"La force du caïlcédrat"

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"La force du caïlcédrat"

Message  Abyssinien le Mar 16 Avr 2013 - 9:01

Bonjour,
:study:Je présente ce premier texte en guise de baptême suite à mon inscription récente dans ce forum. Je suis par ailleurs un bêta lecteur et je compte participer à la lecture de textes présentés par d'autres membres du forum.Je ne me confond pas avec mes textes, donc je suis réceptif aux remarques et suggestions des autres. N'hésitez donc pas à exprimer sans restriction vos impressions sur mes textes.


Dernière édition par Abyssinien le Ven 19 Avr 2013 - 7:15, édité 1 fois
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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  MémoireDuTemps le Mar 16 Avr 2013 - 9:28

Bonjour, je lirai ton texte mais tu devrais d'abord signer le texte sacré ici http://imperialdreamer.forumsline.com/t4195-texte-sacre et peut-être aussi lire quelques textes d'autres membres.

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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  Pacô le Mer 17 Avr 2013 - 13:49

J'ai effectué une première bêta-lecture de ta nouvelle.
Cependant, ne connaissant pas encore le degré de critique que tu souhaites recevoir, je me contente de te donner les grandes lignes de mon opinion.
Spoiler:
A la fin de la lecture, il est envahi d’émotion,
=> accent sur le A
=> émotion au pluriel parce qu'il semble y en avoir plusieurs

et il te singularise tel un sceaux.
=> pas de pluriel à sceau

Etait-il réellement celui que je connais ?
=> pourquoi ce retour au présent ?

A l’heure convenue, quand le petit bruit de grelots retentit,
=> accent sur le A

Alice subit les reproches que julien lui fait :
=> encore un retour au présent ?

ou avaient été enfouis le placenta et mon cordon ombilical
=> "où" (accent)

Mon avis à propos de la forme restera cependant très subjectif.
Je trouve à la fois que le récit est bien mené et enveloppé d'une syntaxe correcte ; mais d'un autre côté, je lui trouve un petit côté rustique et fade. Comme s'il lui manquait l'énergie de la fiction littéraire et qu'il s'attachait plus à une vision documentaire de l'histoire proposée.
Cette absence se remarque par exemple dans les situations qui font appel à la psychologie du lecteur :
Melissa avait trouvé bien étrange la réaction d’Alice, considérant que la réapparition de Julien devait réjouir tout le monde. Par ailleurs, elle s’était interrogée sur la personnalité de ce dernier dont le voyage la laissait perplexe.
Etait-il réellement celui que je connais ? Ne m’avait-t- il pas caché son passé ? Et pour quelle raison ? Ces questions taraudaient la jeune femme, d’autant qu’en explorant ses souvenirs, elle trouvait des zones d’ombres dans le comportement de son soupirant. Il était parti au Niger alors qu’il était natif du Tchad, de plus il n’était pas prolixe sur ses origines familiales.
On se sent un peu étranger à l'histoire et pas vraiment admis dans la sphère du lecteur.

L'autre problème de la forme résiderait peut être dans la ponctuation qui n'est pas toujours très respectée. Cela est surtout vrai pour les dialogues et les pensées des personnages, comme ici :
Etait-il réellement celui que je connais ? Ne m’avait-t- il pas caché son passé ? Et pour quelle raison ?
Cette soudaine apparition du "je" est perturbante pour la compréhension du récit.

Enfin, disons le, ce texte reste toutefois très bien écrit, dans un style qui est épuré, certes, mais un peu touchant. Je ne sais pas si je peux l'interpréter comme cela, mais à travers cette façon d'écrire - et qui se ressent par contre dans l'absence d'énergie littéraire, lien de cause à effet qui sait tongue - j'ai pensé à la réserve et à la simplicité des cultures ethniques d'Afrique centrale. Mais là encore, c'est une sensation tout à fait subjective et qui n'est peut être provoquée que chez moi Wink.
Outre les petites imperfections comme les retours de temps à autre à un présent de l'indicatif incorrect, la rédaction est donc plutôt soignée !
Petite remarque sur un passage précis :
La semaine suivante à la cafétéria du campus, Melissa et Julien bavardaient. Interrompant la conversation, il répondit à l’appel émanant de son téléphone.
Ce "il" est très malvenu : à quoi fait-il référence dans une stricte logique ? A aucun sujet ; même si intuitivement on se doute qu'il s'agit de Julien. A modifier Wink.

Sur la forme, j'ai trouvé l'histoire à la fois touchante et... étrangère au lecteur. Comme si un peu, ça ne nous concernait pas ; ce qui est perturbant Laughing.
Par exemple, il y a le passage de l'anniversaire d'Alice :
Le jour de l’anniversaire d’Alice, Julien était arrivé comme d’habitude chez elle avec un cadeau et ils dinèrent ensemble. Vers la fin du repas il avait abordé la question de ses origines, s’avouant tourmenté à leur sujet. Il avait l’impression qu’on lui cachait quelque chose, parce qu’il avait découvert des indices non concordants avec ce qu’elle lui avait toujours dit à ce propos. Alice avait rétorqué qu’il s’agissait de chimères, qu’il était en proie à des fantasmes, le traitant en outre d’ingrat vu les sacrifices qu’elle avait consentis pour l’élever. Ils se séparèrent donc ce jour en mauvais termes.
On ne se sent pas du tout inviter à partager ces fameux indices qui remettent en cause cette vérité et, surtout, on nous parle d'éléments qui remettent en cause les origines de Julien, sans savoir pour autant quelle est la version officielle de l'enfance de Julien. Si ce n'est le Tchad. Mais guère plus.
Peut-être alors que l'effet de curiosité, piquée à vif, passe à côté de quelque chose... non ?

Sinon, de mon humble avis, je m'attendais à un mensonge plus grave de la part d'Alice - j'ai fait le lien indirect avec l'association actuellement en justice pour avoir volé des nourrissons à leurs mères pour les vendre aux occidentaux et les placer.
Finalement, son "adoption" a été fait avec le consentement d'une mère qui souhaitait protéger son fils de son père malveillant. Alice n'a que la culpabilité d'avoir accepté l'offre de la mère - et d'avoir menti sur le pays.

Mais c'est une histoire touchante, à fleur de peau, qui ne m'a pas du tout fait monter les émotions dans la gorge mais qui laisse un petit côté songeur.
Je valide.

Bon courage pour les corrections et n'hésite pas à faire un retour sur ma bêta-lecture !

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La force du caïlcédrat

Message  Abyssinien le Jeu 18 Avr 2013 - 8:55

Merci Pacô pour tes remarques fort pertinentes (y compris celles dans le spoiler). Je vois déjà leur impact sur mon texte.J'aurais juste souhaité voir en plus des remarques quelques suggestions sur les moyens de corriger les insuffisances relevées.(j'en demande peut-être trop!)
Spoiler:
Concernant le degré de critique que je souhaiterais, saches que je n'ai
aucune limite dans la mesure ou j'ai fait le choix d'exposer mon texte
et qu'implicitement je demande l'avis du lecteur. Ce proverbe mandingue
(Afrique de l'ouest) illustre à ce propos mon point de vue "L'apprenti
apparut le premier, puis le maître"
(Significations : Acceptons de recevoir avec humilité les conseils
d'autrui sur les sujets que l'on ignore / Il n'y a pas de honte à
apprendre.)

Tu as bien relevé le côté rustique et fade de mon récit, je réalise en effet l'absence de voix du narrateur pour certaines séquences. C'est un pas de franchi pour l'amélioration de ce texte.
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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  Pacô le Lun 22 Avr 2013 - 15:21

Oh non, on n'en demande jamais trop quand c'est demandé gentiment.
D'ailleurs, je te prie de pardonner ma lenteur de réponse.

En termes de conseils pour "entrer" un peu plus dans le contexte, je préconise la focalisation interne. Ce qui fait souffrir ton récit d'une petite impression "documentaire" et "étranger à l'histoire elle-même", c'est que tu ne nous pousses pas assez vers la rencontre de ton protagoniste.
La complexité de cet exercice sera du mois de conserver cet effet "rustique" du langage, tout en étant intégré à la psychologie du personnage. C'est faisable, si tu lui créés une façon de pensée en corrélation avec le style.
L'idéal c'est de rester dans un point de vue omniscient, où le narrateur reste maitre d'une narration extérieure, mais qu'elle semble néanmoins empreinte de la psychologie de l'un de tes personnages.

Ma suggestion reste néanmoins à prendre avec des pincettes : tu restes l'auteur de ce texte et ce que je te propose n'est qu'une idée apparue en réfléchissant quelques minutes. Pas encore de quoi être la vérité absolue ;D.

Le mieux c'est d'avoir un second - voire un troisième - avis. Raison pour laquelle je t'ai relayé sur nos réseaux sociaux. En espérant que ça porte ses fruits...
Bon courage pour les corrections, si tu reprends quelques passages. Et préviens moi quand ce sera fait Smile.

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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  nayladream le Mer 24 Avr 2013 - 11:41

Bonjour Abyssinien Very Happy
Oui je pense aussi que tu dois attendre d'avoir au moins trois avis qui vont confirmer ou pas cette critique pour commencer à te faire une idée.
Je te donnerai ma bêta-lecture quand j'aurai un moment courant semaine prochaine si tu veux.
"Pacô" tu ne trouve pas que "fade" sonne péjoratif comme même ?
On peut parler d'absence des personnages, mais fade sonne tout de suite comme si rien ne ressort du texte. J'ai survolé quelques lignes et il y a de ça, manque d'implication, effet reportage "oui", mais "fade tongue ".
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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  Pacô le Mer 24 Avr 2013 - 12:38

Oh non, une sauce fade n'est pas une mauvaise sauce. Il lui manque juste un peu de sel pour être excellente tongue.

Ceci dit, ce "fade" est subjectif, et si j'ai horreur des sauces piquantes, d'autres les trouvent exquises Wink.

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Re: "La force du caïlcédrat"

Message  nayladream le Mar 14 Mai 2013 - 9:01

Pacô a écrit: et si j'ai horreur des sauces piquantes, d'autres les trouvent exquises Wink.
Tu avais besoin de préciser cette dernière pique ? Je me demande bien dans quel but ? tongue
Bref, Abyssinien, voici ma beta :

Les yeux rivés sur le feuillet retenu par ses doigts, Amadou découvre les mots alignés sur la lettre signée par Julien. Il y a deux semaines, ce dernier est parti au Niger. Avide, il repasse la dernière phrase :
« Enfin ! C’est fait, nous nous retrouverons bientôt et je te raconterai de vive voix la suite de ce fabuleux voyage...»
A la fin de la lecture, il est envahi d’émotion, car ( Tu peux le supprimer ici) le message ouvrait l’épilogue d’une histoire dont il est protagoniste. Songeur, il en ravive le prologue tapi dans ses souvenirs, et s’en imprègne jusqu’à saturation. Des moments partagés surgissent.
Ils s’étaient connus sur le campus de l’université de Vincennes en France. Tous deux originaires d’Afrique, Amadou venait du Sénégal, et Julien du Tchad où il avait été adopté à l’âge de deux ans par Alice, une coopérante française. Il avait grandi en France, sans jamais retourner dans son pays natal.
Les images resurgies à travers la lettre défilèrent, reliées les unes aux autres, s’estompant doucement comme un trait d’union, un pont éphémère entre les deux hommes :
Cité universitaire de Paris. Des effluves d’infusion de thé vert s’exhalaient du studio où vivait Julien depuis plusieurs années. Son amie Melissa et Amadou, un camarade de longue date, se délectaient du mousseux brun et fumant dans le fond de leur verre. Tout en sirotant le concentré au goût doux amer, ils débattaient des méfaits de l’exode rural sur le développement de l’Afrique de l’ouest.
Après avoir vidé sa tasse, Amadou s’en était allé, laissant Julien et Melissa seuls :
«Que signifie le tatouage que je vois sur ton avant-bras ? Demanda-t-elle
– Sans doute une cicatrice datant de mon enfance.
– Il ressemble à un marqueur, et il te singularise tel un sceaux.
Renchérissant elle avait dit :
– Quand est-ce que tu m’emmènes voir ta maman ? Ça devait être pour son anniversaire.
– Je n’ai pas oublié, mais je dois d’abord avoir un tête à tête avec elle»
Le jour de l’anniversaire d’Alice, Julien était arrivé comme d’habitude chez elle avec un cadeau et ils dinèrent ensemble. Vers la fin du repas il avait abordé la question de ses origines, s’avouant tourmenté à leur sujet. Il avait l’impression qu’on lui cachait quelque chose, parce qu’il avait découvert des indices non concordants avec ce qu’elle lui avait toujours dit à ce propos. Alice avait rétorqué qu’il s’agissait de chimères, qu’il était en proie à des fantasmes, le traitant en outre d’ingrat vu les sacrifices qu’elle avait consentis pour l’élever. Ils se séparèrent donc ce jour en mauvais termes.
La semaine suivante à la cafétéria du campus, Melissa et Julien bavardaient. Interrompant la conversation, il répondit à l’appel émanant de son téléphone. 
Curieuse, elle entendait les paroles de son compagnon. 
«Écoute bien Amadou, demain je m’envolerai pour le Niger par le vol direct Paris-Niamey d’Air France, Je t’écrirai pour te donner la primeur de mon séjour.»
Devant le regard inquisiteur de Melissa il déclara : «Oui, je dois me rendre à Niamey pour revoir ma mère biologique. Garde bien cette information pour toi ; c’est un secret.
– A Niamey ? Mais c’est la capitale du Niger. Tu n’es pas du Tchad alors?
– A mon retour, je répondrai à cette question. »
Deux semaines plus tard …
Alors qu’Amadou se préparait à rejoindre son lieu de travail, le petit bruit des grelots mus par la sonnerie sur sa porte retentit. Il n’attendait aucun invité, mais il entrebâilla la porte et aperçut dans l’embrasure la mère adoptive de Julien. 
Serein et affable, le geste mesuré, Amadou perçut au bout de quelques instants l’anxiété qui émanait du regard et de l’attitude de la sexagénaire.
En l’appelant cérémonieusement par le terme distinctif «Tantie», le jeune homme demanda d’emblée à Alice la raison de sa visite. Il lui apporta de l’eau aromatisée à la feuille de citronnelle.
Elle contempla la carafe posée sur la tablette et soupira avant de parler :
« C’est à cause de Julien que je suis ici. J’ai des soucis à son sujet ! Il ne m’a plus téléphoné ni rendu visite depuis le jour de mon anniversaire, ce qui est inhabituel.
– Ça alors ! Julien et moi, on s’est vus il y a peu de temps, lors de la rencontre annuelle de la coordination des étudiants africains, répondit-il, placide.
Dissimulant à peine son désarroi face au flegme de son interlocuteur, Alice reprit :
– Eh ben ! Je suis inquiète tu comprends ? J’ai besoin de ton aide, je ne dors plus la nuit. Tu n’ignores pas qu’il est l’essence de ma vie, dans mes rêves comme dans la réalité ».
L’expression «Trouver la femme» germant dans son esprit comme une paillette de cristal, elle ajouta :
« Il devait me présenter son amoureuse, une Réunionnaise. Sais- tu où elle réside?
Lui :
– Vous voulez parler de Mélissa, son amie ? Je sais où elle habite, je vais la contacter. »
Quelques jours plus tard, Alice recevait un appel d’Amadou lui annonçant que leur ami se trouvait à Niamey au Niger d’où il lui avait envoyé une lettre. Cette information avait provoqué chez Alice une moue et un geste d’agacement qu’elle n’a pu réprimer. Incrédule, elle avait exigé une preuve. Melissa avait trouvé bien étrange la réaction d’Alice, considérant que la réapparition de Julien devait réjouir tout le monde. Par ailleurs, elle s’était interrogée sur la personnalité de ce dernier dont le voyage la laissait perplexe.
Etait-il réellement celui que je connais ? Ne m’avait-t- il pas caché son passé ? Et pour quelle raison ? Ces questions taraudaient la jeune femme, d’autant qu’en explorant ses souvenirs, elle trouvait des zones d’ombres dans le comportement de son soupirant. Il était parti au Niger alors qu’il était natif du Tchad, de plus il n’était pas prolixe sur ses origines familiales.
En ressassant le récit envoyé par Julien, Amadou était saisi d’émerveillement : En effet il découvrait une autre dimension de son ami et leur relation prenait une nouvelle tonalité. 
En somme il savait qu’au retour de son séjour, c’est un autre homme qui débarquerait, apaisé et fort d’avoir accompli sa mission. Quels impacts sur la vie de Julien ? Allait-il demander des réparations à Alice ? Telles étaient les questions qu’il se posa avant leurs retrouvailles annoncées.
Julien rentra de Niamey. L’avion le ramenant atterrit à l’heure prévue à l’aéroport de Roissy. Melissa et Amadou venus pour accueillir le voyageur exprimèrent leur joie en le voyant franchir le portillon du hall des arrivées. Après les accolades, ses amis lui proposèrent de déjeuner ensemble dans un lieu propice aux échanges. Il se plia de bonne grâce à leur demande, malgré un léger engourdissement dû au voyage et au décalage horaire, autant pour abréger leur attente que pour assouvir sa propre envie de leur livrer la primeur de son récit. Ils prirent la direction de Paris et atterrirent dans un restaurant choisi par Melissa. Là, Julien captiva l’attention de ses amis pendant des heures.
Le lendemain, Amadou invitait Alice sous prétexte de lui montrer la lettre de Julien.
A l’heure convenue, quand le petit bruit de grelots retentit, il ouvrit à Alice et l’installa dans un fauteuil. Quelques minutes plus tard, la porte résonna encore, il trouva cette fois dans l’embrasure Julien qui entra aussitôt sans mot dire, un attaché case en main, et alla se planter devant sa mère adoptive.
Ébahie par cette apparition soudaine, Alice toisa le revenant. 
Le meublé prit soudain la forme d’un prétoire où une comparution mettant face à face accusée, plaignant et juge était imminente. Livide, elle rechercha hâtivement une parade à la charge qu’elle redoutait.
Tandis qu’elle hésitait entre la défense et la reddition, il la fixa le visage grave, puis l’apostropha rudement d’un «Bonjour maman». (tournée de cette manière, ça lui enlève une part personnelle d'implication et désengage le lecteur)
Il ouvrit ensuite son porte-documents dont il extirpa une photo de format moyen. Il exhiba le cliché devant Alice puis lâcha sur un ton jubilatoire : «Voici la preuve et le but de mon voyage au Niger…tu me dois des explications.» La phrase prenait un bon départ, dynamique je dirais, mais ralentissement avec ce que j'ai souligné
Sur l’image un peu jaunie se tient un couple d’Africains, avec un garçon d’environ dix-huit mois dans les bras.
Désappointée, Alice prit alors sa tête dans ses mains et resta immobile pendant un certain temps. Des scènes de vie animées, des visages et des lieux prirent forme dans son esprit. A travers divagations et propos raisonnés, elle livra cet édifiant récit: J'aime bien cette tournure
« Une ville d’Afrique avec des bâtisses coloniales. Un couple d’Européens erre aux abords du marché aux fruits ; l’homme, architecte a pour mission d’élaborer le plan de l’aéroport du pays, le Niger, devenu indépendant. Leur union bat de l’aile à cause de l’enfant qu’ils ne parviennent pas à concevoir. Le mari obtient le divorce ; elle choisit de rentrer en Europe après avoir adopté un enfant qui éveillait son instinct maternel. Elle décide de ne plus revoir ce pays, symbole de sa peine et dit à l’enfant qu’il est originaire du Tchad. » 
Venu au monde à Niamey au Niger, Julien avait ainsi grandi en France sous une autre identité. Interloqué, Amadou assista à la scène, où se trouvaient l’une face à l’autre, une victime et une coupable.
Émergeant de son état de semi inconscience, Alice subit les reproches que julien lui fait :
« Tu m’avais bien dit que sur cette photo, c’étaient des amis à toi ? 
A quoi elle répliqua 
Cette photo m’appartient et tu n’as pas le droit de fouiller dans mes affaires
– Détrompe-toi ! Celle-ci est une réplique authentique provenant des objets laissés par ma mère ; d’ailleurs j’en détiens également le négatif. Je les ai ramenés de Niamey.
C’est pour ton bien que j’ai fait cela.
– Je ne vois pas de rapport » 
Alice marmonna alors d’une voix blanche : 
« A Niamey, ta mère était ma domestique et ne s’entendait plus avec ton père, un alcoolique violent. Alors, une fois séparée de mon mari, j’ai proposé à ta mère de te donner un meilleur avenir en t’amenant avec moi en Europe. »
C’est dans le restaurant où ils s’étaient rendus à son retour que Julien, enthousiaste, racontera son aventure à Melissa et Amadou dont l’attention restera captivée le long de son récit :
« Au cours du vol qui nous amenait à Niamey, ( peut être inverser la phrase sans changer son sens, pour la rendre dynamique, si tu peux la changer, c'est que tu peux te passer "d'au cours de...et de la relatif...qui...) un courant de sympathie s’établit rapidement entre le passager occupant le siège d’à côté et moi. Il s’appelle Oumarou, un cadre Nigérien en voyage de mission. Cet autochtone a été pour moi un guide précieux pendant mon séjour.
Vous n’imaginerez jamais le sentiment que j’éprouvai en foulant de mes pieds pour la première fois le sol africain, cet endroit lointain dont j’ai tant rêvé. Le contraste avec la France est frappant sous divers aspects : la joie des gens dans le hall de l’aéroport, l’environnement constitué de nature vraie, le bain de lumière naturelle, la chaleur torride, cette atmosphère inhabituelle, exempte de pollution.
Sur place l’entregent d’Oumarou à qui j’avais raconté mon histoire, me permit d’entrer en contact avec un cousin de ma mère.
Le frère de ma mère n’eut aucune peine à reconnaitre en moi les traits d’un descendant sans compter ma ressemblance avec sa sœur aînée. Ce dernier m’a conduit aussitôt à son domicile où il m’a présenté aux membres du clan qui m’a immédiatement, peut être remplacé par "aussitôt"adopté. On m’interpellait : Mon neveu ! Cousin ! Mon mari ! « Ici tu es chez toi !» ; « Met toi donc à l’aise !» ; « Tu connais le chemin maintenant, hein ! » ; « Rappelle-toi toujours tes racines ! »
Mon oncle a organisé pour la circonstance une réunion de famille.
Ma mère était absente et pour cause elle nous avait quitté, pour toujours. C’est son frère qui avec délicatesse m’avait annoncé la nouvelle: “ Courage, nous n’avions plus de contact avec toi, alors …elle ne t’a jamais oublié ». Aussi, il me remit une sacoche artisanale en peau d’antilope renfermant des objets personnels de la défunte conformément à ses dernières volontés.
J’ai fait la connaissance de Julien mon homonyme et mon demi-frère, que notre mère avait choisi d’appeler comme moi pour combler mon absence.
A l’issue du conseil de famille, les recommandations comprenaient plusieurs actions dont les rituels incontournables : La visite du lieu où reposait ma mère puis la consultation d’un chaman. Celui qui quelques mois auparavant avait prédit mon retour prochain parmi eux.
Au cours de cette entrevue le prêtre-sorcier avait parlé de l’état de santé décadente d’une septuagénaire dont il avait perçu le portrait ondulant sur l’eau contenue dans une calebasse. L’image apparue comme dans un miroir était celle d’Alice. Aussi, il avait prodigué la réconciliation comme thérapie pour la guérison de la patiente.
Une autre action concernait le recueillement devant un caïlcédrat qui avait été planté à ma naissance dans une litière de sol ou avaient été enfouis le placenta et mon cordon ombilical, tel que le veut la tradition. Ce végétal étant mon incarnation. »
Plus tard dans l’intimité du studio de Julien, Melissa curieuse :
« Pourquoi m’avais-tu caché ton histoire ? 
– Je ne t’avais rien caché. J’ignorais moi-même cette partie de ma propre vie.
– Comment as-tu douté ?
– Le tatouage sur mon avant-bras, ma chère ! C’est une scarification distinctive propre à un groupe ethnique minoritaire. Un infirmier originaire du Niger me l’avait révélé lors d’une consultation médicale de routine.
– Que vas-tu faire maintenant ?
– Rien d’autre ! J’ai obtenu ce que je recherchais. Quant à maman, je lui accorde mon pardon conformément à l’avis du chaman.
Et Amadou dans tout cela ?
– Il était mon complice, ensemble nous avons piégé ma mère adoptive.
Et moi alors ? Tu te rends compte ! Tu n’es plus le même à mes yeux …
– T’inquiète pas chérie, comme Juliette et Roméo nous sommes éternellement liés.
Enfin, comment étais-tu entré en possession du négatif de la photo ?
– Encore le brave Oumarou : il m’avait amené chez un photographe aujourd’hui septuagénaire, dont les archives sont cependant bien conservées. C’est à cet artiste que l’on doit la précieuse image, pièce à conviction.
Et le mystérieux arbre, sensé t’incarner ?
– La veille de mon retour j’avais été me recueillir sur la tombe de ma mère puis devant le caïlcédrat dont la présence m’a fasciné. Je me rappelle le léger bruissement de ses feuilles s’agitant ostensiblement comme mues par une brise passagère. J’ai pensé qu’il m’avait reconnu et m’avait adressé un ultime message : « Notre force vient de nos racines » ♥

Je n'ai pas tout relevé, mais tu l'auras compris :
Surlignés en orange, ce sont tous les parasites qui ralentissent ton récit et lui donne cette impression de traîner les yeux. Donc, éviter les "ce que", "ce", "et" , les adverbes en -ement (ils ne sont pas du tout indispensables dans un texte littéraire). Et dis-toi aussi que si tu peux retirer des locutions tels que " en outre", que j'ai vu quelque part, " en somme", "Et": qui revient trop proche dans un dialogue", sans que ça ne change le sens de ta phrase au départ, c'est que tu peux t'en passer. Ils ne font qu'alourdir la lecture s'ils ne suivent pas une logique. Certaines tournures de phrases commencent également par "C'est", ça handicape d'entrée de jeu.
Eviter un max les verbes être et avoir, j'en ai vu pas mal dans le récit. Ils donnent cet effet absent.
Et les impersonnelles, un exemple : "Quels impacts sur la vie de Julien ?"; Manque un verbe à mon sens pour que cette réflexion puisse être plus percutante.
Voilà, j'espère que ma bêta te sera utile. Bon courage pour tes travaux Very Happy
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La force du caïlcédrat

Message  Abyssinien le Jeu 16 Mai 2013 - 13:13

Merci Nayladream pour la lecture et tes remarques pertinentes sur les imperfections qui minent mon texte.J'ai hâte d'inclure ta contribution à la phase de lessivage que j'envisage. Bonne journée.
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Re: "La force du caïlcédrat"

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