Commentaires - Evasion

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Commentaires - Evasion

Message  Clématite le Lun 15 Sep 2014 - 16:19

Bonjour !
J'ouvre ici le topic de commentaires pour ma nouvelle nommé "Évasion" !
Le lien vers mon texte :
http://imperialdreamer.forumsline.com/t4704-evasion?nid=11#92122

Merci d'avance ! Smile
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Re: Commentaires - Evasion

Message  MémoireDuTemps le Lun 15 Sep 2014 - 20:05

Spoiler:

Clématite a écrit:Un jour, je fus punie. C'était, je crois, pour avoir trébuché et avoir le second avoir n’est pas indispensable heurté la principale du collège. Je m'étais poliment excusée, mais elle avait continué à me fixer de ses petits yeux noirs, froids et cruels. J'avais baissé le regard, ne pouvant soutenir un instant de plus le sien, et je m’étais aperçu que mes lacets était défaits. Je les avais maudits, et j’avais relevé la tête.
« Vous êtes collée. »
Cette phrase, juste cette phrase. Autour de moi, les collégiens tournoyaient comme au ralenti, mais ils n’étaient que des ombres floues et colorées, des fantômes… Le regard vide, je fixai cette lente tempête teintée de mille couleurs. J’étais anéantie. J’aurais voulu être à cent mètres sous terre, si seulement elle avait pu m’avaler !
Soudain, la principale, me saisit violemment le bras, et me traina à travers la cour de récréation. Les autres élèves nous regardèrent, visiblement étonnés. Je n’étais pas réputée pour être une élève perturbatrice, bien au contraire !
La principale, m’enferma elle-même dans la salle d’étude vide, me donna une tonne d’équations à résoudre, tourna la clé, me laissant seule entre ces murailles sales, zébrées d’une multitude de fissures, devant un vieux planisphère qui avait la jaunisse et un tableau blanc. Il y avait aussi un présentoir branlant couvert de quelques vieux manuels aux pages cornées et déchirées. Je commençai à déambuler dans la salle : je n’avais aucune envie de faire ces équations incompréhensibles ! J’allais d’une table à l’autre, et lisait les petits mots gravés dessus.
Je m’approchai ensuite du bureau, et en ouvrai le tiroir. Rien. Enfin, pas grand-chose. Quelques vieilles feuilles à moitié jaunies, une règle, une paire de ciseaux rouillée, un stylo qu’on avait rongé à son extrémité, des mots-croisés et une sarbacane faite avec un effaceur.
 
Puis j’allais vers la fenêtre. Entre le mur et le radiateur, un livre. J’en voyais le dos. Je m’écorchai les doigts à essayer de le retirer. Rien à faire. J’allais céder au désespoir, mais une idée me traversa l’esprit. A l’aide de la règle, je parvins enfin à faire sortir le livre de derrière le radiateur. L’épaisse couche de poussière recouvrait sa tranche. Il semblait assez ancien. Je tenais le volume entre mes mains et j’en regardais le titre : ROBINSON CRUSOÉ.
Il faisait nuit. Ça m’était apparu d’un seul coup. Combien de temps avais-je passé dans le livre ? Quelle heure était-il ? Je ne le savais pas. Mais peu m’importait. Je me frottai les yeux. J’avais le cou brisé, la nuque endolorie : j’étais restée penchée sur les chapitres, suspendue à chaque mot, dévorée par ma curiosité insatiable. Je repris ma lecture. Les lettres s’effacèrent, les lignes se mêlèrent, je saisis encore un bout, la fin d’un mot… Puis aucun n’arrivait jusqu’à mes yeux.
J’étais collée aux flancs de Robinson Crusoé, étreinte par une émotion si intense et profonde. J’étais là, mais il ne me voyait pas. Je cavalais à ses côtés, entre les grands arbres de la forêt dense. Je n’étais plus assise dans ma prison aux remparts ternes, mais ailleurs. Quand ici la lune se montrait dans un pâle halo de lumière blanche, je faisais voler dans un ciel azur tous les oiseaux de son île ! Et, du coin de l’œil, quand je voyais, par la fenêtre, la silhouette d’un peuplier planté devant le collège, j’apercevais en fait le mât de son navire ! Je peuplais la salle vide et silencieuse de tous mes songes, comme lui peuplait l’horizon de ses craintes et de ses maigres espoirs. Ensemble, nous pensions à l’éternelle solitude. Et nous nous demandions où nous allions faire pousser notre blé nourricier pour faire le pain de chaque jour.
La faim me vint, elle commença à me tenailler les entrailles : j’avais très faim !
Allais-je être réduite à croquer les lézards qui gambadaient sur les murailles fangeuses de ma geôle ? Comment allais-je faire naître le feu qui réchauffe, protège et réconforte ? J’avais soif aussi. Pas de fruits exotiques, de melons, de raisins ! Ah, lui au moins, avait une poignée de biscuits qui provenait de navires naufragés !
Clic, clac ! On farfouillait la serrure.
« Florence ? Qu’est-ce que tu fais là ? me demanda le pion qui venait d’entrer. Tes parents sont morts d’inquiétude ! Viens, je vais te ramener chez toi…
-  … »
Je n’avais rien répondu. Je n’en n’eus pas le courage. Personne ne savait donc que… ? Ruminant d’amères pensées, je suivis le surveillant. Je serrai le livre contre mon cœur. En jetant un regard sur la couverture, j’eus l’impression que Robinson Crusoé me souriait. Il n’était plus seul.
Très bien écrit et construit, on s’y croirait.
À part des fautes de frappe, pas de défauts de rédaction.
Pour la fluidité, l’utilisation à un moment de faire est à modifier.
En littérature, on attend souvent une grande variété de mots, donc éviter les répétitions. Mais certains mots ou verbes sont à limiter.
Avoir ou être non auxiliaires, sembler, dire, aller… et faire : il faut s’en servir avec parcimonie, quand on n’a pas le choix, quand l’expression n’a pas d’équivalent. Dans le langage on utilise beaucoup ce verbe… mais la plupart des expressions composées avec lui ont un synonyme, on peut aussi construire la phrase différemment pour ne pas l’utiliser… je te rassure, j’ai il y a quelques mois bêta-lu le texte qui avait gagné le tournoi "nouveau monde"… certains paragraphes en comportaient plusieurs. Tu gagneras en richesse en limitant son usage et tu éviteras aussi sa répétition trop proche.
 
Pour le reste, en littérature, on évite le simple tiret dans les dialogues en le remplaçant par le cadratin — ou tiret long, on l’obtient en combinant [alt + 0151]

De même en littérature on accentue les majuscules donc À É È Ç …

 
Le plus : qualité de l’écriture, scénario bien conçu et crédible avec un petit côté irréel, histoire bien équilibrée et prenante
Le moins : à part des détails et ce "faire", rien.
 
Une suggestion aussi : si tu as envie de te tester, il y a régulièrement des concours de nouvelles ou de poèmes dont certains ont une catégorie jeunes ou scolaires et de plus en plus ils acceptent l’envoi par Internet, c’est aussi souvent gratuit. Et il ne faut pas se décourager si au début c’est dur. Il y a beaucoup de concurrence dans certains (plusieurs centaines de textes). Regarde le site http://www.bonnesnouvelles.net/lesconcoursdenouvellesbn.htm

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Re: Commentaires - Evasion

Message  Thoutmes le Lun 15 Sep 2014 - 20:11

Bonsoir Clématite,
je trouve le texte intéressant. Intéressant à cause de ce qui se passe avec le livre, et à partir de ce moment.
Pourquoi pas plus tôt ?
Simplement parce que le début me semble très scolaire et centré sur l'auteur : "un jour je fus punie. C'était, je crois,..."". Le fait d'ajouter "petits" et "cruels" à la description des yeux de la principale n'est pas anodin et laisse supposer une rancœur toute personnelle. Ce qui provoque généralement une réaction de défiance du lecteur.
Je ne sais pas comment un littéraire diplômé dirait les choses, mais c'est une façon narrative, passive et égo-centrée (c'est le narrateur qui est impliqué) de décrire la situation d'où le reste découle. Or c'est le reste qui est important.
Pourquoi ne pas adopter une formulation plus active, du genre :
Malgré mes excuses, la principale du collège avait continué à me fixer de ses yeux noirs et froids. J'avais baissé le regard, ne pouvant soutenir un instant de plus le sien, et je m’étais aperçu que mes lacets était défaits. Je les avais maudits, et j’avais relevé la tête.
Évite ensuite les formulations trop passives ou descriptives impliquant la principale ainsi que les descriptions tellement noires de la salle qu'elles cessent d'être crédibles : c'est une école, un collège ou un lycée, pas une prison du tiers-monde...
Par exemple :
La principale, m’enferma elle-même dans la salle d’étude vide, me donna une tonne d’équations à résoudre, tourna la clé, me laissant seule entre ces murailles sales, zébrées d’une multitude de fissures, devant un vieux planisphère qui avait la jaunisse et un tableau blanc.
pourrait devenir :
Enfermée dans la salle avec une montagne d'équations à résoudre, seule dans....
Bien sûr il ne s'agit que de remarques et de suggestions qui correspondent à ma façon d'écrire et à ma propre perception de ce que je trouve bien ou moins bien. Ton style évoluera au fil du temps et de l'analyse que tu feras des commentaires, forcément différents, des uns et des autres.
Bonne chance !
farao 
PS "et en ouvrai le tiroir..." "et en ouvris le tiroir"... Je n'ai pas cherché les coquilles mais celle-ci est épaisse (peut-être de l'ère quaternaire !) Wink
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