fond est inaccessible. Mais s'il y a des connaisseurs, je serais curieux de leurs réceptions sur cette comparaison. D'autre part, je souhaiterais aussi une critique sur le style, mon objectif étant de donner envie de découvrit OK.
Voici:

Omar Kayyâm (début du 11°siècle), poète persan de l’éphémère et de l’éternel, de l’ancrage et de l’universel.

Et si ainsi parlait Zoroastre, prophète de la Perse antique ?

Au 11° siècle la Perse était dominée par la dynastie des Seldjoukides venus d’Asie centrale et de Turquie et convertis à l’islam sunnite au 10°siècle. En 1038 Tugrul Bey, petit fils de Seldjouk, se proclame sultan de Nichapur, ville natale d’Omar Khayyâm. La capitale était établie à Ray (Téhéran) et le Grand Empire a atteint son apogée à la fin du 11° siècle pour s’éteindre définitivement à la fin du 12° siècle.
Au collège de Nichapur, Omar se serait lié d’amitié avec Abou Ali Assan qui devint Grand Vizir de Perse puis fondateur de la secte des Hashishins qui n’aura de cesse de combattre la domination Turque selon des méthodes que l’on qualifierait aujourd’hui de terroristes.
Omar Khayyâm étudia à Nishapur sous la direction de l’imam Muwaffak, le meilleur professeur du Khorassan, région de perse « d’où vient le soleil », puis à Balhi sous la direction de cheik Mohammad Mansouri, un des chercheurs les plus célèbres de son temps.
Ainsi, Omar fût lui-même un grand chercheur. Mathématicien il mit en lumière les équations cubiques et commit un traité d’algèbre ; astronome, il développa des tables d’astronomie et fût nommé directeur de l’observatoire d’Ispahan ; philosophe, il composa deux traités métaphysiques, l’un sur l’Existence et l’autre sur l’Être et l’Obligation. Il peut à la fois être considéré comme un hédoniste tolérant et sceptique que comme un mystique soufi. L’Angleterre victorienne en a même fait l’éloge ! Ainsi en va-t-il, en tout lieu et de tout temps de la pensée libre et de ses œuvres… Sage, il a su prendre du recul sur la portée de la science et sur celle de la religion.
Poète, Omar Khayyâm écrivit ses savoureux rubayat (quatrains), à la fois légers et graves. Il y met à l’honneur la tulipe, la rose, le vin, la « jolie » (la femme), sources du sentiment du beau et du plaisir du moment, et la tente, symbole de la demeure sise en un lieu tout autant que nomade (son père était un artisan fabriquant de tentes). N’appréciant guère les prophéties et les prophètes, il écorche la religion, pressentant les voies de l’obscurantisme qu’elle pouvait ouvrir, ce qui lui valut d’être considéré comme un hérétique matérialiste. Pourtant il prie. Tout ceci en fait un poète contemporain.

Ainsi parlait Omar Khayyâm :
(Si les traductions parfois divergent, j’ai pris celles d’Armand Robin. J’ai choisi quelques vers légers dans toute leur profondeur).
Sur les lèvres d’un pot de vin je mis avec feu mes lèvres ;
Je voulais y saisir le secret de la longue vie ;
Quand s’unirent nos lèvres, le pot de vin me dit :
« Tu ne reviendras pas ! Donc n’oublie pas : bois du vin ! »



Tiens le verre dans ta main comme une tulipe du mois de mai !
Puis avec la jolie aux joues de tulipe sois gai !
Bois du vin ! Fais la fête ! parmi les douces journées
Le jour qui rend vieux dans l’argile va t’allonger.


Qu’il fait bon ! ni trop chaud ! ni trop froid !
Un nuage vient d’ôter du visage de la rose la poussière !
Le rossignol conseille à la rose pâle :
« Une seule chose à faire : boire du vin couleur de rose ! »

Khayyam, qui cousait les tentes de la sagesse,
Tomba dans le brasier de la douleur et fut réduit en cendre.
L’ange Azraël a coupé les cordes de sa tente.
La mort a vendu sa gloire pour une chanson.

Khayyâm ! Pour les péchés pourquoi t’affliger ?
Dans la tristesse, grande ou petite, aucune qualité !
C’est parce qu’on a péché qu’arrive le pardon ;
Si personne n’avait péché, il n’existerait pas, le pardon !


Ainsi parlait Zarathoustra (Zoroastre) :

Un soir Zarathoustra passait avec ses disciples à travers la forêt et, cherchant une fontaine, voici qu’il arriva à une verte prairie qu’entouraient des arbres et des buissons silencieux. Des jeunes filles y dansaient entre elles. Aussitôt que les jeunes filles reconnurent Zarathoustra, elles cessèrent de danser ; Mais Zarathoustra s’approcha d’elles dans une attitude amicale et dit les mots que voici :
« Ne cessez point vos danses, charmantes jeunes filles ! Ce n’est pas un trouble-fête avec un regard mauvais qui est venu, ce n’est pas un ennemi des jeunes filles !
Je suis l’avocat de Dieu auprès du diable : or celui-ci est l’esprit de pesanteur. Comment pourrais-je, être de légèreté, être ennemi de danses divines ? »


Ainsi versifiait Friederich Nietzche :

Suspendu à une branche
Je berce ma lassitude,
Je suis l’hôte de l’oiseau d’or,
Dans un nid d’oiseau, je m’endors.
Où suis-je donc ? loin, très loin.
La mer blanche est endormie,
Sur elle, une petite voile, un rocher, figuier, tour et port.
Pour les moutons le bergerie…
Que m’accueille l’innocent midi :
Un pas après l’autre – quelle vie !
Une jambe après l’autre – c’est pesant.
J’ai dit « envole-moi au vent, au vent »
Que l’oiseau m’apprenne à voler !
Vers le Sud au-dessus des mers.
Raison : lourde et pénible affaire tu nous mène au bout de la route
Mais que m’importe tous ces doutes ?
Me reviennent l’ardeur, la sève
D’un nouveau jeu, d’un nouveau rêve.
Pour penser, être seul est sage
Mais pour chanter serait folie.
Entourez-moi, oiseaux amis
Méchants amis, dans le silence
Que je chante votre louange.
Jeunes, trompeurs et vagabonds
Vous êtes bien faits pour l’amour,
Où pour tout jeu voleur de temps.
Dans le Nord, voilà mon aveu :
Moi-même je devins amoureux
D’une vieille à donner le frisson,
La vérité était son nom.

Le parallèle peut sembler hasardeux et peut-être fantaisiste, autant Khayyâm est sobre et Nietzsche lyrique, Khayyâm humble et Nietzsche grandiloquent, Khayyâm doux et Nietzsche violent… Pourtant, l’un dans le chaos de l’invasion Seldjoukide, l’autre dans celui du nazisme, n’ont-ils pas la même sagesse et le même appétit de lumière : « Dieu est mort » et « Tu es né poussière et tu retourneras poussière » - et le même héritage : Zoroastre/Zarathoustra ? À l’homme à savourer l’instant présent !

Damy

PS: dites-moi si je suis au bon endroit, c'est à dire sur le bon site et sur le bon forum, pour ce genre de sujet.

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