Un Goût Amer

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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Dim 28 Mar 2010 - 18:59

=> plagiat, faut que ce soit manuscrit. Je pense pas que ça convienne vraiment, et ce genre de personnage doit le savoir aussi.
=> il s'agit plus d'une référence, mais il faudrait en ce cas remanier un peu la réplique.
Techniquement, plagier c'est : emprunter à d’autres auteurs des passages de quelque importance en les donnant comme siens. Donc je ne sais pas si c'est vraiment toujours écrit...

=> pourquoi ces deux "mais" à la suite ? Je ne capte pas très bien la logique...
Normal, y en a pas ! xD J'en vire un immédiatement.

Personnellement, la réflexion sur l'impressionnisme et ce mouvement rupestre ne va pas me déplaire, mais c'est parce que je suis curieux de nature et que j'aime m'enrichir culturellement. Toutefois, je doute que ce ne soit l'ambition de tout le monde et je dois avouer que la biographie complète de chaque peintre et de leurs coups de pinceaux peuvent endormir le lecteur.
Oui c'est toujours le même problème. Je m'emporte dans des sujets qui m'intéresse, et j'oublie de me demander s'ils intéressent également le lecteur... Mais d'un autre côté, ce dialogue hyper "culturel" est donc très très impersonnel est placé à dessein à cet endroit dans le but de montrer qu'il n'y aura jamais entre ses deux personnages de réelle amitié.

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Re: Un Goût Amer

Message  Pacô le Dim 28 Mar 2010 - 19:21

Ah moi mon Larousse y va plus fort pour plagier, puisqu'il parle de "pillage". Ce sens est donc exagéré pour la simple référence élégamment camouflée de ton personnage.

Concernant leurs dialogues, pour être impersonnels, ils le sont. Toutefois, justement, je voulais t'en parler et j'ai oublié : on ne ressent aucune chaleur dans leur échange. Et j'ai pas très envie de les apprécier, aussi bien Fabergé que l'autre (dont j'ai perdu le nom T_T).
Ce serait donc voulu ?

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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Dim 28 Mar 2010 - 19:40

Ah moi mon Larousse y va plus fort pour plagier, puisqu'il parle de "pillage". Ce sens est donc exagéré pour la simple référence élégamment camouflée de ton personnage.
Ah oui, vu comme cela, en effet, ça risque de poser des problèmes. Je vais donc aller consulter ma référence ultime, à savoir mon Robert. xD

Concernant leurs dialogues, pour être impersonnels, ils le sont. Toutefois, justement, je voulais t'en parler et j'ai oublié : on ne ressent aucune chaleur dans leur échange. Et j'ai pas très envie de les apprécier, aussi bien Fabergé que l'autre (dont j'ai perdu le nom T_T).
Ce serait donc voulu ?
(Malesherbe, comme le boulevard ^^)
Oui c'est tout-à-fait voulu, c'est pour annoncer la couleur de leur relation qui ne sera qu'une relation de... de communion intellectuelle si on veut. Ils seront d'accord sur plein de choses, et c'est cela qui va les rapprocher. Mais uniquement cela.

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Mer 31 Mar 2010 - 12:52

Salut MrSonge Very Happy

(Vers midi), (tandis que le ciel se couvrait de menaçants nuages gris) (qui envahissaient l'horizon) (en s'étalant) (comme un troupeau de lents pachydermes), Nicéphor Fabergé quitta le lycée d'un pas rapide.
Forme : Phrase un peu lourde à mon goût (x conjonctions + x prépositions = participe présent). J'aurais placé un petit point après "gris", supprimé le participe présent suivant et pourquoi pas, impliqué Nini dans la description du ciel.

Après avoir marché pendant un peu moins d'un quart d'heure, il poussa la porte d'un bâtiment à la façade austère, au-dessus de laquelle était inscrit :
Suggestion : Après avoir marché pendant un peu moins d'un quart d'heure, il poussa la porte d'un bâtiment dont la façade austère affichait : Tu peux même sensibiliser le lecteur sur la manière dont ce bâtiment affichait ÉDITIONS CORENTIN-GRANGÉ.

Il monta au premier étage et salua une secrétaire qui avait levé la tête de son ordinateur à son passage.
Forme : la dernière préposition alourdi trop la phrase. peut-être : Il monta au premier étage et, à son passage, salua une secrétaire qui avait levé la tête de son ordinateur (je suis bien conscient que ça ne veut pas dire la même chose Rolling Eyes )

Il monta au premier étage et salua une secrétaire qui avait levé la tête de son ordinateur à son passage. Arrivé sur le palier du premier,
Fond : Nini est déjà au premier.

Une pluie fine commençait à tomber des nuées.
Suggestion : retourne ta phrase (passif => actif). Les nuées crachaient une pluie fine, ou quelque chose dans le style (il manque l'idée de "commencer").

Une pluie fine commençait à tomber des nuées. Les gouttes coulaient le long du verre et formaient de longues traînées verticales, fines et transparentes comme du cristal, qui faisaient à Fabergé l'effet de barreaux de prisons disposées parmi les hommes par le ciel lui-même.
Belle image à retravailler en supprimant les répétitions et l'horrible chose que j'ai souligné Wink. Peut-être en coupant la phrase et en passant la deuxième partie à l'actif ?

Une voix forte l'interpella par son nom et tira le professeur de sa rêverie.
Forme / fond : problème de situation. En bleu, on est avec Nini, en violet on se retrouve en observateur de celui-ci.

se retrouva face à un grand homme aux cheveux grisonnants, d'imposante carrure et à l'embonpoint léger.
Description plutôt scientifique. Un peu de style ne ferait pas de mal. Suggestion : se retrouva face à un homme grand et grisonnant, dont l'imposante carrure masquait un début d'embonpoint. Enfin, un truc dans le style, quoi...

Onésime Corentin, le propriétaire des lieux, était vêtu d'un costume gris dont le pantalon était un petit peu trop court pour ses longues jambes.
Une fois de trop. Passe à l'actif, suggestion : Onésime Corentin, le propriétaire des lieux, était vêtu d'un costume gris dont le pantalon trop court (action u choix) ses longues jambes.

Il avait légèrement desserré le nœud de sa cravate rouge pâle, elle-même assorti(e) à ses lunettes rectangulaires.
Inutile.

Ils prirent place de part et d'autre d'un bureau en ébène
Forme : plusieurs choses pas très belles, la succession de préposition suivie de sons ouverts. Pas très grave, mais tant qu'à faire, s'il existe une solution autant la mettre. Personnellement, j'aurais utilisé "face à face" ou "vis à vis" et "bureau d'ébène".

Elle rendait l'atmosphère presque indisposante, malgré une fenêtre entrouverte qui semblait plus propager les effluves intérieurs dans les rues de la ville que renouveler l'air du bureau.
Indisposante ? J'ai pas trouvé...
Qui semblait plus : Hach, bas très choli za...

Par moment, on entendait la gouttière du bâtiment situé face aux éditions Corentin-Grangé qui débordait et répandait son trop-plein sur le trottoir avec un bruit humide comme l'air extérieur.
Forme / fond : Humide me donne une impression de douceur qui vas à l'encontre du débordement par à-coup de la gouttière haut perchée (jette un seau d'eau du troisième...)

Après avoir discuté de longues minutes avec lui, le jeune professeur sortit du bureau de son éditeur et s'arrêta dans le hall du rez-de-chaussée.
Forme : il y a un problème d'ordre. L'inverse paraîtrait plus logique.

Je vous le déconseille vivement, lança une voix calme et posée, pareille à un roulement de galets scandé par les intonations emphatiques des émissions radiophoniques d'avant-guerre.
scratch
Peut-être le pire truc que j'ai lu de ta part Laughing

Quelques axes de travail pour progresser :
1 - La longueur de tes phrases. Tu empiles trop souvent conjonctions et prépositions. N'oublie pas que celles-ci créent des renvois et des rebondissements qui font zigzaguer l'esprit du lecteur et rendent la lecture pénible. Essaye de te fixer des règles sur le nombre et l'ordre, par exemple.
2 - L'ubiquité. Le lecteur ne peut-être à la fois avec un personnage et hors de celui-ci. Il arrive régulièrement que le lecteur ne sache plus trop où il se trouve.
3 - La forme passive. À combattre si elle n'est pas nécessaire. L'an dernier, j'avais fait un petit topo la dessus dans la partie cours. Je ne sais pas si le Big-boss l'a viré... vu qu'il ne semblait pas trop de mon avis.

Alleye une foua, on barbouille :
Vers midi, tandis que le ciel se couvrait de menaçants nuages gris qui envahissaient l'horizon en s'étalant comme un troupeau de lents pachydermes, Nicéphor Fabergé quitta le lycée d'un pas rapide.
Après avoir marché pendant un peu moins d'un quart d'heure, il poussa la porte d'un bâtiment à la façade austère, au-dessus de laquelle était inscrit :

ÉDITIONS CORENTIN-GRANGÉ


Il monta au premier étage et salua une secrétaire qui avait levé la tête de son ordinateur à son passage. Arrivé sur le palier du premier, il s'immobilisa quelques instants face à une haute fenêtre. Une pluie fine commençait à tomber des nuées. Les gouttes coulaient le long du verre et formaient de longues traînées verticales, fines et transparentes comme du cristal, qui faisaient à Fabergé l'effet de barreaux de prisons disposées parmi les hommes par le ciel lui-même.
Une voix forte l'interpella par son nom et tira le professeur de sa rêverie. Il se retourna lentement et se retrouva face à un grand homme aux cheveux grisonnants, d'imposante carrure et à l'embonpoint léger. Onésime Corentin, le propriétaire des lieux, était vêtu d'un costume gris dont le pantalon était un petit peu trop court pour ses longues jambes. Il avait légèrement desserré le nœud de sa cravate rouge pâle, elle-même assortie à ses lunettes rectangulaires.
Les deux hommes se serrèrent la main et l'éditeur fit entrer Fabergé dans un grand bureau lumineux, dont le plancher craquait légèrement sous leurs pas. Ils prirent place de part et d'autre d'un bureau en ébène, aussi reluisant que du verre poli. Dans la pièce régnait une odeur légère mais insistante de tabac froid et de détergent. Elle rendait l'atmosphère presque indisposante, malgré une fenêtre entrouverte qui semblait plus propager les effluves intérieurs dans les rues de la ville que renouveler l'air du bureau. Le doux clapotement de la pluie contre les vitres et sur le balcon parvenait tout juste à masquer le bourdonnement continu des automobiles. Par moment, on entendait la gouttière du bâtiment situé face aux éditions Corentin-Grangé qui débordait et répandait son trop-plein sur le trottoir avec un bruit humide comme l'air extérieur.
Une fois installé dans un confortable fauteuil de cuir noir, face à Onésime Corentin, Fabergé posa son porte-documents sur ses genoux, l'ouvrit et en tira une liasse de feuilles dactylographiées, agrafées par le coin supérieur gauche.
« Voici donc l'ultime chapitre, dit l'éditeur en prenant le manuscrit que lui tendait son vis-à-vis. Dans les délais, comme toujours. Vous n'êtes pas loin de devenir mon auteur le plus ponctuel, savez-vous.
- La ponctualité est la politesse des rois, répondit simplement Nicéphor Fabergé. »

Après avoir discuté de longues minutes avec lui, le jeune professeur sortit du bureau de son éditeur et s'arrêta dans le hall du rez-de-chaussée. Il se dirigea vers une longue table sur laquelle étaient disposés plusieurs exemplaires des derniers ouvrages publiés par la maison. Il déposa sa sacoche à ses pieds, puis se saisit d'un livre à la couverture sobre et se mit à le feuilleter distraitement sans prendre la peine de lire la quatrième de couverture.
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Re: Un Goût Amer

Message  Pacô le Mer 31 Mar 2010 - 17:17

Nérouje a écrit:L'an dernier, j'avais fait un petit topo la dessus dans la partie cours. Je ne sais pas si le Big-boss l'a viré... vu qu'il ne semblait pas trop de mon avis.

Je suis despotique, mais je laisse la liberté d'expression Laughing.

Le cours doit être empilé sous beaucoup d'autres, mais il n'a surement pas été viré non.

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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Mer 31 Mar 2010 - 21:42

Forme / fond : problème de situation. En bleu, on est avec Nini, en violet on se retrouve en observateur de celui-ci.
Là, je ne suis pas tout-à-fait d'accord. Le narrateur pourrait très bien être un personnage qui observe la scène et, pour peu qu'il connaisse le nom de Fabergé, faire ce constat. Par exemple : «Assis sur la première marche des escaliers, j'observai Fabergé qui venait d'apparaître sur le pallier intermédiaire. Soudain, une voix forte l'interpella par son nom et tira le professeur de sa rêverie.». Certes, c'est Fabergé qui est interpellé, mais un observateur extérieur peut s'en rendre compte de la même manière. Donc pour moi, toute la phrase se situe de façon extérieure au personnage. Enfin, c'est ce qu'il me semble, en tous cas... Laughing

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Jeu 1 Avr 2010 - 7:17

MrSonge a écrit:
Forme / fond : problème de situation. En bleu, on est avec Nini, en violet on se retrouve en observateur de celui-ci.
Là, je ne suis pas tout-à-fait d'accord. Le narrateur pourrait très bien être un personnage qui observe la scène et, pour peu qu'il connaisse le nom de Fabergé, faire ce constat. Par exemple : «Assis sur la première marche des escaliers, j'observai Fabergé qui venait d'apparaître sur le pallier intermédiaire. Soudain, une voix forte l'interpella par son nom et tira le professeur de sa rêverie.». Certes, c'est Fabergé qui est interpellé, mais un observateur extérieur peut s'en rendre compte de la même manière. Donc pour moi, toute la phrase se situe de façon extérieure au personnage. Enfin, c'est ce qu'il me semble, en tous cas... Laughing
Ouaip, tu as peut-être raison, peut-être mais il y a peu de chances.
Je t'ai fait part de mon impression : la deuxième partie de cette phrase m'a fait bizarre. Depuis le début du roman, je (le lecteur) suis Nicéphor, je suis en lui (tu me force à m'identifier à lui en me faisant part de ses impressions et non celles des autres personnages - qu'a ressenti Phiphi lors de son entretiens avec son prof ? Nous ne le savons pas. Et ce n'est qu'un exemple.) Le "tira le professeur de sa rêverie" me tire brusquement de cette identification et rends mon observation impartiale en me décollant du personnage. À cause de ceci, j'obtiens un regard quasi-clinique de la scène (je ne m'identifie pas plus à Nini qu'à Oné) ... et je décolle du bouquin.
Est-ce le but recherché ? Je ne pense pas.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Jeu 1 Avr 2010 - 8:29

tu me force à m'identifier à lui en me faisant part de ses impressions et non celles des autres personnages
Pas tout-à-fait. C'est vrai dans l'entourage de Fabergé, mais il y a en tous cas un autre personnage sur les impressions duquel je fourni au moins autant de détails que sur celles de Fabergé. Wink
Ceci dit, je fais part des réflexions et sentiments de mon personnage, mais ce n'est pas forcement dans le but d'obliger mon lecteur à s'identifier. Ça aide très certainement, mais je n'ai aucune envie particulière que mon lecteur puisse s'identifier à qui que ce soit.

Le "tira le professeur de sa rêverie" me tire brusquement de cette identification et rends mon observation impartiale en me décollant du personnage
Si ce n'est qu'une question de terme, je peux remplacer «le professeur» par autre chose mais j'avoue ne pas très bien voir en quoi ce terme, souvent utilisé par avant pour désigner Fabergé (puisqu'il l'est) peut rendre le lecteur à se point extérieur au personnage. Mais d'un autre côté, maintenant que j'y pense, ce serait une parfaite concordance forme/fond, puisqu'en même temps que Fabergé est tiré de sa rêverie (intérieur), le lecteur est «tiré brusquement de cette identification.» Je t'avoue franchement ne pas l'avoir fait exprès, mais quand j'y réfléchis je trouve que d'un point de vue sémantique, l'effet colle tout-à-fait...

Oh, et j'en oublie de te remercier pour les autres corrections. Je crois que j'ai tout pris (au moins en considération, pour une minorité) et je crois que je vais me post-iter en gros tes axes de travail sur l'écran de mon ordinateur. D'ailleurs, j'en vois l'utilité déjà maintenant lorsque je m'attelle à Requiem de Venise quand je tente de me relire en fonction de certains défauts que tu as souligné. Preuve que c'était fondé ! ^^

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Jeu 1 Avr 2010 - 19:01

Mais d'un autre côté, maintenant que j'y pense, ce serait une parfaite concordance forme/fond, puisqu'en même temps que Fabergé est tiré de sa rêverie (intérieur), le lecteur est «tiré brusquement de cette identification.» Je t'avoue franchement ne pas l'avoir fait exprès, mais quand j'y réfléchis je trouve que d'un point de vue sémantique, l'effet colle tout-à-fait...
Shocked
....
Razz

Bon. Pour la suite, il vas falloir attendre un peu car je pars pour Paname ce samedi et y resterai une semaine. Ne t'inquiète donc pas si je n'interviens pas sur "un goût amer". À pluche.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Jeu 1 Avr 2010 - 19:10

Damnation, tu sais que moi aussi ? Razz
On sera dans la même ville pendant quatre jours. drunken

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Re: Un Goût Amer

Message  nico4g le Ven 2 Avr 2010 - 1:34

Chapitre Neuvième


Debout dans la salle des professeurs, Nicéphor Fabergé feuilletait un magasine littéraire en buvant un café, appuyé contre un murpas forcément évident à faire. Il s'arrêta sur un article consacré au Salon du livre, qui se terminait le lendemain. Une page entière était consacrée à la prestation et au succès d'Abel Fresnay. L'auteur du reportage ne tarissait pas d'éloges à son égard et ne cessait de répéter, comme pour justifier ses dithyrambes,au départ les dithyrambes étaient des odes en hommage à Bacchus, il me semble le nombre astronomique d'exemplaires de Jeu de Rôle partis comme des petits pains en quelques heures. L'écrivain, dont on pouvait admirer le sourire sur une photographie qui prenait la moitié de la page, était officiellement sacré meilleur prosateur de sa génération. Il s'en était fallu de peu, songea Fabergé, pour que l’on propose de le faire entrer de son vivanttout vivant dans la Pléiade. Dégoûté, il jeta le journal dans une corbeille et se tourna vers la fenêtre. En observant distraitement les platanes dans la cour, il se rendit compte que ce n'était plus seulement du mépris qu'il éprouvait pour Fresnay et ses écrits ; il sentait avec confusion monter en lui un sentiment de jalousie qu'il s'efforçait de réprimer, sans succès.
Le jeune professeur avait lui-même publié un premier roman, quelques années auparavant. Celui-ci n'avait eu aucun succès publique. Quelques écrivains avaient fait montre d'un enthousiasme timide mais sincère, passé inaperçu dans le flot de critiques négatives qui avait émané de tous côtés. Les plus tendres avaient parlé de maladresses de jeunesse, les plus féroces s'en étaient donné à cœur joie: creux, prétentieux, arrogant étaient les adjectifs qu’on retrouvait le plus souvent au fil de leurs plumes fielleuses. Non seulement cet étrillage mon correcteur ne connait pas ce motinjuste découragea Fabergé qui cessa d'écrire pendant plus d'une année, mais il remit aussi en question sa nomination d’assistant maître de conférence à la Sorbonne. Lorsque les professeurs apprirent qu'il était l'auteur d'un ouvrage à la si médiocre réputation, ils le prièrent poliment d'aller voir ailleurs. Par chance, le proviseur du lycée où il travaillait et à qui il avait déjà fait part de son désir de démissionner, accepta sans rechigner de le garder, sans quoi il se serait retrouvé au chômage.
Alors qu'il ressassait ces souvenirs douloureux, Fabergé se sentit envahi par une bouffée de haine dirigée à la fois contre ceux qui l'avait attaquéet leurs critiques imbéciles mais aussi contre les plumitifs..., contre leurs critiques imbéciles et contre les plumitifs dont l'étendue du succès n'avait d'égal que l'immensité de leur médiocrité. Tout en essayant de se persuader que les chiffres des ventes n’ont que très rarement de rapport avec la qualité d'une œuvre, il ne parvenait pas à s'empêcher de haïrrépétition : d'abhorrer ? des gens comme Fresnay, dénués du moindre talent d'écriture mais qui réussissaient à se faire aduler du grand public parce qu’ils savent le caresser dans le sens du poil. À eux le succès arraché au prix de concessions impardonnables pour satisfaireaux goûts douteux des foules, à eux la gloire d'une œuvre qui n'offre aux gens que ce qu'ils désirent, une œuvre qui leur ressemble, aussi plate, molle, banale qu'eux. Lui devait se contenter de l'admiration timorée de quelques écrivains et intellectuels doués, certes, mais obscurs, pour ne pas dire dans la même situation que lui.
Cependant, et cela depuis longtemps, Nicéphor Fabergé avait cessé de croire qu'un auteur méconnu est de facto un poète maudit dont le génie sera découvert plusieurs années après sa mort. Il refusait donc de tirer une quelconque fierté de l'anonymat dans lequel il était resté après la parution de son roman. Mais l'inverse étant vrai également, - à savoir qu'un auteur reconnu de son vivant n'est de loin pas toujours dénué de talent -, il se surprenait de plus en plus souvent à rêver de gloire et de reconnaissance nationale. L'envie de se faire un nom, de ne plus être qu'un professeur de français parmi tant d'autres, le taraudait de plus en plus fréquemment. Parfois, assis à sa table de travail, il était saisi d'un désir violent, ardent, d'écrire quelque chose de fort, de puissant ; un roman cosmique qui puisse déchaîner les passions cent ans après sa parution, un roman qui retourne les entrailles de ses lecteurs, qui s'impose à eux avec violence, comme une gifle en plein visage ; quelque chose qui puisse clore toutes les conversations, qui soit éternel et universel.

Je lis avec toujours autant de plaisir ta prose, mon ami. Fabergé, jaloux du succès ? logique quelque part, celui qui se fait publier nourrit l'espoir de la postérité, de la reconnaissance. Quoi de plus difficile à accepter comme échec quand ceux que l'on conchie se retrouve auréolé de gloire ? J'entendais Naullau la dernière fois, lui regrettait qu'il n'y ait plus d'écrivain qui écrive sur notre société, comme si le rouge et le noir était le dernier roman de faits divers. Oui, les gens veulent du rêve, c'est tout. Un best seller, c'est un livre acheté par ceux qui ne lisent pas ^^.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Ven 2 Avr 2010 - 8:22

pas forcément évident à faire
Tu vas rire, mais je m'en suis rendu compte après l'avoir écrit. Avant, je n'avais jamais testé et ça me paraissait tout simple et presque logique. Et puis je me suis retrouvé dans cette situation (un verre à la main, un magasine dans l'autre) et effectivement, c'est osé. Mais on dira que Fabergé, comme tout professeur de lycée, à le don inné de la pause-café. Very Happy

au départ les dithyrambes étaient des odes en hommage à Bacchus, il me semble

Pas exactement, mais tu es très proche. C'était en fiat un hymne religieux chanté par un chœur d’hommes et une danse qui représentait à l'origine l'emprise de Dionysos sur les hommes. C'était donc grec et non romain, à la base.
M'enfin maintenant, on ne l'utilise guère plus dans un autre sens que : Éloge marquée d'enthousiasme excessif

mon correcteur ne connait pas ce mot
Le mien non plus. C'est un néologisme, je crois, et j'hésite à le garder. Je n'ai jamais été un amoureux de cegenre de procédé, mais je dois avouer qu'il me convient pas si mal, pour l'image...

Un best seller, c'est un livre acheté par ceux qui ne lisent pas
En tous cas pas au sens où je l'entends. Sollers disait que le marché veut des livres qu'on ouvre pour voir un film, alors que pour lui, le livre ne se regarde pas, il s'écoute.

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Re: Un Goût Amer

Message  kat le Ven 16 Avr 2010 - 20:07

Debout dans la salle des professeurs, Nicéphor Fabergé feuilletait un magasine littéraire en buvant un café, appuyé contre un mur. Il s'arrêta sur un article consacré au Salon du livre, qui se terminait le lendemain. Une page entière était consacrée à la prestation et au succès d'Abel Fresnay. L'auteur du reportage ne tarissait pas d'éloges à son égard et ne cessait de répéter, comme pour justifier ses dithyrambes, le nombre astronomique d'exemplaires de Jeu de Rôle partis comme des petits pains en quelques heures. L'écrivain, dont on pouvait admirer le sourire sur une photographie qui prenait la moitié de la page, était officiellement sacré meilleur prosateur de sa génération. Il s'en était fallu de peu, songea Fabergé, pour que l’on propose de le faire entrer tout vivant dans la Pléiade. Dégoûté, il jeta le journal dans une corbeille et se tourna vers la fenêtre. En observant distraitement les platanes dans la cour, il se rendit compte que ce n'était plus seulement du mépris qu'il éprouvait pour Fresnay et ses écrits ; il sentait avec confusion monter en lui un sentiment de jalousie qu'il s'efforçait de réprimer, sans succès.

Le jeune professeur avait lui-même publié un premier roman, quelques années auparavant. Celui-ci n'avait eu aucun succès publique. Quelques écrivains avaient fait montre d'un enthousiasme timide mais sincère, passé inaperçu dans le flot de critiques négatives qui avait émané de tous côtés. Les plus tendres avaient parlé de maladresses de jeunesse, les plus féroces s'en étaient donné à cœur joie: creux, prétentieux, arrogant étaient les adjectifs qu’on retrouvait le plus souvent au fil de leurs plumes fielleuses. Non seulement cet étrillage injuste découragea Fabergé qui cessa d'écrire pendant plus d'une année, mais il remit aussi en question sa nomination d’assistant maître de conférence à la Sorbonne. Lorsque les professeurs apprirent qu'il était l'auteur d'un ouvrage à la si médiocre réputation, ils le prièrent poliment d'aller voir ailleurs. Par chance, le proviseur du lycée où il travaillait et à qui il avait déjà fait part de son désir de démissionner, accepta sans rechigner de le garder, sans quoi il se serait retrouvé au chômage.

Alors qu'il ressassait ces souvenirs douloureux, Fabergé se sentit envahi par une bouffée de haine dirigée à la fois contre ceux qui l'avait attaqué, contre leurs critiques imbéciles et contre les plumitifs dont l'étendue du succès n'avait d'égal que l'immensité de leur médiocrité. Tout en essayant de se persuader que les chiffres des ventes n’ont que très rarement de rapport avec la qualité d'une œuvre, il ne parvenait pas à s'empêcher de haïr des gens comme Fresnay, dénués du moindre talent d'écriture mais qui réussissaient à se faire aduler du grand public parce qu’ils savent le caresser dans le sens du poil. À eux le succès arraché au prix de concessions impardonnables aux goûts douteux des foules, à eux la gloire d'une œuvre qui n'offre aux gens que ce qu'ils désirent, une œuvre qui leur ressemble, aussi plate, molle, banale qu'eux. Lui devait se contenter de l'admiration timorée de quelques écrivains et intellectuels doués, certes, mais obscurs, pour ne pas dire dans la même situation que lui.

Cependant, et cela depuis longtemps, Nicéphor Fabergé avait cessé de croire qu'un auteur méconnu est de facto un poète maudit dont le génie sera découvert plusieurs années après sa mort. Il refusait donc de tirer une quelconque fierté de l'anonymat dans lequel il était resté après la parution de son roman. Mais l'inverse étant vrai également, - à savoir qu'un auteur reconnu de son vivant n'est de loin pas toujours dénué de talent -, il se surprenait de plus en plus souvent à rêver de gloire et de reconnaissance nationale. L'envie de se faire un nom, de ne plus être qu'un professeur de français parmi tant d'autres, le taraudait de plus en plus fréquemment. Parfois, assis à sa table de travail, il était saisi d'un désir violent, ardent, d'écrire quelque chose de fort, de puissant ; un roman cosmique qui puisse déchaîner les passions cent ans après sa parution, un roman qui retourne les entrailles de ses lecteurs, qui s'impose à eux avec violence, comme une gifle en plein visage ; quelque chose qui puisse clore toutes les conversations, qui soit éternel et universel.

je résume Very Happy
roman : 4 fois
professeur(s) : 4 fois
quelques : 6 fois
auteur : 4 fois
succès : 5 fois
puisse : 2 fois mais en 2 lignes
sinon ce que je n'ai pas souligné :
écrits : 4 fois
écrivain : 3 fois
contre : 4 fois
et sinon Wink au début du texte : un article consacré ..., une page consacrée...

kat
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Ven 16 Avr 2010 - 20:54

Merci beaucoup pour ce relevé, kat. Je pense laisser des répétitions de mot «peu importants» comme "contre" et "quelque" mais sinon je vais regarder comment arranger tout cela ! Bienvenue ^^

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Lun 19 Avr 2010 - 9:01

Salut MrSonge,
Alleye une foua, il est grand temps de s'y remettre !

Chapitre second, quatrième extrait.

Vêtu d'un complet trois pièces bleu foncé
Suggestion : pas très important mais ça évite un empilement.

Au fil de la discussion, Fabergé apprit que son interlocuteur se nommait Ernest Malesherbe
Suggestion. Ici, une lapalissade.

Au fil de la discussion, Fabergé apprit que son interlocuteur se nommait Ernest Malesherbe et (Fabergé appris) qu'il cumulait les activités de professeur de sémiologie au Collège de France, de critique littéraire et d'essayiste. Il lui parla du livre qu'il avait lu et détesté, expliqua que l'auteur était une comédienne.
Forme / fond : Grammaticalement, "Il" se rapporte à Fafa. Je pense que ce n'est pas ce que tu as voulu dire (Il = Ernest), non ?

rien de plus qu'une activité secondaire dans laquelle chacun pouvait se risquer sans n'avoir aucun talent particulier ni assimilé aucune technique
Forme : Je sais bien que c'est français... mais je trouve ça très moche.
Suggestion : rien de plus qu'une activité secondaire dans laquelle chacun pouvait se risquer sans talent particulier ni travail (ou si ce mot ne te conviens pas: étude, exercices,pratique, labeur, etc.) assidu.

Tout en devisant, les deux hommes s'étaient rapprochés de la double porte vitrée du bâtiment.
Fond : n'y a-t-il pas un escalier à descendre ?

son long manteau bleu marin
Forme : Bleu marine (Il me semble que "marine" n'est pas un adjectif mais un nom. La marine. Comme si tu disait "marron armée".) À moins que tu veuilles dire qu'il portait un manteau de marin de couleur bleue.

Malesherbe jeta un oeil à l'extérieur et enfila son long manteau bleu marin tandis que Fabergé sortait un parapluie pliable noir de sa sacoche.
Suggestion : J'aurais supprimé Noir (point trop n'en faut.)

Nicéphor Fabergé refusa tout d'abord poliment puis céda lorsque la fine pluie se mua soudainement en affreux crachin persistant qui commençait à s'infiltrer au travers de ses vêtements.
Forme / Fond : céder => implique la perte de quelque chose, comme si Ernest lui demandait une faveur. Ce qui n'est pas le cas.
Fond : Un crachin est une pluie fine => redite. Tu l'as d'ailleurs bien senti puisque tu as été obligé de préciser ta pensée en ajoutant un adjectif.
Suggestion : Tout d'abord Nicéphor Fabergé refusa poliment puis changea d'avis lorsque la pluie fine se mua en une violente averse (ondée, averse, déluge, orage, etc.) Ouaip, un peu sec Laughing pour être du MrSonge, ajoute un ou deux mots pour donner un peu plus de rondeur.

il emboîta le pas à Malesherbe qui le guida jusqu'à une vieille DS dont la carrosserie noire luisait à la lumière d'un lampadaire, comme si elle venait de sortir de l'usine de fabrication.
Fond : Il pleut, peut-elle briller comme si elle venait de sortir de l'usine de fabrication ?

Il parla de l'utilité souvent contestée des critiques musicaux et littéraires, de leurs erreurs du passé.

Forme : pas sûr que ça soit bien français...
Suggestion : Il parla de l'utilité souvent contestée des critiques musicaux et littéraires, de leurs erreurs passées.

Après quelques minutes, en tournant la tête vers son interlocuteur, Fabergé observa qu'il n'avait pas bouclé sa ceinture de sécurité.
Suggestion : Après quelques minutes, Fabergé constata que son interlocuteur n'avait toujours pas bouclé sa ceinture de sécurité.

Malesherbe lui répondit sans détourner les yeux de la route qu'il n'attachait sa ceinture que lorsqu'il avait peur, lorsqu'il sentait que cela devenait utile. Il ne comprenait pas pourquoi les gens étaient si pressés de se fixer à leur siège dès qu'ils mettaient un pied dans leur automobile. La ceinture n'est qu'un moyen supplémentaire d'éviter les imprévus et de banaliser encore plus son existence. Quel réflexe répugnant que de s'asseoir au volant et de boucler sa ceinture sans même y penser mais en étant inconsciemment persuadé que l'on est maintenant hors de danger. Quel risible et fallacieux sentiment de puissance peut germer de cette illusion de pouvoir dompter la fatalité en se fixant dérisoirement à son siège. Lorsque l'on n'a pas sa ceinture, prendre la voiture pour le plus insignifiant des déplacements devient important. On joue gros en allant simplement acheter une boîte de cassoulet au supermarché le plus proche. Ne pas savoir, voilà qui est extraordinaire. Monter en voiture et douter, quel sentiment grisant.
Fond : Moi qui suis plutôt avare en compliments, je trouve ce passage vraiment excellent ! J'adore (digne du grand Reiser.)

Il ne comprenait pas pourquoi les gens étaient si pressés de se fixer à leur siège dès qu'ils mettaient un pied dans leur automobile.
Suggestion : Il ne comprenait pas pourquoi les gens étaient si pressés de se fixer à leur siège dès qu'ils posaient leurs fesses dans leur automobile.

Quel risible et fallacieux sentiment de puissance peut germer de cette illusion de pouvoir dompter la fatalité en se fixant dérisoirement à son siège.
Forme : "Pouvoir" prête à confusion en cours de lecture. Une belle phrase est une succession de mots compris du premier coup.
Suggestion : Quel risible et fallacieux sentiment de puissance peut germer de cette illusion de dompter la fatalité en se fixant dérisoirement à son siège.

Les toitures ondulaient au gré des légères trépidations de la DS
Forme / fond : Onduler => mouvement doux, trépider => mouvement sec.
Fond : horreur... tu n'es jamais monté dans une déesse, ou bien ?

Les toitures ondulaient au gré des légères trépidations de la DS et des fines coulées d'eau sur le verre.
Forme : attention, tu as déjà utilisé cette image...

Le vrombissement discret du moteur de l'automobile ne masquait pas le bruit doux des gouttes de pluie qui rebondissaient sur le capot et sur le toit.
Suggestion : Le vrombissement discret du moteur de l'automobile ne masquait pas le bruit doux des gouttes de pluie qui rebondissaient sur la carrosserie.

Le jeune professeur fit remarquer qu'il avait toujours trouvé étrange que les gens soient si effrayés par la pluie, au point qu'ils préfèrent préserver leur confort en s'enfermant chez eux (dans leur voiture Laughing ) pour éviter de se mouiller, plutôt que de goûter à une promenade dans un Paris déserté par les gens et le bruit.
Fond : Cette vanne qu'envoi Fafa à Ernest est-elle voulue ?
Si c'est le cas, je suis surpris du manque de réaction de celui-ci, (m'enfin, Nérouje aurait au moins ricané...)

Le jeune professeur fit remarquer qu'il avait toujours trouvé étrange que les gens soient si effrayés par la pluie
Forme / fond : ce mot ne me parait pas approprié. D'autant qu'il y a une répétition plus bas, et que là, ce mot est justifié.

Voilà pourquoi même les plus intelligents disent un nombre incalculable d'inepties.
Suggestion : Voilà pourquoi, même les plus intelligents disent un nombre incalculable d'inepties.

Ils ne savent pas faire le tri; ils ne savent plus apprécier le silence.
Suggestion : Ils ne savent pas trier ni apprécier le silence.
Je remarque que dans toute la réponse de Faf, le langage paraît moins soutenu, ceci dénote par rapport au reste.

Il exprime tout, comme il peut ne rien exprimer si on ne sait pas écouter sa voix. Pourquoi refuser de céder sa place...
Forme : prête à confusion. Ta phrase peut aussi bien dire : Il exprime tout, comme il peut ne rien exprimer si on ne sait pas écouter notre propre voix (ce qui ne veut plus rien dire.)
Suggestion : Il exprime tout, comme il peut ne rien exprimer si on ne sait pas écouter sa voix. Pourquoi refuser de céder sa place....

Les gens qui parlent trop sont très souvent les plus ennuyeux.
Forme / fond : j'aurais viré cette phrase inutile, Fafa commence d'ailleurs à trop parler...

J'en termine avec un peu de barbouille...
Nicéphor Fabergé fit volte-face et se trouva devant un homme entre deux âges dont la moustache grisonnante était coiffée avec soins. Son visage carré, son regard pénétrant et impassible intimidèrent quelque peu Fabergé qui ne put s'empêcher de tressaillir imperceptiblement. Vêtu d'un complet trois pièces bleu foncé, d'un feutre noir, l’homme portait son manteau sur le bras. D’un geste vif, il désigna le livre de la tête.
« Ce n'est qu'un ramassis de mièvreries plus fades les unes que les autres. Un salmigondis d'une niaiserie sans borne. J'ignore comment il est possible que de telles imbécilités aient étés publiées par une maison dont j'admire habituellement le discernement.
- Vous connaissez bien les éditions Corentin-Grangé ?
- Fort bien. Monsieur Grangé est un ami avec qui j'ai travaillé il y a de nombreuses années, lorsqu'il était employé par le Figaro. De plus, je fais occasionnellement partie du comité de lecture. »
Au fil de la discussion, Fabergé apprit que son interlocuteur se nommait Ernest Malesherbe et qu'il cumulait les activités de professeur de sémiologie au Collège de France, de critique littéraire et d'essayiste. Il lui parla du livre qu'il avait lu et détesté, expliqua que l'auteur était une comédienne. Il s'étonna aussi du nombre de gens qui se mettait à écrire, comme si le métier d'écrivain était accessible à tous et ne représentait rien de plus qu'une activité secondaire dans laquelle chacun pouvait se risquer sans n'avoir aucun talent particulier ni assimilé aucune technique.
Tout en devisant, les deux hommes s'étaient rapprochés de la double porte vitrée du bâtiment. Malesherbe jeta un oeil (œ = Alt0156) à l'extérieur et enfila son long manteau bleu marin tandis que Fabergé sortait un parapluie pliable noir de sa sacoche. Lorsqu'ils furent tous deux à l'extérieur, Ernest Malesherbe s'enquit du moyen par lequel le jeune enseignant comptait rentrer chez lui.
« A (À = Alt0192)pieds, je pense, répondit ce dernier. Je n'habite pas très loin.
- Par ce temps, vous n'y pensez pas. Ma voiture est garée à deux pas, je me ferais un plaisir de vous raccompagner. »
Nicéphor Fabergé refusa tout d'abord poliment puis céda lorsque la fine pluie se mua soudainement en affreux crachin persistant qui commençait à s'infiltrer au travers de ses vêtements. Relevant le col de son manteau, il emboîta le pas à Malesherbe qui le guida jusqu'à une vieille DS dont la carrosserie noire luisait à la lumière d'un lampadaire, comme si elle venait de sortir de l'usine de fabrication.
Dès qu'il eut engagé son automobile dans la circulation, le critique littéraire se mit à parler. Il parla de l'utilité souvent contestée des critiques musicaux et littéraires, de leurs erreurs du passé. Après quelques minutes, en tournant la tête vers son interlocuteur, Fabergé observa qu'il n'avait pas bouclé sa ceinture de sécurité. Il le lui fit remarquer. Malesherbe lui répondit sans détourner les yeux de la route qu'il n'attachait sa ceinture que lorsqu'il avait peur, lorsqu'il sentait que cela devenait utile. Il ne comprenait pas pourquoi les gens étaient si pressés de se fixer à leur siège dès qu'ils mettaient un pied dans leur automobile. La ceinture n'est qu'un moyen supplémentaire d'éviter les imprévus et de banaliser encore plus son existence. Quel réflexe répugnant que de s'asseoir au volant et de boucler sa ceinture sans même y penser mais en étant inconsciemment persuadé que l'on est maintenant hors de danger. Quel risible et fallacieux sentiment de puissance peut germer de cette illusion de pouvoir dompter la fatalité en se fixant dérisoirement à son siège. Lorsque l'on n'a pas sa ceinture, prendre la voiture pour le plus insignifiant des déplacements devient important. On joue gros en allant simplement acheter une boîte de cassoulet au supermarché le plus proche. Ne pas savoir, voilà qui est extraordinaire. Monter en voiture et douter, quel sentiment grisant.
Les rues dans lesquelles s'engageait la DS semblaient avoir étés vidées des passants et badauds qui déambulaient habituellement à ces heures-là. Seuls quelques rares quidams arpentaient les trottoirs à pas rapides, abrités sous des parapluies ou la tête rentrée dans les épaules pour se protéger de l'eau glacée qui s'infiltrait sous leurs vêtements. De temps à autres, une lueur vive illuminait de l'intérieur quelques nuages, signalant ainsi la présence d'éclairs lointains.
A (À = Alt0192) travers les vitres dégoulinant de pluie, Fabergé observait la ville qui lui apparaissait déformée, trouble et indistincte. Les toitures ondulaient au gré des légères trépidations de la DS et des fines coulées d'eau sur le verre. Le vrombissement discret du moteur de l'automobile ne masquait pas le bruit doux des gouttes de pluie qui rebondissaient sur le capot et sur le toit.
Le jeune professeur fit remarquer qu'il avait toujours trouvé étrange que les gens soient si effrayés par la pluie, au point qu'ils préfèrent préserver leur confort en s'enfermant chez eux pour éviter de se mouiller, plutôt que de goûter à une promenade dans un Paris déserté par les gens et le bruit. Malesherbe lui demanda alors s'il aimait le silence.
« Beaucoup, répondit Fabergé. Un beau silence est précieux. En fait, je crois que le défaut des gens de notre société est qu'ils parlent trop. Voilà pourquoi même les plus intelligents disent un nombre incalculable d'inepties. Ils ne savent pas faire le tri; ils ne savent plus apprécier le silence. C'est pourtant magnifique, le silence. D'ailleurs je n'aime pas cette expression : le bruit du silence. Le silence ne fait pas de bruit. Il chante parfois, il murmure, il soupire. Ce sont les gens qui le rendent pesant, angoissant ou léger. Le silence, c'est le silence, rien de plus. Il exprime tout, comme il peut ne rien exprimer si on ne sait pas écouter sa voix. Pourquoi refuser de céder sa place au silence si c'est pour nous abreuver d'un flot de paroles inutiles ? Les gens qui parlent trop sont très souvent les plus ennuyeux.
- Les gens qui parlent trop, répondit le critique littéraire, ne savent pas se taire parce que le silence les effraie. Celui-là même que vous semblez couvrir d'éloges peut aussi être félon. On peut tuer très facilement avec un silence. Parfois, il est dangereux.
- Ce sont les gens qui le sont. Certains manient aussi bien le silence que les mots, et lui font dire ce qu'ils veulent, dans un langage plus subtil. C'est pour cela que certaines personne en ont peur, parce qu'elles savent que le silence peut devenir une arme. Tout comme le langage. »

L'humour et les idées développées dans cet extrait m'ont séduit. Vraiment.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Lun 19 Avr 2010 - 14:00

Bon alors je commence par ce que je trouve discutable (pas grand chose...) ^^ :

Suggestion : pas très important mais ça évite un empilement.
Oui mais si j'enlève ce «trois pièces», personne ne s'imaginera cela puisque lorsqu'on parle de complet, les gens ont logiquement tendance à en voir un deux pièces.

Fond : n'y a-t-il pas un escalier à descendre ?
Non ils sont déjà au rez. ^^

Forme / Fond : céder => implique la perte de quelque chose, comme si Ernest lui demandait une faveur. Ce qui n'est pas le cas.
J'utilisais plus «céder» dans le sens : «(Figuré) Se soumettre, ne plus résister, accepter, tant au sens physique qu’au sens moral. » Ici Fabergé va céder dans les sens qu'il accepte l'offre de Malesherbe. Evidemment c'est un refus poli qui est opposé mais néanmoins sincère.

Fond : Il pleut, peut-elle briller comme si elle venait de sortir de l'usine de fabrication ?
Sous un lampadaire, une voiture peut briller, qu'il pleuve ou non, non ? Enfin moi c'est l'impression que j'ai...

Forme / fond : Onduler => mouvement doux, trépider => mouvement sec.
Fond : horreur... tu n'es jamais monté dans une déesse, ou bien ?
Si mais j'ai pas géré sur ce coup-là. Je ne sais pas ou j'avais la tête. xD J'ai remplacé par «balancements nautiques», je crois que c'est beaucoup plus appropriés aux délicieuses suspension hydraulique de la DS. ^^

Fond : Cette vanne qu'envoi Fafa à Ernest est-elle voulue ?
Non en fait non. Mais je pensais plutôt aux gens qui restent cloitrés chez eux, mais c'est vrai que dans leur voiture, ils peuvent parler !

Voilà tout ce que j'avais à signaler, j'ai considéré tout le reste, pris une grand partie de tes suggestions textuellement et arrangés les autres passages que tu me signales. Un grand merci à toi pour ce retour parmi nous ! Very Happy
Retour assaisonné d'un nouvel extrait de ton roman que je ne pourrais malheureusement pas lire avant ce soir, mais le plaisir n'en sera que plus grand. ^^

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Mer 21 Avr 2010 - 7:03

Salut ! Smile

Fond : n'y a-t-il pas un escalier à descendre ?
Non ils sont déjà au rez. ^^
Oui, désolé (... j'aurais dû vérifier Neutral )

Forme / Fond : céder => implique la perte de quelque chose, comme si Ernest lui demandait une faveur. Ce qui n'est pas le cas.
J'utilisais plus «céder» dans le sens : «(Figuré) Se soumettre, ne plus résister, accepter, tant au sens physique qu’au sens moral. » Ici Fabergé va céder dans les sens qu'il accepte l'offre de Malesherbe. Evidemment c'est un refus poli qui est opposé mais néanmoins sincère.
Oui, oui, c'est exactement ça. L'emploi de "céder" dans ta phrase (Nicéphor Fabergé refusa tout d'abord poliment puis céda... ) signifie que Fafa se soumet à Ernest, c.a.d qu'il vas à l'encontre de son choix (rentrer à pied) et qu'il perd donc son libre arbitre alors que c'est l'averse brutale qui le fait changer d'avis (et non la pression d'Ernest.) M'enfin, c'est ainsi que je le comprends.

Fond : Cette vanne qu'envoi Fafa à Ernest est-elle voulue ?
Non en fait non. Mais je pensais plutôt aux gens qui restent cloitrés chez eux...
Certes. Mais leur dialogue dans la Déesse laisse transparaître clairement une passe d'arme amicale (un peu comme deux chiens qui se tournent autour pour essayer d'en imposer à l'autre et s'apercevoir finalement qu'ils sont de force égale.) En premier lieu, Fafa signale à Ernest qu'il n'a pas mis sa ceinture (alors que lui l'a mise) et celui-ci de lui sortir sa petite théorie (il en ressort un léger mépris pour ceux qui la mettent.) 1 à 0 pour Ernest. En deuxième lieu, Fafa contre attaque en se moquant ouvertement de l'attitude d'Ernest qui viens d'insister pour le ramener chez lui parce qu'il pleut (Le jeune professeur fit remarquer qu'il avait toujours trouvé étrange que les gens soient si effrayés par la pluie, au point qu'ils préfèrent préserver leur confort.) 1 partout, la balle au centre.
La discussion entre eux peut enfin suivre librement son cours.
(J'en profite pour faire remarquer une chose importante : les générations de profs de français se sont évertués à nous expliquer - nous : les élèves benêts - ce que les auteurs classiques ont voulu dire... J'ai toujours eu la conviction profonde qu'ils se foutaient le doigt dans l'œil. En voici, dans une moindre mesure, un exemple frappant.)

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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Mer 21 Avr 2010 - 13:02

Oui, oui, c'est exactement ça. L'emploi de "céder" dans ta phrase (Nicéphor Fabergé refusa tout d'abord poliment puis céda... ) signifie que Fafa se soumet à Ernest, c.a.d qu'il vas à l'encontre de son choix (rentrer à pied) et qu'il perd donc son libre arbitre alors que c'est l'averse brutale qui le fait changer d'avis (et non la pression d'Ernest.) M'enfin, c'est ainsi que je le comprends.
Mais est-ce qu'on se soumet obligatoirement à ce qui nous a fait changer d'avis ? On peut céder à quelqu'un sous la pression de ses proches par exemple, ou la pression de circonstances extérieures («J'ai accepté son offre malhonnête parce que je n'ai vraiment plus un rond...»). Du moins c'est ce qu'il me semble mais là encore je peux me tromper...

(J'en profite pour faire remarquer une chose importante : les générations de profs de français se sont évertués à nous expliquer - nous : les élèves benêts - ce que les auteurs classiques ont voulu dire... J'ai toujours eu la conviction profonde qu'ils se foutaient le doigt dans l'œil. En voici, dans une moindre mesure, un exemple frappant.)
Il y a une différence. Je ne suis pas Flaubert. Razz
Là où je découvre moi-même des choses dans mon texte, des écrivains supérieurs comme Flaubert eux, avaient déjà tout calculé. Je ne pense sincèrement pas qu'il y ait une seule page de Mme Bovary qui soit laissée au hasard. Par conséquent je n'ai jamais été partisan de la théorie qui consiste à dénigrer les enseignants de français dans leur but final, mais plutôt dans la méthode de certains.^^

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Mer 21 Avr 2010 - 17:54

On peut céder à quelqu'un sous la pression de ses proches par exemple, ou la pression de circonstances extérieures («J'ai accepté son offre malhonnête parce que je n'ai vraiment plus un rond...»). Du moins c'est ce qu'il me semble mais là encore je peux me tromper...
Tenter de répondre à une telle question risque de nous plonger dans l'éthologie humaine, je ne pense pas que ce soit nécessaire (quoique ce ne soit pas l'envie - mais le temps - qui me manque.)
Revenons-en à nos moutons :
Ernest Malesherbe s'enquit du moyen par lequel le jeune enseignant comptait rentrer chez lui.
« A pieds, je pense, répondit ce dernier. Je n'habite pas très loin.
- Par ce temps, vous n'y pensez pas. Ma voiture est garée à deux pas, je me ferais un plaisir de vous raccompagner. »
Nicéphor Fabergé refusa tout d'abord poliment puis céda lorsque les gouttes de pluie éparses se muèrent en une averse...
On cède (comme on se soumet, ne résiste plus) à quelque chose ou quelqu'un. Dans ton texte, il n'y a que deux solutions. Soit c'est qq chose (la pluie) soit qq'un (Ernest.) Je reviens donc à ma première remarque : s'il cède à Ernest, ceci implique que Fafa n'était pas disposé à monter avec lui mais que finalement il se soumet à sa requête. Ce qui n'est pas le cas : c'est la pluie battante qui décide Fafa. J'en conclue donc que Fafa cède à la pluie... Suspect
Bon, pourquoi pas, après tout ?
Je te le laisse.

Il y a une différence. Je ne suis pas Flaubert.
Non ? Shocked
Ah zut, moi qui croyait avoir reconnu sa photo. Bon, temps pis...
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Mer 21 Avr 2010 - 18:00

Ah zut, moi qui croyait avoir reconnu sa photo. Bon, temps pis...
Ah non désolé, chez les écrivains, Hugo, Baudelaire et Valéry sont passés dans mes avatars, mais pas Flaubert ! xD

Ce qui n'est pas le cas : c'est la pluie battante qui décide Fafa. J'en conclue donc que Fafa cède à la pluie...
Non, il ne cède pas à la pluie, il cède à Malesherbe à cause de la pluie. C'est comme le type fauché. On lui fait une offre malhonnête. Il cède parce qu'il n'a plus d'argent. Mais il cède bien au type qui à fait l'offre, il ne cède pas à son manque d'argent. Il cède à l'homme à cause de son manque d'argent.

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Jeu 22 Avr 2010 - 5:15

MrSonge a écrit:Non, il ne cède pas à la pluie, il cède à Malesherbe à cause de la pluie. C'est comme le type fauché. On lui fait une offre malhonnête. Il cède parce qu'il n'a plus d'argent. Mais il cède bien au type qui à fait l'offre, il ne cède pas à son manque d'argent. Il cède à l'homme à cause de son manque d'argent.
Bienvenue
Ça m'convient.
Il faudra néanmoins que je me penche sérieusement sur le concept. Après tout, céder est une question de choix et d'intégrité personnelle. Existe-t-il véritablement des cas où l'on à pas le choix ? Finalement, on cède peut-être à notre faiblesse. Wink
N.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Jeu 22 Avr 2010 - 11:14

Ah, alors si tu veux te pencher dessus, commence par Sartre qui te répondra plein d'assurance : «Nous avons toujours le choix !» La liberté à tous prix, l'homme est condamné à être libre, il ne se trouve donc que face à des choix. C'est un des concepts phares de la doctrine existentialiste d'ailleurs, mais comme toujours on peut facilement trouver la pensée inverse. Peut-être en cherchant du côté des déterministes...
Bonne fouille, en tous cas ! Very Happy

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Ven 7 Mai 2010 - 10:20

Salut MrSonge Smile

Chapitre troisième, en avant la musique.

Roseline Saint-Fiacre sortit de chez elle à petits pas
=> Suggestion : Roseline Saint-Fiacre sortit de chez elle à petits pas lents. Étant donné que c'est une mémé, autant ne pas induire le lecteur en erreur (ce qui fut mon cas : j'ai été fort déçu de m'apercevoir qu'ils ne s'agissait point de la secrétaire personnelle d'Onésime qui tortillait de la fesse à petits pas minaudés Evil or Very Mad )

Ses grosses lunettes rondes sur le nez et son châle rouge sur les épaules, elle trottina jusqu'à la grille de son petit jardin qu'elle ouvrit avec peine.
=> Forme : Une répétition que tu peux supprimer en utilisant une image (Ses grosses lunettes rondes en équilibres sur le bout de son nez, enfin, un truc dans le style.)
=> Forme : Tu as certainement remplacé péniblement à la vas-vite. Cette solution est a utiliser parcimonieusement. Un adverbe signale toujours une imprécision du verbe employé. Le problème vient donc de Ouvrir. Essaye un autre verbe, ou encore, trouve une image.

dans les gonds de ce portail de plus en plus rouillé
=> Fond / forme : Rouillé ne veut pas dire qu'il coince pour autant. Grippé ?

avant de traverser avec précaution la chaussée.
=> Forme : Cf. infra.

De l'autre côté, elle obliqua sur sa droite et se dirigea vers le bout de la petite rue dans laquelle elle habitait.
=> Forme / fond : J'ai eu un doute et opéré un petit retours en arrière pour vérifier qu'elle sortait bien de chez elle, mais j'avais bien compris. Attention : le bout ne veut pas forcément dire la fin. Essaye d'être plus précis.

Le ciel était à nouveau bleu et les quelques nuages gris qui stagnaient au-dessus de Paris glissaient lentement vers l'horizon.
=> Suggestion : fuyaient.

Les toits des bâtiments que longeait Roseline gouttaient sur les passants qui s'efforçaient de zigzaguer entre les innombrables flaques d'eau parsemant les trottoirs.
=> Forme : Ce que... qui n'est pas très beau. Suggestion : supprimer ce qui est implicite.

Tout était mouillé, dégoulinant, les arbres étincelaient au soleil comme si leurs feuilles étaient de cristal.
=> Forme : alleye, une fois... Je pense que tu peux en virer un. D'autant que le deuxième casse un peu ton image.

elle jeta un coup d'oeil aux quelques ouvrages
=> d'œil (alt0156)

Avant d'y entrer, elle jeta un coup d'oeil aux quelques ouvrages qui trônaient dans la devanture, lisant consciencieusement chaque titre et observant les images de couverture en clignant des paupières.
=> Forme : Je n'aime pas trop ce qui trônaient dans la devanture suivit des trois participes présents qui empêchent l'adverbe de s'enfuir.
Suggestion : Avant d'y entrer, elle jeta un coup d'oeil aux quelques ouvrages exposés aux passants, (scruta / déchiffra / épela - articula en silence) chaque titre et scruta les images de couverture en clignant des paupières.

A l'intérieur, elle se dirigea rapidement vers un rayonnage placé au centre de la pièce sur lequel on pouvait lire :
=> À (Alt0192)
=> Suggestion : À l'intérieur, elle se dirigea rapidement vers un rayonnage placé au centre de la pièce. Celui-ci affichait :

Sans hésiter, elle se saisit délicatement d'un exemplaire épais sur la couverture duquel figurait la planète Terre, posée sur un échiquier géant et le tout surmonté du nom de l'auteur.
=> Forme : quelques petits détails qui ne plaisent guère.
Suggestion : Sans hésiter, elle saisit un bouquin épais dont la couverture (aguicheuse / tape-à-l'œil) affichait notre bonne vieille planète posée sur un échiquier géant surmontée du nom de l'auteur. Le terme bouquin étant là pour réaffirmer ton mépris de cet ouvrage.

Visiblement heureuse d'avoir pu mettre la main dessus,
Wink

C'était un homme mince, au visage anguleux qui s'adoucissait considérablement lorsqu'il se fendait en deux d'un large sourire. Depuis qu'il était tombé d'une échelle alors qu'il réparait l'enseigne de son magasin, il boitait légèrement et ne pouvait plus courir.
=> Forme : Rolling Eyes
Suggestion : Cet homme mince, dont le visage anguleux s'adoucissait lorsqu'il se fendait d'un large sourire, claudiquait à cause d'une chute malheureuse : il avait glissé d'une échelle (alors qu'il réparait / en réparant) l'enseigne de son magasin.

« Je m'étonnais que vous ne soyez pas déjà venue le chercher, dit-il après avoir salué sa cliente et en s'emparant de l'ouvrage qu'elle poussait vers lui.
=> Suggestion : « Je m'étonnais que vous ne soyez pas déjà venue le chercher, dit-il après avoir salué sa cliente. Il s'empara de l'ouvrage qu'elle poussait vers lui.

Même si je sais hélas que j'arriverais un jour à la fin et qu'alors je devrais de nouveau attendre de longs mois pour pouvoir m'évader dans l'univers fabuleux de l'auteur.
=> Ponctuation. Suggestion : Même si je sais – hélas – que j'arriverais un jour à la fin et qu'alors, je devrais de nouveau attendre de longs mois pour pouvoir m'évader dans (l'univers fabuleux de l'auteur / cet univers fabuleux).

Je ne suis qu'une parmi tant d'autres, vous savez.
=> Forme : incorrect. Je n'en suis qu'une parmi tant d'autres, vous savez.

N'exagérez pas, vous vous portez à merveille et vous avez encore de beaux jours devant vous. »
=> Forme / fond : plutôt maladroit de sa part de lui rappeler que ce n'est peut-être pas le cas !
Suggestion : N'exagérez pas, vous portez à merveille vos quatre-vingt-trois ans

Une petite barbouille. Wink

Roseline Saint-Fiacre sortit de chez elle à petits pas. Ses grosses lunettes rondes sur le nez et son châle rouge sur les épaules, elle trottina jusqu'à la grille de son petit jardin qu'elle ouvrit avec peine. La veille femme se rappela qu'elle avait oublié de demander au fils de sa voisine de venir mettre de l'huile dans les gonds de ce portail de plus en plus rouillé. Elle se promit de passer chez eux en revenant.
Une fois sur le trottoir, elle ajusta une anse de son petit cabas qui glissait le long de son avant-bras avant de traverser avec précaution la chaussée. De l'autre côté, elle obliqua sur sa droite et se dirigea vers le bout de la petite rue dans laquelle elle habitait. Le ciel était à nouveau bleu et les quelques nuages gris qui stagnaient au-dessus de Paris glissaient lentement vers l'horizon. Les toits des bâtiments que longeait Roseline gouttaient sur les passants qui s'efforçaient de zigzaguer entre les innombrables flaques d'eau parsemant les trottoirs. Tout était mouillé, dégoulinant, les arbres étincelaient au soleil comme si leurs feuilles étaient de cristal.
Après avoir remonté plusieurs rues, Roseline Saint-Fiacre s'arrêta devant une vitrine étroite surmontée d'une enseigne en relief qui annonçait :

LIBRAIRIE LEJET


Avant d'y entrer, elle jeta un coup d'oeil aux quelques ouvrages qui trônaient dans la devanture, lisant consciencieusement chaque titre et observant les images de couverture en clignant des paupières. Une fois qu'elle eût achevé sa méticuleuse inspection, elle poussa la porte de la boutique, déclenchant le petit carillon habituel. A l'intérieur, elle se dirigea rapidement vers un rayonnage placé au centre de la pièce sur lequel on pouvait lire : Dernières Sorties. Sans hésiter, elle se saisit délicatement d'un exemplaire épais sur la couverture duquel figurait la planète Terre, posée sur un échiquier géant et le tout surmonté du nom de l'auteur. Visiblement heureuse d'avoir pu mettre la main dessus, Roseline disparut derrière le rayon, en direction du comptoir qui se trouvait au fond de la librairie. Au moment où elle posait le livre près de la caisse, le libraire, Constant Lejet, sortit de l'arrière-boutique. C'était un homme mince, au visage anguleux qui s'adoucissait considérablement lorsqu'il se fendait en deux d'un large sourire. Depuis qu'il était tombé d'une échelle alors qu'il réparait l'enseigne de son magasin, il boitait légèrement et ne pouvait plus courir.
« Je m'étonnais que vous ne soyez pas déjà venue le chercher, dit-il après avoir salué sa cliente et en s'emparant de l'ouvrage qu'elle poussait vers lui.
- Avec ce temps horrible, répondit la vieille femme, j'essaye de sortir le moins possible et uniquement lorsque le soleil perce enfin entre les nuages.
- Vous avez tout à fait raison, et puis vous savez bien que je vous en aurais gardé un exemplaire si vous aviez tardé. Mais comme je sais que vous ne ratez jamais le dernier Fresnay, je ne doutais pas de votre venue.
- C'est toujours un immense plaisir pour moi d'en commencer un nouveau, répondit Roseline en tendant deux billets au libraire. Même si je sais hélas que j'arriverais un jour à la fin et qu'alors je devrais de nouveau attendre de longs mois pour pouvoir m'évader dans l'univers fabuleux de l'auteur.
- On peut dire que vous l'aimez, madame Saint-Fiacre, fit Lejet en souriant. Vous êtes sans doute sa plus fervente admiratrice.
- Je ne suis qu'une parmi tant d'autres, vous savez. Mais tout de même, je lui serais éternellement reconnaissant d'avoir égayé, par les livres magnifiques qu'il nous a donné, les vieux jours d'une petite vieille décrépite comme moi.
- N'exagérez pas, vous vous portez à merveille et vous avez encore de beaux jours devant vous. »

Voilà.

Au fait, j'ai réécris le dernier extrait de la Conjonction. Peux-tu aller y faire un tour pour voir si ça vas mieux ?
Merci.
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Re: Un Goût Amer

Message  MrSonge le Ven 7 Mai 2010 - 12:49

Merci beaucoup, Nérouje !
Je crois avoir tout pris, en tous cas en considération. Excepté la première remarque parce que finalement, laisser le petit suspens sur l'âge de Roseline, ça me plait bien. Razz

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Re: Un Goût Amer

Message  Nérouje le Mar 11 Mai 2010 - 17:49

Salut !

Chapitre troisième, fin.

elle leva anxieusement les yeux au ciel qui se couvrait à nouveau de menaçants nuages noirs.
=> Forme : à mon avis, un de trop. Suggestion : elle leva anxieusement les yeux au ciel qui se couvrait à nouveau de nuages menaçants.

Soupirant, elle se hâta de remonter la rue dans laquelle elle se trouvait,
Rolling Eyes

Dis... Excuses-moi, mais on a l'impression que tu ne te relis pas ! Le début de cet extrait est une catastrophe :
Il lui tendit le petit sac en plastique dans lequel il avait placé l'exemplaire de Jeu de Rôle. Roseline Saint-Fiacre le glissa dans son cabas, salua le libraire et sortit du magasin. Une fois à l'extérieur, elle leva anxieusement les yeux au ciel qui se couvrait à nouveau de menaçants nuages noirs. Soupirant, elle se hâta de remonter la rue dans laquelle elle se trouvait, puis obliqua sur sa droite avant de traverser précautionneusement la chaussée et de se retrouver dans sa rue. La vieille femme s'immobilisa, essoufflée. Depuis qu'elle avait perdu l'habitude de marcher chaque jour, comme elle avait coutume de le faire lorsque son mari était encore en vie, elle se fatiguait de plus en plus rapidement et n'arrivait même plus à monter l'escalier de sa maison sans devoir reprendre son souffle longuement, appuyée contre le mur du palier. Elle resta quelques instants debout au milieu du trottoir, son cabas sous le bras puis, lorsque son souffle fut à nouveau régulier, se remit en route. Elle arriva devant la grille de son petit jardin au moment précis où les premières gouttes de pluie se remettaient à tomber. En entendant grincer les gonds du portail, elle se souvint qu'il fallait qu'elle passe chez ses voisins pour leur demander de l'huile (extrait du dernier passage : La veille femme se rappela qu'elle avait oublié de demander au fils de sa voisine de venir mettre de l'huile). Mais voyant que l'averse redoublait d'intensité de seconde en seconde, Roseline décida plutôt de rentrer directement se mettre au chaud.
Au boulot, nom de dieu ! Je refuse de m'aventurer plus avant dans un tel cafouilli. De plus, je sais bien que tu décris la mémé qui rentre chez elle, mais tu dois trouver un moyen pour changer de sujet du verbe (en marron), c'est trop monotone et répétitif. Fait agir l'environnement, par exemple.
Non, sans rire... Retrousses-toi les manches et reprends-moi ça, que je puisse continuer ma lecture (et mes correction.) Désolé, mais ton roman m'intéresse.

N.
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Re: Un Goût Amer

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