Les Fleurs du Mal - Baudelaire
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Les Fleurs du Mal - Baudelaire

Œuvre majeure de Charles Baudelaire, le recueil de poèmes Les Fleurs du mal, intégrant la quasi-totalité de la production poétique de l’auteur depuis 1840, est publié le 23 juin 1857. C’est l’une des œuvres les plus importantes de la poésie moderne, empreinte d’une nouvelle esthétique où la beauté et le sublime surgissent, grâce au langage poétique, de la réalité la plus triviale et qui exerça une influence considérable sur Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé.Source "Wikipédia"
Beaudelaire a traversé la critique et la censure, peignant un nouveau style qui, je dois reconnaitre, n'est pas pour me déplaire. Certaines de ses poésies m'enchantent, m'ensorcellent dirais-je et son vocabulaire est tel que je l'aime ... Et je le comprends xD.
Pour illustrer mes propos, voici quelques exemples de poèmes:
L'albatros
Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
La Muse Malade
Ma pauvre muse, hélas ! Qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin
T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin,
T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
Bref, voilà de quoi vous enchanter.
Où l'acheter?
Fleur Du Mal
Dernière édition par Pacô le Sam 12 Déc - 11:07, édité 1 fois
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
On a étudié Baudelaire en français en début d'année
Notament L'Albatros, que j'aime bien même si je ne m'intéresse pas tant que ça aux poèmes habituellement.

Hisha- Talent Confirmé

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Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
J'ouvre ce recueil glorieux tout comme j'ouvre mon frigo pour grailler une mandarine. Résultat, je mange des mandarines en lisant du Baudelaire.
Donc, une perle, trop méconnue par les philistins, trop récupérée par les Rebelles-en-Sucre. J'aime particulièrement Le Balcon.
Mère des souvenirs maîtresse des maîtresses
O toi, tous mes plaisirs ! O, toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs maîtresse des maîtresses,
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voiles de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux ! Que ton coeur m'était bon !
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! Que le coeur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, O douceur ! O poison !
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses !
Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes ?
O serments ! O parfums ! O baisers infinis !
Donc, une perle, trop méconnue par les philistins, trop récupérée par les Rebelles-en-Sucre. J'aime particulièrement Le Balcon.
Mère des souvenirs maîtresse des maîtresses
O toi, tous mes plaisirs ! O, toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs maîtresse des maîtresses,
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voiles de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux ! Que ton coeur m'était bon !
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! Que le coeur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, O douceur ! O poison !
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses !
Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes ?
O serments ! O parfums ! O baisers infinis !

Cogale-Vesperale- Talent Habitué

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Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Je regarde la bibliothèque, je me dis que c'est sacrément déserté et puis je vois un post dans Poésie, et O Bonheur : Baudelaire
Il est tout à fait géniallissime.
Je vous conseille d'aller sur dailymotion et de taper "Luchini, par coeur" et vous aller trouver les parties de son spectacle. Dans iune il récite "Le voyage" qui est le plus long poème des Fleurs du mal, 36 strophes, mal connu je trouve ( ben oui, je l'ai appris par coeur", sauf pour son " Etonnants voyageurs" qui a donné le nom du festival littéraire.
Par ailleurs ben ces rimes sont tout simplement divines car elles ont le naturel. Le naturel je l'explique en disant qu'elles ont leur place, on ne pense pas un instant à les déloger, elles existent en elles même ... magnifique ! Et ses alexandrins ont ce doux bercement comme dans ce vers "Et nous allons suivant le rythme de la lame / Berçant notre infini dans le fini des mers"
Dire que les Fleurs du mal ont eu un avis de censure et que tous les exemplaires devaient être brûlés pour atteinte au moeurs ! Je les aurais tué lol
Il y a aussi "Charogne" ... et "La Nature est un temple ou de vivants pilliers ..;" qui a inauguré le mouvement symboliste
Baudelaire est merveilleux. Il est le père de toute la poésie "moderne", père de Mallarmé, de Rimbaud de Verlaine et de bien d'autres, mais gardant l'alexandrin encore, les rythmes classiques qu'il transcende incroyablement. Qui dira qu'un vers de Baudelaire n'est pas habité ...
à lire !
Par ailleurs, vu que je n'ai pas beaucoup de temps à moi, mais que j'aimerais participer, est ce que cela serait possible que je publie une liste de livres, classés par genre, sans commentaire au début ( cela viedra s'ajouter ) pour donner des idées de livres ? ( je lis énormément c'est pour ça, trois ou quatre livres par semaine d'habitude ).
Il est tout à fait géniallissime.
Je vous conseille d'aller sur dailymotion et de taper "Luchini, par coeur" et vous aller trouver les parties de son spectacle. Dans iune il récite "Le voyage" qui est le plus long poème des Fleurs du mal, 36 strophes, mal connu je trouve ( ben oui, je l'ai appris par coeur", sauf pour son " Etonnants voyageurs" qui a donné le nom du festival littéraire.
Par ailleurs ben ces rimes sont tout simplement divines car elles ont le naturel. Le naturel je l'explique en disant qu'elles ont leur place, on ne pense pas un instant à les déloger, elles existent en elles même ... magnifique ! Et ses alexandrins ont ce doux bercement comme dans ce vers "Et nous allons suivant le rythme de la lame / Berçant notre infini dans le fini des mers"
Dire que les Fleurs du mal ont eu un avis de censure et que tous les exemplaires devaient être brûlés pour atteinte au moeurs ! Je les aurais tué lol
Il y a aussi "Charogne" ... et "La Nature est un temple ou de vivants pilliers ..;" qui a inauguré le mouvement symboliste
Baudelaire est merveilleux. Il est le père de toute la poésie "moderne", père de Mallarmé, de Rimbaud de Verlaine et de bien d'autres, mais gardant l'alexandrin encore, les rythmes classiques qu'il transcende incroyablement. Qui dira qu'un vers de Baudelaire n'est pas habité ...
à lire !
Par ailleurs, vu que je n'ai pas beaucoup de temps à moi, mais que j'aimerais participer, est ce que cela serait possible que je publie une liste de livres, classés par genre, sans commentaire au début ( cela viedra s'ajouter ) pour donner des idées de livres ? ( je lis énormément c'est pour ça, trois ou quatre livres par semaine d'habitude ).
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
je suis bien d'accord, Baudelaire est un des plus grand. J'aime aussi énormément l'albatros... j'adore le dernier vers....
peut on nous aussi alimenter cette rubrique?
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Morganne- Talent Divin

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Localisation: perdue dans un océan blanc dans un monde entre deuc constellations.
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Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
la rubrique proposée à la fin ?
Il faudrait la créer, cela serait sympa.
Il faudrait la créer, cela serait sympa.
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
La bibliothèque n'est pas réservée à l'administration.
Et je vous encourage ardemment à remplir les rayonnages !
Donc oui, Rêvelin il est possible que tu proposes des listes, en ouvrant autant de sujets que tu voudras.
La Bibliothèque est certes assez mal fréquentée, mais le but serait d'en faire un endroit assez riche, littérairement, où on trouve de tout, pour tous les goûts.
Pareil pour toi Morganne, tu as le feu vert
.
Et je vous encourage ardemment à remplir les rayonnages !
Donc oui, Rêvelin il est possible que tu proposes des listes, en ouvrant autant de sujets que tu voudras.
La Bibliothèque est certes assez mal fréquentée, mais le but serait d'en faire un endroit assez riche, littérairement, où on trouve de tout, pour tous les goûts.
Pareil pour toi Morganne, tu as le feu vert
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
ouais! vais ouvrir un sujet sur mon idole alors^^

Morganne- Talent Divin

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Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Au lycée, j'étais assez 'fâchée' avec Baudelaire, mais l'étudier en prépa m'a véritablement passionnée.
Personnellement, j'adore A une passante.
Euh, sinon, il y a une erreur dans le titre et le post de Pacô. C'est Baudelaire et pas BEaudelaire.
Personnellement, j'adore A une passante.
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Euh, sinon, il y a une erreur dans le titre et le post de Pacô. C'est Baudelaire et pas BEaudelaire.

Karrie- Talent Hasardeux

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Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Je vous conseille d'aller sur dailymotion et de taper "Luchini, par coeur" et vous aller trouver les parties de son spectacle.
Oui, oui, oui, oui, mille fois oui !
Luchini est génial dans ses spectacles !! "Le point sur Robert", à voir absolument aussi ! Ce type est mythique, et les textes qu'il récite le sont encore plus. De quoi se plaindre ?
Sinon, je suis d'accord avec Karrie, "A une passant" est sublime.
Mais de toute façon pour moi, Baudelaire est le dieu absolu de la poésie française. Alors ne venez pas me dire, il y a Hugo, il y a Rimbaud, il y a, il y a, je les adores tous, (Rimbaud, c'est divin), mais Baudelaire, c'est au-dessus de tout. C'est le sommet, le summum, le pic insurpassable, insurpassé, immense, grandiose, éblouissant.

__________________________________
"Dans un roman, on doit retrouver l'univers de l'écrivain du début à la fin, dans une seule phrase, la première venue."
(M-E Nabe)
"C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible.."
(G. Flaubert)
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
J'ai étudié un extrait en 2°, ça m'avait pas emballée des masses. Faudrait peut-être que j'essaye de m'y remettre ...
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Baudelaire avec un "e", ça craint un peu, quand même.
C'est un génie, un génie. Même que l'étude d'une ? dizaine, vingtaine, trentaine ? de poèmes ne m'a pas dégoutée. Un miracle.
Après, j'avoue avoir une préférence pour le Spleen de Paris.
C'est un génie, un génie. Même que l'étude d'une ? dizaine, vingtaine, trentaine ? de poèmes ne m'a pas dégoutée. Un miracle.
Après, j'avoue avoir une préférence pour le Spleen de Paris.

A. N. O'Nyme- Talent Hasardeux

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Points: 86
Date d'inscription: 16/11/2009
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
A. N. O'Nyme a écrit:Baudelaire avec un "e", ça craint un peu, quand même.
Je crains être impardonnable sur ce point.
Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours voulu mettre un "e" à Baudelaire. Peut être parce que je le trouve beau, qui sait
.En tout cas, j'ai l'impression que ce ne sera pas la dernière fois que je commettrais l'erreur. Pour tout avouer, aux deux bacs blancs de français l'an passé, j'ai mis un "e" à Baudelaire à chaque fois u_u".
Re: Les Fleurs du Mal - Baudelaire
Mon préféré à moi c'est la Charogne :
Rappelez vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride
D'où sortaient les noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effacaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil faché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Si ça c'est pas un maître !!!
Rappelez vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride
D'où sortaient les noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effacaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil faché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Si ça c'est pas un maître !!!
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