les pas sur le chemin

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Message  Kwelly le Sam 9 Nov 2013 - 8:46

Merci pour vos commentaires, avis et suggestions Very Happy
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Re: les pas sur le chemin

Message  MémoireDuTemps le Dim 10 Nov 2013 - 18:37

Spoiler:
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La décision prise, tout me paraît plus clair, plus léger, plus acceptable. Le canon de l’arme contre ma poitrine, il me semble n’avoir jamais été aussi proche de la vie. Comme le délaissé comprend la force de son amour,  l’amputé ressent le membre sectionné je viens de voir que ce n’était que le lobe de l’oreille qui était sectionné, donc une mutilation sans doute sans conséquence . Comme  l’aveugle, s’il pouvait percevoir une fraction de seconde un champ de blé grevé de corbeaux noirs. 
Un éblouissement.
Une compréhension ultime qui m’habille d’un sourire que je n’ai pas à forcer. La beauté de la nature m’inonde de sa perfection. J’en savoure les couleurs, les mouvements.  La pensée de mon frère se superpose au tableau idéal, m’arrache un frisson. J’ai si peur de son chagrin. J’ai si peur de ne plus le voir, là  un autre verbe serait mieux, craindre, redouter… qu’il me faut tout mon courage pour chasser mes doutes.
 « Je te serre bien la main mon vieux » dis-je en pardon à l’impardonnable. 
Ma phalange se resserre. La gâchette cède, libère le projectile dans un vacarme assourdissant.  La violence de la déflagration me propulse à terre.
Gisant bras en croix,  regard exorbité de  douleur, je vois les corbeaux effrayés par la détonation s’envoler en  convoi mortuaire. L’image est celle que j’ai peinte quelques jours plus tôt… comme un présage. Je me demandais alors ce qui les faisait fuir.  Je pense que tu peux éviter le faire ici, et aussi, peut-être un conditionnel ?
L’azur harmonieux, crevé j’aime pas trop ce mot du noir des volatiles, n’a rien du tumulte de ma dernière toile. Pas d’ombre, de profondeur… Rien n’aspire ses nuages qui volettent doucement, s’étirent  dans une blancheur diffuse… Non. Mon ciel à moi était sombre, menaçant,  noir de mes désillusions. ici aussi tu peux améliorer et te passer d’$etre et du participe présent, et je pense que cela sera encore plus fort me Un ciel d’orage. La tempête est finie, il n’y a plus de révoltes.  "s" ou pas ?
Mon sang bat à mes tempes, macule ma chemise. Le vent bourdonne dans mes oreilles qui sifflent encore de la brutalité de l’explosion. La délivrance tardant à venir, la peur afflue. Insidieuse, elle  pénètre mon âme de ses éclats acérés, joue de sa cruauté pour  me faire penser expression "sereine" qui ne passe pas tellement ) ce niveau de drame que les jours ne se répètent pas, qu’ils  sont sans cesse à se réinventer.  
Elle  me susurre déjà que  demain serait un autre jour.
Un jour sans son cortège d’espoirs déçus.
Un jour où je pourrais marcher dos droit et pas léger.
Un jour de reconnaissance.
Un jour de libération où ce qui est dû serait rendu.
Le jour qui serait celui qui m’a fait  là aussi un autre verbe serait mieux et pourquoi un passé simple ? supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu.mpt pas idéal
Si je l’écoutais, ma peur serait capable de me faire regretter mon geste, de vouloir me garder en vie quand tout a déjà été vécu.
J’avais visé le cœur… J’aurais dû m’écrouler terrassé…
Que s’est-il passé ?
Une mauvaise inclinaison de l’arme ?
Sans doute une espérance sournoise qui m’a fait  là aussi un autre verbe serait mieux dévier la crosse au dernier moment… Une espérance qui en voulant me sauver ne me tue qu’à moitié.
Les corbeaux reviennent en grappe, ignorent tout de la tragédie. Leurs croassements ressemblent à des  rires moqueurs qui me font trembler.  là oui, faire est bien choisi
Ils n’ont pas la faculté de compatir, de s’interroger. Ils échappent au drame des défaites morales ; les volatiles naissent et meurent sans rêve, sans ambition, il n’y a que les hommes pour cela, les corbeaux n’ont pas d’âme à combler.  Cette dernière phrase peut être améliorée


Attention aux espaces entre les mots
Mon avis : l’idée est très bonne, mais par contre certaines expressions manquent de force et surtout, je trouve cela trop serein… bien sûr un être torturé comme ce peintre peut être soulagé d’avoir osé, mais il y a quand même la réaction physique, instinctive, le fait aussi qu’il vit toujours encore (et aurait peut-être survécu à notre époque) ce qui n’était pas son but. Un mélange entre fierté et soulagement d’avoir osé et douleur et déception de s’être un peu loupé. J’aime beaucoup par contre quand tu parles de l’autre jour à venir, très réussi et original. Je pense que c’est un peu ça à accentuer pour donner toute la qualité littéraire dont tu es capable ; je pense que cela vaut le coup de le retravailler.

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Re: les pas sur le chemin

Message  Val Aurore le Lun 11 Nov 2013 - 11:28

J'ai regretté qu'on n'en sache pas plus sur le contexte, que la nouvelle soit si courte. J'aurais aimé plus d'éléments pour introduire une personnalité ou des raisons qui pourraient expliquer la sérénité surprenante.

J'ai beaucoup aimé l'idée et ton style.
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Re: les pas sur le chemin

Message  Kwelly le Lun 11 Nov 2013 - 16:08

Tout d'abord un grand merci à toutes les deux  pour votre lecture et votre commentaire Very Happy  ce qui m'a donné l'occasion de te croiser Val Aurore Razz et j'en suis ravie ! Je te remercie aussi Mémoire pour tes remarques très judicieuses et sur lesquelles j'ai essayé de travailler en mode (TGV) donc, pas forcément réussi Rolling Eyes tu m'en excuseras Embarassed 


Sérénité ? Oui, sans doute. Je pense qu’un homme qui fait un long parcours, une arme dans sa poche et décidé à s’en servir, a fait le deuil de sa vie. (il n’avait pas pris ses affaires de peinture ; ce n’est donc pas un acte irréfléchi) Il a donc selon moi atteint une forme de sérénité qui, je le comprends peut paraître choquante.
Comme le délaissé comprend la force de son amour,  l’amputé ressent le membre sectionné.  Comme  l’aveugle, s’il pouvait percevoir une fraction de seconde un champ de blé grevé de corbeaux noirs.  
Un éblouissement. 
« Le membre sectionné » est sans rapport avec sa personne (lobe…) il est général, peut être qu’ici, il serait bon d’écrire : Comme tout délaissé comprend la force de son amour, tout amputé ressent…. (l’image désirée est de faire comprendre justement la coupure d’avec la vie ; une fracture définitive qui lui permet d’en découvrir aussi la beauté ; sans que cette éblouissement ne remette en question la décision)
. J’ai si peur de son chagrin. J’ai si peur de ne plus le voir, là  un autre verbe serait mieux, craindre, redouter… qu’il me faut tout mon courage pour chasser mes doutes. 
En fait, tout ce passage me semble creux en relisant.
Je le vois, là, effacer de sa mine pâle le tableau idéal. Théo, mon frère, fidèle compagnon de toutes mes déroutes. L’idée de son chagrin me fragilise, me bouleverse. Il me vient un besoin soudain de l’entendre, le regarder, le toucher. Il me revient la vie et dans son aigreur quelques larmes. Je ne l’abandonne pas mais le soulage de ma charge. Je dois avoir le courage de nous deux réunis.
L’image est celle que j’ai peinte quelques jours plus tôt… comme un présage. Je me demandais alors ce qui les faisait fuir.  Je pense que tu peux éviter le faire ici, et aussi, peut-être un conditionnel ? 
ce qu’ils fuyaient ?
L’azur harmonieux, crevé j’aime pas trop ce mot ( moucheté) du noir des volatiles, n’a rien du tumulte de ma dernière toile. Pas d’ombre, de profondeur… Rien n’aspire ses nuages qui volettent doucement, s’étirent  dans une blancheur diffuse… Non. Mon ciel à moi était sombre, menaçant,  noir de mes désillusions. ici aussi tu peux améliorer et te passer d’$etre et du participe présent, et je pense que cela sera encore plus fort
(mon ciel à moi portait haut le noir de mes désillusions. Un ciel d’orage.
 
elle  pénètre mon âme de ses éclats acérés, joue de sa cruauté pour  me faire penser expression "sereine" qui ne passe pas tellement ) ce niveau de drame que les jours ne se répètent pas, qu’ils  sont sans cesse à se réinventer
(pour me persuader que les jours ;..)
La tempête est finie, il n’y a plus de révoltes.  "s" ou pas ?
Lorsque je pense à toutes ses révoltes, je serais tentée de mettre un « s », mais je ne sais pas si je suis juste.
 
Le jour qui serait celui qui m’a fait  là aussi un autre verbe serait mieux et pourquoi un passé simple ? supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu.mpt pas idéal


Me permit de supporter… et peindre dans leur cœur.
 
Sans doute une espérance sournoise qui m’a fait  là aussi un autre verbe serait mieux dévier la crosse au dernier moment… Une espérance qui en voulant me sauver ne me tue qu’à moitié. 


Qui dévia la crosse…
Pour la dernière phrase, ben, je sais pas trop ; je t’avoue que je bloque
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Re: les pas sur le chemin

Message  globule le Lun 11 Nov 2013 - 21:11

Bonsoir!
J'ai beaucoup aimé ton texte et le ton presque lyrique, détaché, qui tranche avec le fond du propos (brut et triste) comme si on sentait déjà l'âme du peintre se défaire de son enveloppe charnelle.
Je n'ai pas beaucoup de remarques à faire, je trouve qu'il est bien comme ça, fais juste attention aux doubles espaces que tu sèmes par endroit.

Juste pour chipoter:

Spoiler:


 
La décision prise, tout me paraît plus clair, plus léger, plus acceptable. Le canon de l’arme contre ma poitrine, il me semble n’avoir jamais été aussi proche de la vie. Comme le délaissé comprend la force de son amour,  l’amputé ressent le membre sectionné. Comme  l’aveugle, s’il pouvait percevoir une fraction de seconde un champ de blé grevé de corbeaux noirs. 
Un éblouissement.
Une compréhension ultime qui m’habille d’un sourire que je n’ai pas à forcer. La beauté de la nature m’inonde de sa perfection. J’en savoure les couleurs, les mouvements.  La pensée de mon frère se superpose au tableau idéal, m’arrache un frisson. J’ai si peur de son chagrin. J’ai si peur de ne plus le voir, qu’il me faut tout mon courage pour chasser mes doutes.
 « Je te serre bien la main mon vieux » dis-je en pardon à l’impardonnable. 
Ma phalange se resserre. La gâchette cède, libère le projectile dans un vacarme assourdissant.  La violence de la déflagration me propulse à terre.
Gisant bras en croix,  regard exorbité de  douleur, je vois les corbeaux effrayés par la détonation s’envoler en  convoi mortuaire. L’image est celle que j’ai peinte quelques jours plus tôt… comme un présage. Je me demandais alors ce qui les faisait fuir. 
L’azur harmonieux, crevé du noir des volatiles, n’a rien du tumulte de ma dernière toile. Pas d’ombre, de profondeur… Rien n’aspire ses nuages qui volettent doucement, s’étirent  dans une blancheur diffuse… Non. Mon ciel à moi était sombre, menaçant,  noir de mes désillusions.  Un ciel d’orage. La tempête est finie, il n’y a plus de révoltes.
Mon sang bat à mes tempes, macule ma chemise. Le vent bourdonne dans mes oreilles qui sifflent encore de la brutalité de l’explosion. La délivrance tardant à venir, la peur afflue. Insidieuse, elle  pénètre mon âme de ses éclats acérés, joue de sa cruauté pour  me faire penser que les jours ne se répètent pas, qu’ils  sont sans cesse à se réinventer.  
Elle  me susurre déjà que  demain serait un autre jour.
Un jour sans son cortège d’espoirs déçus.
Un jour où je pourrais marcher dos droit et pas léger.
Un jour de reconnaissance.
Un jour de libération où ce qui est dû serait rendu.
Le jour qui serait celui  ça je le supprimerais, ça alourdit ta phrase avec le "qui" et "qui" et ça n'apporte pas grand chose qui m’a fait supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu.
Si je l’écoutais, ma peur serait capable de me faire regretter mon geste, de vouloir me garder en vie quand tout a déjà été vécu.
J’avais visé le cœur… J’aurais dû m’écrouler terrassé…
Que s’est-il passé ?
Une mauvaise inclinaison de l’arme ?
Sans doute une espérance sournoise qui m’a fait dévier ou "qui a dévié" la crosse au dernier moment… Une espérance qui en voulant me sauver ne me tue  qu’à moitié.
Les corbeaux reviennent en grappe, ignorent tout de la tragédie. Leurs croassements ressemblent à des  rires moqueurs qui me font trembler.
Ils n’ont pas la faculté de compatir, de s’interroger. Ils échappent au drame des défaites morales ; les volatiles naissent et meurent sans rêve, sans ambition, il n’y a que les hommes pour cela, les corbeaux n’ont pas d’âme à combler.

Bref, j'ai trouvé ça beau en l'état. (je sais, la critique n'est pas très constructive, désolée.)
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Re: les pas sur le chemin

Message  Pilgrim le Lun 11 Nov 2013 - 22:28

Bravo pour ce texte dense et bien mené.
Le contexte est pour moi bien posé puisque tu donnes suffisamment d'éléments pour reconnaître le peintre à la place duquel tu te mets.
Et je conçois bien qu'au seuil de sa mort, il soit gagné par un moment de sérénité, une sérénité expliquée par son choix et sa résignation face à l'inéluctable. Cependant, pour moi, on devrait sentir davantage que cet état est fragile et précaire. J'avoue que je verrais bien une tension un peu plus affirmée dans l'écriture (peut-être par plus de cassures dans le rythme), une tension justifiée par la confusion générale de son esprit et par la folie qui le guette sans cesse (par ses accès de parano, notamment) et qui laisse planer sur les moments de paix et de lucidité une menace toujours présente. Je le verrais bien un peu plus dans ses retranchements, sur la corde raide, menacé de sombrer à tout moment dans la démence, même à l'heure de la mort...
Mais bon, c'est plus facile à dire qu'à faire, je l'accorde bien volontiers...chizz 
(j'ai pensé en lisant ces lignes au court de Kurosawa (intégré dans Dreams) où Scorsese dans le rôle de VanGogh est poursuivi à l'intérieur de ces tableaux par un admirateur japonais, lors de ses derniers jours et où le peintre, imprévisible, oscille entre moments de clarté et de folie. Cela a sans doute influencé ma lecture et explique aussi mon ressenti...)


Spoiler:

La décision prise, tout me paraît plus clair, plus léger, plus acceptable. Le canon de l’arme contre ma poitrine, il me semble n’avoir jamais été aussi proche de la vie (pourquoi pas, plus simplement : n'avoir jamais été aussi vivant). Comme le délaissé comprend la force de son amour,  l’amputé ressent le membre sectionné. (je ne suis pas certain d'avoir compris à quoi se rapporte la comparaison... Est-ce par rapport à sa situation d'homme au seuil de la mort ? Auquel cas, peut-être préciser : Comme le délaissé qui comprend la force de son amour ou l'amputé qui ressent le membre sectionné. Sinon j'ai l'impression que tu compares l'amputé à l'amoureux éconduit et je ne suis pas sûr que ce soit le propos) Comme  l’aveugle, s’il pouvait percevoir une fraction de seconde un champ de blé grevé de corbeaux noirs. (Cette dernière comparaison me paraît un peu tirée par les cheveux même si je comprends bien que cela permet d'amener sa dernière vision et son dernier tableau. Par ailleurs, elle s'oppose un peu aux deux comparaisons précédentes qui me semblaient plus opportunes parce qu'elles partaient d'un manque (absence de l'être aimé ou d'un membre) qui révélait l'objet du manque. L'aveugle qui soudain voit, lui, reçoit un don... (c'est le manque qui disparaît)... Enfin, je ne sais pas si je me fais bien comprendre.).
Un éblouissement.
Une compréhension ultime qui m’habille d’un sourire que je n’ai pas à forcer. La beauté de la nature m’inonde de sa perfection. J’en savoure les couleurs, les mouvements.  La pensée de mon frère se superpose au tableau idéal, m’arrache un frisson. J’ai si peur de son chagrin. J’ai si peur de ne plus le voir, qu’il me faut tout mon courage pour chasser mes doutes.
« Je te serre bien la main mon vieux » dis-je en pardon à l’impardonnable.
Ma phalange se resserre. La gâchette cède, libère le projectile dans un vacarme assourdissant.  La violence de la déflagration me propulse à terre.
Gisant bras en croix,  regard exorbité de  douleur, je vois les corbeaux effrayés par la détonation s’envoler en  convoi mortuaire. L’image est celle que j’ai peinte quelques jours plus tôt… comme un présage. Je me demandais alors ce qui les faisait fuir. 
L’azur harmonieux, crevé du noir des volatiles, n’a rien du tumulte de ma dernière toile. Pas d’ombre, de profondeur… Rien n’aspire ses nuages qui volettent doucement, s’étirent  dans une blancheur diffuse… Non. Mon ciel à moi était sombre, menaçant,  noir de mes désillusions.  Un ciel d’orage. La tempête est finie, il n’y a plus de révoltes.
Mon sang bat à mes tempes, macule ma chemise. Le vent bourdonne dans mes oreilles qui sifflent encore de la brutalité de l’explosion (je bute un peu sur la formulation un peu limite : les oreilles qui sifflent de la brutalité de l'explosion (qui sifflent du fait de la brutalité de l'explosion est beaucoup plus lourd, je le reconnais...)). La délivrance tardant à venir, la peur afflue. Insidieuse, elle  pénètre mon âme de ses éclats acérés, joue de sa cruauté pour  me faire penser que les jours ne se répètent pas, qu’ils  sont sans cesse à se réinventer (à se réinventer ou à réinventer ???)
Elle  me susurre déjà que  demain serait un autre jour. (pourquoi le conditionnel, si la peur l'affirme ? J'emploierais le futur pour ce passage !)
Un jour sans son cortège d’espoirs déçus.
Un jour où je pourrais marcher dos droit et pas léger.
Un jour de reconnaissance.
Un jour de libération où ce qui est dû serait rendu.
Le jour qui serait celui qui m’a fait (me ferait) supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu. (j'écrirais au futur puisque c'est la peur qui le tente et qui le lui affirme : le jour qui sera celui qui me fera supporter tous les autres... Par ailleurs, la formulation est un peu lourde (qui serait celui que m'a fait + inf)) Si je l’écoutais, ma peur serait capable de me faire regretter mon geste, de vouloir me garder en vie quand tout a déjà été vécu.
J’avais visé le cœur… J’aurais dû m’écrouler terrassé…
Que s’est-il passé ?
Une mauvaise inclinaison de l’arme ?
Sans doute une espérance sournoise qui m’a fait dévier la crosse au dernier moment… Une espérance qui en voulant me sauver ne me tue  qu’à moitié.Les corbeaux reviennent en grappe, ignorent tout de la tragédie. Leurs croassements ressemblent à des  rires moqueurs qui me font trembler. 
Ils n’ont pas la faculté de compatir, de s’interroger. Ils échappent au drame des défaites morales ; les volatiles naissent et meurent sans rêve, sans ambition, il n’y a que les hommes pour cela, les corbeaux n’ont pas d’âme à combler. 
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Re: les pas sur le chemin

Message  Kwelly le Mar 12 Nov 2013 - 19:48

Un grand merci à toi Globule et à toi Pilgrim pour votre lecture et votre travail. Very Happy 

Au fait Globule tout avis est selon moi constructif et le tien m'a paru tout aussi important que tout autre I love you l'apprenti écrivain que je suis, a grand besoin aussi de réconfort et les tiens comme ceux des autres en ont été un. I love you 


Le jour qui serait celui  ça je le supprimerais, ça alourdit ta phrase avec le "qui" et "qui" et ça n'apporte pas grand chose qui m’a fait supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu. 
Tout à fait raison, non seulement ça ne nuit pas à la phrase, mais ça l’améliore !
 
Sans doute une espérance sournoise qui m’a fait dévier ou "qui a dévié" la crosse au dernier
Oui, j’ai vu cela avec Mémoire ; j’ai proposé : Une espérance sournoise qui dévia la crosse
 
il me semble n’avoir jamais été aussi proche de la vie (pourquoi pas, plus simplement : n'avoir jamais été aussi vivant). Tu n’as pas tord ; mais il me semble qu’il y a une différence entre ce sentir vivant et l’impression de prendre conscience avec exacerbation de ce que l’on laisse (donc la vie)
Comme  l’aveugle, s’il pouvait percevoir une fraction de seconde un champ de blé grevé de corbeaux noirs. (Cette dernière comparaison me paraît un peu tirée par les cheveux même si je comprends bien que cela permet d'amener sa dernière vision et son dernier tableau. Par ailleurs, elle s'oppose un peu aux deux comparaisons précédentes qui me semblaient plus opportunes parce qu'elles partaient d'un manque (absence de l'être aimé ou d'un membre) qui révélait l'objet du manque. L'aveugle qui soudain voit, lui, reçoit un don... (c'est le manque qui disparaît)... Enfin, je ne sais pas si je me fais bien comprendre.).
Un éblouissement.
 
Je comprends très bien ce que tu veux dire. En fait, cette image est sans doute trop proche des autres, ce que je voulais traduire, c’est justement la fascination d’un dernier regard qui peut ressembler  à celui d’un premier quand justement tu n’as jamais vu ; d’où éblouissement…
Bah, là c’est moi qui sait pas si je suis claire….

 Le vent bourdonne dans mes oreilles qui sifflent encore de la brutalité de l’explosion (je bute un peu sur la formulation un peu limite : les oreilles qui sifflent de la brutalité de l'explosion (qui sifflent du fait de la brutalité de l'explosion est beaucoup plus lourd, je le reconnais...)).
Le vent bourdonne dans mes oreilles meurtries par la brutalité de l’explosion. ??? QU’en penses-tu ?
 
qu’ils  sont sans cesse à se réinventer (à se réinventer ou à réinventer ???)
Je pense que « se réinventer » exclu Vincent d’une possibilité à rendre sa vie meilleure ; s’est pourquoi j’ai mis le petit « se » ; ceci à un côté fataliste ; mais je crois qu’à l’heure du bilan, s’il avait pensé être en mesure de changer les choses, il n’aurait pas décidé d’en finir.
Elle  me susurre déjà que  demain serait un autre jour. (pourquoi le conditionnel, si la peur l'affirme ? J'emploierais le futur pour ce passage !)
 
Tu as raison. Le conditionnel apportait ici encore une notion de peut être, peut être pas qui contraste avec l’idée de la cruauté dont elle fait preuve ; donc, le futur me semble bien.


Le jour qui serait celui qui m’a fait (me ferait) supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu. (j'écrirais au futur puisque c'est la peur qui le tente et qui le lui affirme : le jour qui sera celui qui me fera supporter tous les autres... Par ailleurs, la formulation est un peu lourde (qui serait celui que m'a fait + inf))
Le jour qui me permit de supporter tous les autres, lever le matin, coucher le soir et peindre dans leur milieu. (je trouve que ça sonne mieux…)
Pour les « faire » je vais corriger tout ça ; les voir en couleur m’en a enlevé les miennes ! Trop !!!
 Merci encore à tous les deux pour votre aide et votre lecture Very Happy 

 
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Re: les pas sur le chemin

Message  Pilgrim le Mar 12 Nov 2013 - 21:12

Kwelly a écrit:Le vent bourdonne dans mes oreilles meurtries par la brutalité de l’explosion. ??? QU’en penses-tu ?
  
Oui, je préfère !!! Very Happy
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Re: les pas sur le chemin

Message  voiedoree le Mar 11 Fév 2014 - 8:05

Je n'ai pas de critique à faire, d'ailleurs on ne devrai jamais critiquer, même sous le prétexte, hypocrite bien souvent, d'"améliorer" le texte. Tout écrit a sa raison, c'est l'âme de l'auteur qui s'exprime et une âme n'a pas de matérialité. Seul l'auteur avec ses relectures et en écoutant son coeur peut expliquer plus clairement, si besoin est, le sens de ses écrits, donc rien à dire sur le texte en lui même.

Le seul sentiment qui me vient à l'esprit c'est de mettre globalement en garde sur la morbidité qui s'empare de tous les divertissements, comme si la violence la mort devraient se banaliser. La beauté, l'amour, les belles émotions devraient donc disparaître ?  pourquoi? La planète et ses habitants ne sont pas encore assez malades du système qu'il faudrait encore  rajouter une couche à la morosité?  I love you
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Re: les pas sur le chemin

Message  Kwelly le Mar 11 Fév 2014 - 12:19

voiedoree a écrit:Je n'ai pas de critique à faire, d'ailleurs on ne devrai jamais critiquer, même sous le prétexte, hypocrite bien souvent, d'"améliorer" le texte. Tout écrit a sa raison, c'est l'âme de l'auteur qui s'exprime et une âme n'a pas de matérialité. Seul l'auteur avec ses relectures et en écoutant son coeur peut expliquer plus clairement, si besoin est, le sens de ses écrits, donc rien à dire sur le texte en lui même.

Le seul sentiment qui me vient à l'esprit c'est de mettre globalement en garde sur la morbidité qui s'empare de tous les divertissements, comme si la violence la mort devraient se banaliser. La beauté, l'amour, les belles émotions devraient donc disparaître ?  pourquoi? La planète et ses habitants ne sont pas encore assez malades du système qu'il faudrait encore  rajouter une couche à la morosité?  I love you
Merci Voiedorée. Je n'ai pas cherché  à banaliser la mort, il a fait un choix que je trouve triste mais que je respecte. Après tout, on vit sa vie, jamais celle des autres.
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Message  voiedoree le Mar 11 Fév 2014 - 13:10

C'est vrai, mais ce que je voulais simplement dire c'est que tous nos écrits, issus de nos pensées ont une valeur, un sens pour ceux qui les lisent. Je déplore l'excès de violence et la valorisation des bas-instincts qui remplissent nos vies.
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Re: les pas sur le chemin

Message  Ella Avilo le Mer 19 Fév 2014 - 21:36

Bonsoir!

Je me permets de venir te donner un petit avis pendant la lecture de ton texte. J'ai donc trouvé ton texte en soit plutôt bon, même si la lecture m'a parut un peu plus lourde par moments. C'est sûrement dû au fait que je trouve le texte très imagé pour ainsi dire, tout est décrit avec une certaine poésie qui n'est pas désagréable, mais dans certains passages j'ai trouvé que ça gênait un peu la lecture et la bonne compréhension du texte.

Dans le passage que je vais te citer à la suite, je me suis sentie plus proche du personnage, je me suis sentie plus touchée par les mots que tu as rédigés. Alors qu'au début, le texte ne me donne pas forcément l'envie de m'attacher à ce personne. J'ai l'impression donc que d'une phrase à l'autre, tu t'es "impliquée d'avantage dans le texte", je ne sais pas si ce que je dis est très compréhensible mais bon lol


Kwelly a écrit:Elle  me susurre déjà que  demain serait un autre jour.
Un jour sans son cortège d’espoirs déçus.
Un jour où je pourrais marcher dos droit et pas léger.
Un jour de reconnaissance.
Un jour de libération où ce qui est dû serait rendu.
Le jour qui serait celui qui m’a fait supporter tous les autres, lever le matin,  coucher le soir et peindre dans leur milieu.
Si je l’écoutais, ma peur serait capable de me faire regretter mon geste, de vouloir me garder en vie quand tout a déjà été vécu.

Le restant du texte, écrit aussi à mes yeux de façon plus personnelle, m'a beaucoup plus, et en toute honnêteté, j'ai adoré la dernière phrase...



Kwelly a écrit:les volatiles naissent et meurent sans rêve, sans ambition, il n’y a que les hommes pour cela, les corbeaux n’ont pas d’âme à combler.


C'est à mes yeux une de ces phrases qui mérite qu'on la garde au chaud dans un calepin et qui attend qu'on l'utilise quand on nous demande "quelle est notre citation préférée".

En outre d'après moi ton texte à beaucoup de potentiel, mais un peu moins imagé il serait plus fluide et agréable. Cela reste bien entendu un avis personnel.

Je te souhaite bon courage en tout cas pour la suite!
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Re: les pas sur le chemin

Message  Kwelly le Jeu 20 Fév 2014 - 12:08

Et je te remercie sincèrement de cet avis personnel  Very Happy , d'ailleurs, n'ai crainte, on formule tous des avis personnels mais il est très important de les dire à l'auteur pour qu'il améliore son texte ou non, cela reste sa propriété  Very Happy 
Il est vrai que mon texte mérite d'être retravaillé, d'ailleurs d'autre bêta m'ont permise de mettre le doigts sur les choses ; je suis un peu prise par l'écriture de mon roman (qui est d'un genre tout à fait différent puisque genre fantasy...) mais je vais le retravailler en profondeur, promis.
Merci de t'intéresser aux autres, d'ailleurs mille excuses, j'ai raté ton inscription  Twisted Evil , je vais remédier à cela très vite.
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Re: les pas sur le chemin

Message  Ella Avilo le Jeu 20 Fév 2014 - 12:28

*s'incline poliment*

C'est normal que je m'y intéresse puisque je me dis que quelqu'un finira bien par lire les miens une fois postés. C'est donc un échange réciproque qui a un bon but: faire avancer les choses et s'entraider. Donc ce fut un plaisir!

Je te souhaite en tout cas beaucoup de courage pour rédiger ton roman... Je sais que moi en ce moment je ne pourrais pas en rédiger un. Pas tant que je ne me suis pas encore habituée à mon propre style lol Donc je te tire mon chapeau et ne peut te dire qu'une chose: Persévère! ^_^
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