Commentaires pour "Mon seul combat..."

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Commentaires pour "Mon seul combat..."

Message  Joyminiloveyoli le Ven 8 Fév 2013 - 20:11

Voilà le sujet pour que vous puissiez me donné votre avis sur "Mon seul combat...".
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Re: Commentaires pour "Mon seul combat..."

Message  Hybrid le Dim 10 Fév 2013 - 15:29

Coucou, me voilà pour commenter.

Pour que tu saches à quoi t'attendre : je ne suis pas une tendre et si j’ai quelque chose de négatif à dire, je ne m’en prive pas. Je m’excuse d’avance si ça paraît trop sec (j’essaie d’arrondir les angles, mais on n’a pas tous la même sensibilité à la critique). Par contre, pour le négatif, mon but n’est pas de te décourager mais de te donner des pistes d’amélioration, et j’espère que grâce à ça tu sauras améliorer encore tes écrits.
Ah oui : je suis aussi une grande bavarde, donc je fais souvent des posts à rallonge ! Faut pas avoir peur. En général, j’essaie quand même de catégoriser afin qu'on puisse mieux s'y retrouver.

Ready?

Spoiler:

Concernant le fond…
Sur le fond, je te suggère de revoir plusieurs éléments que tu abordes et qui décrédibilisent totalement les scènes. En premier lieu, au chapitre 1, c’est le bref dialogue avec la tante qui pose un double problème.
1) La tante manque absolument de tact. Le jour même de l’enterrement, parler à une adolescente de l’envoyer chez le psy, c’est juste impensable. On y pense quand la douleur s’éternise sans s’atténuer, après des mois sans amélioration. Et on aborde le sujet avec tact… et avant tout, si on est proche de la personne, on se propose pour jouer l’épaule du réconfort avant de faire appel à un inconnu. Nan ? Mais cela dépend des relations entre ton héroïne et le reste de sa famille.
2) Sa remarque sur le psychologue/psychiatre est à revoir. J’ai le sentiment que tu ne fais pas bien la différence entre les deux. Outre le cursus universitaire, ce qui les différencie surtout est que le psychiatre est un médecin, avec l’autorisation de prescrire un traitement médicamenteux. Le psychologue lui, n’est pas médecin, il se « contentera » d’entretiens pour discuter du problème et tenter d’y trouver une solution sans médicaments, si c’est possible (dépend de la gravité des troubles). Il est vrai que les psychiatres sont plus indiqués pour des pathologies lourdes car là, seul les médicaments ont un effet (là on parle de troubles mentaux très graves de type schizophrénie). Il faut savoir que les psychiatres se contentent aussi parfois de prescrire des médicaments, sans faire de thérapie suivie à côté.
En résumé, qu’elle voie un psychiatre ou un psychologue ne signifie en rien que son mal est plus grave ; simplement qu’elle s’oriente vers un traitement à type de thérapie ou plutôt médicamenteux.
Dans le chapitre 2, c’est l’inscription au lycée qui manque de crédibilité. Ça fait un moment que j’en suis partie, mais je suis certaine à 99% qu’une inscription ne se décide pas unilatéralement, et est encore moins possible sur un seul après-midi (d’autant plus un samedi après-midi, comme ton « calendrier » le suggère). Il y a forcément un échange avec le lycée en question, échange de formulaires, des copies de pièces à fournir pour justifier de l’identité de l’enfant, les assurances scolaires etc… bref, ça ne se fait ni en un jour, ni à la dernière minute (sauf cas exceptionnel, et même comme ça, ça prend au minimum 2 jours, je pense). Le moyen le plus simple serait de te renseigner directement auprès de ton établissement (collège et lycée, on ne va pas chipoter, à ce niveau-là ils doivent fonctionner à peu près pareil) pour savoir comment ça se passe en vrai.
De plus, l’oncle parle de l’inscrire au lycée grâce à l’argent laissé par son père, et on apprend que l’héroïne anonyme suivait ses cours par correspondance… Alors je m’interroge :
=> le lycée est gratuit (sauf les privés), si on excepte l’achat des fournitures (ce qui représente quand même une somme), et les cours par correspondance sont, par contre, payants.
Question : pourquoi ne poursuit-elle pas les cours par correspondance, puisqu’elle a toujours fonctionné comme ça, ou pourquoi n’a-t-elle jamais été scolarisée ? Qu’est-ce qui l’en empêchait ? Il est possible que les parents préfèrent dispenser eux-mêmes les cours, mais ça nécessite un temps que le père, seul à l’élever, ne pouvait pas gaspiller s’il voulait gagner de l’argent pour faire vivre leur famille. Sa non-scolarité jusqu’à présent me pose un problème d’un point de vue technique : son père ne pouvait pas la laisser seule chez lui sans surveillance quand elle était plus jeune pendant qu’il travaillait (sinon ils seraient à la rue, ou alors il faut m’expliquer). À moins que son travail lui permettait de rester chez lui ? Mais même dans ce cas, le choix de ne pas la scolariser, pour une famille monoparentale, ça me paraît compliqué à gérer…
Cela dit, si l’héroïne n’a jamais été scolarisée, ça explique, au contraire, le lien très fort qui s’est créé entre eux, et la raison pour laquelle j’ai l’impression qu’elle pleure davantage un amour qu’un parent perdu : s’ils ont toujours vécu seuls et se reposaient l’un sur l’autre, la perte de l’un entraîne forcément la mélancolie de l’autre, vu que de ce fait, la fille est quand même coupée d’une grande partie de ses liens sociaux.

Un autre point qu’il faudrait éclaircir. Ton héroïne, qui n’a déjà pas de prénom, n’a pas non plus d’âge, on sait juste qu’elle est au lycée (15-18 ans, donc). À moins qu’elle ne rentre en terminale et ait un an de retard, elle n’est pas majeure. Son père était sa seule famille et il est mort (ou en tout cas, il n’est plus en mesure de s’occuper d’elle), qui s’occupe d’elle ? Elle ne peut pas vivre seule si jeune, elle est forcément mise sous la garde d’une personne de sa famille (oncle et tante ?) ou dans un foyer. Ce changement d’environnement est totalement occulté dans ton texte, alors qu’il a obligatoirement des répercussions sur elle : changement de maison voire de ville d’habitation, changement de contexte familial, éventuels autres enfants, rythme de vie différent… autant de raisons qui doivent la perturber et dont on ne retrouve aucune trace.
Pour tous ces points, un autre conseil : mettre au clair le « background » de tes personnages. Faire une fiche sur leur histoire, leurs caractères, leurs motivations, afin que leur psychologie apparaisse plus nettement et que leurs relations évoluent de manière plus cohérentes.
Étant donné que tu ne le précisais pas, j’ai estimé que ce roman se déroulait dans un univers semblable au nôtre. Ce qui implique que tu doives te renseigner sur tous ces problèmes administratifs, toutes ces formalités qui vont rendre ton ambiance plus réelle, plus palpable, plus crédible aux yeux du lecteur. C’est pas forcément amusant et tu feras peut-être beaucoup de recherches pour au final trois lignes dans ton roman, mais c’est le seul moyen d’éviter les remarques comme celles-ci-dessus.

Enfin, je te suggère aussi d’écrire la trame de ton roman, afin de mieux distinguer les éléments qui sont importants et ceux qui sont secondaires. D’après ce que j’ai lu et ton résumé, pour moi, l’élément important ici, c’est le retour du père et les autres apparitions fantomatiques que voit l’héroïne alors que papounet est censé être mort. De ce que j’ai lu, mis à part qu’elle ne cesse d’appeler son retour, on n’assiste pas vraiment à ces rencontres (tu les décris à peine). Or, pour moi, elles sont d’une importance capitale, ce sont les moments clés qui vont émouvoir et intriguer ton lecteur. Tu ne devrais pas faire l’impasse dessus car apparemment, c’est là-dessus que repose ton intrigue. À l’inverse, le dialogue avec la tante, par exemple, n’a qu’une importance relative et pourtant, tu lui accordes plus de place qu’à l’apparition du père. Du coup, tu prives ton lecteur de l’empathie nécessaire pour qu’il se range aux côtés de l’héroïne dans son besoin de réponses.
Bien sûr, je n’ai lu que 2 chapitres, et le problème est peut-être réglé au-delà, mais je te suggère de bien faire le tri. Attention par contre : ne va pas non plus totalement occulter le secondaire. Il est nécessaire pour étoffer le « décor », le rendre vivant, parlant et crédible.

Pour terminer, je ne peux que t'inciter à sortir un peu de l'introspection pour donner des détails extérieurs sur la scène : où elle est, s'il fait chaud ou froid, si elle est à l'aise ou pas, les odeurs (important !)... fait travailler les cinq sens pour créer une atmosphère qui nous aidera à nous immerger dans le texte. Je comprends qu'avec la perte de son père, l'héroïne ne s'attarde sûrement pas sur ce genre de détails, qu'elle est tournée vers sa propre peine, mais mais donner un indice de temps en temps sur sa localisation, sur son entourage (ça peut même amener au ressenti de l'héroïne face à tout ça, et rendre l'introspection plus poussée encore), sur autre chose qu'elle, ce serait bien. Là, ça m'apparaît un peu comme du théâtre avec un fond noir. Pas de décor, pas de rôles secondaire, rien. Juste elle, seule, au milieu de rien.

Concernant la forme
Je sais, tu as précisé que tu corrigerais le texte plus tard, mais… arf, il me pique les neuils. Tu aurais peut-être pu quand même passer un petit coup de correcteur orthographique avant de le proposer sur le forum… Et puis je te suggère de ne pas attendre de l’avoir terminé pour corriger les fautes : on ne les élimine JAMAIS du premier coup (ce serait trop beau). Plus tu en auras à corriger à la fin du roman, plus tu en laisseras derrière toi. Et rahhh ce que ça m’agace.

De manière générale, tu as une écriture maladroite, trop orale, sans véritable construction (je veux dire, autre que « tel que ça te vient »). C’est une écriture personnelle que tu peux te permettre d’avoir avec des gens proches de toi (famille ou amis), pas si tu destines ce roman à des lecteurs extérieurs. Le problème avec ce type d’écriture, c’est qu’elle est fermée à ceux qui n’y sont pas familiers (et je me mets dans le lot). De ce fait, on a du mal à s’imprégner de l’histoire, à se l’approprier, à la vivre comme il le faudrait.
Le bon point, par contre, c’est qu’on sent que tu cherches à rendre ta prose plus jolie, à améliorer le style par une recherche sur le vocabulaire. Là-dessus, je suis assez impressionnée, parce que même avec six à sept ans de plus que toi, je ne faisais pas mieux sur ce point (je faisais même bien pire, c’en était déprimant xD).
Donc sur la structure en elle-même, je dirais que tu dois surtout faire de ton mieux pour mieux « construire » tes phrases (chercher à varier la structure sujet-verbe-complément, varier la longueur (éviter les successions de phrases trop longues ou trop courtes) etc…). Les phrases longues sont intéressantes pour les descriptions (on se pose, on a le temps, rythme « lent »), les courtes pour l’action (urgence, rythme plus élevé). Si on n’est pas tout à fait dans l’un ou l’autre, il faut savoir trouver une moyenne ou jouer sur un type ou l’autre sans en abuser.
Et oui, l’histoire transparaît aussi dans la manière dont tu structures tes phrases !

Tu as structuré ton récit sous forme de journal et utilisé la première personne pour ta narration. De ce fait, tu ne peux pas te permettre un regard extérieur sur la scène. Ce genre de remarques : « Et puis une lueur éclaire mes yeux : je pleure. », car elle ne peut elle-même être témoin de la lueur qui éclaire ses yeux. La première personne interdit ce genre de remarques, sauf si elle voit son propre reflet quelque part.
La forme de journal, structurée en heures, interdit par contre une version plus « romancée » de la narration (« Et nous avons passé le reste de l’après-midi à discuter des papiers… » = non). Soit tu détailles ce qui a été fait en précisant au début à quel moment de la journée ça s’est passé, soit tu oublies cette forme et introduit ce genre d’indices sur le temps qui passe, afin de garder une certaine cohérence dans la forme de ton récit (par exemple, là, tu aurais dû refaire un paragraphe en précisant l’heure et écrire qu’ils avaient passé l’après-midi à ça.).
Dans le même genre, l’introduction de dialogues dans un journal me paraît assez peu crédible. L’introduction de certaines phrases marquantes ou d’expressions, oui, mais pas d’un dialogue en entier.
En résumé : la forme « journal » n’est pas clairement définie et tu empiètes parfois sur de la narration classique, ce qui embrouille le lecteur. Il faut t’en tenir soit à l’une, soit à l’autre.

Sur les phrases, je les trouve généralement trop longues. Tu lances trop d’idées dans une même phrase, ce qui les rend confuses et leur fait perdre de leur saveur. C’est dommage car, contrairement à beaucoup de jeunes auteurs, tu n’es pas tombée dans le piège des phrases trop courtes, trop simples, trop plates, et les idées que tu y mets sont vraiment à conserver. Par exemple :

  • « Je pense à l’abandon, toi qui m’as toujours dit que tu seras mon soleil, celui qui éclairera mon cauchemar, celui qui coloriera ma vie de mille couleurs tels l’arc en ciel sous le soleil de l’été, que quand je crierai ton nom dans la nuit tu serais là alors je cri et tu n’es pas là. Je t’attends, reviens me chercher, j’ai besoin de toi. »
  • « Ca y’est tu arrives et le temps s’arrête, en l’espace de quelques secondes j’ai l’impression de nous retrouver comme avant, juste tout les deux… »
  • « Je rencontre d’autres gens et tu m’accompagnes, je le sais, je le sens que tu es là mais je n’ai pas trouvé ma réponse, je cherche encore. »

Ce ne sont que des exemples, mais pour moi, ces phrases (il y en a d’autres) mériteraient d’être découpées et approfondies. Leur longueur nuit à leur compréhension et arrivés à la fin, on a déjà zappé le début.
On est dans une introspection ici, tu peux te permettre de faire un arrêt sur image et de décrire plus intensément ses sentiments, de rappeler certains souvenirs qui accentuent ce phénomène, bref… tu dois créer l’atmosphère, l’ambiance, qui va nous rendre aussi nostalgiques que l’est l’héroïne, afin que nous aussi, on n’ait qu’une envie : qu’il revienne pour que cesse le supplice.

Les dialogues sont rares, mais si tu les conserves (voir un peu plus haut), tu devrais songer à indiquer qui parle car parfois, l’identité du locuteur est confuse.

Je pense avoir fait grosso modo le tour.

En résumé :
Les points faibles :
  • manque de cohérence et de crédibilité dans les faits racontés (dialogue de la tante, inscription au lycée, contexte familial chamboulé…),
  • problème de mise en valeur des éléments importants et du contexte,
  • forme à retravailler (structure + maladresses, phrasé trop "oral")


Les points forts :
  • introspection de l’héroïne réussie,
  • richesse de vocabulaire,
  • idées intéressantes, effets de style à conserver


Je rappelle que bien sûr, cet avis est totalement subjectif, qu’il n’engage que moi. Tu as le droit (et le devoir !) de ne pas être d’accord avec moi sur ce que j’ai dit plus haut. Et je suis tout à fait ouverte à la discussion, si tu veux des précisions ou si tu veux me contredire ! C’est aussi comme ça qu’on apprend (et je parle aussi pour moi !).

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Re: Commentaires pour "Mon seul combat..."

Message  Pilgrim le Lun 11 Fév 2013 - 20:54

Bonjour,
j'ai lu ton texte et je le trouve bien intéressant. On sent que tu y as mis beaucoup de sincérité et il s'en dégage une vraie émotion. Je ne peux donc que t'encourager à persévérer.
J'ai parcouru également le commentaire d'Hybrid et je suis assez d'accord avec elle, notamment sur les passages qui paraissent un peu incongrus, comme l'intervention de la tante ou l'inscription au lycée... Je ne redirai pas en moins bien ce que Hybrid a très pertinemment exposé...
Je me permettrai juste ici d'insister sur un point que je trouve assez gênant. Tu ne souhaites pas qu'on revienne sur l'orthographe ou les fautes de grammaire, cependant un certain nombre d'erreurs nuisent vraiment à la lecture et empêchent le lecteur de rentrer dans ton texte. Et c'est assez préjudiciable... Alors je pense que tu ne devrais pas attendre pour te pencher sur ces corrections (et on peut t'y aider, si tu le veux...). Par ailleurs, tu te mélanges parfois un peu dans les temps (passé simple, passé composé, imparfait, présent) et dans les personnes (entre le je et le tu), ce qui est assez déroutant. Et puis, quelques formulations sont parfois un peu maladroites (comme celle-ci : "la pluie commença à cesser"...).
En fait, dans ta présentation sur le forum, tu sembles craindre que ton texte paraisse enfantin ; or, ce qui fait le plus enfantin dans ce que j'ai lu, ce sont les fautes d'orthographe, de syntaxe ou de grammaire et cela peut être corrigé sans grande difficulté. Je t'y enjoins donc ! Ton texte n'en aura que plus de force et le lecteur se laissera plus facilement embarquer...
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