commentaire Fables et contes d'Odile...

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Re: commentaire Fables et contes d'Odile...

Message  globule le Mar 19 Mar 2013 - 11:23

bonjour MémoireDuTemps,
je n'ai pas lu les précédents commentaires ni les anciennes versions pour essayer de garder un peu mon objectivité.
Je trouve que ta nouvelle est bien écrite; cependant parfois tu utilise un langage très "parlé" qui me semble incongru au milieu du langage élaboré. Mais peut-être as-tu laissé délibérément ces mots pour moderniser la nouvelle ?
Certaines expressions que tu emploies me paraissent "déplacées".
Et enfin tu emploies beaucoup d'adjectifs qui souvent alourdissent ton propos: or les fables de La Fontaine sont souvent très épurées, mais peut-être là encore as tu voulu jouer le contraste?
J'ai essayé de mettre les remarques en rouge, les répétitions d'adjectifs en bleu foncé, les fautes en bleu clair, les remarques sur le style oral/écrit en vert.

Spoiler:

Naître corbeau, sur un arbre perché de surcroît, ne prédispose guère à la modestie de mauvais aloi. (qu'entends tu par "de mauvais aloi "? Je ne comprends pas le sens de ta phrase: la double négation n'aide pas à la compréhension à mon sens) Dame Rainette batifolait par petits sauts au pied du saule où se trouvait le corvidé.
Elle se souvenait de la gageure avec ses amies : « Tu n’oseras jamais… »
Il s’agaçait de ce manège (là le passage de il à elle me paraît bizarre, mais je pense qu'il faudrait que tu colles la phrase "Elle se souvenait de la gageure avec ses amies..." au paragraphe d'avant, sans mettre à la ligne. Puis mettre à la ligne avant "Il s'agaçait de ce manège") typique cadencé par le « on me voit, on ne me voit plus, on me voit, on ne me voit plus… » conséquent de (il me semble qu'on dit "conséquent à" et pas "de" ) l’herbe haute. Incessant (conséquent, puis incessant, ça alourdit) , le mouvement prit fin lorsque le batracien remarqua l’oiseau sur la branche et s’approcha de sa chaire.
— Coucou Maître Corbeau, coassa la grenouille, vous guettez ?
— Non, Dame Rainette, croassa le freux, j’attends ma fiancée.
— En retard je suppose ?
— Comme souvent, hélas.
— Est-ce un cadeau ce petit paquet posé, précaire, à votre droite ?
— Oui, pour elle.
— Laissez-moi deviner… à l’effluve… un fromage !
C’est si bon !(je ne vois pas l’intérêt de cette réplique du corbeau, on dirait
que tu l'a écrite simplement pour que la rainette puisse répondre)

— Camembert pasteurisé : quelle faute de goût !
— Elle adore…
— Ça schlingue et pas qu’un peu. ( I love you là ton langage oral est bien amené, c'est rigolo et ça passe bien) Vous, à l’élégance rare, si distingué et doté d’une intelligence supérieure ! (je ne comprends pas pourquoi cette réplique est là: on a l'impression que la grenouille le flatte parce que son fromage sent mauvais, et que cela serait une marque d'intelligence et de bon goût??)
À ces mots, le corbeau ne se sentit pas de joie : son plumage en frétilla ; il se redressa afin d’accentuer son avantage. De sa position privilégiée, il adressa un regard amène au sourire de sa minuscule laudatrice.(pourquoi un regard amène à son sourire, et pas à sa minuscule laudatrice directement? Je trouve que ça alourdit) Soudain, il se remémora l’ancienne (attention beaucoup d'adjectifs qui alourdissent) embrouille avec le renard près de la fontaine : « Elle veut chouraver mon fromage ! » (là aussi le langage passe bien) Un coassement le tira de sa rancœur.
— Admirez ces fleurs au parfum suave ; lorsque vous lui conterez fleurette, elles suggéreront votre dessein… Abandonnez donc ce juchoir et suivez-moi !
— Et si elle arrive ici avant nous ?
— Nous n’allons pas nous éloigner, ça ne nous prendra qu’un instant !
— Et si elle nous surprend ensemble ?
— Ne craignez point le ramage… oups ! Du ravage de la jalouse renaît la flamme de la douce.
Notre curieux couple sautillant partit en vadrouille. La petite lui montra la sauge, il en cueillit quelques (il manque quelque chose, ou l'as tu fais exprès? Je ne sais pas si l'on peut dire "quelques" sans rien derrière, mais il me semble avoir déjà vu cela dans certains textes), la rose avec laquelle elle lui enleva le relent du cadeau maintenant oublié, et d’autres. (cette phrase me paraît toute bancale, pourtant elle est correcte, mais à l'oral ça ne passe pas du tout) Le bouquet final s’enrichit de variété, chatoya de couleurs, combina les senteurs. Au retour de la balade, le camembert avait disparu, remplacé par une charmante oiselle toute de noir vêtue, l’air un brin énervée sur son perchoir. (on ne comprend pas si le corbeau avait emmené le fromage avec lui en ballade ou s'il était resté sur l'arbre: comme tu ne l'as pas expliqué on a l'impression que le fromage s'est transformé en oiseau, ça fait bizarre) Le duo éphémère se sépara. Tandis que la rainette rejoignait ses copines,("copines" ne passe pas bien je trouve..."amies" ou "compagnons" me semblerait plus approprié, étant donné que "copines "n'est pas spécialement un mot rigolo dans cette phrase, je trouve que ça n'apporte rien) un vif échange opposa les deux amoureux.
— C’est à cette heure-là que tu te pointes ? croassa, stridente, la freux. (a-t-on le droit de dire LA freux? Je ne sais pas)
— Mais c’est toi qui…
— Et qui est cette grenouille ?
— Rien qu’une amie…
— Et ce cadeau, tu l’as mis où ?
— Je l’avais déposé là, il a dû choir.
— Elle te l’aura chapardé, grand nigaud !
— Mais non, on ne s’est pas quittés.
— Ben voyons !
— Regarde le bouquet…
— Pff ! des fleurs. Et tu cocotes en plus. La prochaine fois, je me la croque ta groupie !
A la ligne entre les deux? Puisqu'on change de scène et de point de vue
Au bord de la mare, entouré de plusieurs batraciens, reposait le fromage ravi.
— Et tu crois vraiment qu’il va éclore quoi ? (soit tu mets "Tu crois vraiment qu'il va éclore, quoi "(avec une virgule avant quoi) soit supprime le "vraiment" qui ne sert à rien) coassa l’un. Je ne vois que des vers.
— On parie ? défia Dame Rainette. Avisez donc ces asticots ; vous pourrez dans peu de temps savourer une myriade de mouches, les fameuses piophilæ casei !
Quelques jours passèrent… Maître Corbeau sous un arbre déchu tenait en sa tête ce langage : « Être ou ne pas être freux ? Ou alors se dénicher un trou, s'y coucher, se couvrir de terre ou d’immondices et se dissimuler au monde ? » Au lieu d’une sérieuse introspection, il se résolut à changer de perchoir ; un noisetier cette fois. Deux petits animaux, un lérot et un écureuil, s'amusaient, se chamaillant au-dessus de lui, à savoir qui irait au bout d’une branche effilée cueillir une ultime noisette. Ils cessèrent quand ils aperçurent l'oiseau noir.
— Tu te souviens de l'arnaque du renard ? moqua le rat-bayard.
— Bien sûr ! s’esclaffa le mignon rouquin, et j'ai assisté à la rapine des batraciens la semaine dernière. Tu as suivi l'affaire ?
— De loin. Rien n'a éclos au final. Et Dame Rainette jura qu'on ne l’y prendrait plus.
— Il a encore amené un fromage ! Qui donc va le lui chiper ?
Ils pouffèrent de rires à l’unisson. Oui, il en avait apporté un autre et avait choisi un camembert au lait cru grâce aux conseils de la grenouille.
La dulcinée se posa à l'heure, enfin. Son arrivée anticipée calma les railleurs.
— Oh ! mon chéri, tu as pensé à moi, sourit-elle d'un tendre bisou.
— Et, cette fois, personne ne me l'a dérobé, répondit-il tout fier d'avoir anticipé les astuces des voleurs : il avait coincé le cadeau entre de solides branches.
— Laisse-moi à l’instant m'enivrer de son fumet. Mais il n’est...
— Le fromager l'a sélectionné pour moi...
— … pas pasteurisé ? Pouah ! Tu connais mes goûts pourtant.
— On m'a affirmé qu'il serait bien plus savoureux.
— J'en veux pas de ton affiné.
Elle saisit l'objet avec le bec, le jeta au loin et partit sans même dire adieu. Maître Renard qui passait juste sous l'arbre profita de l'aubaine et déguerpit avec son larcin inespéré. (ce n'est pas vraiment un vol, non, puisque ça lui est tombé dessus? J'aurais plutôt dit "butin" ou un truc du style)
Pauvre corvidé plaqué, humilié, incompris, risée du bocage à la prairie, des eaux aux cieux... De son perchoir, il chut au sol, terrassé par le chagrin, et se tordit la patte. Il claudiqua vers une haie de roseaux pour se cacher de la cruauté générale.
Dans cet abri, Dame Rainette affûtait une libellule et aiguisait sa langue en vue de son gobage. L'irruption du désespéré la troubla et elle rata sa cible.
— Encore vous ! protesta-t-elle.
Devant l'air étiolé du volatile, elle refoula sa rancune. Elle aussi avait été grugée... son précédent fromage avait été ravagé par le dernier raz de mare et les asticots noyés.

Je n'ai pas eu le temps de terminer, je le ferai une prochaine fois...

Sinon, quelques remarques concernant l'histoire: je trouve que c'est parfois un peu trop long (je sais, ce n'est pas très précis). Certaines scènes pourraient être simplement suggerées pour plus de légèreté.
Voilà, j'ai super-chipoté...
bonne journée!
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Re: commentaire Fables et contes d'Odile...

Message  MémoireDuTemps le Mar 19 Mar 2013 - 13:53

Merci Globule, je te répondrai plus en détail dans quelque temps
J'ai écrit la première partie de ma nouvelle sous l'inspiration "maître / naître" pour un peu moderniser, changer un peu le thème et justement aboutir à une toute autre morale... je me suis alors aperçue que de morale je n'en trouvais point (à part une intermédiaire dans le récit...)
Finalement je me suis décidée à ajouter une suite. Au départ je voulais que ça se termine sur les copains corbeau et grenouille partageant le fromage pour se consoler de l'incompréhension des autres grenouilles et de la rupture du corbeau... et puis un événement est survenu dans ma vie et j'ai bouleversé cette fin, j'avais les larmes aux yeux en l'écrivant décrivant un souvenir ancien d'une petite chatonne de quelques jours malade qui mourut sur moi, elle ronronnait avant, sans doute qu'elle appréciait d'avoir moins froid grâce à la chaleur du corps et de la couverture.
De là à la fin genre à la Poe. ça coulait de source...
Donc forcément il doit y avoir contraste entre les deux parties, le début se doit d'être léger, ironique et la fin inattendue et dramatique.
Maintenant, oui, certains détails à revoir, mais en même temps j'ai un style d'écriture à part, elle ne plaît pas à tous, elle est parfois limite du français (mais sans faute)... je n'écrirai pas si je devais écrire "comme il faut", je dois "oser" pour être satisfaite quitte, quand cela est plus adulte, à choquer carrément... en même temps j'aime la critique, elle m'apporte beaucoup et souvent m'amène à revoir mon texte, pas toujours directement souvent sous d'autres formes, ou une réécriture qui ne va toujours pas dans le sens du bon français et des remarques qu'on m'a faites... justifiées d'ailleurs. C'est sans doute pourquoi ma nouvelle n'est toujours pas éditée alors que certains l'adorent.
Merci Globule, j'espère que tu pourras lire la fin très triste...

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Re: commentaire Fables et contes d'Odile...

Message  globule le Mer 20 Mar 2013 - 9:41

Ça y est, j'ai lu ta fin. Effectivement c'est super triste...mais j'aime bien.
Tu as raison concernant le style d'écriture, moi je pense qu'il faut tenir compte des corrections des autres, mais modérément. Sinon le style, la "voix" propre à chacun risque de s'effacer au profit d'une sorte de conformisme global... et ce serait dommage.
En fait en lisant plusieurs textes de toi, on cerne un peu mieux ton style, et ce qui pouvait écorcher un peu l'oreille au début passe mieux.

Mais je pense quand même que ta fable du corbeau et de la grenouille, par rapport aux autres, a un petit problème de fluidité. Je serais bien en peine de la disséquer pour trouver le pourquoi et le comment, mais c'est l'impression globale qu'elle m'a laissé. Par contre la fin, que tu dis avoir écrit sous le coup de l'émotion, est, elle, beaucoup plus fluide.
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Re: commentaire Fables et contes d'Odile...

Message  MémoireDuTemps le Mer 10 Avr 2013 - 3:54

Bon je vous ai annoncé... ma fable « Le corbeau et la grenouille » a été récompensée du second prix aux 48 heures du polar (L’Amiral flottant)
Spoiler:
Nouvelle un peu particulière puisqu’inspirée de la fable de La Fontaine, le corbeau et le renard, puisqu’écrite en deux parties à trois mois d’intervalle, parce que j’ai écrit la fin au petit matin en pleurant suite à une sale nouvelle et en romançant un épisode douloureux de ma jeunesse, la mort d’une chatonne beige de quelques jours que j’avais couchée sur ma poitrine pour la réchauffer tellement elle tremblait.
Après des bêta-lectures ici et sur deux autres fora qui m’ont permis de la finaliser, elle n’a quasiment pas évolué au gré des quelques recyclages qu’elle a connus. Elle était passée à un cheveu du concours Syballaire et pour ce concours de nouvelles policières, j’ai seulement ajouté une demi-phrase. C’est la seconde nouvelle primée du recueil de contes et fables que je suis en train d’écrire. J’ai déclaré forfait au tournoi Nouveau Monde auquel je l’avais envoyée. Elle sera donc la perle de mon recueil, là où j’ai donné libre-cours à mon écriture atypique et passant de la comédie un peu cruelle au pathétique d’une fin à la Poe.
http://imperialdreamer.forumsline.com/t4053-fables-et-contes-d-odile-deux-fables-de-la-grenouille#87197 et ici
http://www.48h-du-polar.fr/resultat-des-concours/
Je remercie tous ceux qui l'ont lue et bêta-lue sur le forum bounce Very Happy

Je vais donc bloquer ce fil et celui des commentaires puisque « Le scorpion et la grenouille » et « Le corbeau et la grenouille » ont été éditées et classés lors de concours et n'évolueront plus.

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