"Ma vie est un conte de faits"

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"Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Mar 25 Juin 2013 - 9:26

Critiquez, moquez ou aimez mais dites le moi !Embarassed merci


Dernière édition par Maylys le Mar 12 Nov 2013 - 15:57, édité 2 fois
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  MémoireDuTemps le Jeu 27 Juin 2013 - 15:08

Spoiler:

Maylys a écrit:
    AUTOBIOGRAPHIE D’UNE NÉVROSÉE 

La page blanche s'offre à moi pour faire de vous un lecteur anonyme, mon confident. Je vais mettre à nu mon âme et déverser tous ces souvenirs enfouis depuis si longtemps. Vous douterez parfois de mes écrits, vous vous demanderez si je ne suis pas une affabulatrice en manque de reconnaissance. Vous ressentirez peut-être l’envie de démêler le vrai du faux, de passer maître dans l'art de détecter l'imposture. Vous pouvez pourtant me croire, je vous confesse l'inconcevable inhumanité de la vilénie traversée. Commençons sans attendre.
 
[b style="mso-bidi-font-weight:normal"]Je pense que cette introduction serait peut-être plus à mettre en la séparant du récit (prologue ?) même si elle est courte. Notamment parce qu’elle se présente non pas pour présenter le sujet, mais plus pour guider le lecteur ou simplement l’avertir. Il y a aussi un détail qui moi me manque : c’est basé sur une histoire vraie, ça je le comprends, mais est-ce ta vérité crue ou ta vérité romancée et peut-être encore plus crue ?[/b]

Je suis née au printemps 1961 dans le petit village de Bruay-en-Artois [b style="mso-bidi-font-weight:normal"] (tristement célèbre, est-ce voulu ?)[/b]. L’air y était doux, parfumé de la sueur végétale des prairies en fleurs en cette saison. Ma mère, mondaine vaniteuse, n'avait pas eu le temps de rejoindre Paris pour me mettre au monde. J'imagine son désespoir loin du gratin parisien dans cette chambre glauque, exigüe et délabrée. Les privilèges dorés représentaient peu d'intérêt devant ce parterre de gens du peuple. Elle ne pouvait pas exhiber son argent ou déployer son charisme, soi-disant, de Gréta Garbo, sans se montrer ridicule. Même l'accent faubourien de ses interlocuteurs du moment avait dû lui arracher des rictus crispés de dégoût. Comment une femme raffinée, élégante, même précieuse, pouvait-elle accoucher dans un sordide hôpital de campagne ?
— Vous là, veuillez m’apporter un remontant, un verre de champagne par exemple ! [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]Dit[/b]-elle avec l’arrogance d’une diva de pacotille au rabai[b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]s[/b] [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"] (le cadratin, très bien ☺, mais par contre le français impose une minuscule pour commencer une incise de dialogue (Word et Open office se trompent), même après ! ? ou …et il manque le point de fin de phrase)[/b]
— Vous êtes dans un hôpital, pas dans un palace, madame.
— Très drôle ! cela dit, je l'avais remarqué, le seul luxe ici, c'est ma présence [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]! Elle[/b] esquissait un geste pendulaire de la main avec dédain [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](par contre quand l’interjection ne fait pas partie de la phrase comme ici, la majuscule s’impose à Cela … et l’incise impose l’inversion sujet-verbe et comme ici ça ne convient pas, tu dois aller à la ligne pour Elle esquissait)[/b]
— Ce dont vous avez besoin en ce moment, c'est surtout de compétences médicales non ?
— Certes, mais je tiens à me conduire comme une personne civilisée et non comme une de vos génisses hurlantes qui va mettre bas ! [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]Ajouta[/b] ma mère en ponctuant d’une grimace de répulsion
— Ici, nous manquons cruellement de vétérinaires, nous nous contentons de médecins de campagne… sourit l’infirmière, satisfaite de son estocade.
— [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]Ahhhhhhh, ahhhhhhhh[/b] j'ai mal ! [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](en littérature, on évite la surenchère car des mots plus ou moins courants, des formes de phrases permettent de la décrire)[/b]
— C'est douloureux en effet, vous allez sans doute, pendant les prochaines heures, perdre un peu de votre savoir-vivre et de votre superbe[b style="mso-bidi-font-weight:normal"]…,[/b] Votre Altesse ! [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](quand deux ponctuations se succèdent, on choisit la plus forte, donc ici …)[/b]
— Ferme-la, sale bonniche et donne-moi un calmant [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]ahhhhh… ahhhh[/b]
— Le travail a commencé et comme je disais les mauvaises manières aussi ! s’empressa d’ajouter la soignante sur un ton narquois. [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"][/b]
D'après ma mère, la souffrance pendant l’accouchement qui dura seize heures[b style="mso-bidi-font-weight:normal"],[/b] [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](pas de virgule) [/b]fut insoutenable. Pour elle, égocentrique à outrance, une enfant correspondait à un fardeau, une entrave à ses sorties nocturnes et à sa recherche de mari aisé [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"](de mari aisé : dit comme ça, ça accroche un peu, peut-être d’un mari aisé)[/b]. Je suppose que ce furent les deux raisons principales [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"] (le fardeau et l’entrave ?) [/b] de mon oubli pendant de longues années chez des nourrices éphémères. Je ne me souviens plus du nombre, tellement elles semblaient inodores, sans saveur et sans chaleur. Par contre, l'une d'entre elles a marqué ma mémoire, ma vie à jamais. Je vais vous épargner le descriptif morne de mes premières années pour vous raconter le vrai début de ma vie : la naissance de ma personnalité, de mon être profond.
 
Un soir, ma mère me présenta Marceline sur le pas de porte de notre maison. Tout en m'expliquant qu'elle m'envoyait vivre chez cette inconnue, elle engouffrait frénétiquement mes affaires dans le coffre de la voiture. Je ne ressentis aucun sentiment particulier à ce moment-là. L'habitude sans doute de n'avoir pas mon mot à dire. J'exécutais quand maman donnait un ordre, tout simplement. Marceline apparaissait fluette, petite, assez quelconque. Son nez se révélait long et maigre, ses yeux fuyants, ses pommettes saillantes, mais surtout c'était sa pâleur qui surprenait. 
L'échange se passa très vite, maman dut m'embrasser, mais je ne m'en souvenais pas. Ma nouvelle connaissance [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](expression bizarre pour une nourrice) [/b]et moi prîmes la route [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]pour[/b] rejoindre une destination proche sans dire un seul mot. Le silence restait de toute façon [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]pour [/b]moi[b style="mso-bidi-font-weight:normal"],[/b] [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](pas de virgule)  [/b]un refuge où je me délectais de pensées positives, je m'imaginais un parcours tout autre. J'allais peut-être découvrir une vie de famille avec des enfants qui piqueraient mes jouets. [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]Pleins (ici plein est utilisé en adverbe donc invariable) [/b] de camarades à l'école, de sales gosses qui ne me laisseraient pas copier par dessus leur épaule. Dans ma tête, des images d'existence ordinaire s'animaient joliment. À notre arrivée, debout devant un salon de capilliculture, se tenait un gros monsieur. Il avait l'air heureux de nous voir, il s’avança et je compris instinctivement que je l'aimerai énormément !
René, le mari de Marceline depuis onze ans, était coiffeur [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]pour[/b] hommes. Sa maison familiale abritait son établissement que nous traversâmes [b style="mso-bidi-font-weight:
normal"]pour[/b] atteindre la salle à manger, elle-même, donnait sur une spacieuse cuisine. À ma grande surprise, [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]pour[/b] accéder à la salle de bain et aux toilettes, nous étions contraints de sortir dans une cour. Vous imaginez l'hiver ? Rigide comme un cadavre [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]pour[/b] se rendre à la douche, avec des stalactites plein le nez À l'étage se trouvait deux chambres lumineuses, chacune agrémentée d’un grand lit, [b style="mso-bidi-font-weight:normal"](virgule inutile) [/b]surmonté d’un énorme édredon de plumes. Les deux pièces étaient décorées sombrement dans des nuances d'orangés chauds…….


 
 
J’ai donc lu ton début afin d’avoir une idée et te donner un premier exemple de bêta, enfin de ma manière de faire mes bêtas bien sûr…
J’ai commenté beaucoup de choses, mais ça ne veut pas dire que ton texte est faible bien au contraire ; il est bien écrit, ta rédaction convient parfaitement au propos et mes remarques portent sur des points de détail (sauf la typographie des dialogues avec certaines règles à respecter… rares sont les auteurs pas encore bêta-lus qui les connaissent toutes). Dans cette unité de rédaction, forcément on remarque ce qui ressort.
L’histoire commence fort et tu ne t’étends pas, à raison, sur les détails qui retarderaient le passage au récit lui-même.
J’ai remarqué, sans les signaler, un peu trop d’adverbes en "ment" et d’utilisation des verbes être et avoir seuls, enfin parfois seulement et il est toujours conseillé de les remplacer par des verbes plus significatifs mais il n’y a pas d’abus comme certains écrits. et à un moment beaucoup de [b style="mso-bidi-font-weight:normal"]pour[/b] (soulignés d’orange)
Le plus : bien écrit rédaction adaptée, concision à ce niveau de début de récit, ce qui est conseillé surtout au premier chapitre dans ce cas
Les moins : des détails à revoir, la typographie, l'abus de pour
Et bien sûr, ce n’est que mon avis… et je le partage ☺

remarque : l'éditeur du forum étant nouveau, il génère parfois des choses bizarres What a Face

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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Jeu 27 Juin 2013 - 15:54

Merci pour ce commentaire complet. J'en ai fait deux de mon côté mais ils sont loin d'être aussi riches d'enseignements. Mais je vais m'accrocher:D  

c’est basé sur une histoire vraie, ça je le comprends, mais est-ce ta vérité crue ou ta vérité romancée et peut-être encore plus crue ?


Justement je laisse le soin au lecteur de se faire sa propre idée. C'est une fiction ponctuée de vérités, parfois la réalité dépasse la fiction...on croit ce qui est faux et on ne peut pas croire ce qui est vrai. Nous ne sommes pas encore dans le vif du sujet. A l'origine le titre était "autobiographie d'une menteuse" puis "autobiographie imaginaire d'une névrosée". Je précise que le fait d'être "névrosée" est une pure fiction:bounce:. C'est le seul indice que j'accepte de donner sur la véracité du récit.
Tout au long de l'histoire, je veux laisser un sentiment positif même si la trame est glauque.

Pour Bruay-en-Artois c'est en effet voulu.

le fardeau et l’entrave ?
Bien vu ! avec le mari aisé cela fait 3.

Enfin pour finir avec le pour, je suis contre le pour excessif ! Merci je vais revoir ma copie.
Je vais retravailler mon début.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  nayladream le Ven 28 Juin 2013 - 15:50

Coucou :-)
Je viens de lire le début de ton roman. Tout d'abord, bravo pour l'énergie que tu y mets, c'est si entrainant que je n'ai pas pu m'arrêter jusqu'au mot "pillules". Comme c'est cruel de ne pas avoir la suite.

Je reviens par contre vers toi sans faute ce week end, pour te donner ma version de bêta lecture.
Certains membres préfèrent rester pro. Pour moi, ce sera différent. il n y a pas de raison qu un écrit écrit avec une âme et un coeur à l ouvrage reçoive une étude qui en soi dépourvue.
J'ai hâte de te poster ça.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Sam 29 Juin 2013 - 8:30

Vraiment merci pour tes encouragements.
Maintenant je fais comme "sœur Anne"... Je suis impatiente !
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Pacô le Lun 1 Juil 2013 - 18:43

Coucou !
Je vais m'affairer à une première bêta-lecture. Tu remarqueras au cours de mes (nombreux) commentaires que je suis quelqu'un d'assez tatillon, chiant, méticuleux et que je ne lâche pas le morceau.
Ceci étant dit, je respecterai tes choix de rédaction, même s'ils ne me convainquent pas moi-même. Tu reste « maître » de ton récit, de ta façon d'amener les choses. Mes commentaires et critiques n'auront que pour seul but d'apporter un nouveau regard, et peut-être, une meilleure façon pour toi de « repenser » l'écriture globale de la nouvelle Wink.
Commençons si tu veux bien !


Relevé sur le vif:


à la soi-disant, Greta Garbo
=> j'enlèverais la virgule 


— je souffre le martyre, vous devez soulager mon affliction !
=> une affliction est davantage psychologique que physique. Il ne convient pas tellement aux douleurs provoquées par les contractions.


— le travail commence et comme je disais les mauvaises manières aussi ! 
=> je n'ai pas saisi le sens de la phrase, qui me semble un peu maladroite dans la formule


Il en découle les raisons principales de mon oubli pendant de longues années chez des nourrices éphémères. Je ne me souviens plus du nombre, tellement elles semblaient inodores, sans saveur et sans chaleur.
=> ce qui est inodore, sans saveur et sans chaleur... ce sont les raisons ? Ou des années ? Je me doute que c'est la seconde option, mais la construction n'est pas très logique.


— certes très chère, j’aspire toutefois à me conduire comme une personne civilisée, élégante et subtile à la différence de vos génisses hurlantes qui vont mettre bas !
Ajouta ma mère en ponctuant d’une grimace de répulsion, les lèvres pincées et le menton agressif.
=> attention, à plusieurs reprises tu décales tes incises. Les incises font partie de la forme du dialogue, elles font partie de la phrase mais pas du discours, un peu comme une parenthèse : pas de majuscule, ni de retour à la ligne Wink.



Vous imaginez l'hiver ? Rigide comme un cadavre avec la ferme intention de se rendre à la douche, à moitié cryogénisée et des stalactites pendues au bout du nez. 
=> "Vous imaginez l'hiver ?" est une façon d'interpeller le lecteur un peu incongrue dans le contexte qui oscille entre confidences d'une petite de bonne famille et rédaction détachée de pensées personnelles.
=> "Rigide" s'associe dans le contexte avec celui ou celle qui va prendre sa douche. Or grammaticalement ici, il se réfère à l'hiver.


Puis je voulu me rendre aux toilettes pour alléger ma vessie. 
=> je voulus (accord)


de passer devant la salle de bain et enfin de tourner à gauche pour accéder aux latrines. 
=> "salle de bains" avec un "s" est mieux appréciée que sans, même si les deux orthographes sont correctes


Ou bien, l'ultime nourrice avait omis de dire que je devais apprendre à lire et écrire.
=> l'ultime signifie qu'il n'y en a pas eu d'autres ensuite. Alors que si Smile.


Je pourrais croire que tu ne m'aimes pas, ce que je prendrai pour de l'ingratitude. J'en serai offensée.
=> Si elle "pourrait", elle le "prendrait" et en "serait" aussi. Il faut du conditionnel et non du futur pour les verbes "prendre" et "être" : "ce que je prendrais" et "j'en serais offensée".


et je vous conte en détail les jeux de la perfide Marceline.
=> en "détails", car on suppose qu'il y en a plusieurs !


Dans l'ensemble, le ton est donné et l'histoire n'est ma foi pas inintéressante à la première lecture.
J'ai du mal à situer "le ton" du récit : d'une part, on ressent un peu l'effet d'une petite chipie un peu naïve, d'autre part on se confronte à un souci bien plus grave qu'est celui de la maltraitance perverse.
Et je dirais que la principale défaillance du récit vient de cet aspect là : concrètement, on ne sait pas trop si l'on doit rire ou pleurer, tant les situations sont parfois aussi cocasses que dramatiques.
On va étudier ça d'un peu plus près :


  • Des réflexions parfois mal amenées

Ce que je relève de très positif pour autant, c'est ta volonté d'immerger le lecteur dans la tête de la petite fille : ses réflexions sont amusantes et donnent un cachet certain aux situations, voire une profondeur au scénario qui se démarque des autres.
Je ne suis donc pas entrain de te dire qu'il faut retirer ce que je vais te souligner par la suite. Je trouve ça excellent de nous bombarder d'anecdotes, de s'intéresser au détail plutôt que de verser dans une description générale.

Cette stabilité risquait de toute façon de les fragiliser dans leur future existence, du moins d'après mes croyances ! 
Je suis tout à fait "pour" que tu nous amènes sa pensée à elle.
Par contre, je trouve qu'à côté du reste, ça ne correspond plus tout à fait à l'esprit de la petite fille. Comme si tu voulais "placer" cette idée, sans savoir comment l'insérer proprement.
Mon petit conseil à moi pour atteindre ce but, ce serait de rester dans ton schéma de base : depuis le début tu montres les aspects à travers les personnages directement (ex : le dialogue de la mère à la maternité). Eh bien, fais de même ici : prends en exemple un camarade de sa classe qui a l'air peut être un poil coincé et renfermé, et fais lui dire dessus qu'elle pense qu'il a été trop materné par sa famille. Pas comme elle.


Dans la salle à manger attenante se trouvait un autre poste malgré le fait que nous ne puissions capter qu'une seule chaine existante, cela paraît irréaliste de nos jours de vivre avec si peu de technologie. Je vous assure pourtant que je n'ai pas cent ans et que je ne suis même pas encore grand-mère !
Même chose ici !
On ressent tout à coup l'âge avancée du narrateur, et on oublie la petite fille. On va dire que ça détruit un peu l'ambiance, et ça fait un peu la remarque "amenée avec de gros sabots". Tente d'être un peu plus subtile, moins frontale avec l'idée que tu veux insérer. Arrange toi pour qu'on se dise de nous même : "ah ouais, avant, ça devait pas être drôle d'avoir qu'une chaîne", sans que la narration le dise tel quel.
La phrase de fin sur le fait qu'elle n'est pas grand mère et qu'elle n'a pas 100 ans est à mon sens... un peu mal placée ici ^^".


Vous imaginez l'hiver ? Rigide comme un cadavre avec la ferme intention de se rendre à la douche, à moitié cryogénisée et des stalactites pendues au bout du nez.
Là, comme je l'ai dit dans mon relevé : tu interpelles directement le narrateur.
Laisse là dans son univers à elle, puisque depuis le début on a l'impression de s'immerger dans sa bulle. Là c'est un petit peu comme si on l'observait discrètement et qu'elle venait de se retourner et de nous pointer du dos. On change d'optique dans cette phrase, ce qui sonne un peu discordant par rapport au reste Smile.

En fait, il n'y a pas de manuel de la bonne narration. Il faut juste se donner un cap, et le tenir.
Ici, tu sembles avoir opté pour la confidence, l'immersion dans la tête d'une petite fille. Il faut donc garder la barre et rester dans ce style là. Plus tu mélangeras un peu les façons d'aborder les situations, plus tu risques de perdre ton lecteur, mais aussi de découdre un peu l'univers créé. Au point qu'il en sera bien moins intéressant.


  • Les descriptions parfois un peu maladroites


Les descriptions, c'est un atout pour enrober tes actions et leur donner plus d'impact sur le récit. Par exemple, raconter qu'un homme dérape dans sa douche et tombe sur les fesses... ça peut révéler deux émotions : soit tu apportes un contexte dramatique, et tu invoques cette scène dans un esprit triste et pathétique, soit au contraire, tu l'abordes dans un contexte enrichi d'humour et de détails cocasses, et cette chute peut devenir une pitrerie.
Je pense, personnellement, que tu as pigé ce principe.
Mon reproche s'oriente plutôt sur la façon dont tu abordes tes descriptions :

  1. tu as tendances à entremêler les deux
  2. tu as tendance à surenchérir


Une description, il faut que ce soit fin et élégant. En d'autres termes, elle doit arriver dans le récit sans trop se faire sentir. Je prends un exemple flagrant d'un mauvais positionnement de ta description :

Ma mère, bourgeoise vaniteuse,n'avait pas eu le temps de rejoindre Paris pour me mettre au monde.
"bourgeoise vaniteuse" est une description puisqu'elle nous apporte la première image de la mère.
Cependant, dans cette phrase, le souci majeur... c'est que cette description apparaît comme un éléphant dans une faïencerie. 
Elle s'insère très mal dans le contexte, parce qu'on ne comprend pas tout à fait pourquoi tu ajoutes un détail sur son comportement, alors que la phrase parle qu'elle n'a pas pu accoucher à Paris. Du coup, cette description apparaît un peu comme parasite.
Par ailleurs, tu sembles bien conforter l'idée que cette mère est bourgeoise et vaniteuse par la suite, dans une description psychologique d'elle séparée de l'action en cours. C'est ça le bon feeling : les phrases d'après sont lues avec plus de facilité et plus de compréhension : parce que les descriptions ont leur bonne place dans la phrase.
Par conséquent, je ne suis pas sûr qu'il soit nécessaire de conserver ce "bourgeoise vaniteuse" ici.

Ensuite, la description est d'autant plus pertinente lorsqu'elle est légère. Les plus belles citations sont d'ailleurs souvent faites avec subtilités et douceurs. Autrement dit, il n'est pas nécessaire de surcharger une description d'adjectifs ou de termes d'un même champs lexical pour imposer une image.

L’air ambiant se humait avec gourmandise car parfumé de la sueur végétale des prairies en fleurs en cette saison.
Il y a de l'idée... mais la phrase est assez lourde et maladroite.
D'une part, parce que tu surenchéris avec "humer", "gourmandise", "parfumé", "prairies en fleurs"... et aussi parce que tu places un mot d'une connotation contraire à tout ça : "sueur" qui a plutôt tendance à nous rappeler des odeurs pas très parfumées et pas très appréciées.

On constate un peu ce même résultat dans les dialogues : dans de nombreuses incises, tu précises le ton de la voix. Si ça peut être intéressant pour une ou deux répliques... il devient "polluant" pour la bonne compréhension du récit d'éviter les "avec un sourire narquois", "avec une pointe d'ironie dans la voix", "avec un ton grave et violent" etc.
Parce que finalement, on n'a l'impression que ce dialogue n'est pas naturel ; et qu'il est même surjoué Smile.

C'est un petit peu tout ce que je peux critiquer sur la forme.
Tu as vu, je suis chiant ? Twisted Evil

Au niveau de l'histoire en elle-même, je reprends un peu mon avis du début.
Cette nouvelle est partagée entre l'amusement et la gravité : ce jeu est intéressant - et rejoint un peu le titre - parce qu'on ne sait pas trop si on doit s'attendre à quelque chose qui va nus divertir, ou qui va nous faire prendre conscience de la vie pas normale d'une petite fille.

De ma propre gouverne, j'émets quelques doutes sur la pertinence de faire raconter cette histoire par la petite fille plus "vieille". Pourquoi ne pas rester toujours dans la tête de la petite ?
Je dois avouer que la fin de l'extrait avec la coupure pour prendre les gélules est un poil "too much", pas très très très original car on pense un peu à toutes les comédies ou les dessins animés où un personnage nous raconte une histoire... et, encore une fois, ça casse un peu l'univers créé.
C'est un avis tout à fait personnel et subjectif que je te fais là tongue

Je tiens aussi à préciser que j'ai particulièrement aimé le dialogue entre la petite et ses nouvelles copines dans la cour de récréation. Je trouve que les répliques posent vraiment bien le contexte, et que ça donne un aperçu de la logique de la gamine. Bien joué Smile.
Par contre, j'ai beaucoup moins apprécié le dialogue de la mère avec l'infirmière/aide soignante au début. Je le trouve un peu trop "surjoué" là aussi, pas assez naturel... et un peu en retrait par rapport à l'ambiance du roman.

En résumé - et en synthèse :

J'ai aimé :

  1. l'enchaînement des scènes
  2. la narration enrichie d'anecdotes
  3. le dialogue de la gamine avec ses copines
  4. le ton général du récit


J'ai moins aimé :

  1. la maladresse de plusieurs descriptions, soit mal placées, soit trop visibles
  2. des petites entorses au climat général du récit, notamment les réflexions plus "larges" de l'enfant
  3. le dialogue de la mère à la maternité
  4. les retours à l'enfant plus « vieille »


Voilà. Tu peux aussi me faire un retour de cette bêta-lecture, me dire ce que tu as pris ou non. Et surtout pourquoi : mes bêta-lectures sont ouvertes sur le travail et l'échange de points de vue pour faire ressortir les trucs essentiels.

Bonne soirée Wink.

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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Mar 2 Juil 2013 - 7:57

Bonjour,

Tu es un retraité très actif et prolixe. Merci pour cet investissement.
J'ai fait la bêta de ta bêta Very Happy 
Pacô a écrit:concrètement, on ne sait pas trop si l'on doit rire ou pleurer, tant les situations sont parfois aussi cocasses que dramatiques.
Pour moi c'est un compliment car je voulais vraiment donner ce ton. Je dois affiner mon récit mais je tiens à rester sur cette idée. Je souhaiter aborder ce sujet sur un ton léger, en décalage avec sa gravité. J'avais envie de dénoncer la maltraitance sur un ton positif mais sans masquer la brutalité de la réalité. Je crois que le récit est plus digeste, plus léger pour le lecteur qui n'a jamais été confronté à cette situation.


Pacô a écrit:On ressent tout à coup l'âge avancée du narrateur, et on oublie la petite fille. On va dire que ça détruit un peu l'ambiance, et ça fait un peu la remarque "amenée avec de gros sabots". Tente d'être un peu plus subtile, moins frontale avec l'idée que tu veux insérer. Arrange toi pour qu'on se dise de nous même : "ah ouais, avant, ça devait pas être drôle d'avoir qu'une chaîne", sans que la narration le dise tel quel.
Je comprends ce que tu veux dire, à revoir ce passage. Par contre c'est bien une "vieille" qui raconte son histoire de petite fille, la narratrice n'est pas l'enfant.


Pacô a écrit: soit au contraire, tu l'abordes dans un contexte enrichi d'humour et de détails cocasses, et cette chute peut devenir une pitrerie.
Je pense, personnellement, que tu as pigé ce principe.
Là encore tu as saisi mon idée. Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières mais expliquer que cela existe.


"bourgeoise vaniteuse" est une description puisqu'elle nous apporte la première image de la mère.
Cependant, dans cette phrase, le souci majeur... c'est que cette description apparaît comme un éléphant dans une faïencerie. 
Je suis d'accord avec toi, je peux me passer de cette description.


On constate un peu ce même résultat dans les dialogues : dans de nombreuses incises, tu précises le ton de la voix. Si ça peut être intéressant pour une ou deux répliques... il devient "polluant" pour la bonne compréhension du récit d'éviter les "avec un sourire narquois", "avec une pointe d'ironie dans la voix", "avec un ton grave et violent" etc.
Parce que finalement, on n'a l'impression que ce dialogue n'est pas naturel ; et qu'il est même surjoué .
Là je partage ton avis à moitié.
En effet je peux épurer un peu mes fins de phrases. Par contre je veux donner le ton "surjoué" de la mère, celle-ci vit dans un autre monde et n'éprouve que dédain pour les autres. Je grossi à peine le trait d'une "bourgeoise vaniteuse", ce genre de femme existe dans certains milieux ( parfois encore bien plus pédantes).Very Happy 

La suite devient plus sombre et la "vieille" s'interroge davantage, explique les séquelles et ses peurs. Je garde toutefois toujours un ton détaché, humoristique et de dérision, quand le récit le permet. Pour qu'au final le lecteur se demande vraiment ce qui peut être vrai ou faux.

Je vais retravailler le texte et bientôt un V3 verra le jour.
Merci encore Pacô de ne pas être un fantôme sur le site." Mémo", je crois, prendra soin de celui-ci en gardant tes valeurs.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Pacô le Mar 2 Juil 2013 - 19:11

Je viens faire un petit retour du coup :

Pour moi c'est un compliment car je voulais vraiment donner ce ton. Je dois affiner mon récit mais je tiens à rester sur cette idée. Je souhaiter aborder ce sujet sur un ton léger, en décalage avec sa gravité. J'avais envie de dénoncer la maltraitance sur un ton positif mais sans masquer la brutalité de la réalité. Je crois que le récit est plus digeste, plus léger pour le lecteur qui n'a jamais été confronté à cette situation.
Je ne dis pas que c'est forcément négatif ; j'ai exposé mon point de vue. Ne t'inquiète pas Razz.
Je me suis mal exprimé : ça peut être une défaillance si c'est mal géré.
Sous-entendu : les quelques maladresses relevées auparavant dans la bêta-lecture. Quand tu sors un peu de ces deux ambivalences, soit en versant dans le cocasse trop clownesque, soit en plongeant dans le pathos.

La difficulté sera de rester sur le fil du rasoir. Smile


Je comprends ce que tu veux dire, à revoir ce passage. Par contre c'est bien une "vieille" qui raconte son histoire de petite fille, la narratrice n'est pas l'enfant.
Voui, voui, j'ai bien compris qu'il s'agissait de la gamine... plus vieille.
D'où l'"enfant" plus vieille, un peu maladroit tongue

Là je partage ton avis à moitié.
En effet je peux épurer un peu mes fins de phrases. Par contre je veux donner le ton "surjoué" de la mère, celle-ci vit dans un autre monde et n'éprouve que dédain pour les autres. Je grossi à peine le trait d'une "bourgeoise vaniteuse", ce genre de femme existe dans certains milieux ( parfois encore bien plus pédantes).Very Happy 

La suite devient plus sombre et la "vieille" s'interroge davantage, explique les séquelles et ses peurs. Je garde toutefois toujours un ton détaché, humoristique et de dérision, quand le récit le permet. Pour qu'au final le lecteur se demande vraiment ce qui peut être vrai ou faux.

Je vais retravailler le texte et bientôt un V3 verra le jour.
Oui, je comprends ton intention.
Et je ne critique pas le personnage de la mère - qui a le droit de faire ce qu'elle veut, c'est ce qui fait le charme de l'histoire.

J'émets des doutes sur la construction de ce personnage. La narration est exagérée. Et tu peux faire un personnage exagéré avec une narration simple.
Candide de Voltaire a des personnages plutôt atypiques mais la narration est simple. Tu vois ce que je veux dire ?


Bon, après on va pas trainer sur cet extrait 150 ans avec moi.
C'est juste mon petit aperçu des choses, que tu peux prendre ou non.
Bonne soirée Wink.

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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Mer 3 Juil 2013 - 7:11

Merci Pacô pour ton investissement. Je vais tenir compte de tes remarques pour améliorer mon texte.
C'est vraiment important cet œil critique extérieur cyclops , je n'ai pas choisi la facilité avec ce style de construction humour/tragique. Je sais ce que je veux faire passer mais je sais moins comment le lecteur peut le ressentir. Ton aide (et celle des autres membres ) est précieuse.
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Extrait 2 (supplice de la baignoire) "Autobiographie..."

Message  Maylys le Mer 3 Juil 2013 - 12:56

Je rentre un peu plus dans le vif du sujet. Plus sombre, moins ponctué d'humour.
J'attends vos critiques afin de l'améliorer. merci
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Invité le Dim 28 Juil 2013 - 13:54

Spoiler:
En Mitoyenneté la majuscule a une raison particulière ? sur notre droite, vivait Joseph, un accordéoniste aveugle. Il fût pressé de me deviner de ses mains moites, en effleurant les contours de mon visage avec gourmandise et application Deux choses ici : j'aime beaucoup déjà me représenter la scène. Ensuite, tu parles d'application, de gourmandise et d'être pressé. Penses-tu que tout cela va ensemble ? . II trépignait là encore, tu repars avec un verbe qui montre bien ce côté pressé d'impatience de me faire découvrir ses talents de musicien. Son regard semblait éteint, noir, glacé, sans aucunes expressions. Pourtant j’y décelai une infinie gentillesse, une douceur incomparable et une clairvoyance étonnante. une bonne idée de parler de regard pour un aveugle. Souvent, on en parle sans en parler ou on pointe des choses négatives. Je dois à Joseph mon amour de la musique, ce ressenti incroyable qui parcourt chaque parcelle de mon corps et me fait frissonner d‘extase. Je succombais à un émerveillement total lorsqu’il étranglait le soufflet de l’instrument, en même temps que vagabondaient ses doigts agiles sur les petits ronds de nacre blanche. L‘accordéon, comme par enchantement, laissait s’évaporer une symphonie colorée et odorante de notes de musique. Joseph possédait un autre talent, je le prenais pour un voyant, un extra-lucide puisqu'il devinait ma présence sans jamais se tromper. Il avait l'ouïe d'une chauve-souris, ce qui m'amène à vous faire entrer dans le vif du sujet maintenant, avec mon explication du « supplice de la baignoire ». c'est étrange, on dirait qu'un autre texte commence, presque comme si on allait changer d'univers. Alors, certes, le mot supplice est un mot fort et contraste avec la relative douceur de ce que tu as écrit jusque là mais j'ai senti une rupture avec ton interpellation du lecteur : "ce qui m'amène à vous..."
Pourquoi n'a-t-il jamais évoqué mes cris ? Pourquoi son incroyable faculté ne m'a t'elle pas sauvé ? 
Sa cuisine donnait directement sur notre cour, juste un muret faisait office de frontière. Pourtant, il n'empêcha pas ma charmante nourrice psychopathe de reprendre à son compte une torture bien connue pendant la Seconde Guerre mondiale. Je soulignerai que mon bourreau se documenta avec soin. La salle de bain se révéla vite comme ma salle de géhenne. J'ai oublié les motifs présents sur la faïence ou la couleur du carrelage, mais je me souviens parfaitement de cette cuve blanche au toucher froid qui m'évoquait un abreuvoir à bestiaux. Elle s'adossait au mur, au fond de cette grande pièce carré, face à la porte d'entrée vitrée mauve. Marceline la remplissait de liquide bouillonnant et tandis que je me déshabillais elle me lançait d'intimidants regards. Sans le vouloir, je lui avais donné une occasion de se distraire à mes dépens en lui avouant ma peur de l'élément humide. Elle élabora avec minutie, méthode et précisions les règles de son divertissement barbare. Le jeu consistait à me maintenir sous l'eau le plus longtemps possible. Le rituel débutait, Sous prétexte de me laver les cheveux, Marceline me plongeai le visage sous l’eau et attendait.  Mes poumons arrivaient rapidement à saturation et je suffoquais. Maman il fait un drôle d'effet, du saisissement, de l'effroi, ce "Maman" me laissait reprendre ma respiration dans des hurlements de terreur puis avec ses deux mains m'enfonçait doucement à nouveau la tête sous l'eau. Elle réitérait l'opération à un rythme soutenu, plus je paniquais, plus elle éprouvait du plaisir. Je me débattais dans le liquide tiède les yeux grands ouverts en pensant qu'elle allait me tuer. Pourquoi l’homme est-il capable de tant de cruauté gratuite ? Les guerres ont drainé leur lot de tortionnaires, ces lâches se sentaient tout puissant, cachés derrière un uniforme qui absout de tout. La férocité de quelques uns s’exerçait même en période de paix, j‘en faisais l’amère expérience. j'ai trouvé que cette pause dans le récit bisait la "bulle" du texte, de la torture.  Marceline évoquait avec les voisins, l'hypothèse simpliste de ma peur de l'eau pour donner un sens à mes cris de détresse quotidien. pourquoi as-tu décidé de ne pas aller plus loin entre les différences de comportement du bourreau ?
L'Explication semblait crédible et puis ce qui se passe chez les autres, ne nous regarde pas. La lâcheté humaine ne connaît pas de limites, à part celles de préserver sa tranquillité. Je croyais qu'il était naturel pour une bonne maman d'éduquer sa fille à la dure. Personne n'intervenait, la loi autorisait ces choses-là, je devais subir et me monter digne de ma mère de substitution.

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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Lun 29 Juil 2013 - 6:38

Merci pour ton commentaire...en période estivale sunny 


Pour le changement d'univers comme si c'était un autre texte, je souhaitais justement cette cassure.
Faire sentir la différence entre ce que tout le monde peut voir et l'opacité qui peut régner dans l'intimité de tout individu.

Je suis ravie que le "maman" fasse cet effet, c'est vraiment ce ressenti que je veux que l'on éprouve (le même que la petite fille).

Pour le passage en rouge, je vais le relire et voir si je peux mieux le lier au reste du texte. En effet à la différence de ma première explication plus haut, ici le texte doit être fondu avec le récit.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Pacô le Ven 9 Aoû 2013 - 8:33

Coucou !
Une petite lecture (très) rapide de ton second extrait :

Au passage : 
Le rituel débutait, Sous prétexte de me laver les cheveux, Marceline me plongeai le visage sous l’eau et attendait.
Il manque un point à la place de la première virgule Wink.

On retrouve encore un peu parfois de cette intrusion trop marquée de l'auteur à la place du narrateur, qui interpelle son public comme s'il était sur une scène :
 Il avait l'ouïe d'une chauve-souris, ce qui m'amène à vous faire entrer dans le vif du sujet maintenant, avec mon explication du « supplice de la baignoire ».
Penser à scénariser cette affirmation, plutôt que de nous la donner de façon "brute" et "parlée". Il faut que tu crées un univers, or ici cet univers est souvent "remis dans la réalité" à cause de ces intrusions qui nous fait croire que dans toutes les scènes il y a un public silencieux qui regarde. Comme la salle des confessions dans une télé-réalité Razz.

Je pense que pour ce genre de récit, il ne faut pas hésiter à faire "comme si" la narratrice se parlait à elle-même. Là, on dirait qu'elle prépare un sketch' sur scène, et qu'elle s'attend aux ovations de son public, puisqu'elle s'adresse à lui comme un présentateur TV.
On perd en réalisme et en naturel.

 Sans le vouloir, je lui avais donné une occasion de se distraire à mes dépens en lui avouant ma peur de l'élément humide.
Tiens, et pourquoi pas nous la raconter cette anecdote ?
Ce serait plus parlant, ça donnerait du cachet au récit et de la profondeur au scénario.

Pourquoi l’homme est-il capable de tant de cruauté gratuite ? Les guerres ont drainé leur lot de tortionnaires, ces lâches se sentaient tout puissant, cachés derrière un uniforme qui absout de tout. La férocité de quelques uns s’exerçait même en période de paix, j‘en faisais l’amère expérience
Ce passage là fait un peu hors sujet.
Il casse complètement la situation en partant sur des réflexions "philosophiques", alors qu'on la torture.
Et puis, je trouve, que ce serait plus intéressant de, soit le retirer, soit de l'exploiter plus concrètement dans un autre passage. Parce que là, présentement, c'est une réflexion trop superficielle qui n'apporte rien à l'histoire et qui véhicule une pensée assez commune à tous.


J'ai l'impression que quand je me dépêche, je ne fais que des critiques négatives.
Ce n'est pas le cas, mais j'ai relevé (trèèèès vite) tous les petits défauts.
Dans l'absolu, l'histoire entre cette gamine adoptée et cette belle-mère malsaine et tortionnaire est l'occasion d'exploiter beaucoup d'horizons.
Je jetterai un coup d'œil pour la suite Wink.

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Message  Maylys le Dim 10 Nov 2013 - 17:31

Enfin, j'ai pu revenir parmi vous... impossible de retrouver mon mot de passe ou même mon identifiant !
moi et l'informatique, c'est plié, ce n'est pas une histoire d'amour.
Merci pour ton commentaire paquiita Very Happy oui je sais, j'ai honte et je sors...
J'ai enlevé l'extrait sur "l'humain" hors sujet c'est vrai ! et je retravaille le texte entier merci !
d'ailleurs il a un nouveau titre... "Ma vie est un conte de faits"
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  globule le Jeu 14 Nov 2013 - 12:39

Bonjour Maylys,
je n'avais pas lu les précédentes versions de ton texte "ma vie est un conte de faits" (pour cause de glandouillage de vacances intensif), c'est donc d'un œil neuf que je regarde ta version 3.

Donc j'avais déjà une petite remarque sur le temps de ton texte: tu parles de quelque chose qui s'est passé il y a longtemps (sa naissance), et tu débutes au passé composé dans les premières phrases, alors qu'ensuite tu emploies l'imparfait et le passé simple, et cela me chiffonne un peu... je trouve que ça ne va pas, on passe du "raconté par la narratrice" à une histoire racontée par TOI (toi Maylys l'auteur), ça rend les choses hyper confuses. Si tu veux que l'on s'identifie à la narratrice, gardes le passé composé que tu avais employé au début; de plus la narratrice n'était pas encore née à cette période, donc elle ne peut pas savoir tout cela, elle ne l'a pas vécu. Mais elle peut l'imaginer (comme tu l'as dit au début, "J'imagine son désespoir...") ou on peut lui avoir raconté, mais en aucun cas savoir ce que pense et ressent sa mère de façon précise. Si tu ne mets pas de passé composé, il faut dire clairement que tu imagines la scène.

Spoiler:

Je suis née au printemps 1961 dans le petit village de Bruay-en-Artois. L’air se humait avec gourmandise, les effluves végétales des prairies en fleurs en cette saison virevoltaient. Ma mère n'avait pas eu le temps de rejoindre la capitale pour me mettre au monde. J'imagine son désespoir loin du gratin parisien dans cette chambre glauque, exigüe et délabrée. Les privilèges dorés représentaient peu d'intérêt devant ce parterre de gens du peuple. Elle ne pouvait pas exhiber son argent ou déployer son charisme, à la soi-disant, Greta Garbo, sans se montrer ridicule. L'accent faubourien de ses interlocuteurs du moment avait dû lui arracher des rictus crispés de dégoût. Comment une femme (il manque quelque chose: "aussi"?) raffinée, élégante, même précieuse, pouvait-elle accoucher dans un sordide hôpital de campagne ?
A partir de là tu reconstitues ou imagines une scène que ta narratrice n'a pas vécu, donc il faut nous le dire, ou mettre au passé composé et supprimer des "ressentis " que tu ne peux pas connaître en détail:
— vous là, apportez moi un remontant, un verre de champagne, un Bourbon ou tout autre alcool !
Persiffla-t-elle (j'aurais plutôt mis: "avait-elle persiflé" , et avec un seul "f" avec l’arrogance d’une diva de pacotille au rabais.  
— vous vous trouvez dans un service maternité, pas dans un palace, madame.
— quel humour ! Cela dit, je l'avais remarqué. Le luxe ici, se réduit à ma seule présence ! 
Elle esquissa (elle avait esquissé?) un geste pendulaire de la main avec dédain en guise d’insulte suprême.
— ce dont vous avez besoin en ce moment se résume surtout à des compétences médicales non ?
— certes très chère, j’aspire toutefois à me conduire comme une personne civilisée, élégante et subtile à la différence de vos génisses hurlantes qui vont mettre bas !
Ajouta (Incise à mettre après "...mettre bas.", en supprimant la majuscule car on n'en met pas au début d'une incise, + mettre au passé composé ? ) ma mère, les lèvres pincées et le menton agressif.
— ici, nous manquons cruellement de vétérinaires, nous nous contentons de médecins de campagne… 
— je souffre le martyre, vous devez soulager mon affliction ! Il me semble que le terme "affliction" désigne surtout une souffrance morale, mais pas une douleur physique, à vérifier.
— même les reines ressentent les contractions. Vous allez sans doute comme elles, pendant les prochaines heures, perdre un peu de votre savoir-vivre et de votre superbe…
— je dois lutter contre ce mal qui attaque ma dignité… Alors, ferme-la sale bonniche et donne-moi un calmant !
— le travail commence et comme je disais les mauvaises manières aussi !
 
A partir de là c'est bon au niveau des temps, puisque tu redis "d'après ma mère".


D'après ma mère, la souffrance pendant l’accouchement qui dura seize heures fut insoutenable. Pour elle, égocentrique à outrance, une enfant correspondait à un fardeau, une entrave à ses sorties nocturnes ou à sa recherche d’un mari aisé. Il en découle les raisons principales un peu lourd et redondant, je pense que "ce sont les raisons principales" suffirait de mon oubli pendant de longues années chez des nourrices éphémères. Je ne me souviens plus du nombre, tellement elles semblaient inodores, sans saveur et sans chaleur. Par contre, l'une d'entre elles a marqué ma mémoire à jamais. Je vais vous épargner le descriptif morne de mes premières années pour vous raconter le vrai début de ma vie : la naissance de ma personnalité, de mon être profond.
Un soir, ma mère me présenta Marceline sur le pas de porte de notre maison. Tout en m'expliquant qu'elle m'envoyait vivre chez cette inconnue, elle engouffrait avec une frénésie non dissimulée mes affaires dans le coffre de la voiture. Je ne ressentis aucun sentiment particulier à ce moment-là. L'habitude sans doute de n'avoir pas mon avis à donner, j'exécutais les ordres sans jamais la contredire. Marceline apparaissait fluette, petite, assez quelconque. Son nez se révélait long et maigre, ses yeux fuyants, ses pommettes saillantes, mais surtout sa pâleur diaphane surprenait par sa transparence excessive. Des veinules bleutées agrémentaient la surface de sa peau, s'étalaient en méandres indisciplinés jusqu'aux abords de ses oreilles et de son cou.
L'échange se passa très vite, maman dut m'embrasser, mais je ne m'en souviens pas. Ma nouvelle « garde-enfant » et moi prîmes la route pour rejoindre une destination proche sans dire un seul mot. Le silence restait de toute façon, un refuge où je me délectais de pensées positives. J'allais peut-être découvrir une vie de famille avec des enfants qui piqueraient mes jouets, des camarades d'école, de sales gosses qui ne me laisseraient pas copier par dessus leur épaule. Dans ma tête, des images d'existence ordinaire s'animaient joliment. À notre arrivée, debout devant un salon de capilliculture, se tenait un gros monsieur. Il avait l'air heureux de nous voir, il s’avança et je compris d’instinct que je l'aimerai énormément !
René, le mari de Marceline depuis onze ans, officiait comme coiffeur pour hommes. Sa maison familiale abritait son établissement que nous traversâmes afin d’atteindre la salle à manger, Là j'aurais mis un point ou un point-virgule, la phrase me parait un peu longue et les deux parties sont indépendantes. celle-ci donnait sur une spacieuse cuisine toute blanche égayée au centre d’une table en formica rouge. Ensuite, (pas nécessaire à mon avis) à ma grande surprise, nous étions contraints de sortir dans une cour dans le but d’accéder à la salle de bain et aux toilettes. Je m’imaginais l'hiver, rigide comme un cadavre avec la ferme intention de se rendre à la douche, à moitié cryogénisée et des stalactites pendues au bout du nez. À l'étage se trouvaient deux chambres lumineuses, chacune agrémentée d'un lit massif surmonté d’un énorme édredon de plumes. Les deux pièces de décoration sobre, dans des nuances d'orangés chauds, baignaient dans la clarté envahissante d’une fin de journée ensoleillée.


Là je ne comprends pas ta liaison entre les deux paragraphes (avant et après cette phrase que j'écris), tu passes de la description de la maison à l'envie d'aller aux toilettes; du coup moi j'aurais bien déplacé la phrase de description des toilettes un peu plus loin:

Puis je voulu(faute, manque un "s") me rendre aux toilettes pour alléger ma vessie. "à ma grande surprise, nous étions contraints de sortir dans une cour dans le but d’accéder à la salle de bain et aux toilettes. Je m’imaginais l'hiver, rigide comme un cadavre avec la ferme intention de se rendre à la douche, à moitié cryogénisée et des stalactites pendues au bout du nez. "Je fus obligé de sortir, de longer le mur de la cour, de passer devant la salle de bain et enfin de tourner à gauche pour accéder aux latrines. Un vrai parcours du combattant pour simplement uriner. C’est là que je rencontrai Rita… 
Une robuste chienne noire avec une barbichette grise, on aurait dit une chèvre… qui aboyait ! Elle vint se blottir dans les bras que j'ouvrais grand pour elle. J'ignorais à cet instant l'Importance (la majuscule au mot Importance est-elle intentionnelle? Pour renforcer la sensation?) que cet animal prendrait dans ma vie. Après avoir échangé des banalités avec mes hôtes, nous allâmes nous coucher. René monta dans une chambre, Marceline et moi dans l'autre en face. Je pensai que le vieux monsieur ventripotent devait ronfler pour qu'ils ne dorment pas ensembles (faute: sans le "s"). Je ne me doutais pas que mon avenir s'écrivait pour les deux années et demie à venir, une éternité. là j'aurais mis à la ligne, ou même sauté une ligne, parce que collée au paragraphe, cette phrase laisse entendre que c'est parce que l'homme ronfle que son avenir s'écrit, et ça c'est... très bizarre.


Je te fais la suite plus tard, là j'ai du boulot imprévu, excuse-moi.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Jeu 14 Nov 2013 - 14:24

Merci pour cet œil neuf !  

En effet, j'ai vu certaines erreurs à corriger rapidement. Je suis démasquée, j'ai du mal avec les temps et hésite très souvent. Je manque un peu de temps à cause du boulot mais je vais réécrire le texte pour encore l'améliorer.
Merci encore pour ton aide et le temps accordé.

PS Après relecture de mon message, que de "temps" ! Embarassed
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  globule le Jeu 14 Nov 2013 - 19:59

Coucou!
Comme promis, la suite.

Donc de manière générale:
-quelques oublis de ponctuation dans la deuxième partie, il manque pas mal de points à la fin de tes phrases
-quelques passés composés qui mériteraient d'être au passé il me semble (à vérifier avec d'autres relecteurs; je suis loin d'être douée en concordance des temps)
-des dialogues très "bruts" où tu ne décris pas les narrateurs ou leurs intention, ça donne une impression un peu creuse je trouve. Les dialogues avec les autres jeunes filles n'apportent pas grand-chose, il y a juste une ou deux idées que tu pourrais résumer en une phrase, cela serait sûrement plus percutant, idem avec Marcelline.
- ces dialogues un peu trop lisses me laissent un peu perplexe car le ton de l'ensemble est plutôt enlevé et même parfois drôle, et là tout retombe. Veux tu écrire quelque chose de vraiment tragique, genre "Princesse Sarah" où l'on va s'apitoyer sur l’héroïne et être en empathie avec elle, ou quelque chose de léger et humoristique ? Tout dépend, selon ce que tu vas écrire ensuite je suppose. Il me semble qu'il faudrait le définir dès le début, parce que là on ne sait pas très bien où tu veux nous emmener.

Spoiler:

Le lendemain, une étape cruciale m'attendait : l'école. Un petit bâtiment blanchâtre de quatre classes se profilait au fond d'une très grande cour de récréation. Je peux vous dire que j'éprouvais un sentiment d'immense gratitude pour l'architecte ! Je ne comprends pas bien cette phrase. Tu veux dire qu'elle est contente qu'il y ait une très grande cour de récréation? Je ne comprends pas pourquoi vu qu'elle est censée aller à l'école pour la première fois. De plus le mot "architecte" sonne trop adulte pour l'âge de ta narratrice.
Malheureusement, (n'apporte pas grand chose, vu que tu détailles après, c'est redondant avec la suite) Marceline partie, je me retrouvais (retrouvai sans le "s" vu que c'est une action "finie" donc au passé simple... à vérifier, je ne suis pas sûre de moi sur ce coup là) au milieu de sauvageons qui couraient dans tous les coins ; je me sentis abandonnée. Alors, prostrée, les yeux baissés, j'eus envie de pleurer. Soudain, des voix enfantines se mirent à bourdonner près de mes oreilles. En levant la tête, je vis de petits anges espiègles et curieux improviser une farandole autour de moi. Enfin, je faisais connaissance de trois copines, ma vie sociale s'annonçait sous les meilleurs auspices.
—  tu parles français ?
— ben pas toujours très bien, il parait (point)
— la dernière nouvelle venait d’un pays très lointain prés de l’océan… l’Espagne !
— tu es en quelle classe ? Questionnait ( pas de majuscule à Q, c'est une incise) une autre (point)
Je baissais (au passé simple, sans le "s"  car action courte) les yeux, tandis que mes joues rosissaient de confusion (point)
—  je ne sais pas encore…
— tu habites où avec tes parents ?
-— nulle part ! Je vis chez ma nourrice.
— c’est quoi une nourrice ? Fit (pas de majuscule à l'incise) la gamine interloquée, les yeux tout ronds d'étonnement.
— ben c’est une remplaçante de maman.
— elle est morte la tienne ?
— non, pas encore.
— pourquoi elle ne te garde pas alors ?
— elle me cherche un papa !
— ton père est mort, lui ?
— je ne sais pas je l’ai jamais vu vivant !  cette phrase sonne bizarrement dans la bouche d'un enfant
La cloche venait de retentir, je me postais (postai sans le "s" au passé simple car action courte et définie dans le temps) devant la classe que la directrice m'avait indiquée et d'un pas décidé, j'entrais (idem). Après ma présentation à tous les élèves, l'institutrice me demanda de lire pour apprécier mon niveau. D'une voix hésitante, j’essayai de décrypter les mots du livre avec tellement de difficulté, qu'elle finit par me dire (ponctuation)
— as-tu déjà ouvert un livre ?
— Oui plusieurs fois pour regarder les images ! 
—Tu ne sais pas lire du tout ? 
Ma voix s'éteignait (au passé) dans un souffle de gêne, en répondant :
— ben si, un peu...
— c'est un atout non négligeable de savoir lire et écrire. Tu sais écrire ?
L'inquisition de l'enseignante commençait par m'agacer, alors je relevais (au passé sans le "s") le nez fièrement et avec une pointe d'insolence je rétorquais (au passé sans le "s")
— ben si je savais, je ne viendrai (la il manque un "s") pas à l'école pour apprendre !
— tu dois aller au CP, suis-moi ! .
À cet instant, je compris que j'accusais un an de retard dans mes études, l'entrée au cours préparatoire s'effectuait dès l'âge de six ans et j'avais sept ans !
Maman ne m'avait pas vu grandir, elle avait oublié tout simplement de m'inscrire l'année dernière. Ou bien, l'ultime nourrice avait omis de dire que je devais apprendre à lire et écrire.
Là j'aurais sauté une ligne, ou un paragraphe, parce que tu changes d'idée/de description:
Le premier mois dans ma nouvelle famille se déroula plutôt agréablement. Notre relation prenait une forme plus cordiale, plus intime : Marceline se faisait appeler « tatie » et René devenait (là je ne sais pas pourquoi, le temps me chiffonne) « Tonton » d'ailleurs, quel homme délicieux, gentil et attentionné. Le matin quand je partais pour la classe, il me poussait à emprunter le salon de coiffure (je ne comprends pas, ça veut dire qu'elle passe à l’intérieur?) pour faire tinter la caisse enregistreuse et me donner quelques centimes afin d'acheter des bonbons. En effet, juste en face se trouvait la boulangerie du village : mon fournisseur officiel de friandises !
Rita, mon garde du corps à poil long, m'accompagnait devant la porte du « savoir » : l'école municipale. Je me révélai en (ou "une"?) élève appliquée, j'appris très rapidement à lire et à compter jusqu'à 100.
Je ne recevais aucune nouvelle de ma vraie famille, mais celle d'ici me convenait pour l'instant. Je ne ressentais pas de manque, grâce à ma mère qui m'avait bien habituée. J'étais forte et m'adaptais vite aux nouvelles situations improvisées. À sept ans, c'est une chance que n'ont pas tous les enfants ! Certains vivent entourés de leurs parents, grands-parents, les plus vernis échangent même de l'affection avec des frères et sœurs. Dans mon esprit de petite fille, il était préférable, pour ne pas sombrer, de m'imaginer privilégiée de vivre ainsi. La suite avec Marceline (pas nécessaire à mon avis, tu en parles plus loin) allait me noyer de doutes, de peurs et remettre en cause toutes mes convictions. Tout d'abord, Marceline me conseilla de l'appeler « maman ». Je n'y voyais pas d'inconvénients, juste une habitude à prendre. J'avais si peu employé ce mot que l'image associée à celui-ci m'importait peu.
Malheureusement, peu de temps après sa requête, l'appellation « tatie » était revenue naturellement. Cette étourderie souleva une tempête de reproches et de menaces. Le visage de Marceline, s'assombrit, sa bouche fine et pincée, accentué par de petits yeux froids immobiles lui donnait un air sévère, voir effrayant. D’une voix nasillarde, semblable à celle d’une sorcière, elle m’interrogea (ponctuation)

tu passes de la narration générale à une situation particulière en une phrase, ça ne colle pas. Quand tu dis "était revenue naturellement" on pense que c'est quelque chose qui revient progressivement dans le temps, et on ne comprend pas pourquoi brusquement Marceline réagit.
— tu ne veux pas m'appeler maman ?
— oh si tatie, mais j'ai pas encore l’habitude (ponctuation)
— je te conseille de rapidement la prendre, c'est la moindre des choses puisque c'est moi qui t'élève. Je pourrais croire que tu ne m'aimes pas, ce que je prendrai (manque un "s") pour de l'ingratitude. J'en serai offensée.
— je ne suis pas méchante, je suis juste tête en l'air (ponctuation)
— je vais te la remettre sur les épaules moi, la tête ! 
Et après, il se passe quoi? La tatie a l'air méchant, menaçant ? 
Tu aurais pu dire en quelques phrases descriptives la même chose en ayant plus d'impact, là le dialogue n'ajoute rien. Ou alors, détaille le vraiment avec des impressions, des ressentis.

(ce n'est que mon point de vue, et je t'avoue ne pas être très fan des dialogues de manière générale, sauf quand ils sont très cyniques, très drôles, ou très décalés.)
Cet intermède avait jeté un froid dans nos chaleureuses relations. 
Heureusement, Tonton était drôle et taquin, avec ses mains sur son gros ventre, il me faisait penser à « nounours » dans « bonne nuit les petits ». Il s'avançait avec la même démarche à la fois lourde et chaloupée, j'entendais presque en le regardant le « pom pompompom pom pom » du générique. Je compris malheureusement assez vite que je ne pourrais pas compter sur son aide face à « maman ».
Une des périodes les plus sombres de mon existence s'ouvrait. Ma vie future en garderai (il manque un "t") des séquelles insoupçonnées et indélébiles.

La pièce principale de la maison était la cuisine dans laquelle trônait une télévision pour suivre le journal de l'ORTF. Dans la salle à manger attenante se trouvait un autre poste malgré le fait que nous ne puissions capter qu'une seule chaine existante, cela paraît irréaliste de nos jours de vivre avec si peu de technologie. phrase trop longue," malgré le fait que" alourdit

Je vais vous raconter la première action que je qualifierais de « tactile », de la part de Marceline. Je souhaitais m'installer dans la pièce d'à côté, je demandais (sans le "s" au passé simple car action "finie") tout naturellement à Maman son autorisation.
— tatie, Je peux regarder la télé dans la salle à manger ?

La tu répètes en dialogue ce que tu viens de nous raconter avant: ce n'est pas nécessaire de mettre les deux, choisis.

— quoi ? tu (majuscule) as dit quoi ?
— euh ! Pardon tatie, je voulais dire... s'il te plaît ?  

Je reçus une gifle d'une telle brutalité qu'elle me fît vaciller, mon souffle fut coupé de sorte que je ne pleurai pas tout de suite, puis les sanglots submergèrent ma gorge à m'en étouffer. La stupeur me laissait (là je pense qu'un passé simple serait mieux mais ça se discute) sans réaction, sans mot, abasourdie par ce déchaînement de violence imprévisible. Ne me demandez pas de vous donner une explication plausible à son attitude, j'en serai bien incapable. Qui parle? Toi, la narratrice aujourd'hui ou la narratrice jeune? Ce n'est pas clair.
« Tu m'as appelée Tatie et pas maman ! Ta tête est bien revissée sur tes épaules maintenant ? »
J'acquiesçais (au passé sans le "s"), la tête baissée, comme un petit chien apeuré et soumis, le pire se profilait pourtant devant moi. Heureusement pour moi, Marceline n’avait pas relevé mon manque de politesse. 
Je représentais la proie idéale dont se délecte le plus vil des charognards, (ponctuation: tu passes d'un truc à l'autre dans la même phrase: il faudrait un point ou un point-virgule) insidieusement certains rituels angoissants se mirent en place. La veuve noire tissa sa toile tout autour de moi, je me retrouvai prisonnière. Maman avait instauré tout doucement un climat malsain de dépendance, de crainte pour mieux me manipuler. Il lui fut facile de dominer, de maintenir une emprise sans faille sur une gamine déstabilisée. À cette époque-là, il n'existait pas de numéro vert ni de service pour jeunes en danger, chacun élevait sa progéniture comme bon lui semblait. Entre la discipline et la maltraitance, la nuance restait subtile, Marceline savait parfaitement jouer sur la gamme.
Je vais vous conter en détail les jeux de la perfide Marceline.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  Maylys le Lun 18 Nov 2013 - 13:26

Bonjour globule,

Eh bien j'ai de quoi revoir ma copie !
Le sujet du roman est à la base la maltraitance mais je souhaite l'aborder avec un certain recul, de l'humour, un brin de dérision. J'aimerai pouvoir faire sourire avec un thème aussi délicat. Je ne veux surtout pas rendre le récit larmoyant et même finir sur une note d'optimisme.

"tout naturellement à Maman son autorisation.
— tatie, Je peux regarder la télé dans la salle à manger ?

La tu répètes en dialogue ce que tu viens de nous raconter avant: ce n'est pas nécessaire de mettre les deux, choisis."

J'ai mis le dialogue pour le "tatie" puisque c'est ce qui va déclencher la colère de Marceline... donc c'est hyper important.
Un merci sincère pour le temps accordé.
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Re: "Ma vie est un conte de faits"

Message  globule le Mar 19 Nov 2013 - 9:15

Ah oui, je l'avais pas vu dans ce sens là pour sa question "Tatie".
Donc effectivement je comprends.

Je comprends aussi pourquoi tu essaies de garder de l'humour au milieu d'une description "globalement triste".
Ça va être compliqué de rester sur le fil sans basculer côté mélodrame, ou côté grossièrement ironique, donc bon courage (c'est le moment de revoir le film "La guerre est déclarée " pour se mettre dans l'ambiance).

En tous cas comme je te le disais plus haut pour moi ta trame est bien, c'est juste certaines parties qu'il faut revoir (les dialogues) pour donner un peu de punch à l'ensemble.

Bonne journée

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Re: "Ma vie est un conte de faits"

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