Le Souvenir de Minna

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Message  Bestiole le Dim 5 Mai 2013 - 11:35

Oups j'avais presque oublié d'ouvrir ce sujet !
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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Pilgrim le Lun 6 Mai 2013 - 21:29

Bonjour,
j'ai lu ton texte avec intérêt et le trouve plutôt bien mené. Cependant, j'ai été un peu dérouté par sa construction. Nous suivons d'abord un homme qui revient sur les lieux d'un événement clé de son enfance, passons à l'évocation de cet événement, qui est l'élément central de la nouvelle. Puis, nous nous retrouvons au chevet d'un vieil homme sénile qui radote dans une maison de retraite. Je trouve un peu gênant pour la cohésion du récit que l'homme du début qui revient sur les traces de son passé, deviennent après le "flash-back", et sans préalable, un vieillard sénile. Cela distrait, me semble-t-il, le lecteur de ton récit. Et du coup, après avoir lu ta chute, je ne vois pas l'utilité de ce début, je ne vois pas ce qu'apporte cette visite et la description de la famille à ton histoire. Surtout dans le cadre d'une nouvelle, où tout doit être resserré et tendu vers son objet. Là, j'ai un peu l'impression que tu es partie sur une idée, et que tu en as changé en cours d'écriture.
Selon moi, mais en même temps ce n'est que mon avis, si tu veux garder l'idée (qui a en effet l'avantage d'instaurer une certain mystère : on se demande ce qui s'est passé là) que le personnage est retourné sur les lieux, il faut que le lecteur ressente mieux l'antériorité de cette visite par rapport au présent de la narration, genre, "je suis retourné au manoir, c'était il y a quelques années...". Dès le début, me semble-t-il, l'on devrait savoir qu'il s'agit d'un vieux alité, qui raconte ses histoires... Parce que, sinon, à la fin du souvenir, le lecteur s'attend à retrouver le personnage au moment où il visite les lieux, auprès de la famille qui en a pris la possession... (si tu vois ce que je veux dire... scratch )
Par ailleurs, tu perds un peu ton lecteur en lui décrivant à la fin un vieillard sénile et gâteux, car ce portrait ne coïncide pas avec le récit que ce personnage vient de faire. En effet, le souvenir qu'il raconte à la première personne du singulier, les réflexions qu'il fait, voire les commentaires sur sa propre expérience, sont difficilement imputables à un vieil homme qui perd la tête. On n'a pas du tout l'impression que c'est un homme gâteux qui parle... Le lecteur, du coup, est en porte-à-faux.
Il y a donc, pour moi, un décalage entre le récit tel qu'il est raconté et le personnage tel que tu le décris...

Je n'ai pas pris le temps de temps de me pencher sur la forme... et m'en excuse. Juste une remarque en passant: ne pas abuser des constructions c'est... que/ ce... que, qui à la longue alourdissent un peu l'ensemble. Comme dans le passage suivant :
Tout ce que m'avait raconté Minna me revenait en mémoire. Nous avions douze ans à l'époque et ce qu'elle me racontait me paraissait effrayant et irréel. La seule raison pour laquelle je continuais d'écouter c'était la voix de Minna.
C'est peut-être pour la retrouver après toutes ces années que, sans vraiment réfléchir...
Attention aussi à la répétition, ici, de raconter...

Voilà, pour l'instant ! Je te prie de m'excuser pour la brièveté du propos. Un propos qui, je le précise, n'engage que moi et ne reflète que mon avis. Il se peut que je sois à côté de la plaque (ce ne serait pas la première fois... chizz )
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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Bestiole le Mar 7 Mai 2013 - 9:38

Merci Pilgrim, remarques très pertinentes !

Pour la sénilité c'est d'autant plus pertinent qu'il y a confusion. Ce que je voulais exprimer c'est que tout le monde le prend pour un vieux sénile parce qu'il raconte encore et encore cet histoire qui n'a aucun sens. Mais il n'est pas vraiment sénile, traumatisé oui, sénile non. Je vais modifier mon récit pour clarifier cette notion.

Pour la construction de la nouvelle, je ne savais pas vraiment où j'allai aller au départ. Ni même au milieu. Je rédige généralement au fur et à mesure, comme l'inspiration vient. Je me souviens à l'école je ne faisais pas de brouillon pour les rédaction, ça me jouait des tours mais bon. J'ai déjà corrigé pas mal de choses au fur et à mesure mais surtout au niveau de la syntaxe et de l'orthographie (superficiellement, il doit encore y avoir quelques maladresses comme les répétitions que tu as indiquées). Par contre je n'ai pas encore corrigé la structure, je le fais rarement et c'est une erreur. Je vais me pencher là-dessus Very Happy .
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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Pacô le Mar 7 Mai 2013 - 12:17

J'ai effectué ma première bêta-lecture ! Smile
Au début, en spoiler, je te mets les remarques réalisées au cours de ma lecture. Puis ensuite, je te fais part de mes impressions sur la forme et sur le fond.
Spoiler:
La grille était restée entrouverte. Elle était rouillée et ne tenait plus que par un seul gond. Tout ce que m'avait raconté Minna me revenait en mémoire. Nous avions douze ans à l'époque et ce qu'elle me racontait me paraissait effrayant et irréel.
=> répétition de "raconter"

que ses récits d'autrefois évoquaient invariablement...
=> maladroit ce "invariablement"

Bien sûr je ne leur ait pas parlé de Minna
=> correction : je ne leur ai pas parlé

Il en est pas revenu d'ailleurs, une sale histoire.
=> manque le "n'" de la négation

Je buvais ses paroles et leur accordait tout le crédit de l'ignorance.
=> conjugaison : accordais

Et puis il y eu la voix.
=> conjugaison : il y eut

Quand la gendarmerie nous a interrogé Armel et moi
=> accord : interrogés
=> mettre des virgules autour de "Armel et moi"

A l'appel du soir,
=> accent sur le "A"

Bon, bon.
Soyons franc dès le début, j'ai eu un peu de mal avec ce récit. Un peu de mal à rentrer dans le récit, un peu de mal à le comprendre et un peu de mal à le lire. Ce qui ne veut pas dire que l'ensemble est mauvais, mais plutôt que le tout est assez maladroit.
Reprenons point par point.

Dans une dimension globale, la forme souffre d'un problème de temporalité.
Pilgrim l'a déjà évoqué dans la construction scénaristique du récit :
  • la scène des nouveaux locataires du manoir est à l'imparfait et au passé simple
  • la scène du rappel de l'enfance avec Armel et Minna est aussi à l'imparfait
  • la scène du manoir visité par les enfants est au présent
  • la scène de l'aide-soignant est à l'imparfait et au passé simple

La concordance des temps est tout à fait dénuée de sens, et favorise l'incompréhension des différentes scènes. Tu aurais pu par exemple parler au passé pour la découverte des nouveaux locataires, au passé antérieur - le passé du passé - pour les aventures de l'enfance et rester au présent pour l'aide soignant. Les temps auraient suffi en eux-même à donner la chronologie de l'histoire.
Malheureusement ici, tout est chamboulé et on retrouve d'ailleurs du passé aussi au milieu du présent de la scène du manoir hanté chez les enfants. Tout est un peu confus ; et à revoir.

Le second élément que j'aurais aimé aborder avec toi, ce sont les registres de langue. Nous sommes supposés avoir un "papy sénile" qui raconte son histoire. Or, le langage employé alterne entre confidences familières, sentences soutenues - le "invariablement" du début par exemple - et un langage courant tout à fait banal. Le ton du récit est donc très imprécis : le travail de l'auteur est de créer un genre de "psychologie littéraire", et tout son travail est de justement s'efforcer à conserver un registre de langue pour sa narration, voire ses personnages. La confusion des registres fait écho souvent à une confusion des "identités" du personnage, et donc à une mauvaise maîtrise du récit, voire de la langue. Il faut chercher à rester dans une cohérence stylistique du début à la fin.
Par exemple :
au grand malheur de sa grande sœur si je me souviens bien, j'ai oublié son nom à celle-là tiens.
Enfin bref, cet été-là à la maison il n'y avait que moi,
Registre familier, sur le ton de la confidence et d'un langage presque argotique en désignant quelqu'un par "celle-là tiens"
De même, le "Enfin bref" est une expression du langage courant, que l'on peut dans certains cas adapter à une narration - au delà du dialogue - mais elle dénote d'une certaine lourdeur et d'une certaine familiarité qui cherche une connivence populaire avec le lecteur.
Au bout d'un temps qui nous a paru infini,
Or ce "temps qui nous a paru infini" s'oriente plus dans un phrasé ampoulé, voire guindé, d'un personnage snobinard qui nous raconterait une aventure en rajoutant du "pesant" de conteur pour en mettre plein la vue.
Celle de la cave. Minna se retourne et nous interroge du regard.
Un personnage qui parle de "satanée porte" et de "Enfin bref" ne va pas employer l'expression "interroger du regard" qui est tout de même une expression beaucoup plus littéraire que populaire.

Ce petit exemple n'est pas le seul, mais tu comprends que ces répliques là ne peuvent pas vraiment sortir de la même bouche. Ce sont deux style différents, deux identités différentes... et je pense que c'est aussi dans cette maladresse que le lecteur est confronté à une certaine incompréhension de la nouvelle.

Enfin, dernière petite chose pour la forme : la ponctuation.
La ponctuation, bien qu'elle paraisse assez subalterne et accessoire au récit, est en fait un pilier de la compréhension. Plusieurs exemples où son absence est cruelle pour la bonne visualisation de ce que tu écris :
La seule raison pour laquelle je continuais d'écouter c'était la voix de Minna.
Après quelques minutes il se remit à pianoter sur le clavier de son ordinateur portable.
Quand elle m'embrassait sur la joue je n'en finissais plus de parader auprès de mes camarades
il n'y avait que moi, ma petite sœur Lera qui était encore bébé et maman.
Le dernier exemple est encore plus pertinent que les autres puisque l'absence de la virgule change complètement le sens de la phrase. Doit-on comprendre que "Lera était encore bébé" ou que "Lera était encore bébé ET maman à la fois" ? Cette question paraît stupide, certes, mais l'absence de virgule suggère la seconde option. Le lecteur bute alors sur la phrase et doit la relire une seconde fois pour comprendre ta réelle intention.


En ce qui concerne le fond de l'histoire, j'ai quelques questions à te poser.
Quel est l'intérêt de nous informer des nouveaux locataires du manoir ? Ils n'ont aucune incidence sur le récit et n'apportent rien à l'histoire.
Quel est le centre de la nouvelle ? Le manoir hanté ou l'amour du narrateur pour Minna ? Parce que tu développes les deux, mais pas assez sur chacun. On ne sait plus trop ce qui doit nous intéresser ou non, c'est troublant.
Comment se fait-il que Armel et le héros ne se soit jamais reparlé entre l'évènement du manoir et son départ en fin d'été ? Pourquoi Minna cherchait-elle à raconter une histoire que ses parents lui défendaient de répéter, au point que ceux-ci décidèrent de déménager suite à sa disparition ? Ils savaient déjà ? Mais s'ils savaient déjà, pourquoi déménager maintenant ? Le récit n'est pas très précis sur ce sujet.
La "vieille cousine" qui arrive en fin de récit à la réception de l'hôpital... on se doute que c'est Minna. Mais... comment on en arrive là ? Elle est transformée en fantôme rédompteur ? Pourquoi elle vient tuer le narrateur ? Elle ne l'aimait pas autant que lui l'aimait ? Ou elle est venue le chercher ? Mais en ce cas, pourquoi que maintenant ? Et si c'est un fantôme, pourquoi tout le monde peut la voir ?
A moins que Minna soit en fait un esprit frappeur qui a conduit exprès les deux garçons dans le manoir pour les traumatiser ? Et que toute la famille de Minna était de mèche ?

Toutes ces questions sont en réalité pour pointer du doigt un petit manque de précision dans ce récit : tu as donné beaucoup d'éléments, mais peu sont véritablement expliqués. A tel point que, à la fin, on se dit : "bon bah la vieille cousine ça doit être Minna parce que c'est la seule femme présente du récit qui aurait pu vieillir et parce que ça se passe souvent comme ça dans les nouvelles"... mais en réalité, on ne sait pas trop pour quelles raisons elle revient voir son vieil ami.

Le changement de narrateur est aussi très troublant au sein d'une nouvelle, d'autant plus lorsqu'elle est courte. C'est même dangereux de désorienter le point de vue : même si c'est pour annoncer l'effet de chute, il faut se dire que le lecteur vient de se plonger dans la "tête" d'un narrateur, dans un univers en somme. Le changement brutal à la fin ressemble presque à un changement de nouvelle.
Aussi, pour moi, l'annonce finale est trop précipitée et brutale.

Tu vas me dire que je t'ai saqué, mais ce n'est pas du tout mon intention Wink.
Je préfère te donner mon impression, la vraie, plutôt que de t'enrober une critique similaire dans plein de superlatifs hypocrites - qui te feraient mal comprendre où je veux en venir.
Par ailleurs, je ne cherche qu'à juger le texte - pas l'auteur - et chacun peut avoir un petit « raté » dans son parcours. Je t'invite à lire un début de roman à moi « Je suis homosexuel » pour comprendre à quel point je me suis moi-même bien perdu sur un récit.
Alors si ici je ne dis pas que "tout est nul à chier et qu'il faut tout recommencer" comme un gros mal-propre, je préfère toutefois te préciser que ce premier écrit ne m'a pas convaincu, qu'il lui manque beaucoup de choses et qu'il souffre d'une forme pas assez travaillée.

Ceci étant dit, mes remarques sont ouvertes à la contestation. Elles ne sont pas là pour te plomber le moral, te rabaisser et te dire subtilement qu'il faut nous quitter (^^), mais bien pour te remettre en question, défendre tes choix ou t'éclairer sur certains éléments qui te dérangeaient peut être avant sans savoir quoi.
Bon courage pour les corrections et bon après-midi Wink.

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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Bestiole le Mar 7 Mai 2013 - 15:42

Merci beaucoup pour cette longue critique Pacô !

Pacô a écrit:
que ses récits d'autrefois évoquaient invariablement...
=> maladroit ce "invariablement"
je ne vois pas vraiment quel autre terme utiliser. Tu veux dire que j'aurais dû opter pour quelque chose de plus simple, moins lourd ?

Il en est pas revenu d'ailleurs, une sale histoire.
=> manque le "n'" de la négation
C'était volontaire, trop familier ?


Dans une dimension globale, la forme souffre d'un problème de temporalité.
Pilgrim l'a déjà évoqué dans la construction scénaristique du récit :
  • la scène des nouveaux locataires du manoir est à l'imparfait et au passé simple
  • la scène du rappel de l'enfance avec Armel et Minna est aussi à l'imparfait
  • la scène du manoir visité par les enfants est au présent
  • la scène de l'aide-soignant est à l'imparfait et au passé simple


Ah oui dit comme ça c'est moche en effet Embarassed .


La concordance des temps est tout à fait dénuée de sens, et favorise l'incompréhension des différentes scènes. Tu aurais pu par exemple parler au passé pour la découverte des nouveaux locataires, au passé antérieur - le passé du passé - pour les aventures de l'enfance et rester au présent pour l'aide soignant. Les temps auraient suffi en eux-même à donner la chronologie de l'histoire.
Malheureusement ici, tout est chamboulé et on retrouve d'ailleurs du passé aussi au milieu du présent de la scène du manoir hanté chez les enfants. Tout est un peu confus ; et à revoir.

Je ne crois pas avoir entendu parler du passé antérieur depuis l'école primaire... Il va falloir que je m'y remette.


Le second élément que j'aurais aimé aborder avec toi, ce sont les registres de langue. Nous sommes supposés avoir un "papy sénile" qui raconte son histoire. Or, le langage employé alterne entre confidences familières, sentences soutenues - le "invariablement" du début par exemple - et un langage courant tout à fait banal. Le ton du récit est donc très imprécis : le travail de l'auteur est de créer un genre de "psychologie littéraire", et tout son travail est de justement s'efforcer à conserver un registre de langue pour sa narration, voire ses personnages. La confusion des registres fait écho souvent à une confusion des "identités" du personnage, et donc à une mauvaise maîtrise du récit, voire de la langue. Il faut chercher à rester dans une cohérence stylistique du début à la fin.

Je note.


Enfin, dernière petite chose pour la forme : la ponctuation.
La ponctuation, bien qu'elle paraisse assez subalterne et accessoire au récit, est en fait un pilier de la compréhension. Plusieurs exemples où son absence est cruelle pour la bonne visualisation de ce que tu écris :
La seule raison pour laquelle je continuais d'écouter c'était la voix de Minna.
Après quelques minutes il se remit à pianoter sur le clavier de son ordinateur portable.
Quand elle m'embrassait sur la joue je n'en finissais plus de parader auprès de mes camarades
il n'y avait que moi, ma petite sœur Lera qui était encore bébé et maman.
Le dernier exemple est encore plus pertinent que les autres puisque l'absence de la virgule change complètement le sens de la phrase. Doit-on comprendre que "Lera était encore bébé" ou que "Lera était encore bébé ET maman à la fois" ? Cette question paraît stupide, certes, mais l'absence de virgule suggère la seconde option. Le lecteur bute alors sur la phrase et doit la relire une seconde fois pour comprendre ta réelle intention.

Là par contre j'ai un peu de mal à voir mes erreurs, je maîtrise mal la ponctuation c'est vrai. Tu aurais un site avec les règles de ponctuation ou quelque-chose de ce style ?


En ce qui concerne le fond de l'histoire, j'ai quelques questions à te poser.
Quel est l'intérêt de nous informer des nouveaux locataires du manoir ? Ils n'ont aucune incidence sur le récit et n'apportent rien à l'histoire.
J'ai commencé comme ça, je savais pas trop où j'allais.


Quel est le centre de la nouvelle ? Le manoir hanté ou l'amour du narrateur pour Minna ? Parce que tu développes les deux, mais pas assez sur chacun. On ne sait plus trop ce qui doit nous intéresser ou non, c'est troublant.
Pour moi les deux sont liés, finalement cet événement tragique et étrange sublimerais l'amour que le narrateur éprouve pour le souvenir de Minna.


Comment se fait-il que Armel et le héros ne se soit jamais reparlé entre l'évènement du manoir et son départ en fin d'été ? Pourquoi Minna cherchait-elle à raconter une histoire que ses parents lui défendaient de répéter, au point que ceux-ci décidèrent de déménager suite à sa disparition ? Ils savaient déjà ? Mais s'ils savaient déjà, pourquoi déménager maintenant ? Le récit n'est pas très précis sur ce sujet.

Remarques pertinentes encore une fois. Pour moi les parents interdisaient à Minna de raconter ces histoires parce-que ce sont des histoires qui font peur (cauchemars, superstitions stupides etc.) mais j'aurais dû élaborer. Armel et le narrateur ne se sont pas reparlé probablement parce-que les parents de Minna et Armel les ont empêché de se revoir. Ils déménagent suite au traumatisme. Enfin c'est pas vraiment cohérent au final. Un enfant mort aurait pu les pousser à partir mais un enfant disparu... En tous les cas je voulais qu'Armel et le narrateur se perdent de vue.


La "vieille cousine" qui arrive en fin de récit à la réception de l'hôpital... on se doute que c'est Minna. Mais... comment on en arrive là ? Elle est transformée en fantôme rédompteur ? Pourquoi elle vient tuer le narrateur ? Elle ne l'aimait pas autant que lui l'aimait ? Ou elle est venue le chercher ? Mais en ce cas, pourquoi que maintenant ? Et si c'est un fantôme, pourquoi tout le monde peut la voir ?
A moins que Minna soit en fait un esprit frappeur qui a conduit exprès les deux garçons dans le manoir pour les traumatiser ? Et que toute la famille de Minna était de mèche ?

Rien ne dit qu'elle est morte, elle a disparu. Si elle reparaît ça peut donner du crédit au récit du narrateur, peut-être qu'il s'est vraiment passé quelque chose de bizarre ce jour-là.


Toutes ces questions sont en réalité pour pointer du doigt un petit manque de précision dans ce récit : tu as donné beaucoup d'éléments, mais peu sont véritablement expliqués. A tel point que, à la fin, on se dit : "bon bah la vieille cousine ça doit être Minna parce que c'est la seule femme présente du récit qui aurait pu vieillir et parce que ça se passe souvent comme ça dans les nouvelles"... mais en réalité, on ne sait pas trop pour quelles raisons elle revient voir son vieil ami.

Je note !


Le changement de narrateur est aussi très troublant au sein d'une nouvelle, d'autant plus lorsqu'elle est courte. C'est même dangereux de désorienter le point de vue : même si c'est pour annoncer l'effet de chute, il faut se dire que le lecteur vient de se plonger dans la "tête" d'un narrateur, dans un univers en somme. Le changement brutal à la fin ressemble presque à un changement de nouvelle.
Aussi, pour moi, l'annonce finale est trop précipitée et brutale.

Pour moi le changement de narrateur était un passage obligé, je voulais justement que le lecteur quitte l'esprit du narrateur. Je vais essayer de le faire de manière moins maladroite


Tu vas me dire que je t'ai saqué, mais ce n'est pas du tout mon intention Wink.
Je préfère te donner mon impression, la vraie, plutôt que de t'enrober une critique similaire dans plein de superlatifs hypocrites - qui te feraient mal comprendre où je veux en venir.
Par ailleurs, je ne cherche qu'à juger le texte - pas l'auteur - et chacun peut avoir un petit « raté » dans son parcours. Je t'invite à lire un début de roman à moi « Je suis homosexuel » pour comprendre à quel point je me suis moi-même bien perdu sur un récit.
Alors si ici je ne dis pas que "tout est nul à chier et qu'il faut tout recommencer" comme un gros mal-propre, je préfère toutefois te préciser que ce premier écrit ne m'a pas convaincu, qu'il lui manque beaucoup de choses et qu'il souffre d'une forme pas assez travaillée.

Ceci étant dit, mes remarques sont ouvertes à la contestation. Elles ne sont pas là pour te plomber le moral, te rabaisser et te dire subtilement qu'il faut nous quitter (^^), mais bien pour te remettre en question, défendre tes choix ou t'éclairer sur certains éléments qui te dérangeaient peut être avant sans savoir quoi.
Bon courage pour les corrections et bon après-midi Wink.

J'ai trouvé ta critique très constructive donc aucun soucis, bien au contraire.
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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Pacô le Mar 7 Mai 2013 - 17:32

Bestiole a écrit:
Pacô a écrit:
que ses récits d'autrefois évoquaient invariablement...
=> maladroit ce "invariablement"
je ne vois pas vraiment quel autre terme utiliser. Tu veux dire que j'aurais dû opter pour quelque chose de plus simple, moins lourd ?
En fait la première chose qui le rendrait maladroit - dans mon début de lecture - c'est surtout que ce soit un adverbe. Et je n'aime pas beaucoup les adverbes.
Un petit truc qui peut t'aider - même si le cours date un peu et que je compte le rafraîchir bientôt :
http://imperialdream.fr/comment-alleger-son-texte.html/2
Ou une petite discussion ouverte dans les débats du forum :
http://imperialdreamer.forumsline.com/t4325-de-l-utilisation-des-adverbes-dans-les-textes

De plus, cet adverbe là ne signifie pas grand chose au final. Qu'est-ce que ça signifie exactement "d'évoquer invariablement" ? Évoquer avec diverses variables ? ^^"
Pour un petit tuyau de rédaction, parfois au lieu de chercher midi à quatorze heure comment on peut remplacer un terme, il suffit en premier lieu de voir ce que donne la phrase en supprimant le mot.
Je distinguais dans la brume du matin, les contours indéfinis du manoir que ses récits d'autrefois évoquaient.
Et ma foi, je trouve que le "évoquaient" ici prend plus de puissance et plus de sens, sans avoir à ajouter un adverbe supposé accompagner le verbe.

Bestiole a écrit:
Il en est pas revenu d'ailleurs, une sale histoire.
=> manque le "n'" de la négation
C'était volontaire, trop familier ?[/quote]
Non, non.
Disons que si tu conserves un registre argotique, avec une narration faite sur le ton de la confidence du grand-père, tout va bien.
Si tu préfères garder une narration sur un registre plus consensuel, ça va moins.
Tu es à peu près libre de tout quand tu écris, dès l'instant où il y a une logique derrière. Si ta forme accompagne ton univers de fond, c'est que tu as trouvé le bon registre.

Bestiole a écrit:
Je ne crois pas avoir entendu parler du passé antérieur depuis l'école primaire... Il va falloir que je m'y remette.
En fait, mea culpa, je parlais plus du plus-que-parfait, que nous employons finalement assez souvent.
Imparfait : je voyais
Plus-que-parfait : j'avais vu
On sent le décalage dans les deux temporalité, non ?
Je te conseille ça pour faire "trois temps" dans ton récit.

Le passé antérieur est en soi un peu trop clinquant pour être bien adapté à la nouvelle. Sauf si tu veux que ton personnage s'exprime dans un langage de Molière de luxe ^^".

Bestiole a écrit:Là par contre j'ai un peu de mal à voir mes erreurs, je maîtrise mal la ponctuation c'est vrai. Tu aurais un site avec les règles de ponctuation ou quelque-chose de ce style ?
Hum, disons qu'il n'y a pas vraiment de cours à apprendre par coeur à ce sujet. Je pourrais te balancer des liens vers divers sites, dont celui-ci particulièrement pertinent pour appliquer de façon méthodique la ponctuation :
http://www.la-ponctuation.com
Cependant, je crains que ce ne soit pas vraiment ce que tu recherches.

En fait, la ponctuation accompagne le récit. La virgule fait une pause et sépare, tandis que le point-virgule coupe vraiment la phrase sans l'interrompre, l'exclamation crée la surprise ou la "force", les deux points annonce la plupart du temps etc.
C'est surtout - selon moi - une question de sensibilité. Par exemple, prenons l'un de tes exemples :
La seule raison pour laquelle je continuais d'écouter c'était la voix de Minna.
Lis-là d'une traite sans t'arrêter, et tu comprendras qu'il y a un "bug" quelque part.
Dans une règle globale - mais pas toujours certes ^^ - je dirais que la virgule marque les propositions, subordonnées et principales. En gros, à chaque fois que tu vois plusieurs verbes conjugués, il faut que penses à séparer chacune de leur influence sur le reste de la phrase.
Ici par exemple, "continuer" ne doit plus avoir d'incidence sur "la voix de Minna", puisque cet attribut se réfère au verbe "être" (c'était).
Une virgule serait la bienvenue, pour désigner qu'ici la fonction de "continuer" s'arrête. La langue française est un peu similaire aux mathématiques ou à l'algèbre, parfois. Wink

Mais un conseil plus "parlant", ce serait en fait de glisser une virgule quand tu sens dans ta lecture qu'il faut marquer une pause, même infime, dans le ton de la voix. Raison pour laquelle il est souvent conseillé de se relire à haute voix, histoire d'écouter si le rythme sonne bon. Tant qu'il n'y a pas de virgule, la voix doit se prolonger jusqu'au point. Une virgule lui fait faire les intonations. Un peu comme dans une partition de musique.
J'espère ne pas t'embrouiller cela dit ^^".


Bestiole a écrit:J'ai commencé comme ça, je savais pas trop où j'allais.
Le voilà peut être le "hic" : la préparation de l'histoire sur brouillon - de façon schématique hein - permet une meilleure contextualisation et une meilleure approche pour l'ouverture.

Bestiole a écrit:Pour moi les deux sont liés, finalement cet événement tragique et étrange sublimerais l'amour que le narrateur éprouve pour le souvenir de Minna.
Certes, je pense l'avoir compris ainsi.
Mais ce n'est pas du tout évident à saisir. Je pense qu'il faudrait renforcer les deux, pour que ce soit plus caractéristique. Je l'ai deviné non pas en lisant, mais en tentant de me mettre à ta place d'auteur.

Bestiole a écrit:Remarques pertinentes encore une fois. Pour moi les parents interdisaient à Minna de raconter ces histoires parce-que ce sont des histoires qui font peur (cauchemars, superstitions stupides etc.) mais j'aurais dû élaborer. Armel et le narrateur ne se sont pas reparlé probablement parce-que les parents de Minna et Armel les ont empêché de se revoir. Ils déménagent suite au traumatisme. Enfin c'est pas vraiment cohérent au final. Un enfant mort aurait pu les pousser à partir mais un enfant disparu... En tous les cas je voulais qu'Armel et le narrateur se perdent de vue.
Une idée comme ça : peut être que le gosse pourrait être traumatisé. Du genre, à être interné suite à cette aventure, et que le village se taise sur la question.
Ce serait un bon moyen, suite à cette histoire, de le faire perdre de vue. Non ?

Bestiole a écrit:Rien ne dit qu'elle est morte, elle a disparu. Si elle reparaît ça peut donner du crédit au récit du narrateur, peut-être qu'il s'est vraiment passé quelque chose de bizarre ce jour-là.
Oui mais encore une fois, ce n'est pas vraiment évident.
Si tu veux faire planer le doute, il faudrait glisser un peu plus d'indices, un peu plus d'ingrédients mystérieux. Non ?

Bestiole a écrit: Pour moi le changement de narrateur était un passage obligé, je voulais justement que le lecteur quitte l'esprit du narrateur. Je vais essayer de le faire de manière moins maladroite
Je pense qu'il l'est aussi - le passage obligé.
Pourquoi pas... faire terminer le récit, en jouant avec la ponctuation justement ! Par exemple, avec des points de suspension et des guillemets fermés, alors que tu ne les as jamais vraiment ouvert. Ce serait une façon de marquer : avant c'était le pépé, après c'est l'aide soignant.
Ou tout simplement, faire répondre quelque chose à l'aide-soignant, comme pour induire une "conversation". Ce serait d'ailleurs peut être plus toléré par l'Imprimerie nationale ^^".

Bestiole a écrit:J'ai trouvé ta critique très constructive donc aucun soucis, bien au contraire.
Tant mieux alors. Et moi je dois dire que je suis assez content que tu l'aies bien pris aussi.
Et je t'encourage à me saquer tout autant sur mes propres écrits Twisted Evil.

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Re: Le Souvenir de Minna

Message  nayladream le Lun 13 Mai 2013 - 18:17

Bonsoir Very Happy
Je dirai que le problème de constructions ont déjà été relevé, ce qui m'a perturbé aussi (les formes démonstratives avec : ce que..., les peut être )
Je dirai pour ajouter; je trouve que tu te mélanges un peu entre "le langage parler" et "le langage récit".
Même en utilisant la première personne, tu ne dois pas oublier que tu n'écris pas un monologue, mais une nouvelle (ici) que tu veux faire partager, donc n'oublies pas de t'appliquer sur la forme. ça se ressent énormément dans ton récit tongue
Autrement, je trouve que le fond se tient, bien que le souvenir de Minna vient un peu perturber (de par sa forme) la fluidité du récit.
Bon courage pour le travail Very Happy
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Re: Le Souvenir de Minna

Message  Camille22 le Lun 20 Mai 2013 - 8:36

Bonjour,


Je ne reviendrai pas en détail sur le texte car il a déjà été très bien commenté.

Attention au contexte historique : pour la guerre d'Algérie, les dates officielles sont 1954-1962, mais les souvenirs du narrateur se situent précisément en 1951. Il est toujours délicat de reconstituer l'atmosphère d'une époque. Citer une période de l'histoire peut être un moyen de le faire mais il faut être très précis dans ce type de citations. Dans ce cas précis il te suffit de modifier l'année indiquée, mais sur un concours, c'est le genre de détail qui peut être rédhibitoire. Se documenter, est un plus pour éviter ce type d'erreur et aider à suggérer l'époque, même sur un texte court. Cela peut faire la différence et ce n'est jamais du temps perdu.

Il est tout à fait clair que le déroulement du récit manque de "cohérence". Entre le début et la fin, le changement de localisation du narrateur pose vraiment un problème.
Le déséquilibre est flagrant : tu n'avais pas opté pour un "scenario" au préalable et pas vraiment fixé la psychologie et l'histoire de ton personnage. Voilà qui torpille ce qui serait le point focal de ton histoire : la disparition de Minna. Définir une trame de départ est utile, sans pour autant préciser tous les détails qui font partie du processus de création dans l'écriture.
Mais il est important de faire des choix précis et les respecter pour servir ton histoire, surtout dans un exercice court comme une nouvelle, qui est très "codifié". D'ailleurs, placer subitement ton narrateur dans une maison de retraite n'amène pas du tout la chute indispensable à une nouvelle.

Le mélange de style nuit vraiment à la lecture, cela a été très bien détaillé dans les précédents commentaires.

L'avantage avec un texte qui n'est pas très long c'est de pouvoir le reprendre, le retravailler et c'est un très bon exercice pour progresser. J'aurais plaisir à te relire si tu décides de reprendre ton texte car l'idée de départ offre du potentiel.

A bientôt.





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Camille22
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